Zacco et Vanzetti par John Dos Passos

“Le rêve de Sacco et Vanzetti”, un article de Laurence Zordan

JOHN DOS PASSOS
DEVANT LA CHAISE ÉLECTRIQUE
Sacco et Vanzetti : histoire de l’américanisation de deux travailleurs étrangers
coll. « Arcades », Gallimard éd., 192 p., 19 €

« Sauvez Sacco et Vanzetti ! » : exhortation de Dos Passos au printemps 1927. À peine quelques mois plus tard, dans la nuit du 23 août, après sept ans de procédure judiciaire, les deux condamnés meurent sur la chaise électrique. Tempo macabre où le vertige de la mort entraîne dans un tourbillon frénétique après des années de procédure. Retrouvez la suite de l’article dans la Quinzaine n°992

La Quinzaine n°992, du 16 au 31 mai 2009

“Redécouvrir Jean Guéhenno”, un article de Maryse Arrigoni

JEAN GUÉHENNO
LA JEUNESSE MORTE
Claire Paulhan éd., 286 p., 32 €

Nous avions un peu oublié la voix de Jean Guéhenno (1890-1978), tendre et violente à la fois. À peine si, dans nos mémoires survivaient les clichés nostalgiques de l’enfant pauvre de Fougères, aux rares merveilles : l’orange de Noël, une journée à la mer, sa réussite grâce à l’école de la IIIe République et à la volonté de changer sa vie. Peut-être aussi certains se souvenaient-ils de son horreur de la guerre, thème récurrent de son œuvre avec, çà et là, quelques références à la guerre de 14.

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“Sans esprit de retour”, un article de Georges-Arthur Goldschmidt

ULRIKE VOSWINKEL,
FRANK BERNINGER
EXILS MÉDITERRANÉENS
ÉCRIVAINS ALLEMANDS
DANS LE SUD DE LA FRANCE (1933-1941)
trad. de l’allemand par Alain Huriot
Seuil éd., 244 p., 21,50 €

On a souvent parlé des écrivains allemands qui, fuyant le nazisme, se sont réfugiés à Sanary-sur-Mer qui, on le sait, devint littéralement la capitale en exil des lettres allemandes.

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“Bref, intense et lumineux”, un article de Hugo Pradelle

SIEGFRIED LENZ
UNE MINUTE DE SILENCE
Schweigeminute
trad. de l’allemand par Odile Demange
Robert Laffont éd., 132 p., 16 €

Siegfried Lenz signe un livre sur la disparition, le deuil, l’amour, la nostalgie et la complexité des sentiments. Un récit bref et épuré qui rassemble les thèmes d’une œuvre extrêmement riche.

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“Le refus des larmes”, un article de Hugo Pradelle

ALAN PAULS
HISTOIRE DES LARMES
Un témoignage
Historia del llanto.
Un testimonio
trad. de l’espagnol (Argentine) par Vincent Raynaud
Christian Bourgois éd., 128 p., 15 €

Alan Pauls signe un récit bref confondant de sensibilité. Confrontant réflexion et sensation, intimité et politique, entremêlant allègrement les périodes, il propose une réflexion profonde sur les sens, l’individu, la souffrance, l’événement et le bonheur. Un récit de l’au-delà des larmes.

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“La crinière de l’hippogriffe”, un article d’Albert Bensoussan

MAURICE MOURIER
AJOUPA-BOUILLON
EST-Samuel Tastet éd., 360 p., 22 €

Étrange livre ou récit, que nous donne aujourd’hui Maurice Mourier, l’auteur du Miroir mité, de Parcs de la mémoire (ou retour vers le futur de l’innocence et du sexe sans péché), de Godilande (autre f iction du plaisir et du gaudir) ou des Nuits de Narra.

