Prix Renaudot (essais) pour “Alias Caracalla”, de Daniel Cordier

novembre 6, 2009

“Alias Caracalla, Mémoires, 1940-1943″, le livre de Daniel Cordier vient d’être couronné par le prix Renaudot (essais). Dans la Quinzaine n° 995, Pascale Goetschele chroniquait cet ouvrage (article que nous publions intégralement ci-dessous). Pour retrouver les autres chroniques consacrées à Daniel Cordier, écrits à l’occasion de ses deux biographies de Jean Moulin, “Jean Moulin, L’Inconnu du Panthéon”et “Jean Moulin, la république des catacombes“, rendez-vous sur le site de la Quinzaine.

“Une histoire ‘au cordeau’”, un article de Pascale Goetschel

DANIEL CORDIER
ALIAS CARACALLA, MÉMOIRES, 1940-1943
Gallimard, coll. ” Témoins “, 944 p. 32 euros

Afin d’avoir le cœur net sur la teneur des activités de Jean Moulin sous l’Occupation allemande et pour répondre aux accusations taxant l’homme de de Gaulle en France de crypto-communiste, Daniel Cordier, rompant avec des années de silence, commençait, à partir de 1977, des recherches systématiques sur son “patron”. Après quatre imposants volumes biographiques parus entre 1989 et 1990, il offre, dans “Alias Caracalla” une autre méthode d’investigation : le jeu de la reconstitution au scalpel des liens entre la France libre et la Résistance intérieure, lus au prisme des mois passés aux côtés de Jean Moulin.

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Les “Trois femmes puissantes” de Marie NDiaye

septembre 3, 2009

Le nouveau livre de Marie NDiaye, Trois femmes puissantes, semble constituer l’événement littéraire de la rentrée. Deux de nos collaborateurs donnent leur avis.

MARIE NDIAYE
TROIS FEMMES PUISSANTES
Gallimard, 320 p., 19 €

“L’exil et la mauvaise conscience”, un article de Marie Etienne

Trois femmes puissantes (en quoi ? nous tenterons de le comprendre), trois moments du roman, largement autonomes et cependant liés les uns aux autres par un pays, le Sénégal, l’atmosphère de malaise, sinon de drame, le crescendo du dénouement.

Norah est avocate, mère d’une enfant, et a un compagnon. Un jour son père lui demande de venir le rejoindre au Sénégal. Ce qu’elle fait. Le malaise dans lequel se débat la jeune femme tient à la situation (déchéance du père, incarcération du frère), ainsi qu’au sentiment de culpabilité qui ne la quitte pas : « Honte à elle », pense-t-elle constamment… Retrouvez la suite de l’article dans la Quinzaine n°998

“Marie NDiaye ou la force des faibles”, un article d’Omar Merzoug

À l’heure où le moindre écrivailleur juge ses humeurs, ses embarras gastriques et ses bleus de l’âme dignes d’être communiqués aux lecteurs, Marie NDiaye nous fait grâce de ces confidences importunes et de ces aveux intempestifs qui fournissent à la trame filandreuse d’un grand nombre d’ouvrages. Douée d’un talent qui n’est gâté ni par l’artifice ni par l’apprêt, elle renoue avec une veine romanesque dont le contenu est tissé d’intrigues multiples et de personnages vivant des aventures. Elle sait ménager des rebondissements, créer des atmosphères et des univers. Avec ce nouveau récit, la romancière restitue, tantôt avec vivacité, tantôt avec nonchalance, mais toujours avec un instinct très sûr du rythme et de l’harmonie, des moments d’existences « prises en tant que livre », selon l’heureuse formule de Novalis.

Entre Norah et son père, qui n’estime que les garçons, il ne peut y avoir qu’un dialogue de sourds ou de fous. « Cela n’a ni sens ni
intérêt d’avoir pour père un homme avec lequel on ne peut pas s’entendre » se répétait Norah qui avait, à l’endroit de son père, « une inépuisable colonne de griefs » tout en sachant « qu’elle ne lui ferait part ni des graves ni des bénins » et « qu’elle ne pourrait jamais
rappeler dans la réalité du face-à-face avec cet homme insondable »… Retrouvez la suite de l’article dans la Quinzaine n°998


Gwenaëlle Aubry. Pour qui vous prenez-vous ?

novembre 13, 2009

Pour son enquête “Pour qui vous prenez-vous” de son numéro spécial d’été d’août 2004 auprès d’une centaine d’auteurs, La Quinzaine avait interrogé Gwenaëlle Aubry, auteur de Le Diable détacheur (Q.L. N°763 du 1er juin 1999), L’Isolée en 2002, L’Isolement en 2003 (Q.L. 858 du 16 juillet 2003) et futur Prix Fémina 2009 pour Personne (Mercure de France).

