J.M.G Le Clézio, prix Nobel de littérature

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A l’occasion de cette attribution, replongez dans les archives de la Quinzaine à travers 4 articles:

J-M-G. Le Clézio, Le Déluge

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La fin du monde? par Maurice Nadeau

J-M-G. Le Clézio, Le Déluge, Gallimard

Moderne et fort ancienne si l’on songe à tous les Tristans, à tous les Jasons qui vont chercher ailleurs, loin de chez eux, un improbable salut et qui reviennent après s’être plus ou moins cognés aux limites de la condition humaine. L’homme est ainsi fait qu’il ne peut se contenter de son sort et le supporter. Il lui faut marcher sans trêve ni repos vers les horizons que son imagination lui découvre, dans l’espoir, non de les trouver plus habitables, mais de se donner à lui-même une raison de vivre, d’exister. A la différence de ses aînés, toutefois, le “ quêteur ” contemporain sait de science certaine qu’il poursuit un leurre et s’enivre d’un mirage. Lire la suite

Que sauveriez vous du XXe siècle ? par J.M.G. Le Clézio

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Que sauveriez vous du XXe siècle ? par J.M.G. Le Clézio

Ce que je voudrais sauver du siècle passé, ce que j’aimerais garder pour le siècle à venir pour mes enfants, pour les enfants de mes enfants et encore après eux si le monde dure jusque-là :

D’abord les grandes choses de ce monde naturel, qu’on croyait éternelles, ces belles choses avec lesquelles nous sommes nés, et que nous croyions données pour toujours, indestructibles : les migrations des oiseaux, les cigognes volant au-dessus de l’Europe chaque automne, dans la direction du Maroc, et les hirondelles revenant chaque printemps, les escadrilles d’outardes et de grues volant au-dessus des bassins du Rio Grande au Nouveau-Mexique, les nuées de passereaux obscurcissant le ciel, les chauvesouris par millions sortant de la bouche de la grotte de Carlsbad. Et aussi le chant des oiseaux, le rossignol qui interroge la nuit, les cris des merles au crépuscule que mon grandpère comparait à une prière, les roucoulements des tourterelles à l’aube à Maurice, les jacassements des perroquets qui volent d’arbre en arbre au Mexique, les appels grinçants des colibris autour de la liane du juan-mecate derrière l’église de San Felipe à Albuquerque. Tous les oiseaux, du plus petit au plus grand, du plus terne au plus coloré, sans doute parce qu’ils ont été les premiers à nous alarmer par leur absence, par leur silence, dans ce siècle finissant. Lire la suite

J. M. G. Le Clézio, Voyages de l’autre côté

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Un nouveau Le Clézio par Maurice Nadeau

J. M. G. Le Clézio, Voyages de l’autre côté, Coll. “Le Chemin”, Gallimard éd., 320 p.

J. M. G. Le Clézio va son chemin : loin de Paris, de ses chapelles et de ses modes. Cela, ne plaît pas, bien sûr, à tout le monde, surtout de la part d’un auteur “si jeune” (il va tout de même avoir trentecinq ans), qui s’est montré réfractaire au nouveau Nouveau Roman, insensible aux grâces de ce qui, ici, nous occupe : lacanisme, structuralisme, “génération du texte”, joyeusetés guyotatesque. Dans quel monde vitil ? On se le demande. Personne n’atil appris à cet innocent que vouloir se faire lire, comme ça, tout de go, c’est faire les trois quarts d’un travail qui revient au lecteur, puis au commentateur, au “thésard”, à l’exégète ? Il enlève à beaucoup le pain de la bouche. Lire la suite

J.M.G Le Clézio, L’Extase matérielle

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Une fourmilière de mots par Roger Borderie

J.M.G. Le Clézio, L’Extase matérielle, Coll. “le Chemin”, Gallimard éd., 230 p.

