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Kupka, la création dans les arts plastiques, un article de Gilbert Lascault
Texte établi par Erika Abrams,
préf. de Philippe Dagen
Coll. “Diagonales” Cercle d’art éd.
C’est une “chose” curieuse et passionnante que ce texte du peintre Kupka (18711957), écrit entre 1910 et 1913 en français. Il n’avait jusqu’à présent jamais été publié dans notre langue, mais avait été édité en tchèque (1923)… Kupka (que l’actuelle exposition au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris permet enfin de mieux connaître) serait le premier artiste (selon les historiens d’art) à avoir en 1912, au Salon d’automne de Paris, présenté des peintures entièrement abstraites.
Comme Kandinsky, comme Malévitch, comme Klee, Kupka pense qu’au moment où l’art rompt avec l’imitation du monde extérieur, où il s’éloigne (d’une façon que certains, comme Kupka, croient définitive) de la figuration, un nouveau discours devient nécessaire. Mettre en cause la perception habituelle, critiquer la connaissance par les sens, proposer de nouveaux buts, un nouvel esprit à la peinture, proposer des critères au jugement du public : telles sont quelques-unes des fonctions que les peintres du premier quart du XXe siècle donnent à leurs textes.
Kupka (comme le montre la très utile préface de Philippe Dagen pour ce livre) se sert de diverses connaissances avec une rare énergie : philosophies, histoire, physiologie et psychologie de la perception, savoir des techniques et des formes picturales. Parfois, dans la même page, il passe des naïvetés aux découvertes remarquables. Des formules frappantes apparaissent au détour de raisonnements lents. Plus, peut-être, que les autres théories des peintres de cette époque, celle de Kupka est un “bricolage” de textes hétérogènes, aboutissant à des inventions qui illuminent le lecteur. Par exemple, il décrit la tache comme “un leurre”. C’est “une vagabonde sans domicile fixe”. “Où qu’on la rencontre, on la dirait toujours posée au hasard”. Ou encore, après avoir fait l’éloge du monde minéral, de ses plans, de ses “angles énergiques”, de ses arêtes, de ses limites, il se trouble devant les courbes : “Mais les joies sont arrondies et la souplesse sinueuse est chaude de plaisirs”. Ou bien, il suggère la terreur que peut produire un point : “Les points fixes ne nous laissent pas en paix. Comme ils sont terribles et hallucinants quand nous errons à leur recherche”…
A partir de 1911, Kupka assistait aux réunions d’artistes à Puteaux, où venait aussi Marcel Duchamp. Et comme Duchamp, Kupka se méfie du rétinien. Mais il pense pouvoir (en refusant le primat du rétinien et l’imitation) inventer une peinture qui ne perdrait pas le rapport au cosmos, mais qui le retrouverait par une attention au monde intérieur de l’artiste et à son effet créateur. Au scepticisme flegmatique de Duchamp s’oppose un certain enthousiasme de Kupka. Aux notes fragmentées de la Boîte verte de Marcel Duchamp, on peut opposer les raisonnements continus de Kupka. Et, surtout, Kupka fait le pari que peindre est encore possible.
Kupka, la Création dans les arts plastiques Texte établi par Erika Abrams, préf. de Philippe Dagen Coll. “Diagonales” Cercle d’art éd.
Par Gilbert Lascault
mai 20, 2008 à 8:54 |
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juin 3, 2008 à 4:07 |
Cher Monsieur Maurice Nadeau,
Je n’ai pas trouvé une adresse e-mail, donc je vous écris ici.
On a en commun d’avoir connu un enfant terrible de la littérature française, Michel Houellebecq.
Je suis à mon tour écrivaine, mais ceci est un pséudonyme.
Je voudrais vous signaler un livre sur Michel Houellebecq, que j’ai écrit, Idole.
Il se base sur une vraie rencontre avec l’écrivain.
Si vous voulez lire des fragments, http://unvraiidole.blogspot.com/
Vous pouvez, si vous en êtes intéressé, publier sur le site de votre magazine littéraire un ou autre de ces fragments.
Bien à vous,
Cecile Cavecchi