MICHEL HOUELLEBECQ LA CARTE ET LE TERRITOIRE

“Une saison en Houellebecquie”, un article de Jean-Jacques Lefrère.

Michel Houellebecq, LA CARTE ET LE TERRITOIRE Flammarion, 450 p., 22 €

Puisqu’il est des rentrées littéraires comme il est des rentrées scolaires, il faut en accepter le principe, mais il n’est pas aisé, il est même impossible, d’identifier avec certitude ce qui sort du lot. À en croire le déluge d’articles et d’échos qui a accompagné La Carte et le Territoire de Michel Houellebecq, ce serait ce roman. L’histoire littéraire, qui ne fait aucune concession, justifiera-t-elle ce jugement ?

Une critique superbement moutonnière a en effet émis des louanges qu’elle n’avait pas toujours accordées aux livres de M. Houellebecq, notamment à son précédent roman, La Possibilité d’une île, et quelques chroniqueurs littéraires ont même eu l’intransigeance de malmener quelque peu, sur le ton d’un rappel à l’ordre, M. Ben Jelloun, lequel avait laissé transparaître, dans un article paru dans un périodique italien, La Repubblica, le mépris dans lequel il tenait ce récit à ses yeux platement sociologique.

Lors de la mise en librairie de son livre, M. Houellebecq s’est beaucoup montré à la télé- vision et a accordé maints entretiens à la presse. À aucun moment, il n’a laissé échapper la moindre provocation, la moindre imprudence verbale, comme si le trublion de naguère laissait désormais place à un littérateur sympathique et calme, gentiment ironique, y compris sur lui-même, manifestement désireux de ne pas donner l’image d’un de ces romanciers convaincus de donner au monde le chef-d’œuvre dont la postérité fera le plus grand cas. Ce détachement modeste et souriant, cette complaisance bienveillante à répondre à toutes les questions, avec une élocution enfin claire, en Modiano ayant pris des cours de diction – en un mot, tout à fait l’allure d’un homme au casier littéraire vierge – étaient d’autant plus frappants qu’apparaissait sur le petit écran un homme aux traits creusés, portant sa cinquantaine, avec la physionomie d’un être qui vient de traverser ou qui traverse une épreuve physique ou psychologique difficile. Pour tout dire, le contraste était grand avec le personnage neurasthénique et désabusé de naguère, qui distillait, dans un phrasé pâteux et las, quelques imprécations dont il voulait donner l’im- pression qu’il ne pressentait pas la portée.

Cette omniprésence médiatique, certes ramassée dans le temps – une dizaine de jours – créait un autre contraste, non moins évident, entre l’écrivain solitaire, calfeutré dans quelque Irlande, dans ce genre d’isolement qui a si bien réussi à M. Le Clézio pour l’obtention de sa timbale suédoise, et ce romancier au succès garanti se livrant, d’un plateau de télévision à un autre, à un véritable parcours du combattant, un parcours rude assuré- ment, mais sans doute jugé par lui nécessaire, puisqu’il n’a pas craint de compromettre son image légendaire, assez belle quoi qu’on en ait dit, en comparaissant à côté de la « Miss Météo » (sic) de la chaîne Canal +, tout en subissant les questions les plus navrantes et les plus sottes que journalistes aient jamais adressées à un homme de lettres.

La Carte et le Territoire, pour touffu et méandreux qu’en soit le récit, n’en a pas moins une trame bien dessinée. L’intrigue évolue dans le milieu de l’art moderne, comme le dernier Tintin d’Hergé, qui est resté, lui, inachevé. Jed Martin, artiste plasticien dont les tendances misanthro- piques ne sont pas le dernier trait de caractère, ren- contre un triomphe – et l’amour avec une Russe splendide (forcément) et prénommée (évidemment) Olga – en photographiant des cartes Michelin qu’il retravaille sur ordinateur avec un logiciel d’images afin de leur donner un aspect de « territoire ». Comme sa démarche créatrice évolue par cycles, il se lance ensuite dans l’art pictural et devient un peintre mondialement connu, auquel ses toiles rap- portent des fortunes. Il fait notamment le portrait de personnalités célèbres dans le monde de l’art ou dans celui des affaires, et produit ainsi des œuvres intitulées Damien Hirst et Jeff Koons se partageant le marché de l’art ou Bill Gates et Steve Jobs s’entretenant du futur de l’informatique. Bref, le voilà devenu le genre d’artiste pour lequel un M. Pinault ouvre volontiers son portefeuille. Son galeriste, Franz (on ne saurait s’appeler René ou Georges lorsque l’on est galeriste, a dû juger M. Houellebecq), lui suggère de demander une préface pour son catalogue à l’écrivain Michel Houellebecq, qu’il rencontre par l’intermédiaire de Frédéric Beigbeder (tous deux, ainsi que bien d’autres protagonistes, figurent sous leur vrai nom dans le livre). Naissent entre Jed Martin et Michel Houellebecq quelques relations amicales, du moins comme deux quasi-autistes peuvent en nouer.

