octobre 3, 2008
par paulinethomas
Collaboratrice de Maurice Nadeau, elle était l’infatigable secrétaire de rédaction de La Quinzaine littéraire, quasiment depuis le début (le premier numéro a paru en 1966, elle arriva pour le numéro deux ou le numéro trois).
La tête la première, un article de Tiphaine Samoyault
Pascal Quignard, Boutès, Galilée éd., 96p
Boutès est le nom du compagnon d’Orphée qui se lève de son banc et saute à la rencontre des sirènes. Dans le récit qu’en donne Apollonios de Rhodes, il nage avec vigueur tant son cœur “brûle d’entendre” ce qu’Orphée lui-même refuse d’écouter. Pascal Quignard en fait la figure de la musique pure et du désir absolu, de celui qui fait plonger dans l’inanalysable et dans la mort.
voir l’entretien de Pascal Quignard par Jean-Pierre Salgas
Les veilleurs éternels, un article de Hugo Pradelle
Cécile Wajsbrot, l’île aux musées, Denoël éd., 230p.
Le roman de Cécile Wajsbrot entremêle des voix secrètes, savantes et mystérieuses: tantôt celles de statues qui veillent à tout, témoins presque éternels, tantôt celles de quatre personnages innommés qui, entre Paris et Berlin, interrogent leurs vies et sentiments. Un livre inclassable, documenté, plein d’histoires et de questionnements fascinants.
Alice Munro: Le moment est venu, un article de Lilian Kerjan
Alice Munro, Fugitives (Runaway) trad.de l’anglais par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso, L’Olivier éd., 341p.
La rumeur court toujours: la Canadienne Alice Munro, traduite en quatorze langues et portée à l’écran, pourrait avoir le Nobel en complément de ses nombreux prix déjà gagnés au Canada et aux Etats-Unis. Mais elle n’a écrit que deux romans de la vie villageoise dans l’Ontario rural et beaucoup de nouvelles, brillamment. Dans ce splendide onzième recueil, très en rythme avec notre époque, les femmes fuguent, elles foncent sur une lumière entrevue un instant et déchirent la grisaille quotidienne, tant et si bien qu’à la fin le lecteur se prend à contempler les occasions saisies ou manquées, les giratoires et les bifurcations de sa propre existence.
Sonallah Ibrahim: L’écrivain arabe, captif des tabous, un entretien par Omar Merzoug
Romancier Egyptien, auteur de Charaf ou l’honneur (1999), de Warda (2002), d’Amrikanli (2005) et du Petit Voyeur (2008) – tous parus chez Actes Sud-, Sonallah Ibrahim s’est imposé sur la scène littéraire arabe. En refusant dernièrement le Prix du Roman Arabe, décerné par l’Etat egyptien, il a décle,ché une vive polémique. Il s’explique sur son parcours, son écriture et l’état présent de la littérature arabe.
Murakami japonissime, un article de Maurice Mourier
Haruki Murakami, Saules aveugles, femme endormie, trad. du japonais par Hélène Morita, Belfond éd., 428p.
Tout ceux qui ne savent pas encore que le Japon contemporain abrite une des seules littératures inventives d’un espace littéraire international régulièrement pollué (en France Notamment) par les effluves de l’autobiographie amoureuse geignarde, liront avec profit la dernière livraison du digne successeur de Tanizaki.
voir l’archive Topologie d’un Japon Fantôme
Picasso Surréaliste, un article de Alain Joubert
Anne Baldessari (sous la direction), Picasso Surréaliste, Flammarion éd., 256p.
Picasso, poèmes, Le cherche-midi éd., 160p.
On parle énormément de Picasso ces temps derniers. trente-cinq ans après sa disparition, il fait toujours l’actualité artistique. Quoi de neuf? Picasso, sans doute…
Les hommages qui lui sont actuellement rendus, pourtant, feront certainement l’impasse sur ses rapports avec le surréalisme, tant il est vrai qu’aux yeux des spécialistes, un “génie” de cette envergure ne saurait avoir eu d’accointances qu’avec lui-même et les “maîtres” qu’il s’est officiellement choisis. Mais peut-être suis-je de mauvaise foi, n’ayant pas encore visité les expositions consacrées, justement, à la mise en valeur des oeuvres majeures qui influencèrent objectivement son travail.
Oeil pour oeil, dent pour dent, un article de Vincent Milliot
Robert Muchembled, Histoire de la violence, de la fin du Moyen-Age à nos jours, Seuil éd., 499p.
Comment les sociétés d’Europe occidentale sont-elles parvenues, depuis la fin du Moyen-Age, à endiguer et à faire refluer une violence ordinaire d’une grande intensité, jusqu’à construire une nouvelle culture du tabou du sang et du rejet de la violence?
voir l’archive sur l’Orgasme et l’occident du même auteur

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