Balzac voulait faire concurrence à l’état civil ; Le Clézio fait concurrence au réel, à la vertigineuse abondance du réel. La réalité et les livres de Le Clézio ont leur leitmotiv commun : tout existe. Il suffit de s’asseoir dans l’herbe et de regarder une araignée tisser sa toile, ou de se mettre à la fenêtre et de regarder dans la rue, pour s’en convaincre. La présence du monde, dans sa plénitude tragique, est une évidence. Comme toutes les évidences, elle se suffit à elle-même. Le monde se contente de répéter que tout est vivant et que tout, avec lui, est “jeté dans le chaos brutal et frénétique de l’existence.” Et ce monde est à lui-même son propre refrain : “Ce qui est mort, est. Ce qui est vivant, ce qui est animé ou immobile, est. Et ce qui n’est pas, est encore.” Lire la suite

Robert Muchembled,L’orgasme et l’Occident. Une histoire du plaisir du XVIe siècle à nos jours

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Un article de Bertrand Ogilvie

Revue N° 910 parue le 01-11-2005

Robert Muchembled, L’orgasme et l’Occident. Une histoire du plaisir du XVIe siècle à nos jours, Seuil éd, 2005, 394 p.

La thèse générale du dernier livre de Robert Muchembled peut surprendre par son “évidence” plutôt que par son audace. Retraçant de la Renaissance à nos jours les
pratiques érotiques européennes, il décèle une constante répressive inaugurée au XVIe siècle qui ne prendrait fin que dans les années 1960. Radicalisant les perspectives de Weber et de Norbert Elias, il ne présente pas seulement le développement de la civilisation “occidentale”, industrielle et
rationnelle, comme le progrès à peu près continu d’une pression entretenue par un projet civilisateur moral et religieux, mais il entreprend de montrer ce qu’il considère comme les médiations réelles, concrètes de ce projet.

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Quinzaine n°977 du 1er au 15 octobre 2008

Anne Sarraute nous a quitté le 19 septembre, de maladie, à l’âge de 78 ans.

Collaboratrice de Maurice Nadeau, elle était l’infatigable secrétaire de rédaction de La Quinzaine littéraire, quasiment depuis le début (le premier numéro a paru en 1966, elle arriva pour le numéro deux ou le numéro trois).

La tête la première, un article de Tiphaine Samoyault

Pascal Quignard, Boutès, Galilée éd., 96p

Boutès est le nom du compagnon d’Orphée qui se lève de son banc et saute à la rencontre des sirènes. Dans le récit qu’en donne Apollonios de Rhodes, il nage avec vigueur tant son cœur “brûle d’entendre” ce qu’Orphée lui-même refuse d’écouter. Pascal Quignard en fait la figure de la musique pure et du désir absolu, de celui qui fait plonger dans l’inanalysable et dans la mort.

voir l’entretien de Pascal Quignard par Jean-Pierre Salgas

Les veilleurs éternels, un article de Hugo Pradelle

Cécile Wajsbrot, l’île aux musées, Denoël éd., 230p.

Le roman de Cécile Wajsbrot entremêle des voix secrètes, savantes et mystérieuses: tantôt celles de statues qui veillent à tout, témoins presque éternels, tantôt celles de quatre personnages innommés qui, entre Paris et Berlin, interrogent leurs vies et sentiments. Un livre inclassable, documenté, plein d’histoires et de questionnements fascinants.

Alice Munro: Le moment est venu, un article de Lilian Kerjan

Alice Munro, Fugitives (Runaway) trad.de l’anglais par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso, L’Olivier éd., 341p.

La rumeur court toujours: la Canadienne Alice Munro, traduite en quatorze langues et portée à l’écran, pourrait avoir le Nobel en complément de ses nombreux prix déjà gagnés au Canada et aux Etats-Unis. Mais elle n’a écrit que deux romans de la vie villageoise dans l’Ontario rural et beaucoup de nouvelles, brillamment. Dans ce splendide onzième recueil, très en rythme avec notre époque, les femmes fuguent, elles foncent sur une lumière entrevue un instant et déchirent la grisaille quotidienne, tant et si bien qu’à la fin le lecteur se prend à contempler les occasions saisies ou manquées, les giratoires et les bifurcations de sa propre existence.

Sonallah Ibrahim: L’écrivain arabe, captif des tabous, un entretien par Omar Merzoug

Romancier Egyptien, auteur de Charaf ou l’honneur (1999), de Warda (2002), d’Amrikanli (2005) et du Petit Voyeur (2008) – tous parus chez Actes Sud-, Sonallah Ibrahim s’est imposé sur la scène littéraire arabe. En refusant dernièrement le Prix du Roman Arabe, décerné par l’Etat egyptien, il a décle,ché une vive polémique. Il s’explique sur son parcours, son écriture et l’état présent de la littérature arabe.