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“Adieu à Sénèque”, un article de Nicole Casanova

GIUSEPPE CONTE
LA FEMME ADULTÈRE
trad. de l’italien par Monique Baccelli
Laurence Teper éd., 329 p., 19,60 €

Le livre de ce poète et romancier italien a obtenu le prix Manzoni du meilleur roman historique 2008. Il est inspiré par un épisode rapporté dans l’Évangile selon saint Jean : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre… »

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“Pleure, ô mon Vietnam bien-aimé”, un article de Maurice Mourier

DUONG THU HUONG
AU ZÉNITH
trad. du vietnamien par Phuong Dang Tran
Sabine Wespieser éd., 786 p., 29 €

Le cas d’un souverain communiste que la mise au jour des horreurs commises sous son règne n’a pas précipité du trône suprême dans les bas-fonds de la vindicte publique est-il exceptionnel ? Peut-être pas, si la médiocrité avérée de ses successeurs doit aboutir à le réhabiliter un jour, mouvement qui s’esquisse déjà en faveur de Staline et de Mao. On peut néanmoins parier que le culte de ces deux serial killers, s’il doit renaître un jour, conservera ses hérésiarques.

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“L’inconnue de la cabane”, un article de Odile Hunoult

JEAN DAIVE
UNE FEMME DE QUELQUES VIES
coll « Poésie »
Flammarion éd., 184 p., 18 €

C’est un « poème narratif », forme déjà explorée par Jean Daive, qui sonde les contradictions entre narration et poème, les discordances de leur rapport au temps (le poème, comme le tableau, est une impression immédiate) et les différences de densité de leur matériau.

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“Sonnets californiens”, un article de Hugo Pradelle

VIKRAM SETH
GOLDEN GATE
trad. de l’anglais (Inde) par Claro
Grasset éd., 360 p., 20 €

En 1986, Vikram Seth faisait paraître un bien étrange roman entièrement composé de sonnets. Entre prodige formel et maigreur du propos, un récit sous forme de ballets sentimentaux au cœur de la Californie et des années Reagan. Un livre inégal mais porté par une traduction remarquable.

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“Un exercice de haut vol”, un article de Patrick Sultan

PIERRE BAYARD
LE PLAGIAT PAR ANTICIPATION
Minuit éd., 160 p., 15 €

Avec élégance, il détecte le point faible des notions les mieux verrouillées, jette des déf is toujours plus audacieux au sens commun, les relève au pas de charge, passe par où on ne l’attend pas, s’extrait de justesse des situations inextricables où il s’est enferré à dessein et son butin profite à tous les amateurs de livres. Pierre Bayard est l’Arsène Lupin de la théorie littéraire et le paradoxe est sa pince-monseigneur. Qu’il s’interroge sur la manière d’améliorer les œuvres ratées, d’appliquer la littérature à la psychanalyse ou de parler des livres qu’on n’a pas lus, on retient son souffle à l’annonce de ses nouveaux exploits. Jusqu’où ira-t-il ?

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“Un esprit curieux, inventif généreux de son savoir”, un article de Pierre Pachet

MARC FUMAROLI
PARIS-NEW YORK ET RETOUR
Voyage dans les arts et les images
Journal 2007-2008
Fayard éd., 638 p., 26 €

C’est pour une part l’irritation ressentie par le visiteur cultivé et sensible devant des expositions récentes et confuses dans leur propos, comme « Traces du sacré » à Beaubourg, ou plus que déroutantes, comme le « lancement » de Jan Fabre à Avignon et au Louvre, ou l’intronisation de Jeff Koons et des rayures de Buren à Versailles, et d’autres voyantes aberrations comme la délocalisation de la Bibliothèque nationale dans un bâtiment peu accueillant, ou le pot de fleurs géant, officialisé et vide qui se dresse devant les locaux de La Quinzaine, qui anime Marc Fumaroli dans ce gros livre.

