Exploiter “le capital de rêverie de la langue”

julien Gracq par Vasco (1970)Archive
Julien Gracq par Vasco (1970)
A l’occasion du décès à 97 ans de Julien Gracq, retrouvez dans nos archives les articles que la Quinzaine Littéraire a consacré à cet écrivain qui fut brièvement compagnon de route des surréalistes avant de se consacrer, loin des mondanités littéraires, à son œuvre de romancier et essayiste. Lire la suite

La voix des “sudistes”

Cikuru Batumike

Cikuru Batumike

Archive

Interview de Cikuru Batumike, un écrivain bouleversé par les injustices de ce début de XXIe siècle.

Dans le recueil de poèmes Arrêt sur étroiture de Cikuru Batumike résonnent les cris de désespoir de tous les exilés de la terre, de tous ces « sudistes » qui nourrissent les contingents d’immigrés échoués en Occident. Ceuta, Melilla, Sangatte, Lampedusa, mais aussi le Rwanda ou la République Démocratique du Congo servent de théâtres aux drames du déracinement et du racisme « ordinaire ».
« Ces poèmes sont des fragments de ma sensibilité devant l’injustice que subissent de nombreux fugitifs, (…) devant la dépossession humaine et l’humiliation qui défigurent l’Etre » explique Cikuru Batumike, poète et journaliste suisse né en RDC. « La poésie ne peut être qu’un lieu du mouvement, le lieu où les choses mutent pour engendrer des valeurs communes et positives de la civilisation humaine », ajoute-t-il.

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    Quand l’Europe s’autodétruit, un article sur le dernier ouvrage d’Enzo Traverso par Dimitri Nicolaïdis dans “la Quinzaine littéraire” (16 mars 2007)

    En ces temps où l’histoire se présente trop souvent en science désincarnée, flottant en apesanteur au-dessus des ” objets ” du passé qu’elle se propose de nous restituer en toute objectivité, et qui, tantôt, part en croisade contre ces manifestations abusives de la mémoire afin de préserver de toute contamination leurs purs objets de savoir, il est bon d’entendre l’auteur d’un essai historique déclarer dès l’introduction qu’” écrire des livres d’histoire signifie offrir la matière première nécessaire à un usage public du passé “.

    par Dimitri Nicolaïdis

    Enzo Traverso
    À feu et à sang. De la guerre civile européenne (1914-1945)
    Stock, 314 p., 20,99 euros

    Et de poursuivre en expliquant que “pour exercer son métier, [l'historien] doit être capable d’assumer une certaine distance critique, mais il doit être aussi conscient de ce qui le lie à l’objet de sa recherche, laquelle (…) comporte toujours une part de “transfert”, c’est-à-dire une part de subjectivité qui réfracte comme un prisme les événements du passé et oriente son regard “.

    On n’a pas forcément besoin de savoir ” d’où parle ? ” Enzo Traverso pour mesurer à quel point sa capacité à rendre compte de l’objet de son dernier livre a aussi à voir avec une certaine sensibilité à l’égard d’une époque certes caractérisée par une violence sans limites, mais aussi par un sens de l’engagement commandé par des circonstances exceptionnelles. Comment, en effet, devant cette séquence de l’histoire européenne qui s’ouvre avec les boucheries du Chemin des Dames et de Verdun, et qui s’achève, trente ans plus tard, avec Auschwitz et Hiroshima, ne pas tomber dans la vision anachronique d’un François Furet (1) pour qui l’adhésion des masses au projet démiurgique de créer un homme nouveau, au fondement du fascisme comme du communisme, aurait permis à ces idéologies totalisantes de déployer leur folie meurtrière jusqu’à la Catastrophe ? Avec la défaite du nazisme en 1945, puis l’effondrement du système communiste en 1989-1991, le retour à la raison démocratique aurait ainsi définitivement clos cette parenthèse ubristique qui désormais nous terroriserait par son étrangeté.