Une autre intrigue, à la fois plus forte et plus humaine que la précédente, parcourt le roman : c’est l’histoire des échanges, difficiles et espacés, entre Jed Martin et son père, qui est proche de la mort – une mort qu’il va aller chercher dans une institution suisse, Dignitas, spécialisée dans le suicide assisté. De même que le romancier a fait entrer dans son récit des personnages réels et sous leur propre patronyme, de même cette institution existe véritablement, et sous cette appellation, l’euthanasie étant apparemment une profession comme une autre au pays des coucous.

Les derniers chapitres ne sombrent pas non plus dans l’allégresse et l’optimisme, mais le lecteur n’est pas trompé sur la marchandise, s’étant rendu compte très tôt qu’il ne tournait pas les pages d’un livre de M. Levy ou de M. Musso : Michel Houellebecq est assassiné et son corps, après avoir été soigneusement décapité (au rayon laser, s’il vous plaît, foin de la vulgaire scie), est découpé en lanières, en même temps que celui de son chien, que le tueur a également envoyé ad (canum) patres, et tous ces lambeaux ont été disposés sur le sol à la manière d’une toile à la Jackson Pollock. L’ambiance change alors du tout au tout. Le lecteur, qui ne voit à aucun moment où on le conduit – là est le principal charme du récit –, a presque le sentiment d’avoir changé de livre : il a maintenant en mains un polar bien ficelé, un vrai thriller (ambiance Silence des agneaux). De fait, rapplique le classique commissaire de police chargé de l’enquête, qui s’appelle Jasselin et ne manque pas d’états d’âme, comme nombre de personnages du roman. Jed Martin propose à Jasselin de l’aider et l’énigme de ce crime hors du commun finit par être résolue. Dans les dernières pages, qui sont les plus maîtrisées de l’ensemble, le peintre, totalement à l’abri des soucis de fins de mois, se retire dans le Limousin, autrement dit, dans l’esprit de l’auteur, se retire du monde.

À l’encontre de nombre de romans édités ces dernières années, La Carte et le Territoirene donne pas à regretter la disparition des correcteurs d’im- primerie de jadis, qui connaissaient mieux l’or- thographe, la grammaire et la syntaxe que bien des professeurs de français. Quelques scories subsis- tent toutefois, qu’il serait aisé de faire disparaître lors d’une des probablement nombreuses rééditions (« des délits banaux », « il se refusa de se soigner », « une minijupe courte »). Surtout, les lecteurs des précédents livres de M. Houellebecq ne seront pas dépaysés quant au style qui imbibe chaque page, encore qu’il semble que le romancier ait cherché à l’épurer davantage, à le lisser le plus possible, à atteindre cette neutralité de narration, qui n’existe sans doute pas. Curieusement, ce style aplani, sans aspérité, en tout cas fort travaillé dans ce sens, caractérisait déjà L’Homme qui arrêta d’écrirede M. Nabe, paru il y a quelques mois. À se demander si l’immeuble de la rue de la Convention où les deux écrivains voisinèrent autrefois n’a pas eu sur chacun d’eux, à distance mais de manière quasi simultanée, une sorte d’effet Guernesey à rebours…

Si le registre de La Carte et le Territoire évolue de chapitre en chapitre – le récit commence par une histoire d’amour et finit en roman policier, en passant par d’autres genres comme la satire ou cette fameuse auto-fiction qui nous a valu tant de médio- crités ces dernières années –, ce changement, que le lecteur ne ressent véritablement qu’une fois le passage de frontière effectué depuis plusieurs pages, induit chez lui une tension, ou du moins une curiosité, qui l’incite à aller de l’avant pour savoir où diable le romancier va l’amener, comme un rêve interrompu par l’éveil peut laisser le regret d’igno- rer à jamais la fin de l’histoire vécue pendant ces instants de sommeil. Une caractéristique, présente en revanche d’un bout à l’autre du livre, est l’ironie distante que montre M. Houellebecq vis-à-vis de ses marionnettes. Cette ironie, on la retrouve dans ses autres livres, dont elle constitue une sorte de marque de fabrique. Le romancier émet aussi ses habituelles considérations définitives, qu’il assène en auteur prisonnier d’une réputation et qui entend, tant qu’à faire, profiter d’elle. Quelques échantillons : « Il y avait enfin dans son visage quelque chose de sanguin et de lourd, typiquement anglais, qui le rapprochait d’un fan de base d’Arsenal » – « les habitants des zones rurales sont en général inhospitaliers, agressifs et stupides ». Sa descrip- tion, jubilatoire au possible, des « grands » photo- graphes, que le narrateur juge « à peu près aussi créatifs qu’un photomaton », ne semble pas l’avoir desservi auprès de ces derniers, qui l’ont abon- damment mitraillé durant son récent séjour à Paris. Et pourtant, quel déni de leur talent, ces lignes qui fustigent cette « prétention de révéler dans leurs clichés la véritéde leurs modèles ; ils ne révélaient rien du tout, ils se contentaient de se placer devant vous et de déclencher le moteur de leur appareil pour prendre des centaines de clichés au petit bonheur en poussant des gloussements, et plus tard ils choisissaient les moins mauvais de la série, voilà  comment ils procédaient ». On peut également citer ce passage, houellebecquien s’il en est : « Les filles étaient surexcitées, poussaient des hurlements, leur taux d’hormones devait être incroyablement élevé. » Ce n’est pas sous la plume de Maurice Genevoix qu’on aurait pu lire cela, mon pauvre monsieur.