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“Le bestiaire d’André Masson”, un article de Georges Raillard

LE BESTIAIRE
D’ANDRÉ MASSON
Musée de la Poste 6 avril – 5 septembre 2009
Catalogue de 102 p. ill. sous la dir. de Josette Rasle
Musée de la Poste
Beaux-Arts de Paris éd., 20 €

Les expositions du Musée de la Poste sont remarquables par leurs choix. Chaissac récemment. À présent le Bestiaire d’André Masson. Dessins, peintures, aquarelles, gravures, livres, plus de 150 pièces sont réunies. Un ensemble qui, pour la première fois, illustre ce thème central de l’art et de l’univers de Masson.

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“L’héritage théologique des démocraties”, un article de Lucie Campos

GIORGIO AGAMBEN
LE RÈGNE ET LA GLOIRE
Il Regno e la Gloria
Pour une généalogie théologique de l’économie et du gouvernement
Homo Sacer II, 2
trad. de l’italien par Joël Gayraud et Martin RueffA
Seuil éd., 443 p., 26 €

Pourquoi le pouvoir, en Occident, a-t-il pris la forme d’une oikonomia ? Selon Giorgio Agamben, la vocation économique et gestionnaire des démocraties contemporaines ne serait ni un « incident de parcours » de notre époque, ni une invention de la modernité, mais une partie intégrante de l’héritage théologique dont ces démocraties sont les dépositaires.

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“Élisabeth Ire, l’insularité au féminin”, un article de Dominique Goy-Blanquet

BERNARD COTTRET
LA ROYAUTÉ AU FÉMININ :
ÉLISABETH Ire D’ANGLETERRE
Fayard éd., 722 p., 29 €

Les Tudors sont à la mode depuis des années outre-Manche où grâce à la télévision et au cinéma leurs aventures sentimentales, politiques, diplomatiques, religieuses sont devenues bankable, entraînant dans leur sillage toute une série de livres adressés au grand public : histoires romancées, biographies dramatisantes, fresques hollywoodiennes, fictions ont désormais leurs rayons réservés comme un genre à part entière dans les librairies britanniques. Même en France où elle a toujours exercé une fascination ambiguë, on ne compte plus les ouvrages parus sur Élisabeth et sa rivale tragique Marie Stuart.

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“Face à la technoscience”, un article de Jean-Paul Deléage

BERNADETTE BENSAUDE-VINCENT
LES VERTIGES DE LA TECHNOSCIENCE
Façonner le monde atome par atome
La Découverte éd., 224 p., 17 €

Façonner le monde atome par atome, tel est le vertigineux programme lancé par la National NanoInitiative aux États-Unis en décembre 1999. Cette formule hyperbolique vise à capter des moyens financiers pour les laboratoires en panne de questionnement scientifique. Pour la science, il ne s’agit plus « de lever un coin du grand voile » selon la formule d’Einstein, mais de lever des fonds pour financer d’improbables recherches destinées à reconfigurer notre monde, par un renversement monstrueux des f ins et des moyens de la quête scientifique.

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“Pourquoi le ciel est bleu ?”, un article de Jean-Michel Kantor

Les ours blancs ont-ils le blues ?
Et 100 autres questions savantes
et intrigantes
Seuil éd., 177 p., 14 €

Pourquoi les aliments cuits n’ont-ils pas le même goût froid que chaud ? Les insectes peuvent-ils être obèses ? Pourquoi les manchots n’ont-ils pas froid aux pieds ?

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“Épures”, un article de Monique Le Roux

PETER VERBURGT
WITTGENSTEIN INCORPORATED
Mise en scène de Jan Ritsema
Théâtre de la Cité internationale jusqu’au 30 mai
LARS NORÉN
PUR
Mise en scène de Lars Norén Théâtre du Vieux-Colombier jusqu’au 17 mai

« Il n’y a rien de plus beau qu’un acteur dans un espace vide. Et c’est ce que je cherche : un être humain nu dans une situation essentielle. Écrire sur l’essence des choses. Ce sont de grandes questions, la vie, la mort, les souvenirs, le temps ». Paradoxalement le commentaire de Lars Norén à propos de sa pièce Pur et de sa propre mise scène au Vieux-Colombier entre en résonance avec Wittgenstein incor porated de Peter Verburgt par Jan Ritsema, actuellement présenté au Théâtre de la Cité internationale.

