“L’humour” au temps de colonies… quand les mots font mal

Vendredi 27 Mars à 19h, la librairie Ishtar, à Paris, organise une rencontre animée par l’historien Alain Ruscio et l’écrivain Roland Laffitte autour du thème : “L’humour” au temps des colonies…Quand les mots font mal.

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Pour plus d’informations  :

Librairie Ishtar
10 rue du Cardinal Lemoine 75005 Paris
Tel:01.43.29.33.08 Fax:05.47.55.11.93
contact@espace-ishtar.fr

Rimbaud dans une “Pléiade” sans étoiles

Un article de Jean-Jacques Lefrère

RIMBAUD
ŒUVRES COMPLÈTES
Texte établi, présenté et annoté par André Guyaux
Bibliothèque de la Pléiade
Gallimard éd., 1152 p., 42,50 € jusqu’au 30 juin

La première édition des œuvres complètes de Rimbaud dans la collection de la Pléiade, établie par André Rolland de Renéville et Jules Mouquet, parut en 1946. On lui reprocha vite de n’être pas assez complète. En 1972, une nouvelle édition, préparée par Antoine Adam (qui, pour une fois, n’était pas le premier homme), fut mise en librairie. On lui fit le grief d’être, elle, un peu trop complète, chargée notamment d’une importante correspondance « posthume », échangée par divers correspondants parfois bien des années après la mort de Rimbaud. Depuis, les lecteurs du poète ont vu déf iler nombre d’éditions, dotées de qualités variables, certaines bien faites, d’autres médiocres, d’autres carrément risibles, la palme d’or de la dernière catégorie revenant sans conteste à l’« œuvre- vie » parue chez Arléa en 1991, année du centenaire de la disparition de l’auteur d’Accroupissements.

Retrouvez ici l’intégralité de l’article (paru dans la Quinzaine n°988) Lire la suite

Olivier Sacks, “Musicophilia”

“La musique et le mental”, un article de Thierry Laisney
Même si l’on doit éviter les généralités, il semble qu’on puisse dire que les médecins aiment la musique. Parfois, ce sont de bons musiciens eux-mêmes. Plus rarement, leur activité professionnelle les confronte directement à la perception musicale et à ses éventuelles altérations. Le neurologue Oliver Sacks, auteur notamment de L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau (1988), réunit ces trois qualités.

Extrait de l’article : “Son dernier livre, Musicophilia, procède d’un étonnement : comment se fait-il que la musique, dont la fonction adaptative n’est pas bien établie, soit si importante pour tant de membres de l’espèce humaine ? L’ouvrage ne répondra pas vraiment à cette question mais s’attachera plutôt, en recourant à de nombreux récits cliniques et autres témoignages, à décrire les symptômes les plus marquants de cette « musicophilie ». L’enquête repose, d’une part, sur les ressources des neurosciences (avec leur cortège d’électro-encéphalogrammes, d’IRM et autres scanners cérébraux) et, d’autre part, sur une observation plus traditionnelle. On sent bien que l’auteur, malgré tout son savoir et son désir d’expliquer, ne tient pas vraiment à ce que le mystère musical puisse être complètement dissipé.” Retrouvez la suite de l’article dans la Quinzaine n°988.

OLIVER SACKS
MUSICOPHILIA
trad. de l’anglais par Christian Cler
Seuil éd., 472 p., 25 €

Entretien avec Georges Balandier

“Le parti pris du mouvement”, un entretien réalisé par Omar Merzoug

Rien dans le maintien modeste et le sourire avenant de Georges Balandier ne laisse deviner le savant. L’œil vif, l’esprit clair, cet homme de 90 ans accueille son interlocuteur avec une courtoisie grand siècle. Auteur de Sociologie actuelle de l’Afrique noire (Puf, 1955), de Civilisés, dit-on (Puf, 2003) et, plus récemment du Dépaysement contemporain (Puf, 2009), il revient, pour les lecteurs de La Quinzaine littéraire, sur les moments forts de son parcours.

Extrait de l’entretien :

“Omar Merzoug : La notion de tiers-monde dont vous êtes le père conserve-t-elle une pertinence aujourd’hui et si oui laquelle ?

