Il y a quarante ans dans La Quinzaine…

Il y a quarante ans, le 1er décembre 1970, paraissait le n° 107 de la Quinzaine littéraire. Voici ce numéro en intégralité dans lequel vous retrouverez notamment les critiques des ouvrages “Silence” de John Cage, “La flippeuse” de Philippe Wolff, et “A l’autre bout du monde” de Heather Ross Miller. Ainsi que Jean Ristat, Michel Huriet, Anne Hébert, Jean-louis Arnaud, Philippe Jaccottet, Marc Saporta… Vous pourrez y lire encore deux articles de Jean Choay et Jean-Paul Aron sur mes oeuvres de Jacques Monod – “la hasard et la nécessité” et de François Jacob – “La logique du vivant”.

Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante ans.

Retrouvez tous les numéros anniversaires en cliquant sur ce lien

Retrouvez ci-dessous, en intégralité les deux articles sur Jacques Monod et François Jacob, ainsi qu’une tribune de Dionys Mascolo “contre les idéologies de la mauvaise conscience”.

Faut-il rééduquer les intellectuels ?

Faut-il rééduquer les intellectuels ?, un article de Bernard Pingaud

Dans le dernier numéro de l’Idiot International, Sartre tente de définir le rôle de l’intellectuel, avant et après la crise de mai 1968. Ce texte, rigoureux comme à l’habitude, n’a pas seulement le mérite de nous éclairer sur les raisons qui ont pu conduire son auteur à prendre la direction d’un, puis de deux journaux “gauchistes”. /1 pose un problème de fond, auquel aucun écrivain de gauche, aujourd’hui, ne peut rester insensible.

L’intellectuel, nous dit Sartre, est quelqu’un qui dispose d’un ensemble de connaissances visant à l’universalité. Mais ce savoir a beau être universel, il ne sert jamais tous les hommes à la fois : dans un pays comme le nôtre, où subsistent les barrières sociales, il sert essentiellement la classe dirigeante. L’intellectuel fait luimême partie de cette classe : travaillant pour les privilégiés, il se trouve, en fait, de leur côté. Il est donc pris dans une contradiction permanente. Certains « techniciens du savoir pratique» s’accommodent fort bien de cette contradiction. L’intellectuel – ou du moins l’intellectuel classique, celui d’avant Mai – en souffre et la dénonce. C’est un homme qui a, par définition, mauvaise conscience. Logiquement, cette mauvaise conscience devrait l’amener à se contester lui-même. Mais comme elle est aussi ce qui le rend utile aux autres, ce qui lui permet, en chaque occasion, de critiquer la violence qui se cache derrière la loi, les intérêts particuliers déguisés en prétentions universelles, l’intellectuel «aime son rôle ». Mécontent de luimême en principe, il n’en con· tinue pas moins, d’une part à travailler pour la société qui le privilégie, d’autre part à condamner (dans des meetings, des articles ou des pétitions) la répression qui entretient ce privilège. Autrement dit, il trouve «une bonne conscience dans la mauvaise conscience ». Lire la suite

François Jacob, “La logique du vivant”

François Jacob et la “logique du vivant”

François Jacob, “La logique du vivant”, Bibl. des sc. humaines Gallimard éd., 354 p.

C’est une leçon d’histoire, et pas .seulement des sciences, que nous donne François Jacob dans la plus éclatante et la plus érudite vue d’ensemble jamais prise sur l’évolution de la biologie. D’emblée, la modernité de sa méthode s’affirme: à la vieille glose idéaliste des progrès de la conscience, il substitue la représentation des étapes du savoir, des accents qui marquent pour chaque époque sa problématique originale, des vérités comme des erreurs qui cernent son profil épistémologique. Il n’est pas question de parcourir à rebours le cheminement de la raison vers son triomphe ultime. Il s’agit de s’installer dans une longue durée, d’y voir converger des concepts apparemment hétérogènes, de définir le système de leurs interactions. Surtout, il importe de mettre en évidence la discontinuité de ces conjonctures, de montrer l’émergence de nouveaux systèmes où d’autres rapports se nouent entre les secteurs particuliers de la scien- ce globale. Lire la suite

Jacques Monod, “Le hasard et la nécessité”: L’homme n’est qu’un accident

Jacques Monod : L’homme n’est qu’un accident, un article de Jean Choay

Jacques Monod,  Le hasard et la nécessité, Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, Le Seuil éd., 224 p.