Le premier numéro de la Quinzaine en intégralité !

premier-numeroPour fêter dignement la mise en ligne de toutes ses Unes, la Quinzaine vous offre  gratuitement pendant 1 mois son tout premier numéro, daté du 15 mars 1966. Avec, au sommaire, un texte inédit de Samuel Beckett et des articles signés de la main de Jean-François Revel et Roland Barthes. Cet exemplaire originel donne immédiatement le ton de la Quinzaine : une revue qui rend compte fidèlement du mouvement des idées et des arts de son époque. Accédez à ce tout premier numéro en cliquant sur ce lien : premier-numero .

Tout sur Almodovar

Archives

“Je hais les cinéphiles !”, un article de Louis Seguin

Pedro Almodovar
La mauvaise éducation

Voici l’intégralité de l’article de Louis Seguin, paru dans La Quinzaine littéraire n°878, le 1er juin 2004

Faut-il, par respect envers la nécessité, éprouver de la haine ? Est-il indispensable d’assassiner, ne serait-ce que pour se libérer de la présence obsédante d’intrus qui finissent par hanter et ronger les écrans, pour qui il ne s’agit plus d’accueillir l’imaginaire ou de reconnaître son influence mais de s’approprier le cinéma, d’en faire sa chose, de le récupérer du côté de son économie ?

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La crise du XXIe siècle, d’après François Truffaut

Archives

criseA l’occasion de la mise en ligne de l’intégralité des couvertures du bimensuel sur le site internet www.quinzaine-litteraire.presse.fr ou www.quinzaine-litteraire.presse.fr, la Quinzaine vous propose de redécouvrir, chaque semaine, l’un de ses nombreux (et encore très actuels) numéros spéciaux.

Cette semaine, coup de projecteur sur “Tout va très bien Madame la Marcrise“, le numéro spécial du mois d’août 1983. Voici en intégralité l’article de François Truffaut. A l’époque, la Quinzaine avait demandé à quelques amis de réfléchir à la question suivante : “A partir de votre expérience, mais sans vous y cantonner, pourriez-vous nous exposer ce que représente pour vous l’idée que le monde actuel est en crise ?
(Ce numéro est disponible sur le site de la Quinzaine via le feuilletage des couvertures, en sélectionnant l’année 1983, puis le n°399. En un clic, vous pourrez afficher son sommaire. Si vous êtes abonné, vous pourrez télécharger l’intégralité de ce numéro.)

“Une mentalité fin de siècle”, par François Truffaut

Il me semble que nous sommes entrés, depuis 1968, dans une mentalité de fin de siècle. On critique souvent l’expression les années folles, appliquée à l’époque à 1900, mais on sait bien que le début de ce siècle a été enthousiasmant par tout ce qu’il marquait de nouveau : la voiture, l’aviation, l’électricité, le cinéma… A la fin d u XIX” siècle, lorsque l’électricité est arrivée dans les appartements, les jeunes filles dînaient avec une ombrelle pour protéger leur teint.

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Les meilleures ventes de la librairie “Les cahiers de Colette”

Voici les cinq meilleures ventes de la librairie parisienne “Les Cahiers de Colette“. Les Cahiers de Colette 23/25 rue Rambuteau 75004 Paris

(A comparer avec la liste de tous les ouvrages mis en avant par la Quinzaine littéraire, depuis mars 2007, dans la rubrique “la Quinzaine recommande tout particulièrement“).

“Le lièvre de Patagonie”, de Claude Lanzman (Gallimard)

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“Les onze”, de Pierre Michon (Verdier)mmm


“Emmanuel Carrère raconte ici le destin tragique de deux Juliette. L’histoire d’une fillette de 4 ans, emportée par le Tsunami du 26 décembre 2004, est mise en parallèle avec celle de la belle-sœur de l’auteur, décédée des suites d’un cancer.”