Georges Balandier : Cette notion a eu une pertinence au moment où elle a été proposée. Elle a eu une telle pertinence qu’elle est devenue d’usage commun et planétaire. Pourquoi ? Parce qu’on ne savait pas nommer ce qui commençait à apparaître, la revendication absolue d’indépendance d’un nombre croissant de nations, autrefois florissantes, à histoire propre qui se trouvaient dans une situation de dépendance, soit sous la forme coloniale, soit sous une forme plus masquée. « Tiers-monde » a une double origine française à partir d’une intuition oubliée de Sauvy. De même que le tiers état, en 1789, a revendiqué d’être ce qu’il avait la volonté d’être, la capacité d’être, il y a une sorte de tiers état des nations qui montent et demandent à être reconnues quant à leur existence et leur capacité d’initiative propre. Les choses ont aujourd’hui changé, le camp des pays développés s’est fissuré et le camp des pays du tiers-monde aussi : la Chine, l’Inde, le Brésil n’en sont plus. Le terme de « tiers-
monde » marque un moment historique, peut- être l’événement majeur du XXe siècle, la décolonisation massive du tournant des années 1960.” Retrouvez la suite de cet entretien dans la Quinzaine n°988.

Georges Bernanos, “Monsieur Ouine”

“Lire Bernanos aujourd’hui”, un article de Maurice Mourier

L’histoire du dernier roman de Bernanos s’étale sur vingt-quatre ans. Elle est rocambolesque. Commencé en février 1931, interrompu par une célèbre passe d’armes qui oppose l’écrivain-journaliste à ses anciens maîtres à penser de l’extrême-droite catholique et monarchiste de L’Action Française puis par un très grave accident de moto, enfin par l’exil volontaire de 1938 au Paraguay et au Brésil, le livre ainsi chahuté f init par paraître à Rio en 1943 mais dans une version incomplète et fautive malheureusement reprise par l’édition parisienne de 1946. C’est donc seulement en 1955, sept ans après la mort de Bernanos, que l’œuvre, dont le manuscrit achevé avait été conf ié par l’auteur à Albert Béguin, ressort en sa forme définitive.

Extrait de l’article : “Rocambolesque plus encore le roman terminé lui-même, non que les vingt-neuf fragments ou scènes qui le composent soient invraisemblables pris chacun séparément, mais c’est leur accumulation qui fait problème. Une veuve qui élève (mal) son fils sauvage et entretient une relation homosexuelle avec la gouvernante anglaise de l’adolescent. Un maire de village pédophile et obsédé de pureté qui procède à de vaines ablutions shakespeariennes pour se laver d’une tache indélébile, devient fou, s’enfuit et sans doute va se pendre. Une improbable châtelaine exaltée, nymphomane, et qui prend son locataire pour le diable : les habitants de Fenouille la lyncheront au cimetière, à l’issue de l’enter rement d’un jeune paysan victime du violeur sadique qui restera impuni. Le double suicide d’un braconnier accusé, selon toute apparence faussement, du crime, et de son amante dont le père, un vieillard taciturne et stoïque, vivra désormais seul avec sa honte et son chagrin.” Retrouvez la suite de l’article dans la Quinzaine n°988

GEORGES BERNANOS
MONSIEUR OUINE
Préface de Pierre Robert-Leclercq
Le Castor Astral éd., 310 p., 19 €


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Exposition Fernand Léger à Paris

Une vigueur évidente et calme, un article de Gilbert Lascault

La galerie Malingue réunit des tableaux majeurs de Fernand Léger (1881-1955). Chaque tableau marque un tournant de la recherche de l’artiste, un événement de l’histoire de l’art du XXe siècle.