Murakami japonissime, un article de Maurice Mourier

Haruki Murakami, Saules aveugles, femme endormie, trad. du japonais par Hélène Morita, Belfond éd., 428p.

Tout ceux qui ne savent pas encore que le Japon contemporain abrite une des seules littératures inventives d’un espace littéraire international régulièrement pollué (en France Notamment) par les effluves de l’autobiographie amoureuse geignarde, liront avec profit la dernière livraison du digne successeur de Tanizaki.

voir l’archive Topologie d’un Japon Fantôme

Picasso Surréaliste, un article de Alain Joubert

Anne Baldessari (sous la direction), Picasso Surréaliste, Flammarion éd., 256p.

Picasso, poèmes, Le cherche-midi éd., 160p.

On parle énormément de Picasso ces temps derniers. trente-cinq ans après sa disparition, il fait toujours l’actualité artistique. Quoi de neuf? Picasso, sans doute…

Les hommages qui lui sont actuellement rendus, pourtant, feront certainement l’impasse sur ses rapports avec le surréalisme, tant il est vrai qu’aux yeux des spécialistes, un “génie” de cette envergure ne saurait avoir eu d’accointances qu’avec lui-même et les “maîtres” qu’il s’est officiellement choisis. Mais peut-être suis-je de mauvaise foi, n’ayant pas encore visité les expositions consacrées, justement, à la mise en valeur des oeuvres majeures qui influencèrent objectivement son travail.

Oeil pour oeil, dent pour dent, un article de Vincent Milliot

Robert Muchembled, Histoire de la violence, de la fin du Moyen-Age à nos jours, Seuil éd., 499p.

Comment les sociétés d’Europe occidentale sont-elles parvenues, depuis la fin du Moyen-Age, à endiguer et à faire refluer une violence ordinaire d’une grande intensité, jusqu’à construire une nouvelle culture du tabou du sang et du rejet de la violence?

voir l’archive sur l’Orgasme et l’occident du même auteur

Haruki Murakami, L’Eléphant s’évapore

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Topologie d’un Japon fantôme, un article de Maurice Mourier

Revue N° 745 parue le 01-09-1998

Haruki Murakami, L’Eléphant s’évapore, trad. du Japonais par Corinne Atlan, Seuil

Parmi les ingrédients de l’exception japonaise, ceci: le taux de lecture, dans ce pays, bien qu’en baisse notable, demeura l’un des plus élevés, sinon le plus élevé du monde. D’où les tirages, incroyables en Europe aussi bien qu’en Amérique, de la presse quotidienne nationale (huit millions d’exemplaires pour l’Asahi), la marée des périodiques, la santé des revues, littéraires notamment. D’où aussi, afin d’alimenter en fictions fraîches une masse de lecteurs avides, la survie de pratiques mortes chez nous, ou à peu près, avec le XIXe siècle (soit en 1914): le feuilleton, et une présence non négligeable du texte court dans les journaux les plus divers.

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“Ecrire n’est pas un choix, mais un symptôme”. Entretien avec Pascal Quignard

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Entretien Pascal Quignard / Jean-Pierre Salgas

Revue N° 565 parue le 01-11-1990

“Dans le roman, il appréciait l’énergie” (la Raison). il convient
d’entendre ce mot au sens spinoziste, me dit Pascal
Guignard : Conatus, puissance d’agir. En cette rentrée,
Guignard publie onze livres : chez Maeght, huit volumes de
Petits Traités (qui incluent, modifiés, les trois premiers parus
chez Clivages de 1981 à 1985) ; un roman, Albucius, chez
POL, et une vie de Marcus Porcius Latron, la Raison, au
Promeneur ; chez Michel Chandeigne, une traduction
annotée de Kong-souen Long : Sur le doigt qui montre cela.
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A votre guise : François Bon

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Un article par François Bon
Revue N° 797 parue le 01-12-2000

Je croyais l’art des inventaires une sorte de monopole
posthume de Georges Perec, qui a parlé lui aussi de l’art de
classer ses livres, y compris pour ce célèbre ami à lui, qui vit
toujours dans une chambre minuscule avec juste de la place
pour les livres en dessous le lit : quand on en ajoute un, il
faut en enlever un autre. Lire la suite

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