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“D’autres vies que la mienne”, d’Emmanuel Carrère (P.O.L)


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“Une chambre en Hollande”, de Pierre Bergounioux (Verdier)

Dans ce petit ouvrage, Pierre Bergounioux réussit à nous résumer toute l’histoire politique et culturelle de l’Europe, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, à travers le personnage central de Descartes. Une prouesse littéraire, un livre éblouissant.”

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“Dans ma maison sous terre”, de Chloé Delaume (Seuil)

“Une promenade dans un cimetière, pendant laquelle Chloé Delaume imagine ce que fut la vie des gens enterrés là. Magnifique.”

Exposition Kandinsky au Centre Pompidou

“Un monde nouveau : Kandinsky”, un article de Georges Raillard

KANDINSKY
Exposition réalisée en collaboration avec la Städtische Galerie im Lenbachhaus und Kunstbau,
Munich et le Salomon R. Guggenheim Museum, New York
Centre Pompidou, 8 avril – 10 août 2009
Catalogue sous la dir. de Christian Derouet 360 p, 44,90 €

Une exposition éblouissante. Le regard et l’esprit sont conviés ensemble. Dans les salles de Beaubourg sont disposées au mieux des œuvres venues des trois gisements richissimes de l’œuvre de Kandinsky : Munich, New York, Paris. Cette rencontre exceptionnelle est présentée successivement dans les trois villes dont les grands musées ont bénéficié d’achats, et surtout de dons, legs et dations qui permettent de suivre les passages et les stations du cheminement de Kandinsky à la recherche d’un « monde nouveau » où seraient unies la nécessité « intérieure » et la construction d’un monde.

Extrait de l’article : “Un cavalier blanc, des débuts de l’œuvre, y conduit ; blanc dans l’Apocalypse, le cavalier est entré dans l’Histoire de l’art sous
l’appellation, devenue fameuse, de Cavalier bleu (1912). Dans cette période primitive de son art se rencontrent tous les chemins de Kandinsky. Dans la peinture, dans les esquisses. Mais outre la peinture et la gravure, l’écriture. En prose et en vers. En 1910 Du Spirituel dans l’art, en 1913 Regards sur le passé. En 1912 les poèmes de Klänge (Sonorités). Un des poèmes est intitulé Quelque chose. Quelque chose que le poète voit et dit, quelque chose à faire apparaître : « Un cheval blanc restait tranquillement sur ses longues jambes. Le ciel était bleu. Les jambes étaient longues. Le cheval était immobile (…). Il était vivant. Vivant comme “la fleur bleue sur la prairie”. » Restait, pour bâtir un monde, à tendre un fond, un toit, des parois. Avant sa mort, il le réalise. C’est Bleu Musical.
Retrouvez la suite de l’article dans La Quinzaine n°991.

Milan Kundera, “Une rencontre”

“Une préoccupation constante”, un article d’Agnès Vaquin

MILAN KUNDERA
UNE RENCONTRE
Gallimard éd., 208 p., 17,90 €

Milan Kundera réunit dans ce recueil un ensemble de textes qu’il présente ainsi : « … rencontre de mes réflexions et de mes souvenirs ; de mes vieux thèmes (existentiels et esthétiques) et mes vieux amours (Rabelais, Janacek, Fellini, Malaparte…) »… Certains de ces textes sont datés, d’autres pas.

Extrait de l’article : “Cet ensemble est distribué en neuf parties, elles-mêmes subdivisées en séquences, voire en sous-séquences dûment numérotées. Comme dans les trois précédents essais : L’Art du roman (1986), Les Testaments trahis (1993) et Le Rideau (2005), le livre s’ouvre sur une table des matières qui aff iche ainsi son importance sans dire son nom et dont les titres constituent en outre la quatrième de couverture. On se souvient de la présentation du premier essai : « Le monde des théories n’est pas le mien. Ces réflexions sont celles d’un praticien. L’œuvre de chaque romancier contient une vision implicite de l’histoire du roman, une idée de ce qu’est le roman… » La perspective reste la même et le lecteur se trouve confronté à la culture et à la pratique de l’écrivain pour la quatrième fois…Retrouvez la suite de l’article dans La Quinzaine n°991.