Extrait de l’article :La peinture de Léger est une vigueur évidente et calme, une puissance manifeste. Elle aff irme l’énergie optimiste du temps, la beauté imprévisible de la vie moderne. « On m’a appelé (dit Léger) le primitif des temps modernes, et c’est vrai. Je me suis intéressé aux cyclistes, aux machines, à la ferraille. La ferraille est une invention de mon époque et je l’ai peinte, je l’ai mise au premier plan. Je l’ai fait comme cela, par instinct… J’avais le sens de l’époque. » Il privilégie le « premier plan ». Il n’aime guère les nuances imperceptibles, les délicatesses, l’ambigu. Il donne à voir des paysages urbains, intenses, contrastés : les vitrines de magasin, les enseignes publicitaires, les couloirs de métro, les machines, les fumées, les chantiers.” Retrouvez la suite de l’article dans la Quinzaine n°988.

FERNAND LÉGER
GALERIE MALINGUE
26, avenue Matignon, 75008 Paris
11 février – 30 avril 2009

La Quinzaine n°988, du 16 au 31 mars 2009

“Les vivants et les morts”, un article de Jacques Fressard

GUILLERMO FADANELLI
BOUE
trad. de l’espagnol (Mexique) par Nelly Lhermillier
Christian Bourgois éd., 348 p., 23 €

Le roman policier d’envergure littéraire ne date pas d’aujourd’hui au Mexique. Il suffit de songer à Jorge Ibargüengoitia (1928-1983), qui fut accueilli en notre Série Noire, pour s’en convaincre. Un certain mélange d’humour et de macabre participe aussi de l’idiosyncrasie nationale, qui se manifeste avec éclat le Jour des Morts où l’on juche des crânes en sucre sur les monuments funéraires et munit les marmots de squelettes miniatures à roulettes. Dans l’un et l’autre de ces deux livres les vivants etles défunts se donnent volontiers la main tandis que le temps s’écoule, comme une boue, en des minutes noires.

MARTÍN SOLARES
LES MINUTES NOIRES
trad. de l’espagnol (Mexique) par Christilla Vasserot
Christian Bourgois éd., 469 p., 25 €



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“L’enfer pour un nom”, un article d’Albert Bensoussan

JORGE VOLPI
LE JARDIN DÉVASTÉ
trad. de l’espagnol (Mexique) par Gabriel Iaculli
Seuil éd., 176 p., 18 €

Jorge Volpi, jeune écrivain mexicain, s’est fait connaître par des romans ambitieux et formidablement structurés, s’attachant aux grandes idéologies de notre vieille Europe et à leur effondrement : le nazisme dans À la recherche de Klingsor, le communisme avec Le Temps des cendres, la révolution de mai 1968 et la faillite de la gaucherévolutionnaire ou La Fin de la folie. Aujourd’hui, il s’en prend à l’islamisme et, pour ce faire, adopte un style complètement opposé où l’aphorisme est roi, et le mutisme la règle.

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“Le jeu du vrai et du faux”, un article de Jacques Fressard

DANIEL SADA
L’ODYSSÉE BARBARE
trad. de l’espagnol (Mexique) par Claude Fell
Passage du Nord-Ouest éd., 702 p., 26 €

Pourquoi ce titre un peu ronflant, conforté par une couverture où se déploie un arbre tourmenté sur un ciel d’orage ? C’est qu’il correspond sans doute à ce qu’on attend trop souvent chez nous de la littérature latino-américaine, en oubliant le mot de Montaigne : « chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ». Par chance le titre original – un peu long sans doute une fois traduit littéralement – nous est fourni en épigraphe : « La vérité c’est comme du mensonge, on n’en sait jamais rien. »

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“Mario Bellatin : du récit gigogne au roman haïku”, un article d’Albert Bensoussan

MARIO BELLATIN
JEU DE DAMES
trad. de l’espagnol (Mexique) par Svetlana Doubin
Gallimard éd., 104 p., 11,50 €

L’œuvre doit se suffire à elle-même, a souvent déclaré ce jeune écrivain mexicain (né en 1960), qui ne veut rien dire sur lui-même ou si peu. Il a vécu au Pérou, certes, et même à Cuba, il aurait étudié la théologie, la littérature et le cinéma, soit. Il dirigerait à Mexico une énigmatique « École Dynamique d’Écrivains », bon. Ce qu’il y a de sûr c’est qu’il est l’auteur d’unedemi-douzaine de récits économes : courts, mais denses, où l’intrigue ou l’anecdote est toujours minimale, avec une sollicitation permanente du lecteur, comme au cinéma où l’enchaînement de séquences brèves amène le spectateur attentif à « écrire » lui-même l’histoire. Romancier à succès, Bellatin est traduit en allemand, anglais et français, et a été couronné de quelques prix. C’est une valeur sûre de la littérature mexicaine.