Gwenaëlle Aubry :

“Vous me demandez pour qui je me prends.

Mais pour rien, puisque je ne m’attrape pas.

Ou pour personne, dirait Ulysse au Cyclope, afin qu’il ne l’attrape pas.

Parfois, pourtant, je saisis quelque chose, du réel et de moi : pas seulement mon histoire, enfin révélée, mon tas de petits secrets, mais un mixte, un précipité. Quand ça prend, c’est un livre. Le livre s’écrit, et alors oui, j’ai une emprise, j’ai un empire. Le livre s’achève, et il n’y a rien d’autre à faire que m’en déprendre : le publier.

Il y a alors ce moment très heureux où l’éditeur dit “je prends”. Viennent ensuite les rituels, qui conduisent le livre de l’ombre à la lumière, me dépouillent, me délivrent, de cette peau par moi-même tatouée mais qui n’est plus tout à fait mienne.

Le livre sort et, de nouveau, je perds prise. Pour mon premier roman, une peau encore très intime, et très innervée, je me sentais plus que nue, retournée comme un gant (pour les essais, c’est différent, j’avance masquée, bien à l’abri sous l’égide dure, claire, et impersonnelle de la philosophie et cela même quand ils traitent, comme le dernier, du moi et de l’identité). Mais il faut sortir aussi, quitter l’ombre et l’autarcie et, recouvert ou non d’une peau étrangère (peau de bête ? peau de mouton ?), passer devant le Cyclope. Son oeil est unique, parfois aveuglé, et comme dans le miroir de Dionysos, toute image s’y trouve diffractée, éparpillée (la gloire, et la gloire désirable, c’est peut-être une seule image, adéquate, recomposée, et dans laquelle on se retrouve, le livre ou soi, tout entier ?). Il peut y avoir des oublis, des mépris, des méprises, des reflets étrangers, mais parfois aussi, dans les mots d’un autre, l’écho du désir dont le livre est né, la formule exacte qui l’a chiffré. Compris ou pas, le livre est pris, on ne s’appartient pas, et l’on découvre un jour qu’on peut le laisser là, sur la route, une peau devenue grise, à d’autres, s’ils le veulent, de s’y loger. Et l’on découvre encore (mais entre temps, on ne sait plus bien qui l’on est, où l’on se tient, on a des contours indécis et flottants) que sous cette peau une autre a poussé, qu’il faut de nouveau empreindre et marquer.

Et ça recommence parce que, que voulez-vous, à passer ainsi de moi en moi, on finit par se prendre au jeu.”


L’espace de Soulages

novembre 7, 2009

un article de Georges Raillard

Exposition Soulages au Centre Pompidou
14 octobre 2009 – 8 mars 2010
Catalogue collectif sous la direction d’Alfred Pacquement et Pierre Encrevé
352 p., 245 illustrations, 44,90 €

“Soulages Le temps du papier”, exposition au Musée d’Art moderne et contemporain de la ville de Strasbourg 31 octobre 2009 – 3 janvier 2010

Une exposition admirablement composée. Une exposition d’œuvres de Soulages dont Soulages est aussi pour une grande part l’architecte. Le peintre a des affinités avec l’architecture. Il a dit son intérêt pour Boullée et pour Ledoux. Cette exposition de Beaubourg tient quelque chose de l’architecture dessinée par les utopistes. Quand il avait dix ans, se rappelle-t-il encore, un jour qu’il avait tracé à l’encre des traits noirs sur une feuille de papier et qu’on lui demandait ce qu’il faisait, il répondit : un paysage de neige : « le blanc du papier s’illuminait comme la neige grâce aux traits noirs que j’y peignais »… Retrouvez la suite de cet article dans la Quinzaine n°1002


