Splendeurs de l’Art islamique

Un article d’Omar Merzoug

ARTS DE L’ISLAM
Chefs-d’œuvre de la collection Khalili,
Hazan/Institut du Monde Arabe,
399 p., nb. ill. coul., 39 €

Un quidam, flânant dans une librairie du VIe arrondissement, qui ouvrirait par le plus grand des hasards le catalogue de l’exposition Khalili serait immédiatement séduit par les reproductions d’objets en tous genres, bijoux, orfèvrerie, verrerie, feuillets calligraphiés du Coran.

À vrai dire, cet objet ne laisse de susciter de la perplexité chez notre quidam, qui entend l’époque bruire de toutes sortes d’idées de violence, de terrorisme au sujet de l’Islam. Tant et si bien qu’il se demande si l’ouvrage qui lui révèle ces splendeurs et les idées que l’opinion ambiante lui parlent du même référent. Bientôt incapable de lâcher l’ouvrage avant d’en avoir tourné la dernière page, il décide d’aller y voir de plus près, l’exposition se tient non loin, rue des Fossés-Saint-Bernard. Ce quidam entrerait de plain pied dans l’univers de l’Islam par la porte la mieux conçue.

Quant à nous si nous nous posons la question, c’est qu’elle est le f il conducteur de cette exposition. « Je crois que la compréhension mutuelle entre les religions revêt une importance vitale et je forme le vœu que cette exposition, ainsi que l’ensemble de mes activités de
chercheur et de collectionneur, puisse contribuer au progrès de cette compréhension » écrit M. Nasser David Khalili, dont l’exposition présente la collection de splendides raretés orientales… Retrouvez la suite de cet article dans la Quinzaine n°1005

Fauves et Expressionnistes

Un article de Georges Raillard

EXPOSITION
FAUVES ET EXPRESSIONNISTES DE VAN DONGEN À OTTO DIX
CHEFS-D’ŒUVRE DU MUSÉE VON DER HEYDT
Musée Marmottan-Monet 27 octobre – 20 février 2010
Catalogue illustré, 176 p., 29 €

BECKMANN
Monographie d’Uwe M. Schneede
Hazan, 300 p., 75

En 2003 Max Beckmann est sorti de l’ombre où il était conf iné, lors d’une exposition intitulée Un peintre dans l’histoire. L’histoire politique Beckmann (1884-1950) en est contemporaine (juif exilé, il mourra à New York). L’histoire de l’Art n’est pas la même à son sujet en Allemagne puis aux États-Unis et en France. Une exposition au musée Marmottan-Monet réunissant et confrontant fauves et expressionnistes donne à voir sur pièces le fondement de l’ambiguïté de cette situation.

La France depuis 1863, depuis l’impressionnisme et son culte international, s’identifie avec l’art moderne. Kandinsky peut reconnaître ce qu’il doit aux Meules de Monet, mais ne rencontre à Paris, où il arrive en 1906, qu’indifférence, malgré les appels à l’attention lancés par Breton. Appartiennent au musée de Wuppertal, L’Église… peinte par Kandinsky en 1908 et, la même année, les maisons faites d’aplats de couleurs contrastés… Retrouvez la suite de cet article dans la Quinzaine n°1005

La correspondance de Virginia Woolf

“Lytton et Virginia”, un article de Christine Jordis

VIRGINIA WOOLF – LYTTON STRACHEY
CORRESPONDANCE
édition de Leonard Woolf et James Strachey,
trad. de l’anglais, complétée et annotée par Lionel Leforestier
Le Promeneur, 164 p., 24 €

« Le 17 février 1909 Lytton se rendit au 29 Fitzroy Square, demanda Virginia en mariage et fut accepté. » Ainsi Quentin Bell commence-t-il le chapitre huit de sa biographie en deux volumes de Virginia Woolf. Mais au moment même où il adressait sa demande, Lytton comprit que l’idée, qu’il avait longtemps retournée dans son esprit et qui, selon lui, devait résoudre les problèmes d’une vie privée très complexe, était en fait tout le contraire d’une bonne solution. Il était d’autant plus horrifié de la situation dans laquelle il s’était mis qu’il se croyait aimé de Virginia. Fort heureusement il n’en était rien, Virginia le lui assura lors d’un second entretien au cours duquel la proposition fut retirée.

