maurice-nadeau-un-combattant-litteraire-s-en-est-alle,M113998Chers amis de la Quinzaine littéraire,

Une cérémonie d’adieu sera rendu à Maurice Nadeau, vendredi 21 juin à 14.30 h au Crématorium du cimetière du Père Lachaise.
Il sera inhumé le lendemain, samedi matin, au cimetière de Jouy sur Morin (Seine et Marne) dans l’intimité de sa famille et de ses proches.

Pour ceux qui l’ont connu et qui voudront le voir une dernière fois, il reposera à partir de mercredi au Funérarium de Menilmontant (7 Bd de Ménilmontant, 75011 Paris) Recueillement et fermeture du cercueil Vendredi matin 13h 45.

Maurice a été, à l’approche de sa mort, comme tout au long de sa vie, pareil à lui-même, lucide, DROIT.
Il est mort dans son lit à son domicile, entouré des siens, doucement.

Il a lancé, il y a un mois, pour que La Quinzaine littéraire lui survive, l’idée de la création d’une Société participative. L’appel semble bien avoir été entendu. Clôture de la souscription : 30 juin 2013

Gilles Nadeau

 

Vous ne laisserez pas mourir la Quinzaine !

par Maurice Nadeau

C’est de mort, en effet, qu’est menacée La Quinzaine littéraire : pas dans six mois, pas dans un an, comme elle l’a souvent été durant les 47 années de son existence, mais dans les semaines qui viennent. Liquidation judiciaire ou dépôt de bilan, suspension de la parution.
Rien d’étonnant dans la situation actuelle de la presse écrite, rien d’étonnant pour un périodique qui n’a jamais voulu se mettre « au goût du jour ».

En effet, depuis 1966, La Quinzaine littéraire n’a cessé de défendre une certaine qualité de l’écriture et de la pensée, et de privilégier la lucidité dans tous les domaines du savoir. Et cela grâce au concours de plus de 800 collaborateurs : écrivains, universitaires, journalistes.
Allons-nous nous laisser faire et voir disparaître le journal ? Lire la suite

La Quinzaine littéraire n°1085 du 1er au 15 juin 2013

LITTÉRATURE

Oran la dévastée, un article de ALBERT BENSOUSSAN

Depuis longtemps, nous associons en littérature Oran et la peste. Albert Camus, qui y passa un an comme enseignant dans une école juive aux temps de la peste brune et de l’exclusion vichyssoise, avait-il eu l’intuition du pire ? Comme il l’eut en publiant son premier récit, dans un Alger torride et aveuglant où l’Arabe est tué par l’Étranger, sans autre raison que pulsion solaire et Némésis. Camus, justement, comment ne pas penser à lui en lisant le très remarquable récit d’Abdelkader Djemaï, au titre à la fois sobre et éloquent, Une ville en temps de guerre ?

ABDELKADER DJEMAÏ UNE VILLE EN TEMPS DE GUERRE

Seuil, 160 p., 16 euros

La chasse aux fringues, un article de AGNÈS VAQUIN

Un petit livre qui se donne les gants de progresser par séquences légères et capricantes. Jane Sautière les regroupe sous cinq rubriques suffisamment explicites : « Armoires de famille » (de celles qu’on ouvre « comme un livre »), « Penderie », « Voiles, suaires », « Raccommodage » et « Soldes ».

JANE SAUTIÈRE

DRESSING

Verticales, 148 p., 14,50 euros Lire la suite

La Quinzaine littéraire n°1084 – du 15 au 30 mai 2013

LITTÉRATURE

« Poétiquement, c’est-à-dire précisément », un article de MAURICE MOURIER

Ces deux livres du même auteur, urbaniste, philosophe, dramaturge, poète – et d’autres choses encore –, paraissent au même moment et semblent pourtant n’avoir en commun que le nom de celui qui les a conçus.

JEAN-CHRISTOPHE BAILLY LA PHRASE URBAINE

Seuil, 275 p., 21 euros

LE PARTI PRIS DES ANIMAUX

Christian Bourgois, 134 p., 9 euros

Bref et lumineux, un article de ÈVE CHARRIN

« On l’a étranglée sur une route. » Entre « l’ombre des oiseaux » et les voitures qui vrombissent, « loin des tours ourlées de lierre ou des châteaux décrépits », quelque part dans cette zone sans nom entre « la fin des villes et le début de la campagne », ce petit livre commence à l’envers, par la mort violente de son héroïne.

SYLVIE AYMARD C’EST UNE OCCUPATION SANS FIN QUE D’ÊTRE VIVANT

Grasset, 176 p., 14,80 euros

Disproportion, un article de HUGO PRADELLE

 Une correspondance disproportionnée et bouleversante, qui célèbre l’affection véritable, la communion des esprits, des corps, de leurs mémoires enchevêtrées. Dans sa brièveté lumineuse se réfléchit la distance qui sépare et fait souffrir, les mots qui portent les sentiments, l’amitié singulière et les désirs débordants.