Le hasard et la nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne, est, en fait, l’histoire de deux révolutions : l’une aiguë et décisive, dans le domaine de la biologie, l’autre plus indécise, au « Royaume» des idées.

La première révolution dont J acques Monod fut l’un des principaux artisans, et dont il décrit superbement les conquêtes, les principes et les objectifs, a transformé la biologie en une science constituée, déjà en partie théorique, à laquelle la qualification de moléculaire peut légitimement être attribuée. Mais cette qualification montre aussi à quel point l’autonomie, peut-être même l’existence de la biologie est menacée par les sciences de la molécule, la physique et la chimie.

L’événement initial

L’événement initial fut la découverte, par Mendel, de la nature de l’invariant biologique, le matériel génétique. Le système de la biologie moléculaire s’est formé en analysant le fonctionnement cellulaire à partir des caractéristiques physicochimiques de cet invariant. Lire la suite

Le rôle des intellectuels : Tribune de Dionys Mascolo sur les positions de J.-P. Sarte et B. Pingaud

Contre les idéologies de la mauvaise conscience,

un article de Dionys Mascolo

Sous le titre. Faut-il rééduquer l’intellectuel? -, Bernard Pingaud a récemment pris position à propos de déclarations de J.-P. Sartre sur le rôle des intellectuels, ici et maintetenant. (La Quinzaine. n° 104). Dionys Mascolo donne ci· dessous son sentiment sur les positions de Sartre et de Pingaud.

Sartre et Pingaud, l’un reprenant l’autre, ont récemment avancé, sur le rôle de l’intellectuel dans ses rapports avec le projet révolutionnaire avant et depuis Mai, un certain nombre de propositions qui ne me semblent pas à la hauteur de la nouveauté que nous vivons. Dans ce qu’elles ont d’incomplet surtout, elles mettent en oeuvre (et même en valeur) des équivoques qui ont constamment, depuis un demi-siècle, fait office de freins (depuis peut-être l’acte de décision de Lénine fondant un pouvoir révolutionnaire contre toutes les règles ?) et qui risquent aujourd’hui encore de détourner l’intellectuel de ce qu’il peut réellement. Lire la suite

Francafrique : un documentaire de Patrick Benquet

Francafrique

Un documentaire historique de Patrick Benquet,

Diffusion sur France 2, dans l’émission « Infrarouge » en deuxième partie de soirée les jeudi 9 (1ère partie : “Raison d’état”) et 16 décembre 2010 (2ème partie :”L’argent roi”).

Il y a 50 ans, en 1960, les 14 colonies françaises d’Afrique noire devenaient indépendantes. Mais indépendance ne signifie pas liberté : le général De Gaulle confie à Jacques Foccart la mise en place d’un système qui vise à garder, par tous les moyens, légaux et illégaux, le contrôle de nos anciennes colonies dont les matières premières, et le pétrole en particulier, sont vitales pour la France.

Ce système va s’appeler la « Françafrique. »

Ces deux films de 80 minutes montrent la cohérence d’un certain nombre d’événements dont les Français gardent le souvenir : le drame du Biafra, les actions semi-officielles du mercenaire Bob Denard, l’affaire des diamants de Giscard d’Estaing offerts par Bokassa, les guerres civiles du Congo Brazzaville et de l’Angola, l’affaire Elf, la révocation du ministre Jean-Marie Bockel à la demande d’Omar Bongo, l’Uranium du Niger etc…

Derrière ces événements, il y a, de De Gaulle à Sarkozy, une logique impitoyable de soutien à des dictatures africaines, d’élections truquées, de crimes politiques et de valises de billets traversant les frontières.

Ces films révèlent un monde secret où, en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups sont permis pour maintenir au pouvoir des chefs d’État africains dévoués à la France. Un monde où des sommes d’argent colossales irriguent clandestinement des réseaux d’enrichissement personnel et de financement de partis politiques. Un argent qui va finir par gangréner la société française.

Ces films donnent la parole à des acteurs historiques français qui ne s’étaient jamais exprimés : « Messieurs Afrique » de l’Élysée, chefs des services secrets français, ambassadeurs, hommes de main au service de la République, baroudeurs du continent noir, ministres de la coopération, hommes de l’ombre.

À l’occasion de la diffusion de ce documentaire, La Quinzaine à rencontré son réalisateur et vous livre cet entretien filmé en intégralité.

Centenaire de la mort de Pierre Schaeffer

Pierre Schaeffer :Archéologie future : la traversée d’un siècle

24, 25 et 26 novembre 2010

trois journées consacrées à Pierre Schaeffer à l’occasion du centenaire de sa naissance.