    Parce qu’il paraît injuste que des figures jadis héroïques, telles celles du ” partisan ” (celui qui prend parti) ou de l’ “intellectuel antifasciste”, soient ainsi réduites à des marionnettes de l’hégémonisme soviétique, au mieux aveuglées par leurs illusions, au pire capables des mêmes extrémités que leurs adversaires, l’auteur s’attache à recontextualiser une époque où l’expérience incommunicable de la ” peur au ventre ” dans les tranchées s’est pourtant transmise à l’ensemble du corps social. Or, la brutalisation des sociétés européennes, symptôme le plus flagrant de cette peur envahissante, ne doit pas être interprétée comme un phénomène de régression civilisationnelle, mais bien au contraire comme la marque d’une certaine modernité parvenue, à l’ère des masses, à produire aussi bien notre chère démocratie que le communisme et le fascisme. Afin de comprendre pourquoi le pouvoir d’attraction des deux dernières a incontestablement éclipsé le régime politique qui rétrospectivement semblait pourtant correspondre le mieux à cette marche inéluctable du Progrès, il nous faut sortir du face-à-face entre systèmes totalitaires aux rouages comparables et aux idéologies radicalement antinomiques, pour saisir l’origine et la nature d’une violence qui conduit inéluctablement à transformer les représentations du monde et les notions mêmes de politique et de culture au sein de l’Europe.

    La rupture de 1914, qui inaugure un cycle de trente années de guerres et de révolutions au bout duquel l’Europe s’est de fait autodétruite, est bien l’aboutissement d’un processus caractéristique du long XIXe siècle qui voit l’entrée progressive des masses sur la scène publique. Mais si guerre totale est le produit de la révolution industrielle et de la ” nationalisation des masses “, l’expérience de la mort que traverse la ” génération du feu ” est bien de nature radicalement nouvelle et produit une ” culture de guerre ” qui va marquer toute la période qui suit la fin des hostilités. À partir du moment où les armes de destruction massive et le caractère ” mécaniquement reproductible ” de la mort ont rendu totalement obsolète toute notion de sacrifice individuelle, et que la figure du héros a disparu au profit de celle du soldat inconnu, objet désormais d’un véritable culte civique, il n’est guère surprenant que les représentations de l’ ” ennemi ” évoluent à leur tour et déteignent sur les modalités mêmes du combat politique.

    Lorsque le ” rouge ” d’un côté et l’ ” ennemi de classe ” de l’autre ne doivent plus seulement être vaincus mais tout bonnement éradiqués, la guerre civile devient la forme aboutie de la politique qui est alors, pour paraphraser Clausewitz, la continuation de la guerre par des moyens similaires. De fait, la militarisation des organisations politiques n’est pas le propre des seuls courants fascistes, et la vision catastrophiste du contexte de lutte de la part des révolutionnaires est aussi un héritage de la Grande Guerre. Le régime nazi, qui a pu être défini comme une ” guerre civile légale “, est celui qui pousse cette logique jusqu’à son point ultime dans la mesure où ” la dictature hitlérienne (…) ne pouvait se consolider qu’en rendant permanent l’état d’exception propre à la guerre civile “.

    Un Carl Schmitt considère cet ” état d’exception ” comme le moyen de restaurer l’ordre dans le cadre d’une dictature seule capable de rendre à l’Etat sa capacité décisionnelle, tandis qu’un Walter Benjamin voit dans ce même ” état d’exception ” le signe d’une crise permanente. Pourtant, les deux penseurs à la philosophie politique diamétralement opposée s’accordent sur le constat de l’incapacité de l’Etat libéral à gérer les conflits et sur la vision alternative de l’Etat comme instrument de transformation radicale de la société. Pour le sens commun, mais aussi pour la majorité des intellectuels, le libéralisme, du moins dans sa forme la plus pure (qui conçoit le politique comme simple espace de production de normes et établit une séparation claire entre l’Etat et la société civile), ne fait plus partie de l’équation politique, comme en atteste le recul inexorable des démocraties libérales en Europe durant ces années d’entre-deux-guerres. Pour Benjamin comme pour Schmitt, le choix politique se réduit à l’alternative révolution/contre-révolution, socialisme/Etat total.