Une autre forme d’ironie, avec laquelle M. Houellebecq paraît développer de plus en plus de familiarité, est cette manière d’évoquer un per- sonnage réel en dissimulant la moquerie sous un éloge appuyé. Il lui est ainsi loisible de faire entrer dans son roman quelques fantoches de la télévision auxquels leur passage répété sur le petit écran confère une notoriété que rien d’autre ne justifie. Il en va ainsi de M. Julien Lepers, qualifié d’ani- mateur « un peu stupide » mais dont l’émission Questions pour un champion est une des distractions les plus appréciées par le personnage princi- pal, ou de M. Jean-Pierre Pernaut qui, dans le roman, révèle son homosexualité et porte queue- de-pie pour le Réveillon qu’il donne dans son hôtel particulier, mais dont la prestation télévisée quo- tidienne est qualifiée de visionnaire et de géniale. M. Houellebecq démontre ainsi que cruauté et méchanceté ne sont pas tout à fait synonymes, car, méchant, il ne l’est guère dans son livre que pour deux ou trois critiques littéraires, ainsi que pour M. Dantzig, que La Carte et le Territoire ne nomme pas mais donne une description qui le rend aisément identifiable, du moins dans un périmètre délimité par la rue des Saints-Pères, le boulevard Saint-Germain et la rue de Rennes : « un grand type un peu flasque et mi-gras, aux cheveux mi-longs, au regard mi-intelligent mi-bête, qui semblait exercer des responsabilités éditoriales chez Grasset ». La description manque de sympathie, mais nous n’en sommes heureusement plus au temps où les hommes de lettres avaient des plumes et réglaient leur différend au petit matin, avec deux fleurets et quatre témoins.

Comme il est à peu près impossible à M. Houellebecq de publier un ouvrage sans susciter une polémique – que ce soit chaque fois volontaire ou pas, au moins instille-t-il un peu de vigueur à une vie littéraire terne et moribonde –, La Carte et le Territoire a été, dès sa parution, taxée de… plagiat ! Sur le site slate.fr, M. Glad a fait paraître un article virulent, intitulé « Michel Houellebecq, la possibi- lité d’un plagiat », qui accusait le romancier d’avoir recopié dans son œuvre des passages de Wikipédia, l’encyclopédie en ligne qui a relégué nos bons vieux Petit Laroussedans les greniers ou les étages les plus élevés des bibliothèques. Un romancier français internationalement connu, épinglé en « flagrant délit de plagiat » et rejoignant sur le banc de l’infamie littéraire MM. Attali et Minc, quelle histoire ! La presse, que le mot de plagiat met immanquablement dans tous ses états, a donné à ces emprunts une ampleur immédiate, et quelques journalistes, prompts à l’indignation, ont mis en cause « l’honnêteté de l’auteur ». Si l’on y regardait de plus près ?

M. Nihous, ancien candidat Chasse et pêcheà l’élection présidentielle, est ainsi portraituré dans La Carte et le Territoire : « Frédéric Nihous avait reçu à l’âge de quatorze ans son premier fusil, offert par son père pour son BEPC. Titulaire d’un DEA de droit économique international et communautaire, ainsi que d’un DEA de défense nationale et sécurité européenne, il avait enseigné le droit administratif à la faculté de Cambrai ; il était en outre président de l’Association des chasseurs de pigeons et d’oi- seaux de passage du Nord. En 1988, il avait terminé premier d’un tournoi de pêche organisé dans l’Hérault en pêchant une carpe nakin de 7,256 kilogrammes. » Toutes ces précisions, indubitablement fort intéressantes, on les retrouve effectivement sur le site Wikipédia, à quelques variantes de formulation près: « En 1981, il obtint son premier fusil offertpar son père pour son BEPC. Il est président de l’Association des chasseurs de pigeons et d’oiseaux de passage du Nord. En 1988, il termine 1er du tournoi de pêche de l’Hérault en pêchant une carpe nakin de 7,256 kg. Il est titulaire d’un DEA de droit économique international et communautaire et d’un DEA en défense nationale et sécurité européenne. Il enseigne en travaux dirigés le droit administratif à la fac de droit à Cambrai. »