Hommage à Mandiargues

“Des lys pour Mandiargues”, un article de Hugo Pradelle

ANDRÉ PIEYRE DE MANDIARGUES
RÉCITS ÉROTIQUES ET FANTASTIQUES
coll. « Quarto » Gallimard éd., 952 p., 27 €

ANDRÉ PIEYRE DE MANDIARGUES : PAGES MEXICAINES
sous la dir. d’A.-P. Mallard et S. Pieyre de Mandiargues
Gallimard éd., 136 p., 35 €

À l’occasion du centenaire de la naissance d’André Pieyre de Mandiargues (1909-1991) paraît une anthologie de certains de ses textes. Parallèlement, une exposition sur son voyage au Mexique de 1958 se tient à la Maison de l’Amérique latine. Voici l’occasion de remettre un écrivain sensible et virtuose en lumière, de saisir une personnalité exceptionnelle.

Extrait de l’article : “L’œuvre de Mandiargues est un immense nimbe, un large champ offert aux sens, à l’imagination débridée et à l’inconscient le plus sombrement enfoui. C’est une œuvre, cérébrale et sensuelle, constituée principalement, comme le souligne Gérard Macé, de récits brefs, souvent insaisissables, « qu’il voulait d’une perfection minérale et d’une concision lapidaire ». Mandiargues est l’écrivain de la per turbation, de l’angoisse mâtinée par la sophistication, du désir et de son explosion, d’un fantastique singulièrement perturbant et de la trépidation sexuelle. D’une cohérence magistrale, inf iniment déclinée, il a su extraire des livres exceptionnels, joyaux ravis à la langue comme les diamants à la terre. Ses récits en ont l’éclat et la rareté. Le plaisir de les lire, d’en déchiffrer les énigmes, de frissonner d’envie ou de dégoût en en découvrant les arcanes obsessionnels, semble inépuisable….” Retrouvez la suite de l’article dans La Quinzaine N°991.

La Quinzaine n°991, du 1er au 15 mai 2009

“Fou d’Emma, lui aussi”, un article d’Agnès Vaquin

ALAIN FERRY
MÉMOIRES D’UN FOU D’EMMA
Seuil éd., 272 p., 21 €

Après Philippe Doumenc et comme Claro naguère, voici qu’Alain Ferry s’en prend à l’inépuisable Bovary. Il intitule son livre Mémoire d’un fou d’Emma. Le mot « mémoire » doit s’entendre au masculin singulier : « Nous avons soumis ce mémoire d’Emma au râteau de la bienséance. »

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“Une romancière inattendue”, un article de Maurice Mourier

CLAUDINE HELFT
UN DIVORCE D’AMOUR
La Différence éd., 126 p., 14 €

En 2007, Claudine Helft, auteur de huit recueils publiés chez d’autres éditeurs, a donné à La Différence le neuvième, sous le beau titre provocant Une indécente éternité, où une pure voix de femme célébrait, sur un mode lyrique devenu plutôt rare aujourd’hui et d’autant plus précieux, la persistance mentale des disparus très aimés et l’acceptation de l’indécence que c’est de continuer à vivre « après ».

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“Rêves d’enfance”, un livre de Gabrielle Napoli

GYÖRGY DRAGOMÁN
LE ROI BLANC
Gallimard éd., 296 p., 23,50

En Roumanie, au milieu des années 80, un jeune garçon de onze ans doit dire au revoir à son père, que des collègues de bureau sont venus chercher dans une fourgonnette grise. L’attente interminable de l’enfant à qui le père a promis de l’amener à la mer dès son retour, les sous-entendus de ses camarades de classe, la progressive prise de conscience de la réalité, et la vie qui continue, tant bien que mal, pour le narrateur, tout est décrit avec beaucoup de pudeur et d’émotion dans Le Roi blanc, remarquable roman d’un jeune auteur transylvain.