Qui est Herta Müller ?

novembre 7, 2009

un article de Laurent Margantin

Stupeur à l’annonce du prix Nobel de littérature 2009 : on s’attendait au couronnement d’une célébrité – un des favoris étant une nouvelle fois l’Américain Philip Roth –, et ce fut, dix ans après Günter Grass et cinq ans après Elfriede Jelinek, une femme de langue allemande née en 1953, inconnue du grand public, à peine connue dans son propre pays, car elle est issue d’une minorité souabe (venue du sud de l’Allemagne) vivant en Roumanie. Les membres du comité Nobel ont donc choisi de livrer une énigme au public, autant pour les lecteurs allemands que pour ceux, nombreux en France, à qui les traductions de seulement trois ouvrages de cet auteur avaient échappé… Retrouvez la suite de cet article dans la Quinzaine n°1002


La Quinzaine n°1002, du 1er au 15 novembre 2009

novembre 7, 2009

“Où le romancier en appelle au lecteur : qui était Alejandro Bevilacqua ?”, un article de Jacques Fressard

ALBERTO MANGUEL
TOUS LES HOMMES SONT MENTEURS
trad. de l’espagnol (Argentine) par Alexandra Carrasco
Actes Sud, 203 p., 19 €

On se souvient que l’auteur de ce livre, Alberto Manguel, fut un jour ce jeune étudiant qui, travaillant après les cours dans une librairie de Buenos Aires, se vit solliciter par Borges – alors déjà presque aveugle – pour lui faire la lecture certains soirs.

“Une vraie sépulture”, un article de Norbert Czarny

ALAIN BLOTTIÈRE
LE TOMBEAU DE TOMMY
Gallimard, 220 p., 16,50

L’épopée de l’Affiche rouge oubliée jusqu’à ce qu’Aragon la célèbre dans un fameux poème revient dans l’actualité cet automne à travers deux fictions. La coïncidence est remarquable. D’une part L’Armée du crime, de Robert Guédiguian, d’autre part Le Tombeau de Tommy, roman. Dans les deux cas se posent les questions de la mise en scène, et de l’adaptation. Mais pas seulement.

“Angoisse de la langue “, un article de Hugo Pradelle

JEAN-MICHEL DELACOMPTÉE
LANGUE MORTE, BOSSUET
Gallimard, coll. «L’un et l’autre», 208 p., 18 €

Après son très beau livre sur Ambroise Paré, Jean-Michel Delacomptée revient au Grand Siècle en entreprenant la vie de Bossuet comme celle d’un homme qui « a fait bouger la langue ». Il interroge ainsi, non pas la simple biographie, mais l’aventure même de la langue, son rapport au temps qui la produit, la manière dont l’Homme se conçoit, les inquiétudes que notre société provoque.

“La ritournelle du songe”, un article de Vanessa Aubert

PHILIPPE RAULET
VA-ET-VIENT PARADIS
Verticales, 132 p., 14,90 €

« Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement » (André Breton).Va-et-vient paradis est une sorte d’ovni littéraire surréel. Après Allons, pressons ! publié en 2000, son dernier livre s’ouvre sur un monde communiquant, un univers accédant à tous les possibles, dans lequel les thématiques de la liberté et de la rencontre ne cessent de tournoyer.

“Un club pas comme les autres”, un article de Vanessa Aubert

JEAN-MICHEL GUENASSIA
LE CLUB DES INCORRIGIBLES OPTIMISTES
Albin Michel, 768 p., 23,90 €

Après Pour cent millions, roman policier, publié en 1986 (Liana Levi), Jean-Michel Guenassia ressurgit brillamment sur la scène littéraire avec un nouveau roman. Une énergie romanesque au service d’une chronique mélancolique et étonnante.

“«L’outre-danse» de l’Histoire”, un article de Gabrielle Napoli

ATTILA BARTIS
PROMENADE
Actes Sud, 142 p., 18 €

Cette promenade s’avère être tout autant un parcours géographique et historique qu’une déambulation dans l’intériorité mystérieuse et inquiétante d’un narrateur, dont on supposera au fil de la lecture qu’il s’agit d’une narratrice. Une terrifiante mythologie enfantine s’élabore au fil du récit, et le monde se révèle dans toutes ses failles.