    Cet Etat démiurge, auquel le peuple s’en remet pour l’aider à sortir de son état post-traumatique caractérisé par le souvenir omniprésent de la peur, est donc bien en ce sens le produit de la guerre. La montée du nazisme est aussi liée à cette capacité à transformer l’angoisse en peur d’un ennemi concret qui prend alors les visages indissociables du Juif et du Bolchevik. Le processus de déshumanisation de ce double ennemi vital, commencé bien avant 1939, explique le caractère de guerre d’extermination que va prendre l’offensive allemande à l’est de l’Europe – de nature radicalement différente, en ce sens, de ce qu’elle sera à l’ouest. La guerre, débouché inéluctable de l’affrontement absolu entre visions du monde radicalement antagonistes, trouve son aboutissement final, après les épisodes plus circonscrits de la tourmente révolutionnaire de 1918-1923 puis de la guerre civile espagnole, dans cette Seconde Guerre mondiale qui peut être vue comme une guerre coloniale sur le sol européen où la distinction entre civils et militaires est abolie. Les massacres coloniaux des premiers temps de l’expansion impériale européenne représentent une sorte de matrice pour la guerre d’extermination mise en œuvre par les nazis : qu’il s’agisse de l’indigène révolté ou du rebelle de la guerre civile, on n’a plus affaire à un ” ennemi légitime ” mais à un hors-la-loi qu’il convient de faire disparaître.

    Sans évidemment établir d’équivalence, Traverso montre aussi comment ce processus de déshumanisation n’est plus le propre des régimes fascistes, et que, sans même parler d’Hiroshima et de Nagasaki, les bombardements massifs des Alliés sur les villes allemandes – et la destruction systématique du patrimoine culturel de l’Allemagne qui fut très clairement le résultat d’un choix politique et moral – en sont une autre manifestation. Le principe de distanciation et d’escamotage des cibles de la violence (le Juif déporté pour le fonctionnaire allemand, l’Untermenschen supplicié mis à distance par l’objectif de l’appareil photo pour le soldat de la Wehrmacht, ou l’habitant anonyme de la ville bombardée pour le pilote de la forteresse volante) est une des caractéristiques de ces guerres modernes qui mélangent de manière inextricable violence froide et violence chaude, planification bureaucratique de l’extermination et pulsions émotionnelles massacrantes.

    Dans un tel contexte, la question des fins et des moyens ne peut être jugée à l’aune de nos normes contemporaines. Opposer mécaniquement l’ ” éthique de la responsabilité ” à l’ ” éthique de la conviction ” a quelque chose d’abstrait pour le partisan engagé dans la lutte dont la morale de l’action est largement guidée par les circonstances. L’apologie de la Terreur par un Trotsky correspond au rejet d’une morale désincarnée, voire à la reconnaissance qu’elle est aussi la possibilité d’encadrer une violence venue d’en bas. C’est la notion même d’engagement qui prend ici un sens particulier, de même que celle d’ ” intellectuel ” qui ” désigne cette interférence entre culture et politique qui marque si profondément toute l’histoire du XXe siècle “. Ce phénomène touche bien sûr tout le champ idéologique, et, comme l’observait Benjamin, à l’esthétisation de la politique caractéristique de l’univers fasciste répond, dans la sphère communiste, la politisation de l’art.

    Dans un contexte d’extrême polarisation, le clivage se réduit bientôt, après l’arrivée au pouvoir d’Hitler et le coup de force de Franco en Espagne, à l’opposition entre Lumières et contre-Lumières, le Front Populaire puis la Résistance incarnant cette convergence entre tradition libérale et projet communiste face à la menace fasciste. La prise de conscience de la gravité de celle-ci précède et donc justifie le compagnonnage des intellectuels avec le mouvement communiste, et aussi, par conséquent, leur relatif aveuglement vis-à-vis des crimes du stalinisme.

    Si on peut faire le constat d’une certaine illusion de la part des protagonistes eux-mêmes dans le cadre de ce combat à mort contre l’hydre fasciste, il concerne d’abord la nature de celle-ci. Réduit à sa dimension réactionnaire, à ses éléments régressifs parmi lesquels l’antisémitisme considéré comme un résidu obscurantiste, le nazisme était alors rarement perçu dans sa dimension proprement moderne. Aux lendemains de la guerre, seuls quelques membres de l’Ecole de Francfort le percevaient comme “un produit de la civilisation elle-même, avec sa rationalité technique et instrumentale désormais affranchie d’une visée émancipatrice et réduite à un projet de domination “. Pour Theodor W. Adorno, le génocide des Juifs d’Europe est ” une barbarie qui s’inscrit dans le principe même de la civilisation “, mais en 1945, alors que la parenthèse fasciste venait tout juste de se refermer et que l’antifascisme était devenu le courant hégémonique au sein de la culture européenne, la remise en cause de la notion de Progrès n’était vraisemblablement pas encore à l’ordre du jour.