HERVÉ GUIBERT et EUGÈNE SAVITZKAYA LETTRES À EUGÈNE Correspondance 1977-1987

Gallimard, 144 p., 15,90 euros

Avant le séisme, un article de ALICIA MARTY

Un homme et une femme se rencontrent à Haïti, un an avant le tremblement de terre qui a ravagé l’île en janvier 2010. « Nathalie et Guillaume sont pour l’instant dans la douceur, l’enchantement, le balbutiement des commencements. Et rien n’enchante davantage que ces balbutiements, ces commencements. Rien. Ces images sont, entre toutes, celles qu’ils retiendront. Après. Longtemps après. Lorsque tout aura été joué. »

 YANICK LAHENS GUILLAUME ET NATHALIE

Sabine Wespieser, 172 p., 18 euros

Quête de lumière, un article de  JACQUES FRESSARD

 L’ombre et la lumière, engageant la mort et la vie, s’entrecroisent intimement au cœur de ce destin supposé d’un peintre latino-américain en quête à New York de la création d’un nouveau Chef-d’œuvre inconnu, tel le Frenhofer de Balzac scrutant d’un œil inlassable « l’accouplement du jour et des objets ».

TOMÁS GONZÁLEZ

LA LUMIÈRE DIFFICILE

trad. de l’espagnol (Colombie) par Delphine Valentin Seuil, 199 p., 20,50 euros

La technique du virage, un article de  CLAUDE GRIMAL

 Alice Munro, nouvelliste canadienne, publie ici son treizième ou quatorzième recueil : on y retrouve les caractéristiques des précédents. Le décor et le mode de vie (sauf pour la dernière nouvelle) sont ceux du sud-ouest de l’Ontario où vit l’auteur ; les protagonistes sont presque tous des femmes. Mais pour qui connaît Munro, l’auteur n’a rien d’une régionaliste ou d’une adepte du réalisme social, ni de ce qu’on aurait appelé à une autre époque un écrivain de « l’âme féminine ».

 ALICE MUNRO TROP DE BONHEUR

trad. de l’anglais (Canada) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso L’Olivier, 316 p., 24 euros

La première femme, un article de  MARIE-JOSÉ TRAMUTA

 Deux nouveaux livres d’Erri De Luca paraissent simultanément en France respectivement aux éditions Gallimard et au Mercure de France dans l’excellente traduction de sa désormais fidèle et endurante traductrice Danièle Valin dont on a plaisir à saluer le travail.

ERRI DE LUCA LES POISSONS NE FERMENT PAS LES YEUX

trad. de l’italien par Danièle Valin Gallimard, 130 p., 15,90 euros

LES SAINTES DU SCANDALE

trad. de l’italien par Danièle Valin Mercure de France, 104 p., 15 euros

Rejeton tardif du romantisme, un article de  MONIQUE BACCELLI

Le manuscrit n’a pas été trouvé à Saragosse, et pas non plus dans un chapeau, il a été trouvé, aux environs de 1980, dans les tiroirs de Giorgio Vigolo, écrivain et musicologue romain, alors âgé de 88 ans, lequel avait rédigé La Virgilia soixante ans auparavant, puis l’avait abandonné car il jugeait le roman, inachevé, indigne de la publication. Le critique Pietro Cimatti a-t-il eu raison de l’exhumer ? S’agit-il du chef-d’œuvre de Vigolo, comme l’annonce la quatrième de couverture ou, plus largement, d’un chef-d’œuvre en soi ?

GIORGIO VIGOLO LA VIRGILIA

trad. de l’italien par Nathalie Castagné La Différence, 142 p., 15 euros

 

HISTOIRE LITTÉRAIRE

Un Diderot progressiste, un article de  JEAN M. GOULEMOT

Une des vertus des commémorations consacrées aux grandes figures de la culture tient au renouvellement du regard porté sur leurs œuvres et sur leur vie. Le goût actuel pour les biographies facilite, veut-on croire, l’accès aux travaux des chercheurs trop souvent réservés à un cercle restreint. La biographie de Gerhardt Stenger illustre, à l’excès même, ce phénomène. La quatrième de couverture ne nous rappelle-t-elle pas d’entrée qu’il s’agit de la biographie du tricentenaire de la naissance de Denis Diderot ?

GERHARDT STENGER

DIDEROT

Le combattant de la liberté

Perrin, 790 p., 29 euros

2013, année Casanova, un article de CATRIONA SETH

 En 1822-1828, les premiers à pouvoir lire une version de l’Histoire de ma vie de Casanova étaient les germanophones auxquels la maison Brockhaus de Leipzig proposa en douze volumes : Aus den Memoiren des Venetianers Jacob Casanova de Seingalt, oder sein Leben, wie es zu Dux in Böhmen niederschrieb. L’éditeur allemand avait acheté le manuscrit à Carlo Angiolini, neveu de l’écrivain mort à Dux en 1798. Entre 1826 et 1838, les francophones eurent accès à un écrit adapté par Jean Laforgue. Casanova resta ainsi disponible seulement en traduction, ou caviardé, jusqu’en 19601962, lorsque BrockhausPlon put établir le texte de ses mémoires grâce à l’autographe, mais il le présenta alors en retenant des découpages et chapitrages absents du manuscrit. Autant dire que si tant est que l’édition parfaite existe, elle n’était pas disponible sur le marché jusqu’à présent !

GIACOMO CASANOVA HISTOIRE DE MA VIE Tome 1

Édition établie sous la direction de Gérard Lahouati et MarieFrançoise Luna Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1 488 p., 58 euros

HISTOIRE DE MA VIE Tome 2

Édition établie par Jean-Christophe Igalens et Erik Leborgne Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1 500 p., 32 euros

 POÉSIE

L’intérieur du dé, un article de ODILE HUNOULT

Ce livre qui paraît plus de quatre ans après la mort de François Caradec (13 novembre 2008) a été préparé par l’auteur lui-même et soigneusement mis en scène. Le poème liminaire est un mot de bienvenue au lecteur invité (« Si vous voulez mais entrez donc… »), le dernier (« Une sévère »), en guise d’adieu, une chanson à boire. Effet de politesse ; on retrouvera la politesse.

les poésies de François Caradec mises toutes ensemble & dédiées aux Lecteurs

Maurice Nadeau, 216 p., 20 euros

 Se fondre dans le poème, un article de SOPHIE EHRSAM

Les éditions Corti publient un recueil de l’Américain Peter Gizzi, qui n’avait jamais été traduit en français. L’Externationale, paru en anglais en 2007, réunit une trentaine de poèmes qui attestent de la vitalité de la poésie américaine contemporaine.