Il est vrai qu’au physique, Lytton, long, anguleux, maladroit – tel « un vieux serpent » – n’était rien moins que séduisant et qu’au moral, il n’était pas exactement attirant non plus, « passant d’un tourment à un autre, toujours à gémir, à se tordre les mains, à se plaindre » (ce que sa correspondance permet effectivement de constater) : un être plein de détresse et impossible à vivre. Certes personne ne songeait à lui
dénier intelligence et talent – valeurs suprêmes dans le groupe de Bloomsbury –, mais sur ce plan, Virginia, à son habitude, se plut aussi à
contester ses dons : « Je me dis parfois, écrivait-elle en 1908 que son esprit est trop souple et accommodant pour jamais rien produire qui
dure ; ses ressources sont inf inies. Jalousie, sans aucun doute. » Retrouvez la suite de cet article dans la Quinzaine n°1005

Chef d’orchestre sous le IIIe Reich

Un article de Bruno Moysan

AUDREY RONCIGLI
LE CAS FURTWÄNGLER
Un chef d’orchestre sous le IIIe Reich
Avant-propos de Jeremy Menuhin, postface de Didier Francfort
Imago, 294 p., 23 €

Disons-le d’emblée “Le cas Furtwängler-Un chef d’orchestre sous le IIIe Reich” est passionnant à plus d’un titre. Bien qu’il se place dans la continuité de travaux antérieurs (Esteban Buch, “Le cas Schoenberg-Naissance de l’avant-garde musicale”, Gallimard, 2006), ce “Cas Furtwängler” est tout sauf un travail d’épigone.

C’est même plutôt en réalité l’ouvrage d’histoire musicienne que l’on attendait d’une certaine manière depuis longtemps, cela en raison de sa rigueur dans le maniement des outils de la science historique, de sa compréhension f ine et de l’intérieur du langage musical, de son objectivité et de sa liberté d’esprit, laquelle tranche avec les comportements stratégiques de ces belles âmes qui savent aujourd’hui, bien souvent, sur de tels sujets, manier la leçon de morale bien à l’abri du danger dans les institutions porteuses tout en gérant avec efficacité
et la main sur le cœur leur plan de car rière. Aurions-nous, comme Furtwängler, pris le risque de la mise en danger en refusant d’adhérer au
parti politique où il fallait être à ce moment-là, en défendant jusqu’au bout les musiciens juifs qui étaient sous notre responsabilité ou en
refusant de faire le salut nazi ? Retrouvez la suite de cet article dans la Quinzaine n°1005

Un livre paradoxal sur le paradoxe iranien

Un article de Laurence Zordan

ANDRÉ FONTCOUBERTE
L’EXCEPTION IRANIENNE
De la Perse au nucléaire
Éd. Koutoubia, 330 p., 21 €

L’Iran est-il théocratique ? Répondre par l’aff irmative semblerait évident si l’Iran n’était le monde des paradoxes. Sans doute faut-il se garder de transformer la géopolitique en géothéologie. L’intitulé « L’exception iranienne » ne fait lui-même pas exception à la règle, voulant que tout un vocabulaire de la singularité soit mobilisé pour évoquer une civilisation millénaire au cœur de l’actualité… Retrouvez la suite de cet article dans la Quinzaine n°1005

Lettres du marquis de Sade à sa femme

“Sade, l’insurrection permanente”, un article de Georges Raillard

50 lettres du marquis de Sade à sa femme
Préface de Pierre Leroy et présentation de Cécile Guilbert
Lettres établies et annotées par Jean-Christophe Abramovici et Patrick Graille
Flammarion, 225 p., 50 €

Pour parler de ces cinquante lettres adressées par Sade à sa femme, je reprends le titre que Maurice Nadeau a donné à la réédition de son texte publié en 1947. Le titre primitif Exploration de Sade lui paraissait inadapté après la multiplication des exégèses. Il choisit L’Insur rection permanente (Maurice Nadeau, Les Lettres Nouvelles, 2002). On le relira, en même temps que ces lettres qui nous conduisent au cœur de D. A. F. de Sade, nous attachent au prisonnier de Vincennes et de la Bastille, de 1777 à 1799… Retrouvez la suite de cet article dans la Quinzaine n°1005