    Dimitri Nicoaïdis est enseignant. Il a écrit D’une Grèce à l’autre, Les Belles Lettres, 1992, et a dirigé Oublier nos crimes. L’amnésie nationale une spécificité française ?, Autrement, 1994. Il est membre du comité de rédaction de la revue Mouvements.

    1) François Furet, Le passé d’une illusion, essai sur l’idée communiste au XXe siècle, Laffont/Calmann-Lévy, Paris, 1995.

    Âpre et merveilleux désert

    Les pieds dans le sable d’une dune reconstituée, une odeur de thé à la menthe bouillant lui chatouillant les narines, le spectateur qui entre dans le théâtre du Plateau vit une immersion sensorielle globale. Dans la pénombre d’une tente de bédouin tendue de sacs de toile brune et éclairée d’une bougie, il laisse les notes d’une flutte du désert l’emporter bien loin du 19e arrondissement de Paris.

    Le spectacle « Et si l’homme avait été taillé dans une branche de baobab » est inspiré, et inspiré seulement, du roman Désert de Le Clézio, où une jeune fille des sables (Lalla) rêve d’un ailleurs, au-delà des dunes et des mers, et le cherche dans un exil-déracinement à Marseille.

    La compagnie « la fabrique des petites utopies » a conçue cette pièce au Burkina Fasso. Elle mêle habillement à la trame du roman de Le Clézio, non linéaire et progressant par cercles concentriques, la couleur et la vie des traditions orales, presque une touche de palabre africaine. En y greffant des contes où il est question de l’origine du monde, de princesses et de jeunes hommes transformés en oiseaux, elle infuse le merveilleux dans le quotidien âpre du désert. Grâce à des ombres chinoises, à des poissons transformés en marionnettes, à un sable qui se dérobe comme par magie, ou encore au visage bleu qui sort d’un puit, la tente devient le lieu où se projette le monde entier par la force de l’imagination.

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    Bruno Thircuir, le metteur en scène, affirme avoir vous exprimer la quête de Lalla pour « trouver seule le chemin qui mène au monde tant convoité des autres ». Il a pour cela choisi de mêler le français et les langues africaines, parlées et chantées par des comédiens aux origines diverses : une Franco-Ethiopienne, un Béninois, une Congolaise…

    Le résultat est une fable accessible aux enfants comme aux adultes, qui émerveille et distille savamment rires et angoisses, mélancolie et espoir.

    Béatrice Roman-Amat

    « Et si l’homme avait été taillé dans une branche de baobab ». Jusqu’au 16 décembre à l’Atelier du Plateau (5 rue du Plateau, Paris 19e), entrée 8 à 12 euros.
    Puis à Vif (Isère) les 13 et 15 février (théâtre ambulant installé esplanade O. de Gougees)
    A Grenoble les 6 et 7 mars (théâtre ambulant installé à la Tronche)

    Retrouvez les articles consacrés à Désert de J.M.G. Le Clézio dans les archives de la Quinzaine littéraire :

    J.M.G. Le Clézio. Désert. Bonnes feuilles. Revue N° 326 parue le 01-06-1980

    J.M.G. Le Clézio, Désert. Un article de Jean-Michel Maulpoix, ” Le poème de l’espérance et de la misère “. Revue N° 326 parue le 01-06-1980

    Les sites animés par les collaborateurs de la Quinzaine littéraire : Jean-Jacques Lefrère

    Jean-Jacques Lefrère dont les lecteurs de la Quinzaine littéraire ont pu apprécier l’érudition à travers plus d’une centaine de chroniques, auteur d’une monumentale biographie d’Arthur Rimbaud (1243 p. chez Fayard en 2001), anime le site “Histoires Littéraires