PETER GIZZI L’EXTERNATIONALE

trad. de l’anglais (États-Unis) par Stéphane Bouquet Corti, coll. « Série américaine », 112 p., 17 euros

 

ARTS

Le portraitiste des écrivains, un article de  DANIEL BERGEZ

Le visage de Proust serait-il aussi connu sans le portrait qu’en fit Jacques Émile Blanche ? Peintre singulier à l’écart des modes de son temps, personnage complexe aux multiples talents, Jacques Émile Blanche a fait l’objet de deux expositions à l’automne dernier. Un beau livre a paru à cette occasion, permettant de mieux connaître cet artiste attachant qui fut aussi écrivain.

JANE ROBERTS JACQUESÉMILE BLANCHE

Éd. Gourcuff Gradenigo, 216 p., 39 euros

Les scribes des contours et leur subtilité, un article de GILBERT LASCAULT

 Il n’y a jamais eu d’exposition antérieure du dessin dans l’art égyptien au temps des Pharaons. Aujourd’hui, au Louvre, se présentent 186 œuvres rassemblées. Environ 80 œuvres sont des prêts exceptionnels, venus des musées étrangers.

 EXPOSITION L’ART DU CONTOUR : LE DESSIN DANS L’ÉGYPTE ANCIENNE

Musée du Louvre 19 avril – 22 juillet 2013

Catalogue de l’exposition Sous la direction de Guillemette AndreuLanoë Louvre éd./Somogy, 352 p., 250 ill. coul., 39 euros

 PHILOSOPHIE

Croire en l’humanité ?, un article de  MARC LEBIEZ

 Il y a quelque chose d’étrange à ce qu’un être humain se demande s’il y a vraiment besoin de l’humanité sur terre, et pourtant le fait est que la question est posée. Non par une bizarrerie intellectuelle ou quelque jeu de l’esprit de Rémi Brague, mais parce qu’elle se trouve être dans la logique d’inquiétudes actuelles que l’on ne peut éluder comme étant le délire des quelques tenants de l’écologie profonde.

RÉMI BRAGUE LE PROPRE DE L’HOMME Sur une légitimité menacée

Flammarion, coll. « La bibliothèque des savoirs », 260 p., 19 euros

Proust, mémoire de la philosophie, un article de  GUILLAUME PERRIER

La question de la philosophie proustienne évoque immanquablement les idées de Proust ou du héros narrateur sur l’amour, l’amitié, la mémoire, l’œuvre d’art, etc., ainsi que les études remarquables (mais divergentes) de Poulet, Deleuze, Ricœur, Descombes ou encore, pour les connaisseurs, celles d’Alain de Lattre et d’Anne Henry (1) – question donc à la fois déjà traitée et véritablement répétable autant de fois qu’un penseur avisé s’y intéresse sous un angle original. La gageure du livre de Luc Fraisse est de briser ce cercle vicieux, qui est plus généralement celui de la critique proustienne, et de le transformer en cercle vertueux. Comment ? D’abord en remontant aux sources et aux faits, que les travaux d’Henri Bonnet et André Ferré (2) avaient commencé de mettre au jour, avant que la correspondance générale de Proust publiée par Philip Kolb entre 1970 et 1993 n’apporte de précieuses informations.

Presses de l’université Paris Sorbonne, coll. « Lettres françaises », 1 332 p., 30 euros

SOCIOLOGIE

 Troubles sociaux, troubles psychiques, un article de FRANCINE MUELDREYFUS

La rencontre entre une équipe psychiatrique qui n’est pas allergique au questionnement sociologique et une sociologue qui reconnaît que la pathologie elle-même semble parfois surdéterminer toute autre variable, offre ici, ce qui est rarement le cas, les conditions permettant d’avancer dans la réflexion sur l’articulation du social et du psychique.

ISABELLE COUTANT TROUBLES EN PSYCHIATRIE Enquête dans une unité pour adolescents

La Dispute, 217 p., 22 euros

 

ANTHROPOLOGIE

La mort en face ?, un article de YANNIS PAPADANIEL

Cet ouvrage nous invite à une réflexion interdisciplinaire sur la « chose mortuaire ». Reprenant l’idée selon laquelle notre société a connu un renouveau en la matière, les auteurs s’attachent – souvent dans une veine historique – à retracer les racines de ces divers changements et à en mesurer l’ampleur dans la société contemporaine. Divisé en deux parties mettant en question le religieux et le profane, il aborde une variété de thèmes que Daniel Faivre s’est efforcé de relier en signant en préambule de chaque contribution un texte de transition.

DANIEL FAIVRE (dir.) LA MORT EN QUESTIONS Approches anthropologiques de la mort et du mourir

Érès, 552 p., 19 euros

HISTOIRE

François Furet et son siècle, un article de  MAÏTÉ BOUYSSY

Voici un livre que tout le monde consultera, parce que le second XXe siècle n’a cessé d’interroger l’historien François Furet, qui s’en fit l’observateur en rupture avec le marxisme de l’après-guerre. De là d’infinies querelles car on était en un temps où la vie intellectuelle des acteurs opposait, à gauche, des esprits qui n’avaient aucunement fait le deuil ni de la chose politique ni du goût de la théorisation. Et de leur passé militant ils avaient gardé le goût du combat, outre leur intérêt particulier pour la compréhension de la Révolution française et celle du communisme, théorie et utopie, pratiques et réalités.