La Quinzaine n°1005, du 16 au 31 décembre 2009

“Les fruits passeront les promesses des fleurs”, un article de Jean-Jacques Marie

JEAN JAURÈS
OEUVRES, TOME 1
Les années de jeunesse (1859-1889)
édition établie par Madeleine Rebérioux et Gilles Candar
Fayard, 660 p., 32 €

Un petit homme d’affaires français a dit un jour « Si l’on n’est pas gauchiste à vingt ans c’est que l’on n’a pas de coeur, si on l’est à quarante c’est qu’on n’a pas de tête ». Au vrai nombre d’intellectuels qui veulent changer le monde à vingt ans s’y trouvent fort bien à quarante et le défendent becs et ongles à quarante-cinq. La glissade s’effectue lentement ou précipitamment, mais toujours sûrement.

“Manganelli en Afrique”, un article de Monique Bacceli

GIORGIO MANGANELLI
VOYAGE EN AFRIQUE
trad. par Dominique Férault
Le Promeneur, 72 p., 13,90 €

Rendu célèbre, non sans raisons, par son essai, La Littérature comme mensonge, apprécié par un lectorat exigeant pour ses romans/ traités tels que “Centurie” ou “Aux dieux ultérieurs”, Giorgio Manganelli (1922-1990) est moins connu comme auteur de récits de voyages.

“Sans escales”, un article de Marie Tournier-Cardinal

CATHERINE MAVRIKAKIS
LE CIEL DE BAY CITY
Sabine Wespieser, 294 p., 21 €

Motif du livre de Catherine Mavrikakis, au sens où Matisse l’entend – à la fois forme et fond, le ciel de Bay City, bourgade perdue dans l’État du Michigan, est, matière glaise dans les mains de son auteur, tour à tour, toile abstraite où poser son regard, champ d’aviation et de résurrection, et prénom de l’enfant à naître. Violet toujours. Mauve parfois. Y sue le noir de l’univers. Y flottent les poussières des assassinés de la Shoah.

“L’univers de Juan José Saer”, un article de Jacques Fressard

JUAN JOSÉ SAER
LE TOUR COMPLET
La vuelta completa
trad. de l’espagnol (Argentine) par Philippe Bataillon
Le Seuil, 330 p., 22,50 €

Voici enfin traduit en français le tout premier roman de Juan José Saer, et c’est un événement pour tous ceux qui chez nous ont été conquis par son oeuvre extrêmement cohérente, tout à fait singulière dans le panorama de la littérature latino-américaine moderne.

“L’innocence”, un article de Hugo Pradelle

JAYNE ANNE PHILLIPS
LARK ET TERMITE
Lark and Termite
trad. de l’anglais (États-Unis) par Marc Amfreville
Christian Bourgois, 432 p., 26 €

Un roman lumineux sur les secrets et les liens familiaux, mais aussi une réflexion profonde sur l’innocence et sur la figure de l’idiot. Une entreprise formelle profondément intelligente.

“Une partie de solitaire”, un article de Liliane Kerjan

MARILYNNE ROBINSON
CHEZ NOUS
Home
trad. de l’anglais (États-Unis) par Simon Baril
Actes Sud, 446 p., 23 €

Voici un livre rare, longuement mûri, superbement écrit, qui prolonge le précédent roman “Gilead” (2004) et la fable du fils prodigue en forme de gueule de bois, un livre d’émotions fortes et de quête spirituelle où Marilynne Robinson rejoint les grands romanciers anglais du XVIIIe siècle par sa maîtrise de l’ambiguïté incandescente qui règne au refuge de la maison familiale, la maison d’un pasteur presbytérien.