    Histoires littéraires n° 30 Histoires littéraires n° 30

    On y trouve les sommaires de la revue Histoires Littéraires consacrées aux littératures du XIXe et XXe siècles, dont le premier numéro a paru en l’an 2000. Michel Pierssens, second pilier de la publication, (l’auteur de la Tour de Babil, pp. éditions de Minuit 1977, qui a signé aussi des chroniques dans la Quinzaine, professeur au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal) la présentait ainsi :
    Histoires littéraires est une revue dont l’ambition est, entre autres, de célébrer le papier : le vieux papier, en invitant à redécouvrir des textes et des documents oubliés et en rappelant que les livres sont aussi des objets concrets ; le papier neuf, en offrant aux lecteurs une impression d’une qualité devenue rare.”

    Guide pour les chercheurs, la revue (Histoires littéraires, 32 avenue de Suffren, 75015 Paris) offre un large aperçu des fonds documentaires en langue française existants pour les curieux, les amateurs de bonne littérature et de livres rares.
    L’érudition qui s’y manifeste sait s’y faire drôle et polémique, en remettant à leur place pas mal d’idées reçues venues de l’univers de la distribution marchande.

    A la une de son numéro 32 (sous presse) un Dossier Poètes maudits : Steve Murphy, Lettres de Verlaine à quelques-uns, ” Cher Monsieur Rothenstein… “, Lettres de Verlaine à Léon Deschamps, Le dernier correspondant de Rimbaud
    Petites coupures :N. Benhamou : Redécouvrir Maupassant
    Loisirs de la poste : J. Willemetz : Sacha Guitry écrit à Albert Willemetz
    Chronique de l’@ : M. Demont : www.rarebooks.info
    En revenant de l’exposition : P. Sandre : J.-K. Huysmans-G. Moreau. Féeriques visions
    Loisirs de la poste : L. Chauvelot : Lettres d’Alphonse Allais à la famille Stevens
    Aux fonds : R. Grutman, Y. Thomas : Les manuscrits français à l’Université d’Ottawa
    Des fins
    Chronique de l’actualité littéraire
    Chronique des ventes et des catalogues
    En Société
    Livres reçus
    Congrès, séminaires, colloques

    Pour les lecteurs qui veulent en savoir plus sur Jean-Jacques Lefrère voici les dix dernières chroniques de Jean-Jacques Lefrère que l’on peut consulter sur le site “archives” de la Quinzaine littéraire. (option recherche avancée)

    1. Un article de Lefrère, Jean-Jacques ” A propos de biographies d’écrivains, avez-vous déjà lu un roman de Michel Drucker ? ” Numéros spéciaux (40 ans) Revue N° 919 parue le 16-03-2006

    2. Dotoli, Giovanni ” Rimbaud, l’Italie, les Italiens “. Un article de Lefrère, Jean-Jacques ” D’Arthur Rimbaud à Dominique de Villepin “. Revue N° 908 parue le 01-10-2005

    3. D’Anthonay, Thibaut ” Jean Lorrain, biographie “. Un article de Lefrère, Jean-Jacques ” Le Jean Lorrain de M. d’Anthonay ” Ecrits publics (lettres à la Quinzaine) Revue N° 904 parue le 16-07-2005

    4. Verlaine, Paul ” Correspondance générale. Tome 1 (1857-1885) “. Un article de Lefrère, Jean-Jacques ” Verlaine épistolier “. Revue N° 903 parue le 01-07-2005

    5. Un article de Lefrère, Jean-Jacques ” La vie des écrivains morts ” Numéros spéciaux (Un bon écrivain est-il un écrivain mort ?). Revue N° 813 parue le 01-08-2001

    6. Un article de Lefrère, Jean-Jacques ” Rimbaud, est-ce bien lui? De Charleville à Sheikh-Othman “. Revue N° 774 parue le 01-12-1999

    7. Un article de Lefrère, Jean-Jacques ” Adieu à la “B.N.” Revue N° 760 parue le 16-04-1999

    8. Jeancolas, Claude ” Passion Rimbaud. L’album d’une vie “. Bibliothèque Jacques Guérin Huitième partie. Rimbaud – Lautréamont “. Un article de Lefrère, Jean-Jacques ” Rimbaud et Lautréamont en salle des ventes “. Revue N° 750 parue le 16-11-1998