 CHRISTOPHE PROCHASSON FRANÇOIS FURET Les chemins de la mélancolie

Stock, 564 p., 24 euros

Poétique de la canaille, un article de VINCENT MILLIOT

 « Bas-fonds ». L’expression est immédiatement compréhensible, peuplée d’images littéraires, de souvenirs photographiques, d’évocations filmiques. Mais on ne saurait en donner une définition objective ou officielle. De cet univers peuplé de figures hideuses, pour partie réelles et pour partie fantasmées, Dominique Kalifa propose de faire l’histoire avec un réel talent de plume.

DOMINIQUE KALIFA LES BASFONDS Histoire d’un imaginaire

Seuil, coll. « L’univers historique », 394 p., 25 euros

Une mauvaise plaisanterie, un article de JEAN-JACQUES MARIE

La biographie de Beria par le journaliste polonais Thaddeus Whittlin, publiée par les éditions Nouveau Monde, est, comme le signale la préface, une simple réédition de son livre de 1972, sans la moindre mise à jour. La comparaison avec l’édition française publiée par Elsevier en 1976 le confirme.

THADDEUS WITTLIN BERIA Chef de la police secrète stalinienne

trad. de l’américain par Alfred Bernard Nouveau Monde éd., 484 p., 24 euros

THÉATRE

 Une saison de Roméo et Juliette, un article de  MONIQUE LE ROUX

Une des pièces les plus célèbres de Shakespeare, Roméo et Juliette, aura été mise en scène au moins trois fois cette saison. Baptiste Belleudy et sa compagnie, « Les Mille Chandelles », la jouent dans une installation itinérante, la Tour Vagabonde, actuellement montée à Paris sur la rive droite de la Seine. David Bobee et son collectif, Rictus, terminent une longue tournée, commencée cet automne ; Yves Beaunesne vient de créer à Liège son spectacle bilingue, qu’il va présenter au Centre dramatique national de Poitou-Charentes, qu’il dirige.

SHAKESPEARE ROMÉO ET JULIETTE

Mise en scène de Baptiste Belleudy La Tour Vagabonde 18, rue de l’Hôtel-de-Ville, 75004 Paris Jusqu’au 19 juin 2013

CINÉMA

L’objectivité passionnée, un article de LUCIEN LOGETTE

 « Né en 1921. Un grand-père américain et une grand-mère russe l’ont préparé à se partager le monde à lui tout seul. À cette fin, il a exercé un certain nombre de métiers sérieux (pianiste de bar, technicien de culture populaire, tourneur de cartouches, dessinateur) ou humoristiques (assistant metteur en scène, militaire, producteur radiophonique). » Ainsi s’auto-définissait Chris Marker, dans la présentation de deux de ses poèmes publiés dans le n° 71/72 de La Nef (déc. 1950/janv. 1951), numéro consacré à « L’humour poétique ». Présentation qu’il concluait par « L’humour : la politesse du désespoir (C.M.) », formule qui a servi depuis à bien des sauces. À cette date, le futur signataire de La Jetée n’avait à son actif que quelques textes parus dans Esprit, et Le Cœur net, sec petit roman édité au Seuil. Tout était à venir.

 CHRIS MARKER et PIERRE LHOMME LE JOLI MAI

En salles le 29 mai En DVD (Arte) à la fin de l’année

 MUSIQUE

Peter Kivy, philosophe et musicien, un article de  THIERRY LAISNEY

 Enseignant depuis quelque quarante-cinq ans à la Rutgers University, Peter Kivy a pour spécialité la philosophie de la musique. Son dernier ouvrage est un recueil d’essais.

PETER KIVY SOUNDING OFF Eleven Essays in the Philosophy of Music

Oxford University Press, 296 p.

 

QUINZAINE LITTÉRAIRE

 PETITS FORMATS, un article de  ÉVELYNE PIEILLER

DANYROBERT DUFOUR LE DIVIN MARCHÉ La révolution culturelle libérale

Gallimard, coll. « Folio essais », 411 p., 9,10 euros

LA CITÉ PERVERSE Libéralisme et pornographie

Gallimard, coll. « Folio essais », 519 p., 9,60 euros

 GUILLAUME APOLLINAIRE ALCOOLS

précédé de : PAUL LÉAUTAUD GUILLAUME APOLLINAIRE

Avec un dossier sur l’œuvre et le poète Gallimard, coll. « Folio », 242 p., 4,20 euros

 GIANCARLO DE CATALDO LES TRAÎTRES

trad. de l’italien par Serge Quadruppani Seuil, coll. « Points », 619 p., 8,70 euros

 ALPHONSE DAUDET ULTIMA ou LA DERNIÈRE HEURE D’EDMOND DE GONCOURT

Notes et postface de Jérôme Solal Mille et Une Nuits, 70 p., 3 euros

DVD

Jacques Hérold, un article de DOMINIQUE RABOURDIN

 André Breton avait rêvé, pour sa galerie à la belle enseigne de Gradiva, d’un « paradis des livres ». « Si peu d’élus – mais que les rayons pour les tenir soient vraiment des rayons de soleil ». Aube Elléouët, la fille d’André Breton et de Jacqueline Lamba, aurait-elle, pour sa part, rêvé d’un « paradis des films » ? Le succès de la fameuse vente Breton lui a donné les moyens de créer une collection, « Phares du surréalisme », et de produire de tels films.