“Comme on composerait une mosaïque”, un article de Sonia Dayan-Herzbrun

KHALED AL KHAMISSI
TAXI
trad. de l’arabe (Égypte) par Hussein Emara et Moïna Fauchier-Delavigne
Actes Sud, 190 p., 18,80€

ELIAS KHOURY
LE COFFRE DES SECRETS
trad. de l’arabe (Liban) par Rania Samara
Actes Sud, 207 p., 19€

On ne sait à quel genre littéraire rattacher le premier livre de l’écrivain égyptien Khaled Al Khamissi. Homme de cinéma, Khamissi a écrit, avec Taxi, ce qui aurait pu passer pour un scénario de ces films italiens à sketches des années 50.

“Voix, scènes, images pour obsessions et fantasmes”, un article de Claire Richard

SARA STRIDSBERG
LA FACULTÉ DES RÊVES
trad. du suédois par Jean-Baptiste Coursaud
Stock, coll. « La Cosmopolite », 411 p., 22,50 €

Dans cette « fantaisie littéraire » sur la vie de Valerie Solanas, la Suédoise Sara Stridsberg explore les multiples facettes d’une vie mal connue, dans un texte hybride et puissant – et montre comment la littérature peut dire beaucoup plus qu’une biographie.

“Vivre dans l’Europe de l’après-guerre”, un article de Gabrielle Napoli

SÁNDOR MÁRAI
LE MIRACLE DE SAN GENNARO
trad. du hongrois par Georges Kassai et Zéno Bianu
Albin Michel, 380 p., 20,90 €

La traduction par Georges Kassai et Zéno Bianu d’un roman de Sándor Márai permet à nouveau au lecteur français de découvrir une œuvre inconnue en France de cet auteur phare de la littérature hongroise. Le Miracle de San Gennaro décrit les habitants des bassos de Pausilippe et leur curiosité pour un couple d’étrangers, installé depuis peu, et dont l’homme veut prétendument sauver le monde.

“«Vieille dame» à la dérive”, un article de Monique Baccelli


trad. de l’italien par Lise Chapuis
Christian Bourgois, 110 p., 17 €

Dans Vipère au poing, Hervé Bazin définissait si bien la marâtre que le surnom qu’il donnait en secret à sa propre mère est quasiment devenu un nom commun : une vraie folcoche, dit-on, de certaines femmes dénuées de sentiments maternels. Et c’est de ce spécimen humain, hélas indestructible, que Rosa Matteucci propose une image réactualisée, et légèrement exotique pour nous, puisque l’extravagante Ada sévit dans un petit village italien.

“Le «monde disparu» de Joseph Roth”, un article de Pierre Pachet

JOSEPH ROTH
CABINET DES FIGURES DE CIRE
précédé d’IMAGES VIENNOISES
trad. de l’italien et présenté par Stéphane Pesnel
Seuil, 238 p., 19 €

CLAUDIO MAGRIS
LOIN D’OÙ ?
trad. de l’italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau
Seuil, 480 p., 26 €

Panoptikum, en allemand, désigne un musée de figures de cire, comme Tussaud ou Grévin. C’était le titre choisi en 1930 par Joseph Roth pour l’un des recueils d’articles parmi lesquels Stéphane Pesnel a choisi avec goût les textes traduits et présentés dans ce volume.

“Les foules des oiseaux, des anges, des rats”, un article de Gilbert Lascault

EXPOSITION MARIE MOREL, PEINTURES
Halle Saint-Pierre 2 rue Ronsard, Paris 18e
10 septembre 2009 – 7 mars 2010
MARIE MOREL
Textes de Pascal Quignard, Pierre Bourgeade, Daniel Marchesseau
Éd. Chalut-Mots / Halle Saint-Pierre, 208 p., nb. ill. coul., 30 €

Dans les immenses tableaux de Marie Morel (née en 1954), les femmes à demi dénudées, les hommes, les oiseaux, les anges qui bandent, les rats, les arbres, les buissons s’accumulent, s’assemblent, s’amassent. Les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) se fréquentent, s’approchent, se conjoignent. Ils s’accolent, se superposent, se stratifient. Ils s’aiment. Ils vibrent.