    9. Mallarmé, Stéphane ” Oeuvres complètes. I. “. Steinmetz, Jean-Luc ” Mallarmé, l’absolu au jour le jour “. Besnier, Patrick ” Mallarmé, le théâtre de la rue de Rome “. Collectif ” Mallarmé 1842 – 1898. Un destin d’écriture “. Un article de Lefrère, Jean-Jacques ” Monsieur Mallarmé et son sac à gloire ” Revue N° 749 parue le 01-11-1998

    10. ” J’arrive ce matin… L’universo poetico di Arthur Rimbaud “. Caradec, François ” Catalogue d’autographes rares et curieux “. Un article de Lefrère, Jean-Jacques ” Les Manuscrits d’un poète ” Histoire littéraire (manuscrits, autographes) Histoire littéraire (19e). Revue N° 742 parue le 01-07-1998

    L’Enfer à portée de main

    L’Enfer est pavé de…gravures érotiques. Il ne s’agit pas ici du séjour des âmes damnées où crépitent les flammes, mais de l’Enfer de la Bibliothèque, cet ensemble d’ouvrages réprouvés par la morale, serrés dans une section spéciale de la Bibliothèque Royale à partir des années 1830.
    La Bibliothèque Nationale de France consacre actuellement une exposition, sulfureusement interdite aux moins de 16 ans, à cet Enfer imprimé. Elle permet de voyager dans l’univers des fantasmes véhiculés par ses livres et illustrations interdites, parfois cruels, souvent ludiques, presque toujours subversifs, surtout lorsqu’ils ont pour légende « Fureurs utérines de Marie-Antoinette » ou « Le godemiché royal ».

    Si la mention « Enfer » a fait officiellement son apparition en 1844, la notion d’ouvrage ou d’estampe contraire aux bonnes mœurs ne l’avait pas attendue. L’exposition présente des documents datant du XVIIIe siècle au XXe siècle, conduisant du roman libertin Thérèse philosophe de Boyer d’Argens aux photographies érotiques de l’entre-deux-guerres et à Georges Bataille, en passant par l’incontournable Sade.

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      (La Philosophie dans le boudoir, 1795 : BNF, réserve des livres rares)

    L’Enfer ne survécut pas à la libération des mœurs de mai 1968. Le terme réapparut certes en 1983 pour désigner une catégorie des collections, mais il s’agissait alors de guider les bibliophiles amateurs d’érotisme et non plus de garder la morale publique de la dépravation.
    Béatrice Roman-Amat

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    (Les Fouteries chantantes, ou les récréations priapiques des aristocrates en vie, 1791, BNF Réserve des livres rares)

    L’Enfer de la bibliothèque, Eros au secret“, du mardi au samedi de 10h à 19h, dimanche de 13h à 19h. Jusqu’au 2 mars.

    Retrouvez dans les archives de la Quinzaine littéraire des articles liés à « l’Enfer de la Bibliothèque » :

    « Les érotiques de Louÿs », un article de Pascal Pia, revue N° 333 parue le 01-10-1980.

    « Erotomane et érudit Pierre Louÿs », un article de Jean-Jacques Lefrère, revue No 512 parue le 01-07-1988, à propos des Poésies de Pierre Louÿs.

    « Les larmes d’Eros » de Georges Bataille, un article de Bertrand Leclair, revue N° 821 parue le 16-12-2001

    « L’œuvre érotique d’Apollinaire », un article de Raymond Jean, revue No 108 parue le 16-12-1970, à propos des Onze mille verges et des Exploits d’un jeune Dom Juan de Guillaume Apollinaire.

    ” Un saccage “, un article de Jean-Marie Magnan, revue N° 103 parue le 01-10-1970, à propos d’Eden, Eden, Eden de Pierre Guyotat.

    Salon du livre, nouvelle mouture

    Plonger la tête la première dans une mer de livres, les utiliser comme marchepieds pour atteindre le ciel, en faire des ailes pour s’envoler. Telles sont certaines d’images utilisées sur les affiches du salon du livre 2008 pour incarner l’idée d’évasion par la lecture.