“Joris-Karl Huysmans sans tabou”, un article Daniel Grojnowski

JEAN-MARIE SEILLAN
J.-K. HUYSMANS, POLITIQUE ET RELIGION
Garnier, 440 p., 68 €

J.-K. HUYSMANS
LES MYSTÈRES DE PARIS
édition présentée par Philippe Barascud
Manucius, 130 p., 10 €

J.-K. HUYSMANS – CÉCILE BRUYÈRE
CORRESPONDANCE 1896-1903
édition établie par Philippe Barascud
Éd. du Sandre, 170 p., 19 €

J.-K. Huysmans et les genres littéraires
La Licorne, n° 90, 450 p., 20,90 €

Aux côtés d’Octave Mirbeau (« celui qui supplicie ») ou d’Édouard Drumont (« celui qui ne parle pas librement »), Alfred Jarry avait inscrit dans “l’Almanach du Père Ubu” (1899) : « Huysmans : celui qui digère par la trappe ». Tel apparaissait le converti, tout au long de ses deux dernières décennies. Naguère encore, peu de temps après qu’on eut célébré le centenaire de sa disparition, la Société de ses Amis les invitait à une Assemblée générale à laquelle participaient les moniales de Sainte-Cécile, rendezvous étant fixé devant l’abbaye Saint-Pierre, avec un alléchant programme de vêpres, de restauration et de lectures édifiantes (16 mai 2009, journée d’études de Solesmes).

Ingeborg Bachmann : « aujourd’hui encore un grand nombre d’êtres humains ne meurent pas mais sont assassinés », un article de Laurent Margantin

INGEBORG BACHMANN
OEUVRES
trad. de l’allemand
Actes Sud, coll. « Thesaurus », 746 p., 29,80 €

Le présent volume rassemble les oeuvres en prose d’Ingeborg Bachmann, excepté le récit Malina, publié il y a quelques années chez un autre éditeur dans une traduction de Philippe Jaccottet.

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“La vision primitive de Lam”, un article de Georges Raillard

LAM
Texte de Jacques Leenhardt
richement illustré
HC Édition, 320 p., 50 €

Breton, dans le sillage d’une déesse guinéenne du musée de l’Homme, exalte « l’oeil moderne embrassant peu à peu la diversité sans fin des objets d’origine dite “sauvage” et leur somptueux déploiement sur le plan lyrique prit conscience des ressources incomparables de la vision primitive et s’éprit (jusqu’à vouloir par impossible la faire sienne) de cette vision ».

“Un inédit d’Ernest Renan”, un article de Jean-Claude Chevalier

ERNEST RENAN
HISTOIRE DE L’ÉTUDE DE LA LANGUE GRECQUE DANS L’OCCIDENT DE L’EUROPE DEPUIS LA FIN DU Ve SIÈCLE
JUSQU’À CELLE DU XIVe
Texte introduit et édité par Perrine Simon-Nahum, textes latins et grecs revus et traduits par Jean-Christophe de Nadaï
Cerf, coll. « Patrimoines-Histoire des religions »,
790 p., 69 €

La publication de ce manuscrit inédit est étonnante : par la taille – cinq gros cahiers ! –, par la dramaturgie de la mise en scène (les aventures de l’exercice du grec depuis l’Antiquité), par la richesse de l’érudition, par l’ambition du projet ; mais surtout par le nom de l’auteur : Ernest Renan, alors âgé de vingt-cinq ans. L’ouvrage avait été couronné par l’Institut en 1848, conservé dans les archives et – surprise ! – jamais publié.

“Hobbes et ses conceptions de la liberté”, un article de Christophe Miqueu

QUENTIN SKINNER
HOBBES ET LA CONCEPTION RÉPUBLICAINE DE LA LIBERTÉ
Albin Michel, 239 p., 25 €

Quentin Skinner est probablement le plus important des historiens des idées politiques actuellement vivant, et pourtant, son audience en France ne dépasse guère le champ de quelques spécialistes de philosophie, histoire et sciences politiques. Son dernier ouvrage traduit en français pourrait probablement amener les lecteurs francophones à apprendre un peu plus à connaître celui qui a remis l’historique tradition républicaine au goût du jour.

“Toutes sortes de chambres”, un article de Anne-Marie Sohn

MICHELLE PERROT
HISTOIRE DE CHAMBRES
Le Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siècle »,
445 p., 22 €

Cet ouvrage est inattendu au regard des travaux antérieurs de Michelle Perrot. À cheval entre essai et histoire, il doit beaucoup à la sensibilité de l’auteur. « Mes expériences de chambre irriguent ce récit », écritelle d’emblée : souvenirs de sieste et de maladie, plaisir de la chambre d’hôtel, ou « trouble ressenti à l’entrée dans la chambre avec l’être aimé ».