Deuxième larcin, cet historique de la ville de Beauvais : « Les premières traces de fréquentation du site de Beauvais pouvaient être datées de 65000 ans avant notre ère. Camp fortifié par les Romains, la ville prit le nom de Caesaromagus, puis de Bellovacum, avant d’être détruite en 275 par les invasions barbares. » La notice de Wikipédia donne strictement les mêmes indications : « Les premières traces de fréquentation du site de Beauvais datent de 65 000 ans avant notre ère. Camp fortifié par les Romains, Beauvais prend, au Ier siècle, le nom de Caesaromagus : le Marché de César. Devenue Bellovacum, la ville gallo-romaine fut détruite à nouveau par les invasions barbares vers 275. »

Le troisième emprunt repéré porte sur la des- cription de la mouche domestique : « Chaque femelle de Musca domestica peut pondre jusqu’à cinq cents et parfois mille œufs. Ces œufs sont blancs et mesurent environ 1,2 mm de longueur. Au bout d’une seule journée, les larves (asticots) en sortent ; elles vivent et se nourrissent sur de la matière orga- nique (généralement morte et en voie de décompo- sition avancée, telle qu’un cadavre, des détritus ou des excréments). Les asticots sont blanc pâle, d’une longueur de 3 à 9 mm. Ils sont plus fins dans la région buccale et n’ont pas de pattes. À la fin de leur mue, les asticots rampent vers un endroit sec et frais et se transforment en pupes, de couleur rougeâtre [etc.]. » Wikipédiadonne des informations identiques : « Chaque femelle peut pondre jusqu’à 500 et même jusqu’à 1000 œufs. […] Les œufs sont blancs et mesurent environ 1,2 mm de longueur. Au bout d’une seule journée, les larves (asticots) en sortent ; elles vivent et se nourrissent sur la matière organique (généralement morte et en voie de décomposition avancée, telle qu’un cadavre, des détritus ou des excréments) sur laquelle elles ont été déposées. Les asticots sont blancs pâles, faisant de 3 à 9 mm de long. Ils sont plus fins dans la région buccale et n’ont pas de pattes. À la fin de leur troisième mue, les asticots rampent vers un endroit sec et frais et se transforment en pupes, de couleur rou- geâtre [etc.]. »

Une dernière citation de La Carte et le Territoire: « Les bandes d’étourneaux ont une manière de voler qui leur est propre, et semble soumise à une tactique uniforme et régulière, telle que serait celle d’une troupe disciplinée, obéissant avec précision à la voix d’un seul chef. C’est à la voix de l’instinct que les étourneaux obéissent, et leur instinct les porte à se rapprocher toujours du centre du peloton, tandis que la rapidité de leur vol les emporte sans cesse au-delà. » Et voici la source du passage : « Ces troupes ont une manière de voler qui leur est propre et semble soumise à une tactique uniforme et régulière, telle que serait celle d’une troupe disciplinée, obéissant avec précision à la voix d’un seul chef. C’est à la voix de l’instinct que les étourneaux obéissent, et leur instinct les porte à se rapprocher toujours du centre du peloton, tandis que la rapidité de leur vol les emporte sans cesse au-delà. »

Eh bien, non, ce dernier emprunt n’est pas le fait de M. Houellebecq : il a été commis, il y a près de 140 ans, par un certain Isidore Ducasse, qui composait alors ses Chants de Maldoror. Pour nourrir une strophe de son Chant V, ce dernier avait ouvert l’encyclopédie d’histoire naturelle publiée, quelques décennies plus tôt, sous la direction d’uncertain Jean-Charles Chenu, et avait recopié ce passage, sans le doter de guillemets ni le présenter en italiques. On le voit, M. Houellebecq a repris à la lettre ce procédé de création littéraire. Entendons-nous bien : il ne s’agit pas ici d’un romancier pillant un autre romancier, ce qui se voit parfois, paraît-il, mais d’un auteur greffant sur son œuvre une littérature totalement étrangère à la forme romanesque, comme certains sculpteurs recourent à des objets utilitaires pour les changer en œuvre d’art.