“La montée en écriture”, un article d’Agnès Vaquin

ALAIN NADAUD
LE PASSAGE DU COL
Albin Michel éd., 320 p., 19 €

Le Passage du col est un livre très ingénieusement agencé, peut-être trop, même, pour un lecteur que la f in ne gratif ie d’aucune surprise. Nadaud, on le sait, est un grand voyageur qui voyage la plume à la main. Son narrateur pénètre cette fois en terrain sensible, voire interdit désormais, puisqu’il entreprend de passer la frontière chinoise pour entrer au Tibet.

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“Le Démon de l’Amérique”, un article de Hugo Pradelle

TRISTAN EGOLF
KORNWOLF, LE DÉMON DE BLUE BALL
Kornwolf
trad. de l’anglais (États-Unis) par Francesca Gee
Gallimard éd., 470 p., 22,90 €

Le livre posthume de Tristan Egolf (1971-2005) poursuit l’entreprise rabelaisienne d’exploration des fondements d’une société à la dérive. Un requiem grotesque, sordide et mélancolique pour l’Amérique
de notre temps.

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“L’homme et la bête”, un article de Georges-Arthur Goldschmidt

HANS HENNY JAHNN
PAUVRETÉ, RICHESSE, HOMME ET BÊTE
trad. de l’allemand par Huguette Duvoisin et René Radrizzani
José Corti éd., 138 p., 16 €

Hans Henny Jahnn est l’un de ces écrivains en qui s’incarne au mieux ce qui est censé faire les spécif icités de la littérature allemande « romantique » dans toutes ses ambiguïtés et ses orientations. C’est grâce aux éditions José Corti qu’il commence à être connu en France, alors qu’il reste encore assez méconnu en Allemagne. Il en est à certains égards une f iguration presque caricaturale que le génie a sauvé des excès derniers.

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“Proust et la peinture”, un article de Georges Raillard

ERIC KARPELES
LE MUSÉE IMAGINAIRE DE MARCEL PROUST
Tous les tableaux de À la recherche du temps perdu
trad. de l’anglais par Pier re Saint-Jean
Thames & Hudson éd.
350 p., 206 ill., 32 €

« Proust et la peinture », « Proust et les peintres », des passages aujourd’hui obligés dans la lecture de l’œuvre de Proust, enrichi depuis quelques années de textes inédits, ou d’« esquisses » dont notre lecture ne peut pas faire l’économie.

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“Qu’est-ce qu’une vie digne de ce nom ?”, un article de Christian Descamps

ALAIN BADIOU
SECOND MANIFESTE POUR LA PHILOSOPHIE
Fayard éd., 155 p., 14 €


Alain Badiou – il est l’auteur de deux ouvrages majeurs, L’Être et l’événement et Logiques des mondes – a une haute idée de la philosophie ; éducateur actif, il a longtemps enseigné à Paris VIII-Vincennes, aux côtés de Deleuze, de Châtelet, de Lyotard… À la veulerie ambiante qui nous enjoint de « vivre sans idée », ce platonicien sophistiqué oppose un présent intensifié par l’art, l’amour, la science, la politique. Ce Second manifeste pour la philosophie déploie, pour la période actuelle, une critique du moralisme conservateur qui, sous le fallacieux intitulé de philosophie, se répand partout. Des médias aux bistrots, des gourous
médiatiques aux commissaires d’État, des sectateurs indignes n’ont de cesse de limer les dents d’une philosophie ne se contentant pas de l’adoration de ce qui est.