 Jacques Hérold, le grain de phosphore aux doigts

Film de Fabrice Maze (105 minutes) avec un livret de 88 pages Seven Doc, coll. « Phares du surréalisme », 23 euros

La Quinzaine littéraire n°1083 – du 1er au 15 mai 2013

(Télécharger le numéro en PDF ici)

LITTÉRATURE

Beauté perdue, un article de HUGO PRADELLE

Un recueil aux tonalités subtiles, qui fait s’entrecroiser désir et perte, fascination et pulsion, nostalgie et désir de vivre, les voix d’un temps perdu, les présences immuables de ceux que nous avons aimés.

FRANÇOIS EMMANUEL LES MURMURANTES

Seuil, coll. « Cadre rouge », 176 p., 17 euros

 Sur la mort, un article deAGNES VAQUIN

Un récit bref, censé correspondre à un journal rédigé en douze jours, le temps d’un séjour à Grenade. En fait, des textes quotidiens, il n’y en a que neuf, il est des jours sans voix, les cinq, sept et neuvième… D’emblée, la singularité de cette Belle apparaît. L’œuvre se présente donc comme un récit. Toutefois, ce pourrait aussi bien être un essai – l’auteur en a déjà écrit plusieurs – puisqu’il s’agit de la mort. Or le terme d’essai ne saurait convenir à ce qui se lit comme un poème, d’une lecture qui se brise quand la phrase irradie et qu’il faut s’arrêter afin de mieux la goûter et de reprendre haleine.

MATHIEU TERENCE LA BELLE

Grasset, 106 p., 12,50 euros

« Un lourd fardeau de mélancolie », un article de NORBERT CZARNY

C’est là dès la première page du livre, cela revient, comme un motif musical aux couleurs tragiques : la mort. Et pourtant la vie l’emporte, l’énergie vitale, l’envie de faire, de créer, de découvrir. L’existence de Puccini, telle que la relate Bernard Chambaz dans Caro carissimo. Puccini, ressemble à un tourbillon.

BERNARD CHAMBAZ CARO CARISSIMO PUCCINI

Gallimard, coll. « L’un et l’autre », 160 p., 18 euros

 Mer des souvenirs, un article de ALICIA MARTY

Avec plus d’une vingtaine d’ouvrages, traduits en France, Yôko Ogawa a construit une œuvre subtile et intrigante, entre douceur et cruauté. Dans Le Petit Joueur d’échecs, elle dépeint avec grâce la relation entre un jeune garçon et son maître. Mais ce qui est au cœur de ce beau roman, c’est la vivacité du souvenir des morts.

YÔKO OGAWA LE PETIT JOUEUR D’ÉCHECS

trad. du japonais par Martin Vergne Actes Sud, 320 p., 22,80 euros

Le chemin de la vie, un article de CLAUDE FIEROBE

Des Filles de la campagne, premier roman, à Fille de la campagne, ces mémoires qu’Edna O’Brien « s’était juré de ne jamais écrire », il y a un demi-siècle. Il y a aussi ce singulier, qui distingue l’autobiographie de la fiction, encore que la séparation ne soit pas totale, tant l’œuvre est nourrie d’une existence tumultueuse où se mêlent la force incontrôlable des passions et la farouche ténacité de l’écrivain.

EDNA O’BRIEN FILLE DE LA CAMPAGNE Mémoires

trad. de l’anglais (Irlande) par Pierre-Emmanuel Dauzat Sabine Wespieser, 478 p., 25 euros

 La mort sonne deux fois, un article de STEVEN SAMPSON

Le Bleu de la nuit constitue le second volet d’un diptyque commencé six ans plus tôt avec L’Année de la pensée magique. Tel Everyman, personnage qui, convoqué par La Mort, cherche des alliés prêts à l’accompagner à son rendez-vous, la narratrice de ces mémoires évoque des avatars contemporains de Compagnie, Parentèle, Cousinage, Beauté et Raison. Avec le même résultat.

JOAN DIDION LE BLEU DE LA NUIT

trad. de l’anglais (États-Unis) par Pierre Demarty Grasset, 240 p., 18,60 euros

 L’ultime mise en scène, un article de HUGO PRADELLE

En sortant le comédien et cinéaste Kurt Gerron (1) de l’oubli en en faisant le héros de son nouveau roman, Charles Lewinsky questionne à la fois la moralité de la survie et des fictions que nous nous inventons sans cesse, le poids du passé, la puissance de l’imagination et le temps singulier qui la conforme. En dépit de son apparent classicisme formel et de son allure de fresque historique, il promeut l’invention de la vie comme ultime résistance.

trad. de l’allemand (Suisse) par Léa Marcou Grasset, 512 p., 22,90 euros

HISTOIRE LITTÉRAIRE

Un Rabelais ludique, un article de MAURICE MOURIER

Le bon maître Albert-Marie Schmidt, dans les années 1960, enseignait Rabelais aux étudiants de l’université de Lille, ou plutôt il s’efforçait de l’enseigner car la tâche lui était malaisée. En effet, arrivé en chaire, son énorme édition Lefranc sous le bras, il ouvrait le volume et se mettait à en lire un passage mais aussitôt un rire si inextinguible le submergeait que les larmes lui coulaient sur les joues et qu’il renonçait bien vite à délivrer à ses ouailles autre chose qu’une suite hilare de borborygmes et de hoquets.