La dénonciation des « plagiats » de Wikipédia a eu un côté burlesque. Pendant que M. Houellebecq noyait le poisson en invoquant quelques grands noms (Perec, Borges, Jules Verne – mais pas Lautréamont !), la présidente de Wikimédia France expliquait à M. Glad, lequel en fit état sur son site, que « pour reprendre un passage de Wikipédiadans un livre », il faut que « la partie reprise soit identifiée comme une citation, par des guillemets par exemple, et que la source soit indiquée, par une note de bas de page ». Mme la Présidente, dans le cas présent, nous la baillait belle, car la notice de Wikipédia sur les mouches a été elle-même reprise sans changement d’un site spécialisé sur la désinsectisation, celle sur Beauvais d’un site consacré aux communes françaises, et celle sur M. Nihous d’un site intitulé pourlafrance.fr, comme n’importe quel surfeur du ouebepeut le constater. Ainsi va d’ailleurs ce genre de littérature, et depuis bien longtemps : les textes repris par Ducasse dans l’en- cyclopédie d’histoire naturelle de Chenu avaient été rédigés par un certain Desmurs, qui les avait lui- même recopiés chez Buffon, ou plutôt chez Guéneau de Montbeillard, collaborateur de Buffon pour quelques chapitres. En d’autres termes, Ducasse avait pillé le compilateur Desmurs, nègre de Chenu et lui-même plagiaire d’un collaborateur de Buffon. Tout cela pour dire que M. Houellebecq et les responsables de Wikipédiane sont pas du tout dans la situation du voleur et du volé, mais bien davantage dans celle de deux cambrioleurs se rencontrant fortuitement dans l’appartement que chacun s’est mis en tête de « visiter » cette nuit-là.

Au demeurant, si M. Glad a repéré, grâce au moteur de recherche Google, les emprunts les plus aisément identifiables, tant ils créent une rupture de ton dans la prose où le romancier les a insérés, il est passé à côté d’autres, pourtant faciles à recon- naître. Par exemple, les lignes sur Dignitas, en page 368, proviennent de deux sites internet dont l’identification ne pose aucune difficulté. À la page 297, la description des causes de l’oligospermie vient en droite ligne de l’Encyclopédie Larousse: « Une oligospermie peut avoir des origines très diverses : varicocèle testiculaire, atrophie testicu- laire, déficit hormonal, infection chronique de la prostate, grippe, d’autres causes. Elle n’a la plupart du temps rien à voir avec la puissance virile » (La Carte et le Territoire). Voici le texte source : « Une oligospermie peut avoir des origines très diverses : varicocèle testiculaire (dila- tation des veines du cordon spermatique) ; atrophie testiculaire consécutive aux oreillons, à une loca- lisation anormale d’un testicule, à un déficit hormonal, à une infection chronique de la prostate et des vésicules séminales ; maladie générale telle qu’une grippe ; chimiothérapie ou radiothérapie. » Si l’on note que ces deux dernières étiologies ont été condensées en « d’autres causes », la suite tient de l’auto-citation, consciente ou non : « mais cela n’avait rien à voir avec la puissance virile » est une phrase desParticules élémentaires.

Ainsi, s’il est un écrivain que M. Houellebecq a lu et relu, et dont l’influence était manifeste dès ses premiers romans, c’est bien l’auteur des Chants de Maldoror. Une influence quasi séminale, pour reprendre l’expression de Claudel. Il est patent que le romancier qui a écrit La Carte et le Territoire a retenu plus d’un procédé de composition de Ducasse, et sur ces « emprunts », comment ne pas penser, qu’à l’instar de Ducasse peut-être, il ait escompté quelque scandale ? Il se doutait nécessairement, connaissant les capacités d’Internet et de ses moteurs de recherche, que le premier journaliste un peu fouineur débusquerait ses lièvres, ou plutôt ses mouches – ce qui est d’ailleurs arrivé tout de suite, tant l’allure empruntée de ces passages saute aux yeux. Cependant, à la différence de Ducasse, on peut aussi soupçonner M. Houellebecq d’avoir voulu, avec des collages si détectables, régler quelques comptes avec une critique littéraire qui ne l’avait pas ménagé sur sa précédente production romanesque. Car il posait là un piège particulièrement retors : les critiques qui traiteraient de son livre sans remarquer ces détournements passeraient pour des lecteurs médiocres ou inattentifs (Maurice Viroux, qui révéla en 1952 la présence de tels collages dans Maldoror, ne s’était pas privé de se gausser des Surréalistes sous prétexte qu’ils avaient clamé leur admiration pour le texte d’une encyclopédie d’his- toire naturelle). De fait, Mme Devarrieux, dans son compte-rendu de Libération, est passée totalement à côté. Un de ses confrères a souligné les « préci- sions à quoi Houellebecq apporte un soin maniaque ». Une autre s’est contentée de dénoncer « quelques longueurs (quand l’auteur voit une mouche, il dit tout ce qu’il connaît sur les mouches…) ». À l’opposé, le premier lecteur qui découvrirait et dénoncerait ces « plagiats » le ferait certainement sur le ton de l’indignation et du scandale, et le tour serait joué. M. Glad, qui a été assez aimable pour jouer le rôle du pigeon, ne s’est- il donc pas demandé pourquoi M. Houellebecq avait introduit des passages si aisément repérables, alors qu’il lui suffisait de changer l’ordre de quelques mots ou de remplacer certains par des synonymes pour mettre en échec n’importe quel moteur de recherche ? Et s’il avait voulu « plagier » en toute discrétion et en toute impunité, M. Houellebecq n’aurait-il pas puisé dans une matière inaccessible à Google? Si l’on en souhaite une démonstration, le présent compte-rendu a été truffé de passages qui sont, eux aussi, des « emprunts », mais que Google ne permettra pas d’identifier, car les textes d’origine ne sont pas sur le Net. Voyons si quelque slate.fr les débusque…