“Le grand poème shakespearien”, un article de Dominique Goy-Blanquet

MICHAEL EDWARDS
SHAKESPEARE : LE POÈTE AU THÉÂTRE
Fayard, 100 p., 22 €

Pourquoi un poète renonce-t-il à sa souveraineté en se pliant aux contraintes de la scène? That is the question, celle que se posent tous les poètes lecteurs de Shakespeare. La réponse esquissée par Michael Edwards ouvre un vaste champ de questions solidaires, à commencer par celle de la langue, « ce rapport intense avec la vie du langage dans la bouche et dans l’oreille ». Mais lui,le poète poéticien navigant entre deux idiomes, pourquoi a-t-il choisi le français pour revisiter cette œuvre où « Shakespeare donne libre cours à son désir d’entendre l’anglais dans la plénitude de son existence » ?

“Fragments d’un discours politique”, un article de Pierangelo Di Vittorio

COLLECTIF
MAURICE FLORENCE
ARCHIVES DE L’INFAMIE
Les Prairies ordinaires, 160 p., 14

Salué par Gilles Deleuze comme un « chef-d’œuvre », La Vie des homme infâmes est un texte dont on ne saurait négliger l’importance dans l’ensemble des écrits de Michel Foucault. Il est révélateur à la fois des enjeux durables de sa réflexion et des tensions provenant de l’actualité qui l’ont toujours traversée.

“Walter Benjamin et la radio”, un article de Jean Lacoste

PHILIPPE BAUDOUIN
AU MICROPHONE : Dr. WALTER BENJAMIN
Walter Benjamin et la création radiophonique 1929-1933
Éd. de la Maison des sciences de l’homme, coll. «Philia », 270 p., 25 €

Inépuisable Walter Benjamin! C’est tout un pan négligé de son œuvre d’écrivain et de théoricien que Philippe Baudoin met au jour dans un travail de recherche vraiment original qui, non seulement enrichit notre connaissance de Benjamin, ce qui est en soi précieux, mais encore constitue une réflexion actuelle sur ce médium toujours d’avenir qu’est la radio.

“Edgar Morin, un parcours atypique”, un entretien réalisé par Omar Merzoug

EMMANUEL LEMIEUX
EDGAR MORIN, L’INDISCIPLINÉ
Seuil, 569 p., 25 €

Omar Merzoug – À la fin de la biographie qui vous est consacrée, l’auteur dit que vous lui avez proposé d’écrire un ouvrage sur vos rapports avec la guerre d’Algérie, projet qui s’est transformé en biographie…

Edgar Morin – C’est possible, s’il le dit, c’est vrai. Ce dont je me souviens, c’est qu’il a réalisé un entretien pour le journal économique auquel il collaborait, et puis je pense que ça l’a conduit à s’intéresser davantage à moi. C’est par les soins d’une éditrice de chez La Martinière que s’est nouée l’idée qu’il fasse ma biographie…

“La question du corps”, un article de Maïté Bouyssy

JUDITH BUTLER
CES CORPS QUI COMPTENT
De la matérialité et des limites discursives du « sexe »
Éd. Amsterdam, 250 p., 24 €

Ces corps qui comptent reprend le dossier fondamental de la pensée de Judith Butler et appartient au moment fondateur de l’un des chantiers de l’histoire et des sciences humaines qui se sont le plus abondamment développés depuis vingt ans. Plus étayée et moins grand public que Trouble dans le genre, cette analyse de la production historique du corps est strictement constructiviste.

“Si vous avez compris…”, un article de Laurence Zordan

PAUL KRUGMAN
POURQUOI LES CRISES REVIENNENT TOUJOURS
Seuil, 201 p., 17 €

DANIEL COHEN
LA PROSPÉRITÉ DU VICE
une introduction (inquiète) à l’économie
Albin Michel, 283 p., 19 €

« Si vous avez compris ce que j’ai dit, c’est que je me suis mal exprimé » : cette boutade d’Alan Greenspan est, pour paraphraser Kant, révélatrice d’un ton grand seigneur adopté naguère en économie. Naguère, mais pas jadis, puisque c’était hier, avant la crise qui a défrayé la chronique, comme si la faille de la mécanique financière signait aussi la faillite d’un certain type de discours empreint de suffisance. Le retournement de conjoncture n’est pas le simple éclatement d’une « bulle » (terme consacré), car il fait également voler en éclats des schémas de pensée dissimulés sous une rhétorique absconse.