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“Entrée des fantômes”, un article d’Alain Joubert

STANISLAS RODANSKI
REQUIEM FOR ME
Édition des Cendres (8, rue des Cendres, Paris 20e)
144 p., 18 €

Les fantômes existent. La preuve : c’est un fantôme qui trace ces lignes. De fait, le jour où j’ai perdu celle qui fut ma compagne pendant quarante-huit ans, j’ai réalisé que les fantômes n’étaient pas ceux qui partent, mais bien ceux qui restent. C’est donc en spécialiste que je sais reconnaître un fantôme lorsque les circonstances m’amènent à en croiser un – ou plusieurs –, sur ce chemin qui ne mène nulle part : la vie. « Il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci », écrivit un jour Paul Eluard.

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“Vivre dans les livres”, un article de Tiphaine Samoyault

WILLIAM MARX
VIE DU LETTRÉ
Minuit éd., 240 p., 18 €

En cette période où ce qu’on appelait autrefois « les humanités » (et que recouvrent en partie les actuelles « sciences humaines ») font l’objet d’un mépris bruyant, l’ouvrage que William Marx consacre à la vie – c’est-à-dire le quotidien, l’existence concrète, l’éthos du lettré – est particulièrement salutaire. Où l’on voit que le dévouement aux livres ne fait pas seulement de ses sectateurs des rats de bibliothèques improductifs et stériles mais fonde « une communauté secrète, reliée à travers les temps et les lieux par des rites partagés, des habitudes analogues, des affinités mystérieuses ».

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“Fantasmagories de Faust”, un article de Laurent Margantin

GOETHE
FAUST
Urfaust, Faust I, Faust II
Édition établie par Jean Lacoste et Jacques Le Rider
Bartillat éd., 800 p., 25 €

Toute sa vie, Goethe n’a cessé de revenir à la figure de Faust. En France, nous connaissons surtout, grâce à la traduction de Gérard de Nerval, sa première pièce de théâtre inspirée par la légende du savant allemand pactisant avec le diable, et moins le Second Faust, achevé par le poète quelques mois avant sa mort. L’intérêt de cette édition est de nous offrir les deux œuvres dans une nouvelle traduction, en les faisant précéder d’un premier texte beaucoup moins connu, l’Urfaust, véritable matrice des versions ultérieures qui permet au lecteur français de découvrir le monument littéraire dans sa totalité.

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“À la mer”, un article de Hugo Pradelle

JOSEPH CONRAD
LE NAUFRAGE DU TITANIC ET AUTRES RÉCITS SUR LA MER
trad. de l’anglais par Christophe Jaquet
Arléa éd., 148 p., 16 €

Lisant ces huit textes, nous approfondissons la place immense que la mer occupa dans l’œuvre de Joseph Conrad. Autour d’une enquête sur le naufrage du Titanic se forme, entre souvenirs émouvants et réflexions savantes, une constellation de récits divers.

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“L’univers comme cirque”, un article de Gilbert Lascault

ALEXANDER CALDER : LES ANNÉES PARISIENNES (1926-1937)
CENTRE GEORGES-POMPIDOU
18 mars – 20 juillet 2009

ARNAULD PIERRE
CALDER. LA SCULPTURE EN MOUVEMENT
coll. « Découvertes », Gallimard éd., 112 p., 150 ill., 12,90 €

ALEXANDER CALDER
ANIMAL SKETCHING
Dilecta éd., 104 p., 24 €
CATALOGUE Centre Pompidou éd., 420 p., 300 ill. coul., 39,90 €

Riche, passionnante, l’exposition d’Alexander Calder (1898-1976) rassemble plus de 300 œuvres : sculptures, peintures, jouets, dessins, photographies, f ilms, documents souvent inédits. Inventif, jovial, Calder, l’Américain de Paris, est un titan raffiné et fraternel.