Il nous reste à dire un mot du prix Goncourt, que l’on prédit avec une telle insistance à M. Houellebecq que les jurés vont se retrouver aussi – décidément, tout le monde est piégé avec ce roman – dans une situation délicate, sauf tour de passe-passe. Le décerner à M. Houellebecq leur permettrait en tout cas d’être tranquilles les années suivantes, quand paraîtrait un nouveau roman de cet auteur, le prix ne pouvant être accordé qu’une seule fois à un lauréat (sauf coup fourré à la Ajar). De surcroît, les jurés vont manquer cette fois de prétexte pour justifier leur refus : l’histoire du plagiat est dégonflée, aucune déclaration sulfureuse n’a secoué l’opinion, et M. Houellebecq a parfai- tement joué le jeu : interrogé par la presse, il n’a dit que du bien du prix Goncourt. Dès lors, s’il tend les bras au Goncourt, et si le Goncourt lui tend les bras, plaise au ciel que le jury ne fasse pas obstacle à cette idylle, en dépit de la présence de M. Ben Jelloun en son sein. Qu’il décerne le prix à M. Houellebecq et qu’on n’en parle plus. De toute manière, son livre a déjà un mérite plus grand, qui est celui de donner à penser que le roman n’est peut-être pas un genre tout à fait mort. ❘

Nouveau tirage d’Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq en novembre 2010 aux éditions Maurice Nadeau.

53 Réponses à MICHEL HOUELLEBECQ LA CARTE ET LE TERRITOIRE

  1. Ping : Dossier Spécial : Michel Houellebecq, Prix Goncourt 2010 « Le blog de la Quinzaine Littéraire

  2. egreb dit :

    BONJOUR
    avec une demande de soutien vivement souhaitable de Monsieur Houllebecq

    afin de protester contre les droits de la propriété intellectuelle ,repris de façon abusive par des tiers ,je demande que la maquette de tapisserie déposée à la cité de la tapisserie lors du concours deux mille dix à Aubusson dans la creuse soit détruite de façon légale et juridique .
    remerciez d’avance Monsieur Houellebecq pour son secours

  3. webmaster@inpi.fr dit :

    egreb la bonne adresse

  4. bel article fouillé et approfondi, on réédite “l’extension” son chef d’oeuvre ? mais il existe toujours en poche, est-ce qu’il y aura des compléments, un bonus ?

  5. gowitt dit :