“Pour l’amour du grec”, un article de Pierre Pachet


JACQUELINE DE ROMILLY et MONIQUE TRÉDÉ
PETITES LEÇONS SUR LE GREC ANCIEN
Stock éd., 182 p., 15,50 €

On sait que Madame de Romilly ne peut désormais plus lire. C’est donc dans sa vaste et lumineuse mémoire qu’elle a retrouvé les éléments d’une histoire de la langue et de la littérature grecques, et les textes dans lesquels – avec l’aide de Monique Trédé – elle a puisé les exemples frappants dont elle illustre les divers points de son essai, clair, pédagogique et séduisant. C’est là une performance intellectuelle impressionnante, et un exemple moral.

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“Emblématique de son époque”, un article de Jean M. Goulemot

ÉVELYNE et MAURICE LEVER
LE CHEVALIER D’ÉON, « UNE VIE SANS QUEUE NI TÊTE »
Fayard éd., 384 p., 22 €

Il est en Histoire des sujets qui, changeant de statut, reviennent à la mode et sont alors justiciables d’une mise en perspective et d’un traitement plus actuels. Ainsi en est-il de ce personnage sexuellement incertain, officier de dragons, diplomate, agent secret, bretteur redouté, aventurier et homme de lettres, mais portant, par goût ou obligation, le cotillon aussi souvent que la culotte. Il s’agit de Charles, Geneviève, Louis, Auguste, Thimotée, Éon de Beaumont (1728-1810), plus connu sous le nom du chevalier d’Éon, célèbre en son temps, et demeuré présent dans la mémoire comme une curiosité historique.

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“Droit, morale et politique”, un article de Monique Chemillier-Gendreau

ANNE SIMONIN
LE DÉSHONNEUR DANS LA RÉPUBLIQUE
Une histoire de l’indignité. 1791-1958
Grasset éd., 758 p., 26,90 €

Voilà un livre prolifique dans lequel la narration historique est mêlée à des interrogations de philosophie politique et la science politique à la sociologie juridique. Cela à travers l’analyse de deux moments particuliers de l’histoire de France (et de leurs prolongements) dans lesquels le droit pénal a été utilisé pour circonscrire le cercle politique à ceux qui en étaient « dignes ». Ces innovations dans le rapport du pénal au politique sont étudiées dans un va-et-vient comparatif de la Révolution française (plus précisément de la Terreur) à la période qui va de Vichy à la Libération. On y voit l’utilité mais aussi les limites et les dérives de l’instrumentalisation politique du droit pénal. Par les exemples de Sade et de Baudelaire, par l’attitude critique de Jean Paulhan, la littérature est placée au cœur de ce débat. Enfin, la réflexion peut être utilement actualisée puisque, sous nos yeux, juristes et politologues peinent à nouer, notamment à l’échelle internationale, répression des crimes et réalité de la communauté politique.

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“Vers un nouveau paradigme”, un article de Jean-Paul Deléage

EMMANUEL DESJARDINS
PRENDRE SOIN DU MONDE
Survivre à l’effondrement des illusions
Alphée éd., 282 p., 21,90 €

Toutes les idéologies du XXe siècle ont failli. Cependant, tant que la promesse de l’avènement du paradis sur terre est restée crédible, elle a pu donner un incroyable élan créateur à notre société occidentale. Désormais, toutes les espérances d’un monde meilleur s’effondrent dans un désenchantement généralisé.

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“Place aux jeunes !”, un article de Lucien Logette

Rétrospective Erich von Stroheim
Musée d’Orsay du 13 au 19 mars 2009

Rétrospective Joris Ivens
Cinémathèque française
jusqu’au 5 avril 2009

Au fil des trois mercredis qui nous séparent encore du printemps, le spectateur parisien pourra découvrir 34 nouveaux films – et pas des moindres, puisque certains signés Gus Van Sant, André Téchiné, Jia Zhangke ou Walter Salles – et 6 rééditions. Deux lignes droites plus tard, l’artillerie cannoise tirera ses premières salves, qui promettent déjà d’être lourdes. Aucun problème donc dans l’alimentation des tuyaux à images, au contraire – et lorsque l’on apprend que le cinéma nigérian produit à Lagos, avec des moyens de fortune, 2 500 f ilms par an, directement vendus sur place en vidéo, on frémit devant la menace; le monde de 2009 est-il si passionnant qu’il faille le célébrer de façon si nombreuse ?