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“Actualité d’Auguste Comte”, un article de Laurent Fedi

JEAN-FRANÇOIS BRAUNSTEIN
LA PHILOSOPHIE DE LA MÉDECINE D’AUGUSTE COMTE.
Vaches carnivores, Vierge Mère et morts vivants
PUF éd., 210 p., 22 €

« Comte lutta toute sa vie contre la folie. » Étrange entrée en matière que ce rappel biographique qui nous ramène au temps où Comte était caricaturé en scientiste mégalomane. Cette époque est heureusement révolue. On sait aujourd’hui que le positivisme est une anthropologie de la connaissance tout à fait originale et une philosophie des régulations entre science et société.

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“Pour un vrai travail scientifique”, un article de Jean-Paul Deléage

PAUL BOGHOSSIAN
LA PEUR DU SAVOIR.
Sur le relativisme et le constructivisme de la connaissance
Agone éd., 224 p., 20 €

Les débats contemporains en philosophie et sociologie des sciences n’apportent aucun argument sérieux en faveur d’un bouleversement radical de nos concepts communs et classiques de vérité et de connaissance.

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“Nouveaux regards sur les massacres du Constantinois en mai 1945″, un entretien réalisé par Omar Merzoug

Guelma, 1945, une subversion française dans l’Algérie coloniale (la Découverte)

Historien, membre du comité d’Esprit, Jean-Pierre Peyroulou propose, dans un ouvrage intitulé Guelma, 1945, une subversion française dans l’Algérie coloniale (La Découverte), un éclairage nouveau sur les tragédies du Constantinois. Pour les lecteurs de La Quinzaine, il précise ce qui fait la singularité de son propos.

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“Composition française”, un article de Maïté Bouyssy

MONA OZOUF
COMPOSITION FRANÇAISE
Retour sur une enfance bretonne
Gallimard éd., 260 p., 17,50 €

Le questionnement de Mona Ozouf sur « la part non choisie de l’existence » a ceci de dynamique qu’elle reste toujours politique quandbien même elle ne traite que des héritages, père, mère et société : une famille bretonne en ses nuances multiples, l’école comme habitus et tous les autres ingrédients d’une France IIIe République. La force du livre tient en outre au sens de la durée de l’auteur qui lui permet de scruter les voies de la liberté au filtre des héritages et du labyrinthe des attachements.

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“Questions sociales”, un article de Pierre-Yves Cusset

JULIEN DAMON
QUESTIONS SOCIALES : ANALYSES ANGLO-SAXONNES.
Socialement incorrect ?
PUF éd., 240 p., 22 €

Julien Damon, ancien chef du département des questions sociales au Centre d’analyse stratégique, ancien rapporteur du Grenelle de l’insertion, spécialiste des politiques familiales et de la prise en charge des sans-abri, nous propose avec son dernier ouvrage un véritable OVNI éditorial. Ce dernier se présente en effet sous la forme d’une compilation de comptes-rendus critiques d’ouvrages anglo-saxons portant sur les questions sociales, publiés pour la majorité d’entre eux dans la rubrique « Livres et idées » de la revue Sociétal.

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“La musique comme amour”, un article de Thierry Laisney

THIERRY MARTIN-SCHERRER
L’EXIL MUSICAL
Les Belles Lettres éd., 280 p., 35 €

Malgré son titre, L’Exil musical parle plus de rencontre que de séparation. Si l’auteur dit lui-même de son livre que c’est une série de variations sur l’impossibilité pour les mots de « rendre compte du mystère de la musique », le thème qui s’en dégage encore plus nettement est la relation qui unit un appel, celui de l’œuvre musicale, et un désir, celui de l’auditeur.

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