PETER GILMAN L’ÉNIGME PANTAGRUEL

La Différence, 348 p., 22 euros

 Sur les bords de la Tisza, un article de GABRIELLE NAPOLI

Gyula Krúdy (1878-1933), auteur admiré de Márai comme de Kertész, est un des plus grands écrivains hongrois, et ce roman, L’Affaire Eszter Solymosi, est un véritable chef-d’œuvre

GYULA KRÚDY L’AFFAIRE ESZTER SOLYMOSI

trad. du hongrois par Catherine Fay Albin Michel, 637 p., 24 euros

Le roman de Wallenstein, un article de JEAN-PIERRE MOREL

Il aura fallu près d’un siècle pour que le deuxième roman d’Alfred Döblin, paru en Allemagne en 1920, ait enfin sa version française. Le découvrir aujourd’hui, grâce au travail remarquable du traducteur, Michel Vanoosthuyse, permet de comprendre pourquoi ce texte énorme (huit cents pages) passe parfois pour le plus important du romancier après Berlin Alexanderplatz (1929).

ALFRED DÖBLIN WALLENSTEIN

trad. de l’allemand par Michel Vanoosthuyse Agone, coll. « Manufacture de proses », 860 p., 38 euros

POÉSIE

Un art poétique, un article de MARIE ÉTIENNE

Toucher terre et rebondir, prendre appui sur ce qui est pour atteindre les hauteurs dont l’art est parfois capable, tel est le mouvement qui anime la poésie d’Ariane Dreyfus et des auteurs qu’elle analyse.

ARIANE DREYFUS LA LAMPE ALLUMÉE SI SOUVENT DANS L’OMBRE

Corti, coll. « En lisant en écrivant », 315 p., 19 euros

Les Cantos d’Ezra Pound, un article de CLAUDE GRIMAL

Le poète britannique Basil Bunting a écrit dans les années 1970 un poème sur les Cantos de son ami Ezra Pound (1885-1971) dans lequel il les compare aux Alpes, avec leurs pics et leurs éboulis. « Qu’y a-t-il à dire à leur sujet ?/Elles n’ont aucun sens », y affirme-t-il avant d’ajouter un peu plus loin que tant d’un point de vue géographique que poétique : « Il faudrait faire un long détour/Si on voulait les éviter. »

EZRA POUND LES CANTOS

Troisième édition sous la direction d’Yves di Manno trad. de l’américain par Jacques Darras, Yves di Manno, Philippe Mikriammos et Denis Roche Flammarion, 1 018 p., 30 euros

ARTS

Les divinités du riz, un luthnavire, les boîtes et les fétiches magiques…, un article de GILBERT LASCAULT

Archipel de l’Insulinde, les Philippines s’étendent sur 300 000 km2. Elles comptent quelque 7 000 îles et s’étirent sur près de 1 700 km. Elles forment des territoires d’échanges, de commerces, de trocs, de permutations, d’offres et de demandes, de dons, de rivalités.

EXPOSITION PHILIPPINES : ARCHIPEL DES ÉCHANGES

Musée du quai Branly 9 avril – 14 juillet 2013

Catalogue de l’exposition Sous la direction de Constance de Monbrison et Corazon S. Alvina Actes Sud/musée du quai Branly, 368 p., 242 ill. coul., 47 euros

Hors-série de l’exposition Tribal Art magazine, Belgique, 56 p., ill., 8 euros

De l’Allemagne et des interférences, un article de GEORGES RAILLARD

Deux expositions simultanées, l’une à Strasbourg, sur l’architecture « en partage » entre l’Allemagne et la France. À partir de 1800. Un même point de départ, au Louvre, pour les avatars – la richesse, la diversité – de la peinture en Allemagne jusqu’en 1939. Le cinquantième anniversaire du traité d’amitié francoallemande a fourni le prétexte et les moyens de ces deux amples manifestations. Ce qui est à voir au musée, à lire dans les deux remarquables catalogues, constitue un événement.

EXPOSITION : INTERFÉRENCES/INTERFERENZEN ALLEMAGNEFRANCE 1800-2000

Sous la direction de JeanLouis Cohen et Harmut Frank Musée d’Art moderne et contemporain de la ville de Strasbourg Du 30 mars au 21 juillet 2013

Catalogue de l’exposition Éd. des musées de la ville de Strasbourg, 466 p., 59 euros

EXPOSITION DE L’ALLEMAGNE DE FRIEDRICH À BECKMANN

Sous la direction de Sébastien Allard et Danièle Cohn Musée du Louvre Du 28 mars au 24 juin 2013 Catalogue de l’exposition Hazan/Musée du Louvre, 432 p., 300 ill., 45 euros

PHILOSOPHIE

Les raisons du hasard, un article de JEAN LACOSTE

Descartes, cet impavide cavalier, s’était intéressé au choc des boules de billard ; Denis Grozdanovitch, familier depuis l’adolescence des rebonds du tennis, spécialiste du jeu de paume et fou de littérature, prend ici pour cible, sinon Descartes lui-même, du moins le « cartésianisme », la rationalité technique devenue folle, dans un essai vagabond, érudit, polémique, et plus sérieux que ne peut le laisser penser la charmante couverture de Sempé.