    Pour plagier Pierre Desproges : Houellebecq n’écrit pas que des conneries, il en dit.
    C’est avec une délectation sans nom que j’ai entendu le foutriquet s’exprimer sur les ondes de France Inter après la réception de son prix Goncourt.
    Tout participe à rendre écœurant ce personnage, véritable héros d’une époque régressive sans espoir. Incarnation héroïque d’une intelligentsia au service d’une pensée diarrhéique, aux concepts approximatifs et à la sensibilité désuète, Houellebecq s’exprime avec la même médiocrité que son écriture. « Plateforme » restera sans doute le point d’orgue de l’indigence littéraire en même temps que l’annonce d’un temps que nous avons découvert avec consternation : l’ère de la postmodernité dont le héraut restera Sarkozy.
    Il aime, ainsi que les médias qui lui servent de thuriféraires, se présenter comme « écrivain maudit ». Quelle affabulation, quelle prétention peut nourrir l’ego boursoufflé de cet écrivain ectoplasmique ? Quelle comparaison possible avec un Jean Genet, un Céline, un Sade voire un Drieu La Rochelle ou un Karl Kraus ?
    Ses productions écrites, plutôt que littéraires, sont truffées d’emphases redondantes et de dissonances stylistiques. Houellebecq use d’un abus forcené d’antépositions et s’octroie une tolérance coupable de verbes faibles. Son utilisation outrancière de verbes imprécis entraine des facilités conjonctives ; illustration de la carence intellectuelle du prosateur. La ritournelle des groupes ternaires, ajoutée à la cacophonie de qui/que/quand provoquent un état nauséeux à la limite du recours à l’utilisation du cortège pharmaceutique.
    Epargnons au lecteur averti le déchiffrage de son style monotone nous parvenant dans les bruits du monde comme un souffle glacé à travers la porte entrouverte du néant qu’il n’aurait jamais du quitter.
    Outre ce dénuement stylistique, l’inspiration de Houellebecq fleure bon le transit intestinal.
    …Houellebecq brode à l’infini sur la misère affective des pauvres types, sur la solitude des loosers. Au lieu de donner des couleurs à la puissance du désir masculin, comme l’aurait fait un Christian Laborde, l’auteur de “Plateforme” ne cesse de décrire des accouplements fatigués, des scènes de masturbation dépitée, des amours plates et misérables…
    Houellebecq est un iconoclaste de salon qui n’a de talent que l’odeur de la merde dans laquelle il trempe son pieu pour écrire ses histoires nombrilistes de pauvre type sans moral ni morale.
    Panégyriste du tourisme et des relations sexuels avec des enfants, ce fantôme du talent a cru que l’étalage de la turpitude forgée sur son âme crasseuse lui apporterait la légitimité. Bien lui en a pris. La légion des crétins bêlants a crié au génie. Les journalistes en quête de sensationnel ont encensé ce qu’ils ont vu être une bonne aubaine littéraire. L’ambiance dominante veut qu’on soit pour ou contre Houellebecq. C’est un faux choix, Houellebecq est inexistant. Peut-on raisonnablement être pour ou contre le vide ?
    Le couronnement du cuistre lui est donc venu d’une institution respectable et respectée par le gotha mondain : « le Goncourt ». Il aura fallu «1 minute et 29 secondes » pour le départager de ses concurrents à l’assaut du prix dont les ventes prolifiques décerneront au vainqueur le titre envié d’écrivain à succès. Houellebecq est donc devenu celui-ci, adulé des imbéciles dont le QI est comparable à celui d’un protozoaire. Ecrivain titré d’un système de prêt à penser, Houellebecq sera la mauvaise conscience à bon prix du bobo qui s’encanaillera à dire « vous avez lu le dernier Houellebecq ? Ravageur n’est-ce pas ? ».
    Houellebecq n’aura que traîner dans la merde des âmes boueuses en mal de transgression ; dont la sienne. Désabusé, mais calculateur, il a séduit, et c’est bien sur ce pouvoir de séduction qu’il serait souhaitable de s’interroger.
    Quel aura été l’influence hégémonique des maisons d’éditions dans l’attribution de ce hochet lucratif ?
    Contre l’avis général, il faudrait mettre fin à la production du pédant, c’est l’autre face de la tolérance. Un jour il faudra se battre pour l’interdiction du droit à la production de galimatias littéraire, comme jadis pour l’abolition de toute censure.
    L’ombre a précédé la production de Houellebecq, et elle le suivra. Houellebecq a été mort avant d’être vivant, et heureusement il retombera dans l’oubli.
    Chaque citoyen devrait pouvoir se réclamer d’un droit naturel à l’intelligence et donc, dans le pire des cas, revendiquer une allocation de soutien à la bêtise. En ce qui concerne le secours à Houellebecq, les preuves ne devraient pas être difficiles à réunir et participer à l’enrichissement de chacun.
    Nous savons tous que ce qui est exceptionnel mérite à peine de vivre, ce qui est banal ne mérite pas de mourir, M. Houellebecq est si banal qu’il ne mérite même pas de s’appeler Michel.
    A propos, je n’aime pas Houellebecq.

    • Greselin Denise dit :

      Vous exprimez bien ce que j’ai ressenti en lisant cette horreur. On devrait pouvoir se faire rembourser. Quelle honte de donner un prix à ce genre de livre! Il y a sans aucun doute une question d’argent dans l’attribution du prix?

      • chrisitane dit :

        je suis bien d’accord avec vous, c’est un livre que mes enfants m’ont offert pour Noël, et ils auraient mieux fait de mettre les 22 euros dans la tirelire de mes petits enfants,
        je suis navrée qu’un tel bouquin ait reçu un tel prix, c’est se moquer des amoureux de la lecture;
        bonne ournée

    • Nicolas dit :

      Marc-Édouard Nabe, sors de ce corps! :-)

      • gowitt dit :

        Ca tombe bien j’aime bien Marc Edouard Nabe. Certes un peu déjanté mais avec un vrai talent. Je prends donc la saillie comme un compliment sans doute immérité, parce que je n’ai pas sa plume.