A l’occasion du centenaire de la mort de Pierre Schaeffer, la Quinzaine en faisant échos de l’évènement organisé par L’INA,  le blog de La Quinzaine met en ligne à votre disposition un entretien avec Pierre Schaeffer paru dans le n°83 de la Quinzaine en 1969.

A la fois ingénieur et chercheur, scientifique et créateur, musicien, écrivain, administrateur, théoricien, sociologue, pédagogue, inventeur, créateur d’institutions et grand serviteur, parfois critique, de l’Etat…, iconoclaste, revendiquant l’appel à l’imagination avant le raisonnement, passeur d’idées et de talents, père de la musique concrète et l’un des pionniers de la recherche française sur les médias, Pierre Schaeffer a fondé deux des principaux lieux de recherche et d’expérimentation à la radio puis à la télévision : le Studio d’Essai et le Service de la Recherche de l’ORTF.

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Entretien avec Pierre Schaeffer, 1969

P. Schaeffer, et le pot de miel

Pierre Schaeffer, qui dirige le Service de la Recherche à l’O.R.T.F. et qui est plus généralement connu comme compositeur et théoricien de la musique concrète (on se souvient de son Traité des objets musicaux, publié en 1966), est également l’auteur d’un récit comme Clotaire Nicole, d’un essai comme Amérique, nous t’ignorons (1945), du roman les Enfants de coeur (où il relatait son expérience des mouvements de jeunesse catholique). Il vient de publier, aux Editions du Seuil, un second roman. le Gardien de volcan, qui se réfère à une conférence internationale tenue à Mexico en 1948 “sur le partage des longueurs d’onde entre les 90 pays de la planète” et d’où ne sont point absentes maintes allusions à l’un des “éveilleurs” de Pierre Schaeffer : l’énigmatique Gurdjieff.

Dans le recueil des Entretiens avec Pierre Schaeffer que Marc Pierret publie chez Pierre Belfond dans quelques jours nous avons choisi un extrait du dialogue sur le Gardien de volcan. Il y est précisément question de Gurdjieff.

Marc Pierret. Lorsque Gurdjieff répondait aux questions, comment le faisait‑il ? Lire la suite

EXPOSITION, DEGAS, un exceptionnel Orsay hors les murs Roubaix, La Piscine – musée d’art et d’industrie André-Diligent, 8 octobre 2010 – 16 janvier 2011

“La femme se frotte le dos avec une éponge…”, un article de Gilbert Lascault

EXPOSITION, DEGAS (1834-1917), SCULPTEUR, un exceptionnel Orsay hors les murs Roubaix, La Piscine – musée d’art et d’industrieAndré-Diligent, 8 octobre 2010 – 16 janvier 2011

PUBLICATION, DEGAS, SCULPTEUR, Textes de Bruno Gaudichon, Anne Pingeot, Catherine Chevillot, Richard Kendall, Daphné Barbour, Shelley Sturman et François Thiébault-Sisson, Gallimard, 256 p., nb. ill. coul., 39 €

Avec le concours exceptionnel du musée d’Orsay, l’admirable exposition de la sculpture de Degas (1834-1917) est organisée par la ville de Roubaix. Elle révèle le processus de création d’Edgar Degas.

Les sculptures de Degas sont souvent considérées comme des jalons dans la réalisation de ses tableaux et de ses gravures, comme des repères, comme des indices. « La vérité (dit Degas en 1897), vous ne l’obtiendrez qu’à l’aide du modelage parce qu’il exerce sur l’artiste une contrainte qui le force à ne rien négliger de ce qui compte. » Le modelage serait un appui, un soutien, une obligation, une exigence. Ces modelages, souvent recommencés, excitent l’artiste et le poussent à peindre mieux et autrement. Degas choisit une contrainte et un plaisir : « C’est pour ma seule satisfaction que j’ai modelé en cire bêtes et gens (dit-il), non pour me délasser de la peinture ou du dessin, mais pour donner à mes peintures, mes dessins, plus d’expression, plus d’ardeur et plus de vie. Lire la suite

L’”Association des Amis de La Quinzaine Littéraire”

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Le monde contemporain à livres ouverts

www.quinzaine-litteraire.presse.fr

Depuis 45 ans, La Quinzaine littéraire est un des rares organes de presse toujours indépendant, prescripteur de culture « littéraire » en France et dans l’espace francophone. Lire la suite

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