Taslima Nasreen encore et toujours menacée
En 1993, quand elle publie son roman Lajja, la bangladaise Taslima Nasreen choisit de placer une phrase en exergue : « Aux peuples du sous-continent indien/ Que la religion ait pour autre nom humanisme ». Treize ans après ce choix, son appel à la tolérance religieuse garde tout son sens. Mercredi 28 novembre, la romancière a dû être placée sous protection policière dans un lieu tenu secret après avoir fui Calcutta, où elle vit en exil, à la suite de manifestations hostiles d’islamistes. Au mois d’août déjà, celle que l’on surnomme parfois « la Salman Rushdie bangladaise » avait été agressée lors d’une conférence à Hyderabad (Sud de l’Inde), par des islamistes qui l’avaient frappée avec des chaises.
Depuis 1993, cette scientifique de formation vit en effet avec l’épée de Damoclès d’une fatwa lancée contre elle par des mollahs du Bangladesh, qui ont mis sa tête à prix. Ils lui reprochent ses critiques du rôle dévolu aux femmes dans l’Islam, ses combats pour les droits des femmes et le sécularisme. Lajja a ainsi pour toile de fond les émeutes qui ont touché la minorité hindoue du Bangladesh à la suite de la destruction de la mosquée d’Ayodhya, en Inde, par des hindous intégristes.
Béatrice Roman-Amat
Retrouvez les articles consacrés à Taslima Nasreen dans les archives de la Quinzaine littéraire :
Taslima Nasreen, Femmes, manifestez vous ! et Lajja (la honte). Un article de Pierre Pachet, ” La Force de Taslima Nasreen “. Revue N° 654 parue le 16-09-1994
décembre 11, 2007 à 6:35
à lire la poésie de Talisma Nasreen une autrre vie, poèmes, où l’auteur parle à coeur ouvert de ce rude combat de vivre , entre autre … j’y vois comme un journal poétique,
Rompt tes liens et lève toi !
De tes deux mains brise les, car ces mains t’appartiennent
Sauve toi aussi vite que tu peux, car ces jambes t’appartiennent
Vois l’existence avec tes propres yeux , ils t’appartiennent
Ris aux éclat, ces lèvres sont tiennes, comme ta nuque et tes cheveux.
Car tu t’appartiens totalement,
Et radicalement, tu es tienne.
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