“Une saga dramatique”, un article de Jean-Jacques Marie

OWEN MATTHEWS
LES ENFANTS DE STALINE
trad. de l’anglais par Karine Reignier
Belfond, 400 p., 22 €

“Les Enfants de Staline” semble relever au premier regard de la saga familiale traditionnelle : il s’ouvre sur la biographie politique d’un militant puis cadre communiste soviétique Boris Bibikov qui porte sur ses épaules la construction à rythme forcé d’une usine de tracteurs à Kharkov au début de la collectivisation. Owen Matthews évoque avec beaucoup de pittoresque l’activisme débridé de ce Bibikov pour convaincre les ouvriers frais émoulus de la campagne de construire cette usine quasiment à mains nues. On peut certes s’étonner quand on lit « Les ouvriers alignaient chaque soir leurs godasses d’étoupe au pied des baraques pour les faire sécher au soleil » (p. 47). Le soir ? Or même Staline n’arrivait pas à faire briller le soleil pendant la nuit, mais sans doute Owen Matthews se laisse-t-il là gagner par l’enthousiasme de son grand-père.

“À Vienne, le diable vous emporte tardivement, car la mort le devance”, un article de Jean-Luc Tiesset

GÜNTER BRUS
VIENNE ET MOI
Das gute alte Wien
trad. de l’allemand par Jacques Lajarrige, avec des illustrations de l’auteur
Éd. Absalon, 188 p., 18,50 €

Il y a des peintres qui écrivent, ou des écrivains qui peignent. La musique, parfois, accompagne cette joyeuse réunion de muses sous un même crâne, dans un même cœur, dans une même main. L’Autrichien Günter Brus, comme d’autres, est victime du préjugé qui n’admet pas que plusieurs fées aient déposé leurs dons dans le même berceau…

“Fin d’automne avec le tg STAN”, un article de Monique Le Roux

ARTHUR SCHNITZLER
LE CHEMIN SOLITAIRE
Spectacle de la compagnie tg STAN, Théâtre de la Bastille, jusqu’au 17 décembre

IMPROMPTU XL
Spectacle de la compagnie tg STAN, Théâtre de la Bastille, le 19 décembre de midi à minuit

Avec Le Chemin solitaire, spectacle de la compagnie tg STAN présenté au Théâtre de la Bastille, s’achève le Festival d’Automne à Paris. Par une sorte d’ironie tragique ou de hasard objectif, la belle et sombre pièce d’Arthur Schnitzler entre en résonance avec la f in de cette manifestation marquée, moins d’un mois après son ouverture, par la mort subite de son directeur Alain Crombecque.

Après la chute du mur de Berlin

“Vingt ans après”, un article de Tiphaine Samoyault

CAMILLE DE TOLEDO
LE HÊTRE ET LE BOULEAU
ESSAI SUR LA TRISTESSE EUROPÉENNE
Le Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siècle », 212 p., 16 €

Vingt ans après la chute du mur de Berlin, il fallait un livre qui revînt sur les conséquences de l’événement sans en faire le lieu d’une commémoration. Le Hêtre et le Bouleau de Camille de Toledo se présente comme cette « méditation sur l’ordre politique et émotionnel de l’Europe après la chute du Mur ». Il revient aussi sur le régime mémoriel dans lequel est entré l’Occident après cet événement et dont les conséquences sont une mélancolie persistante et une relative absence d’avenir.

Tandis que le bouleau est, avec son tronc à l’écorce pelée, le symbole de l’Europe orientale que tant de survivants des camps ont évoqué dans leurs livres, « les arbres de la Pologne allemande, de l’Ukraine allemande, puis de la Russie soviétique, les arbres des pleurs de l’Europe », le hêtre, cette espèce aux feuilles caduques et aux essences nobles, continue de peupler solidement les forêts d’une autre part du
continent. Il est, lui, le symbole d’une Europe marquée par le h de la honte et de la hantise, d’une Europe des spectres et de la mémoire coupable qui a cru devoir se fonder ainsi pour sortir du XXe siècle… Retrouvez la suite de cet article dans la Quinzaine n°1005

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