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“La lettre et l’esprit d’Oncle Vania”, un article de Monique le Roux

ANTON TCHEKHOV
ONCLE VANIA
Mise en scène de Claudia Stavisky
Tournée nationale jusqu’au 24 mai

Mise en scène de Rodolphe Dana et Katja Hunsinger
Tournée nationale jusqu’au 28 avril

Hasard des programmations : Oncle Vania d’Anton Tchekhov est présenté en même temps aux Bouffes du Nord par Claudia Stavisky et à la Bastille par Rodolphe Dana et Katja Hunsinger, avec le collectif les Possédés. C’est l’occasion d’éprouver une fois encore l’apport singulier de la mise en scène comme art des variations.


GIORGIO DE CHIRICO, EXPOSITION LA FABRIQUE DES RÊVES

Le théâtre de Chirico, un article de Georges Raillard

Une exposition parfaite, de goût et d’intelligence, accompagnée d’un livre indispensable. Passé l’emboîtage, se découpe, dans le carton de la couverture, le profil de Chirico. Il se surimprime partiellement à la reproduction d’un tableau, L’Énigme d’un jour 11 (1914). On y voit, juché sur un petit socle blanc, un homme en noir projetant son ombre sur la surface triangulaire du sol. Architecture et archéologique, formes géométriques et figures, légendaires ou inventées, objets de plusieurs rencontres, mannequins, c’est la vulgate de la lecture de l’oeuvre de Chirico. Mais deux fois, avec des variations, il inscrit sous son autoportrait « Et quid amabo nisi quod aenigma est ? » (Et qu’aimerais-je sinon l’énigme ?). La deuxième fois il écrit : « … sinon ce qu’est la métaphysique des choses ».

GIORGIO DE CHIRICO
EXPOSITION LA FABRIQUE DES RÊVES
Musée d’art moderne de la Ville de Paris
du 13 février – 24 mai 2009

Catalogue sous la dir. de Fabrice Hergott directeur du Musée d’art moderne
de la Ville de Paris et Jacqueline Munster, commissaire de l’exposition
Paris-Musées éd., 360 p., 40 €

JEAN ZIEGLER, LA HAINE DE L’OCCIDENT

Cet Occident qui prostitue ses valeurs, une interview de Jean Ziegler par Omar Merzoug

Sociologue de réputation internationale, auteur de La Suisse, l’or et les morts (1998), L’empire de la honte (2007), des livres qui ne laissent pas
le lecteur indifférent, Jean Ziegler, qui vient de recevoir le doctorat honoris causa de l’université Paris-VIII publie La haine de l’Occident. Pour la Quinzaine littéraire, il revient sur les fondements de cette haine et l’inconscience, l’irresponsabilité de l’Occident qui s’acharne à la provoquer.

JEAN ZIEGLER
LA HAINE DE L’OCCIDENT

Albin Michel éd., 20€

EMMANUEL TODD, APRÈS LA DÉMOCRATIE

La France malade, un article de Jean-José Marchand

La théorie anthropologique d’Emmanuel Todd est confrontée par lui-même à la réalité du XXIe siècle. Le résultat intéresse particulièrement…

Extrait de l’article: “Todd (né en 1951) a bien senti que le vieux sol de notre civilisation était ébranlé par les nouvelles (?) moeurs et que sa théorie anthropologique – les structures familiales déterminent, non certes chaque comportement individuel, mais l’attitude des peuples historiques – avait besoin d’être modifiée par suite de l’évolution de la société civile. Il la maintient pour ce qui concerne les sources de la démocratie (triomphante après 1945) : revenant, à propos du couple liberté-égalité, sur les comportements des Anglais, Français, Allemands, Russes, Japonais, Chinois, il analyse finement les différences qui subsistent jusqu’en 2000 dans ces divers pays et il corrige, fraternellement mais assez durement, les généralités de Tocqueville et des Aroniens.
Mais après 2000 ?…”

EMMANUEL TODD
APRÈS LA DÉMOCRATIE
Gallimard éd., 264 p., 18,50 €

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