DENIS GROZDANOVITCH LA PUISSANCE DISCRÈTE DU HASARD

Denoël, 321 p., 17,50 euros

Benjamin Fondane commence, un article de CHRISTIAN MOUZE

« Je vois encore Fondane sortir du block, passer très droit devant les SS, fermant le col de sa veste pour se protéger du froid et de la pluie, monter dans le camion. L’un après l’autre, lourdement chargés, les camions s’ébranlèrent vers Birkenau. Deux heures plus tard, nos camarades étaient morts gazés. » (André Montagne, Les Lettres Françaises, 26 avril 1946.)

BENJAMIN FONDANE LA CONSCIENCE MALHEUREUSE

Édition présentée et annotée par Olivier Salazar Ferrer Verdier, 345 p., 20,50 euros

THÉÂTRE COMPLET

Textes établis et présentés par Éric Freedman Non Lieu éd., 309 p., 16 euros

Le faux au service du vrai, un article de MARC LEBIEZ

C’est peu dire que Vaihinger est mal connu en France. Le nom même de ce contemporain de Bergson n’est pas des plus notoires, y compris chez les philosophes professionnels. Pourtant, sa Philosophie du « comme si » ne présente pas qu’un intérêt archéologique ; les problèmes que pose ce livre majeur et les solutions qu’il avance ont intéressé nombre de penseurs du XXe siècle et ont conservé une actualité intellectuelle.

CHRISTOPHE BOURIAU LE « COMME SI » Kant, Vaihinger et le fictionalisme

Cerf, 256 p., 23 euros

PSYCHANALYSE

Voyage en autisme, un article de MICHEL PLON

Avant d’entrer un tant soit peu dans le détail des deux ouvrages, véritables objets, publiés par Sandra Alvarez de Toledo, qui poursuit ainsi sa mise au jour passionnée de l’œuvre de Fernand Deligny (QL nos 952 et 982), il nous semble nécessaire, et en cela le livre d’Henri ReyFlaud est important en ce qu’il déploie clairement l’éventail des possibles en la matière, de formuler de la manière la plus simple possible les présupposés philosophiques, existentiels mais aussi politiques qui déterminent la position que l’on adopte face à l’autisme.

Journal de Janmari

Avec la collaboration de Gisèle Durand L’Arachnéen, 150 p., 32 euros

Cartes et lignes d’Erre

Traces du réseau de Fernand Deligny 1969-1979

Édition bilingue français anglais Introduction et glossaire de Sandra Alvarez de Toledo Postface de Bertrand Ogilvie L’Arachnéen, 412 p., 55 euros

HENRI REYFLAUD SORTIR DE L’AUTISME Parents, ces vérités qu’on vous cache

Flammarion, coll. « Psychanalyse et psychologie », 136 p., 16 euros

 HISTOIRE

Le Moyen Âge du genre, un article de MICHÈLE GALLY

Cet ouvrage d’un peu plus de deux cents pages se présente comme un manuel, le premier à aborder et à synthétiser l’histoire culturelle de la différenciation des sexes au cours des siècles médiévaux.

DIDIER LETT HOMMES ET FEMMES AU MOYEN ÂGE Histoire du genre XIIe XVe siècle

Armand Colin, coll. « Cursus histoire », 224 p., 16,80 euros

« Un couteau pour couper ma peur », un article de CLAUDE MOUCHARD

« Les événements racontés ici sont véridiques », nous avertit Otto B. Kraus en tête de l’ouvrage. Ces événements, « véridiques » en effet, eurent lieu dans le « camp des familles » créé en 1943 à AuschwitzBirkenau. Les nazis regroupaient là des familles juives, pour la plupart tchécoslovaques, en provenance du camp ghetto de Theresienstadt. Otto B. Kraus nous fait entrer dans le « bloc des enfants ». Or, « au cœur de cet univers, écrit Catherine Coquio (dans l’essai qui, en seconde partie du livre, offre une puissante synthèse historicocritique recourant de surcroît à d’autres témoins : Kulka, Kluger, Vrba, Gradowski), il y a Lisa Pomnenka » : en elle se condense l’enjeu même du livre de Kraus.

OTTO B. KRAUS LE MUR DE LISA POMNENKA

trad. de l’anglais par Stéphane et Nathalie Gailly suivi de :

CATHERINE COQUIO LE LEURRE ET L’ESPOIR De Theresienstadt au block des enfants de Birkenau

L’Arachnéen, 334 p., 24 euros

Le désir de vivre, un article de PIERRE PACHET

Avrom Sutzkever (en Biélorussie, 1913 – TelAviv, 2010) est l’un des grands poètes en yiddish du XXe siècle. C’est aussi un témoin de premier plan, et

un héros de la résistance juive armée contre les nazis.

AVROM SUTZKEVER LE GHETTO DE WILNO 1941-1944

trad. du yiddish par Gilles Rozier Préface d’Annette Wieviorka Denoël, 400 p., 20,50 euros

THEATRE

Iphis et Iante, Ravel : hors des sentiers battus, un article de MONIQUE LE ROUX

Variations sur les pièces du répertoire ou création d’« écritures contemporaines » destinées au plateau ? Des metteurs en scène échappent à cette alternative, tels Jean-Pierre Vincent avec Iphis et Iante d’Isaac de Benserade au TGP de Saint-Denis ou Anne-Marie Lazarini avec Ravel d’après Jean Echenoz au Théâtre Artistic Athévains.

