L’oeuvre de Levi-Strauss en pléiade
A l’occasion de la publication de l’oeuvre de Levi-Strauss en pléiade, nous vous proposons quelques articles:
Dictionnaire des grands thèmes de l’histoire des religions. De Pythagore à Lévi-Strauss, Daniel Dubuisson
André-Marcel D’Ans s’interroge sur le livre de Daniel Dubuisson”Sur ce point, dans L’Occident et la religion, l’auteur évoquait la notion d’hypertexte, défini comme “un lieu permettant sans cesse que s’opèrent des créations textuelles”, tendanciellement isomorphes et inévitablement paraphrastiques par rapport à ce qui a précédemment été produit dans le champ du même hypertexte. Remarquant que celui-ci préserve son homogénéité tout en étant l’objet d’une constante évolution, l’auteur ne manquait pas de souligner l’étroite homologie de cette notion d’hypertexte avec celle de “culture”, cette dernière pouvant parfaitement être conçue comme étant elle-même un hypertexte.“
Lévi-Strauss. Une leçon de maintien, un article de Jean Pouillon.
A propos des mythes, Jean Pouillon parle “d’émergence, car les mythes présentent l’apparition de la Culture comme une transformation ou un modelage de la Nature elle-même : les choses s’y mettent en ordre les unes par rapport aux autres, les phénomènes se voient imprimer un cours régulier et périodique, bref : la Nature est culturalisée.“
Où en est le structuralisme?
François Châtelet nous éclaire sur les différentes branches du structuralisme: “Il faut une lecture bien hâtive, on le voit, pour constituer un corps doctrinal nommé “structuralisme”. A peine peut-on parler d’une méthode. Et, en ce cas, ce commun dénominateur méthodologique se définit plus aisément par ce qu’il refuse que par ce qu’il institue. Disons pour simplifier que ce qu’il refuse, c’est l’empirisme, qui dans tous les domaines de la pensée, s’est imposé, au nom des “faits”, du vécu, du concret, de l’efficacité. Cet empirisme est omniprésent ; dans les philosophies de l’histoire (chrétiennes ou marxistes) tout autant que dans la sociologie ou l’économie dites positives ; il ressortit à cette conception simpliste qui par crainte de la “métaphysique”, par souci de l’expérience - comprend la vérité (d’une science) comme reflet (de ce dont elle est science) ; qui voit dans le concept une généralité abstraite grâce à laquelle on collectionne les faits ; qui juge d’un corps scientifique en fonction non de sa production théorique, mais de sa “capacité de prévisions”…“
Du miel aux cendres, Claude Levi-Strauss (Mythologies 2), Plon
François Châtelet analyse une partie de l’ouvrage Mythologies de Claude Levi-Strauss: “Le Cru et le Cuit se situe précisément à ce niveau d’organisation des qualités sensibles. L’analyse, qui porte sur les mythes concernant l’origine de la cuisine, des matériaux qui entrent dans la composition du “comestible” et des traitements appropriés que chacun d’entre ceux-ci doit subir, se développe comme une composition musicale. Elle articule, selon l’ordre qui leur est propre, ces variations autour d’un thème unique, mais subtilement diversifié. Se trouve alors révélé l’imaginaire - ou, si l’on préfère, l’architecture culturelle - à partir de quoi se thématise et se répartit ce fondamental “sensible commun”, pour parler comme Aristote, qui est le “mangeable”.”