    Le salon du livre 2008 se tiendra à Paris du 14 au 19 mars. Ses organisateurs ont planché pour lui donner une « nouvelle identité visuelle » et plus de convivialité. Mais surtout pour qu’il ne passe pas à côté de tout ce qui bouge aujourd’hui dans le monde de l’édition.

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    Le prochain salon comportera ainsi un « village manga », qui offrira des cours de dessin et de japonais. Le salon espère attirer par ce biais de nombreux jeunes, premiers acheteurs des 10 millions de mangas vendus en France en 2006.

    En plus des déjà traditionnels « camions de mot », « bar des sciences » et « forums », le visiteur pourra également se rendre au stand dédié aux « lectures de demain », « supports nomades » et autre E-book.

    Dernière innovation majeure, la volonté de mettre en avant chaque année l’univers d’un créateur. En 2008, Geluck et son célèbre Chat seront les premiers à se prêter à l’exercice, sur un espace de 300 m2. « Geluck n’est pas seulement un dessinateur de BD, il est aussi sculpteur et collectionneur d’objets surréalistes », explique Teresa Cremisi, des éditions Flammarion. En un mot, tout sera fait pour que le salon n’apparaisse pas seulement comme « un grand supermarché où les gens viennent pour acheter », selon la définition du directeur de la communication de Hachette Livres, mais également comme un espace de création, de rencontre et de débat.

    Plus classiquement, le salon du livre mettra à l’honneur un pays invité : après l’Inde en 2007, il s’agira d’Israël, en présence d’une quarantaine d’écrivains, parmi lesquels Amos Oz mais aussi des auteurs de livres pour enfants ou de bandes dessinées.

    Béatrice Roman-Amat

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    Le livre, objet graphique

    « L’esprit du livre se signe au creux des mains » écrivait le romancier Philippe di Folco. Une phrase qui pourrait résumer l’exposition « Faire des livres, défaire des codes », qui se tient actuellement à l’école de l’image, à Paris. Elle s’intéresse à l’impact de l’aspect visuel d’un livre sur la réception de son contenu.

    L’exposition présente le travail fourni par l’atelier du graphiste Michel Bouvet pour les éditions Flammarion, la Martinière, Climats ou encore Textuels. A travers des exemples de couvertures de livres rejetées et d’autres adoptées, elle montre comment graphistes et éditeurs créent une dialectique du texte et de l’image, de la couleur et du symbole. Ainsi la couverture de Réenchanter le monde de Bernard Stiegler se pare-t-elle de zébrures multicolores pour faire passer l’idée d’optimisme tandis que d’autres négligent la contrainte de lisibilité pour mieux attirer l’œil du client potentiel en librairie. Le graphisme peut bien sûr être mis au service de la propagande, puisque « les idéologues nazis furent les premiers à percevoir l’importance d’une identité visuelle forte » rappelle un panneau.

    Faire varier les polices, en créer de nouvelles, adopter une couleur ou une forme comme fil rouge, puiser dans un patrimoine symbolique collectif, autant de moyens utilisés pour faire de chaque livre un objet unique, même quand il doit s’inscrire dans une collection.

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    Le parcours à travers la conception de « l’objet livre » comprend également une réflexion sur la façon d’organiser un ouvrage de photos, en redessinant au crayon les photographies, comme sur une planche de bandes dessinées : « une manière de mieux connaître l’œuvre, d’y sentir les lignes de tension », afin d’imaginer la déambulation possible du lecteur d’une image à l’autre. Feuilleter un tel livre devient un voyage initiatique dans l’univers du photographe.

    « Faire des livres, défaire des codes » s’adresse sans nul doute plus aux passionnés de graphisme sensibles au « style Pop’Art transesthétique » qu’aux chineurs de livres anciens aux goûts classiques. Néanmoins, l’exposition fait réfléchir intelligemment aux rapports entre édition, arts visuels et publicité.

    Béatrice Roman-Amat

    Jusqu’au 11 janvier, entrée libre, 73 Boulevard Saint Marcel, métro les Gobelins

    Photo : affiches et couvertures des catalogues des rencontres d’Arles, par Michel Bouvet

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