“Les mathématiques, plaisir et savoir”, un article de Jean-Michel Kantor

IAN STEWART
MON CABINET DE CURIOSITÉS
MATHÉMATIQUES
Flammarion, 374 p., 19 €

JEAN-MICHEL SALANSKIS
VIVRE AVEC LES MATHÉMATIQUES
Seuil, 154 p., 17 €

APOSTOLOS DOXIADIS et CHRISTOS H. PAPADIMITRIOU
LOGICOMIX
Illustrations d’Alecos Papadatos et Annie Di Donna
Bloomsbury, 347 p., 22,95 $

Les cabinets de curiosités ont fait rêver des générations d’enfants et d’adultes. Leur charme reposait sur le caractère hétéroclite des curieux objets proposés.

“Germaine et Antonin”, Lucien Logette

GERMAINE DULAC
LA COQUILLE ET LE CLERGYMAN
ALAIN & ODETTE VIRMAUX
ARTAUD/DULAC
Light Cone / Paris Expérimental Coffret comprenant le D.V.D. du film et le livre (160 p.)

«Qui a fait ce film ?» «C’est Madame Germaine Dulac.» «Qu’est-ce que Madame Dulac ? » «C’est une vache. »Le dialogue échangé à voix très haute par des spectateurs, membres non identifiés du groupe surréaliste, lors de la première projection publique de La Coquille et le Clergyman– « scénario Antonin Artaud, composition visuelle Germaine Dulac »– au cinéma des Ursulines le 9 février 1928, fait partie des phrases légendaires, comme«Nous sommes la claque et vous êtes la joue ! »de Desnos à la première de L’Étoile au front ou « Notre collaborateur Benjamin Péret insultant un prêtre »du n° 8 de La Révolution surréaliste. Et le scandale créé par cette intervention demeure dans les riches heures du mouvement dans sa période primitive.

“Bernard-Marie Koltès : vingt ans après”, un article de Monique Le Roux

BERNARD-MARIE KOLTÈS
NICKEL STUFF
Minuit, 128 p., 11,50 €
BERNARD-MARIE KOLTÈS
LETTRES
Minuit, 526 p., 19 €
BRIGITTE SALINO
BERNARD-MARIE KOLTÈS
Stock, 360 p., 21,50 €

ANDRÉ JOB
KOLTÈS, LA RHÉTORIQUE VIVE
Hermann, 136 p., 25 €

Deux décennies ont passé depuis la mort de Bernard-Marie Koltès. Au fil de l’année 2009, manifestations et publications se sont multipliées : commémoration conforme au statut d’un grand écrivain, quelque peu décalée par rapport à la singularité d’une œuvre et d’une personnalité.

“Ils n’ont pas aimé la musique. Dommage !”, un article de Thierry Laisney

SÉBASTIEN ARFOUILLOUX
QUE LA NUIT TOMBE SUR L’ORCHESTRE
Surréalisme et musique
Fayard, 541 p., 24 €

Dans son livre Que la nuit tombe sur l’orchestre, Sébastien Arfouilloux reconsidère l’opinion généralement admise selon laquelle le mouvement surréaliste n’aurait pas touché la musique. Au moyen d’une enquête approfondie, où abondent faits, œuvres et références, il examine les attirances et les influences réciproques qui s’exercèrent entre la musique et les surréalistes (ou les Dada, leurs précurseurs).

 


L’Assomption de Claude Lévi-Strauss

novembre 4, 2009

En hommage à Claude Lévi-Strauss, le père du structuralisme disparu le 30 octobre dernier, voici l’article que lui avait consacré Jean José Marchand le 16 octobre 1991. Retrouvez en bas de page la liste de tous les articles sur Claude Lévi-Strauss parus dans la Quinzaine. Si vous souhaitez consulter ces chroniques, rendez-vous sur le site de la Quinzaine. Pour en savoir plus sur cet anthropologue et ethnologue français, consultez le dossier qui lui a été consacré sur le site de l’Express, et découvrez son portrait en images sur le site de l’Institut national de l’audiovisuel (Ina).

