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Entretien avec Olivier Messiaen (Semaine Musicale Internationale de Paris), Anne Capelle
La S.M.I.P. (Semaine Musicale Internationale de Paris) a débuté avec les oeuvres de deux compositeurs de premier plan : György Ligeti et Olivier Messiaen. Ce dernier a bien voulu accorder un entretien à notre collaboratrice Anne Capelle.
O. M. Ce que représente pour moi la Transfiguration ?
Certains disent : “C’est une sorte de somme de son oeuvre”.
Je ne suis pas entièrement d’accord. A mon âge,
évidemment, j’ai plus de soixante ans, on traîne derrière soi
tout un passé qu’il n’est pas question de renier, le
voudrait-on, et je ne le veux pas. Mais la Transfiguration est
différente, à la fois par son sujet et le volume d’orchestre
inhabituel que j’y utilise (238 exécutants). Oui, c’est énorme…
et cela revient très cher… ce qui fait que je n’entendrai sans
doute qu’une ou deux fois avant ma mort cette oeuvre qui
m’a coûté quatre ans de travail, de juillet 65 à février 69.
A. C. Oeuvre commandée ?
O. M. Oui, par madame Perdigao, de la fondation
Gulbenkian, pour Lisbonne, où eut lieu la création mondiale
devant 9.000 spectateurs. J’étais libre du sujet. J’ai choisi
sans doute le plus grand mystère parmi les plus grands de la
vie du Christ. Ici le miracle cesse, il est dégagé de toute
entreprise humaine, ce jour-là Dieu se montre véritablement,
dans sa Gloire.
A. C. Acte de foi, donc, avant tout pour vous ?
O. M. Acte de foi bien entendu. Les idées directrices de la
composition ? Il y en a deux. Celle de la lumière, d’abord,
celle de la filiation ensuite. “Celui-ci est mon fils” dit, enfin, la
voix de Dieu. Pour la première fois il a désigné le Christ, et
nous, les hommes, par adoption.
A. C. Pour les incroyants qui ne se sentent concernés que par la
musique, non par l’intention mystique, comment
définiriez-vous la Transfiguration ?
O. M. Elle est composée à l’image de l’Apocalypse, de deux
septennaires, c’est-à-dire, deux fois sept pièces, séparées
par un entr’acte et se suivant selon le même processus :
deux textes évangéliques tirés dé Saint-Matthieu, deux
méditations sur le mystère, deux textes choisis dans les
Ecritures religieuses, un choral final (pièce 7, pianissimo,
pièce 14, fortissimo, mais toujours avec le même volume
d’orchestre).
A. C. Aucun de ces textes n’est de vous ?
O. M. Non, mais j’en ai choisi la mosaïque. Ils sont
également tirés de la Genèse, des Psaumes, des épîtres de
Saint-Paul, de la Somme de Saint-Thomas d’Aquin et autres
textes religieux du Moyen Age.
A. C. Récités en français ?
O. M. Non, en latin. Leur traduction est donnée dans le
programme.
A. C. Dans ce volume orchestral inhabituel, faut-il signaler des
particularités ?
O. M. Il se répartit en 18 bois, dont 6 clarinettes, 17 cuivres,
dont 6 cors, ce qui est assez rare. Un groupe de 7 solistes
exceptionnels, que ce soit Yvonne Loriod, ma femme, au
piano, ou Rostropovitch au violoncelle, ou les musiciens qui
tiennent la flûte, la clarinette, le xylorimba, le vibraphone, le
grand marumba…
A. C. Cent chanteurs aussi ?
O. M. Par groupe de dix, oui, plus un quintette de 68
musiciens, et la très importante percussion (6 exécutants
utilisant chacun près, de douze instruments) où je me sers
de six gongs et de trois tam-tam.
A. C. Le récit évangélique est-il chanté ?
O. M. Les pièces 1, 4, 8, 11, du récit selon Saint-Matthieu
sont psalmodiées avec vocalises sur les mots-clés, comme à
l’antienne. L’orchestre ponctue seulement la pièce 8, par un
glissendo de longueur et de temps différents. C’est la nuée
qui enveloppe la montagne de la transfiguration. J’ai voulu, à
ce moment de révélation : “des accords triés, multicolores,
dont les couleurs se meuvent à des vitesses différentes”.
A. C. Dans cette oeuvre quels sont les moments qui vous sont, à
vous, les plus chers ?
O. M. Ceux qui rendent, ou du moins s’y efforcent, la lumière
enveloppant ce mystère. J’ai toujours vu des couleurs quand
je percevais des sons. Pour moi, la Transfiguration m’évoque
les courses de ma jeunesse dans le Dauphiné, mon regard
sur la Meije. C’est là que j’ai découvert, la différence entre le
scintillement de la neige, et celui du soleil. L’un peut se
regarder, l’autre est insoutenable. J’ai tenté de traduire cette
différence d’intensité dans la Transfiguration, en particulier
dans la 12e pièce : “Terribulis est locus iste” avec le texte de
Saint-Thomas. Aussi dans le Choral final, avec le texte du
psaume 26 : “Seigneur j’aime la beauté de Votre maison et le
lieu où habite Votre gloire”.
Comment le dernier mot prononcé par mon interlocuteur
eut-il pu être autre que “Dieu” ? Le premier musicien,
sûrement. Selon Olivier Messiaen.
août 3, 2008 à 7:24 |
[...] voir l’archive Entretien avec Olivier Messiaen [...]
août 27, 2008 à 12:44 |
quelqu’un à qui j’ ai offert le premier tome de mes histoires pour enfants, de 10 ans à 110 ans, est venu me voir pour me dire qu’ il avait bien aimé !!! Cela me fait bien plaisir et chaud au coeur. Ma plume est très fière. Elle et moi nous allons continuer !!A plus….
août 30, 2008 à 2:39 |
le feu a ravagé les collines autour du village.il est éteint. les pompiers ont veillé sur nous toute la nuit …..beaucoup d’arbres ont péri brulés vifs…. J’ai du mal à prendre ma plume pour écrire
août 31, 2008 à 4:28 |
le feu est éteint. ICI nous sommes sûrs que ce feu a été allumé volontairement. Folie des hommes qui tuent les arbres, les animaux innocents et ravage les maisons, leurs habitants…Après cela ,les ennuis les soucis de tous les jours paraissent bien petits. Les collines sont noires. Les éoliennes continuent de tourner,indifférentes fières et lentes. La sécheresse est terrible. Nos préoccupations ne sont pas d’ordre politique ni idéologiques; nous voulons simplement de l’eau et cela aucun ministre ni député ne peuvent nous promettre que la pluie va tomber…. suffisamment.
septembre 16, 2008 à 6:11 |
vous parler de musique! oui ,quand la musique des sphères célestes est si proche de nous, incapables que nous sommes , de l’ entendre. Pourtant en faisant taire le tumulte de nos âmes nous pourrions percevoir cette musique qui inspira et inspire les plus grands génies . Je travaille souvent en écoutant Mozart, Schubert où Debussy celui qui me fait vibrer, pourtant mon écriture est faite pour les enfants ou les rêveurs. Mon porte-plume déssine mes rêves(pourquoi cette machine infernale souligne ma prose en rouge!!!) Bon, je vous laisse, j’ai un manuscrit “sur le feu”….à plus tard.