ISAAC DE BENSERADE

IPHIS ET IANTE

Mise en scène de Jean-Pierre Vincent Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis Jusqu’au 6 mai

JEAN ECHENOZ RAVEL

Mise en scène d’Anne-Marie Lazarini Théâtre Artistic Athévains Jusqu’au 5 mai Reprise à partir du 15 novembre 2013

 CINEMA

 Perspectives avant la bataille, un article de LUCIEN LOGETTE

Le verdict est enfin tombé, permettant au petit monde du cinéma français de respirer, après avoir si longtemps retenu son souffle – façon de parler, car le réseau Internet résonnait depuis des semaines d’échos, rumeurs, supputations et certitudes quant aux sélectionnés cannois. La liste des heureux qualifiés n’a pas encore donné lieu aux habituels commentaires navrés visant le manque de sang neuf, le manque de réalisatrices, le manque d’inventivité et le carnaval des vaches sacrées et des Grandes Têtes Molles régulièrement reconduites. Nul doute que les rechigneurs vont rechigner, puisque telle est la règle du jeu. Mais la contestation sera délicate, tant les noms de la vingtaine d’élus y laissent peu de prise. D’anciennes Palmes d’or respectées, des cinéastes aimés de la critique, des petits nouveaux (à ce niveau), la répartition est habile et propre à susciter l’étonnement, le moment venu.

66e Festival international du film de Cannes

Du 15 au 26 mai 2013  

 VITRINE

Quelques nouvelles du Parrain, un article deMARIA PIA DI BELLA

Pendant longtemps, quand un livre sur la mafia sortait en France, c’était soit une traduction de l’italien, soit un ouvrage de Marcelle Padovani – journaliste au Nouvel Observateur –, qui semblait en avoir l’exclusivité. Mais depuis quelques années les choses ont changé et les intellectuels français se sont mis à écrire sur le sujet – ce qui doit certainement émouvoir les Italiens qui les lisent et surtout les aider à ne plus se sentir seuls ! En effet, la mafia a été vue très longtemps un peu partout dans le monde comme une spécialité italienne à ajouter à la pizza, à la chansonnette napolitaine et, pour les plus cultivés, à l’opéra. Bref, une spécialité ou une anomalie folklorique dont on pouvait même se gausser. Les quelques films cultes que la mafia a inspirés – la trilogie du Parrain en tête – n’ont fait qu’enfoncer le clou.

JACQUES DE SAINT VICTOR UN POUVOIR INVISIBLE Les mafias et la société démocratique (XIXe XXIesiècles)

Gallimard, coll. « L’esprit de la cité », 432 p., 23,50 euros

Les couleurs du temps, YAN CÉH

Il a toujours été là, non loin du centre, observant la scène comme on regarde un tableau. Notant ensuite les détails et bribes de conversations, souvenirs de ces années soixantedix qui resurgissent aujourd’hui dans un livre. Thadée Klossowski de Rola nous fait partager une époque magique, et son obsession pour la littérature, trésor inaccessible.

THADÉE KLOSSOWSKI DE ROLA VIE RÊVÉE Pages d’un journal 1965, 1971-1977

Grasset, 311 p., 22 euros

La Quinzaine littéraire n°1082 du 15 au 31 avril 2013

(Télécharger le numéro en Pdf ici)

EN PREMIER

Brutalité des Faits, un article de TIPHAINE SAMOYAULT

Sur la couverture du livre, un petit coquetier de bois peint. La couleur est passée, le dessin est presque effacé et le bois en est par endroits écarté ou fêlé. Il fait partie des quelques rares objets conservés par Marcel Cohen de son enfance, avant que sa mère, son père, sa sœur, sa grand-mère et son grand-père, deux oncles et une tante fussent assassinés à Auschwitz ou dans les convois qui y conduisaient

MARCEL COHEN, SUR LA SCÈNE INTÉRIEURE Faits

Gallimard, coll. « L’un et l’autre », 150 p., 17,90 euros

LITTÉRATURE

Dans l’ombre des disparus, un article de MONIQUE BACCELLI

Andrea Bajani ne hait pas les familles. Peut-être ne les aime-t-il pas non plus : elles l’intéressent, et il les étudie avec objectivité, sans juger. Dans Si tu retiens les fautes (2009), il analyse une étrange relation mère-fils, et dans le plus récent Toutes les familles (2010), il s’agit encore d’une cellule familiale restreinte : père, mère et fils, dont les ascendants semblent plus présents que les descendants.

ANDREA BAJANI TOUTES LES FAMILLES

trad. De l’italien par Vincent Raynaud Gallimard, 310 p., 23,90 euros 

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La Quinzaine littéraire n°1081 – du 1er au 15 avril 2013

(Télécharger le numéro en PdF en suivant ce lien)

EN PREMIER

Le grand théâtre de Raymond Roussel, un article de TIPHAINE SAMOYAULT

Le dixième volume des Œuvres complètes de Raymond Roussel rassemble pour la première fois l’ensemble de ses pièces, les adaptations de ses romans comme les textes destinés à la scène. Certaines sont publiées pour la première fois dans leur intégralité.

RAYMOND ROUSSEL ŒUVRES THÉÂTRALES

Sous la direction d’Annie Le Brun et de Patrick Besnier Pauvert, 856 p., 42 euros

LA DOUBLURE

Gallimard, coll. « L’imaginaire », 186 p., 8,90 euros

LITTÉRATURE

Des betteraves et des communistes, un article de GABRIELLE NAPOLI

Deuxième roman du jeune auteur Clément Caliari, Gibier invite le lecteur français à arpenter la mythique Puszta, la grande Plaine et sa solitude. Mais ce n’est pas à la solitude que va se frotter le lecteur, c’est aux betteraves et à leur épopée.

CLÉMENT CALIARI GIBIER

Gallimard, 386 p., 21,50 euros

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