L’Assomption de Claude Lévi-Strauss
par Jean José Marchand

Il est évident que Claude Lévi-Strauss s’est amusé en intitulant Du côté du brouillard la première partie de son Histoire de Lynx. En effet, au bout de 30 pages nous n’y voyons goutte à travers tous ces mythes minutieusement racontés qui s’accumulent sous nos yeux. Le grand écrivain – car il n’y a aucun doute que Lévi-Strauss reste un grand prosateur, même quand il nous mène chez les Topinambous, chers à Boileau – a voulu éprouver notre patience.

Il faut persévérer. Car dans la deuxième partie tout s’éclaire. Ici, le moraliste – non celui qui fait de la morale mais celui qui réfléchit sur les moeurs – prend la parole. Il relit ce que Montaigne a écrit des Indiens d’Amérique, en tire une leçon de relativisme absolu : “Nous n’avons aucune communication à l’estre”. Il deviendrait presque impossible de vivre, si nous ne constations parfois que l’homme trouve des satisfactions sensibles à vivre comme si la vie avait un sens, bien que la sincérité intellectuelle assurer qu’il n’en est rien. Il est “sage de vivre en accord avec soi”, ajoute Lévi-Strauss, démolissant au passage les maximes consolantes sur la “conscience morale” qui furent si à la mode pendant les années 80 (il est ici en contradiction avec son érudit commentateur Hénaff). Mais, si ce scepticisme réduit la religion à une convenance, il neutralise tout jugement : restons dans notre civilisation et n’hésitons pas à détruire les autres.

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Il y a quarante ans, dans la Quinzaine…

novembre 2, 2009

numero82Dans le numéro 82, datée du 1er au 15 novembre 1969, les lecteurs pouvaient découvrir deux textes inédits de Samuel Beckett et de Henri Michaux, ainsi qu’une lettre inédite d’André Gide publiée à l’occasion de ces cent ans ! Toujours dans cette 82e Quinzaine, Olivier Messiaen se livrait à Anne Capelle, et Georges Perec poursuivait son feuilleton quinzomadaire. Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quante ans…

Cliquez sur ce lien pour accéder au numero 82


Les interviews filmées des collaborateurs – Evelyne Pieiller

octobre 26, 2009

A l’occasion du millième numéro de la Quinzaine, Gilles Nadeau a interviewé les membres du comité de rédaction. Voici les extraits vidéo de l’interview d’Evelyne Pieiller, journaliste, écrivain, dramaturge et collaboratrice de la Quinzaine depuis mars 1979, et chronique les livres de poche depuis 1983.

Extrait 1 : “Quand la littérature c’est central : avoir un journal qui t’accompagne, c’est une beauté”


Extrait 2 : “Baudelaire disait que la critique devait être partiale, passionnée, politique…”



Extrait 3 : “Il y a ce qui paraît nous embellir, et ce qui nous affûte”

Extrait 4 : “C’est hallucinant de penser qu’autrefois, des gens de 18 ans lisaient Lacan avec passion”


Extrait 5 : “Sur internet, comme ailleurs, le savoir sera réservé à ceux qui savent chercher”


Les interviews filmées des collaborateurs – Michel Plon

octobre 26, 2009

A l’occasion du millième numéro de la Quinzaine, Gilles Nadeau a interviewé les membres du comité de rédaction. Voici les extraits vidéo de l’interview de Michel Plon, essayiste et psychanalyste et collaborateur de la Quinzaine depuis novembre 1997.

Extrait 1 : “L’inconscient dérange”

Extrait 2 : “Parler de toutes les orientations”

Extrait 3 : “Ecouter hors du champ psychanalytique”


Les interviews filmées des collaborateurs – Hugo Pradelle

octobre 26, 2009

A l’occasion du millième numéro de la Quinzaine, Gilles Nadeau a interviewé les membres du comité de rédaction. Voici les extraits vidéo de l’interview de Hugo Pradelle, spécialiste en littérature comparée et collaborateur de la Quinzaine depuis février 2007.

Extrait 1 : “Le comité de rédaction, noyau dur de la Quinzaine littéraire”

Extrait 2 : “Quelque chose de l’ordre de l’obstination”


Extrait 3 : “Un espace où l’on peut dire ce que l’on pense”