    • Aronssohn dit :

      Ne pas aimer Houellebecq ou le considérer comme une vacuité gonflée de non importance est une chose, le faire avec des mots rares est une autre vacuité qui ne s’adresse plus à grand monde, mais le faire sans orthographe est une injure à tous. Vérifier cher monsieur vos infinitifs qui eussent dû être des participes passé : “Houellebecq n’aura que traîner ”
      “fleure bon le transit intestinal” : chacun ses goûts et dégoûts
      “des relations sexuels ” : le Féminin vous boude ?
      “Le couronnement du cuistre ” : Voilà une affirmation digne d’Achille Talon et qui ne devrait appartenir qu’à lui et à son auteur hélas disparu.
      “de ce hochet lucratif ?” : là aussi je reconnais Achille qui aurait ajouté à hochet le complément “de la vanité”
      “En ce qui concerne le secours à Houellebecq, les preuves ne devraient pas être difficiles à réunir et participer à l’enrichissement de chacun” : Bravo : bel exemple de galimatias littéraire !

      Mon cher, ma propre critique est gratuite car je n’ai jamais lu Houellebecq et n’ai pas l’intention de faire l’effort, surtout s’il est pire que vous !

      • Nanice dit :

        Il ne faut pas corriger des fautes qui sont correctes pour les rendre incorrectes. Par exemple pour sexuels, il parle du tourisme sexuels ainsi que des relations sexuelles. Tourisme etant masculin, sexuels l’est aussi. C’est un peu la honte….

      • BOFF dit :

        Je n’avais jamais lu Houellebecq… en fait je lis bcp mais… ce qui me tombe sous la main puis les yeux… Or, ‘La carte et le territoire’ est arrivé chez moi … sans que je me donne la peine de le chercher ne sachant pas qu’il existait …

        J’avoue que je suis assez séduite par sa manière d’écrire … et plutôt anéantie par ce qu’il pense et éprouve … il est pire que moi mais Z’aussi… mieux que moi car lui n’a pas de euh… intuitions, impressions, perceptions seulement ou même …
        Lui… il a la connaissance et l’intelligence… même si sans doute blasé, il n’en fait pas un usage trop extraordinaire (qui suis-je bordel pour oser dire ça ! rires !). De là à lui reprocher d’avoir recopié des pages de Wikipédia … c’est fou non … ok ok … les gullemets, les cf à…
        sont utiles mais de là à être totalement obligatoires tout le temps : je suis abasourdie …
        C’est si peu important …
        Bref…ce Houellebecq… :

        Il va lui… plus mal que moi.
        C’est dire. En écrivant ça : je rigole de lui, de moi … de nous.

        Même si je le connaissais et côtoyais … Je ne pourrais évidemment rien pour lui … il est… à mon avis… (oui je sais je me dois de dire ‘humble avis’) mort, mort, mort … je ne sais depuis quand … Je pense que je vais tenter de lire le reste de son œuvre… pour comprendre et qui sait … après : le fustiger comme tous ces gens bien qui écrivent dans les journaux et sur Google and C°. Du coup ici… j’apprends que c’est un type affreux … etc. Ok, yen a des comme lui … + hauts que lui, au gouvernement etc, en France et ailleurs … et alors ?… ça change donc “quoi” ??? à son écriture, son/ses romans ?…

        Je lui souhaite sincèrement d’être euh… tué, assassiné… C’est moins cruel car se suicider : faut du courage quoique avec les moyens modernes et puis comme il le dit lui-même : la Suisse !!!… allez, je rigole … j’avais besoin de communiquer … ça se sent non ?

        C’est sûr qu’il écrit différemment de … par ex (rires !) Marc Lévy mais bon… ça peut faire du bien de lire du Marc Lévy… faut pas critiquer !…

        C’est sûr qu’il a un peu tiré toutes les ficelles pour qu’on apprécie ce livre … mais pourquoi lui en faire le reproche si ça fonctionne ?… bon ok … si vous n’aimez pas n’en parlons plus !

        J’adorais (j’aime toujours mais bon …) la SF… de jeunes auteurs interessants ont, pour être lus, été + ou – contraints d’ajouter une dimension thriller à leurs écrits … dois-je pour autant bouder mon plaisir à les découvrir et les lire ? et est-ce notre faute à nous si aussi, par ex, de toutes les nouvelles de Schmitt c’est Odette tout le monde dont on a fait un film ?… Chacun ses goûts…

        OK… encore une fois voici un écrit comme disent nos jeunes “dans le vent”… qui ne sert à rien, n’apporte rien … mais YES ! me fait du bien. Je n’aime pas qu’on enfonce les gens qui tentent de faire quelque chose …

    • eParticule dit :

      Prendre la tonalité des lecteurs de ‘la carte et le territoire’ ! Moi même en cours (presque fini !) de lecture de ce prix Goncourt, je m’interroge… Suis-je passé à côté d’une subtilité masquée ? Des personnages de notoriété qui stoppent l’imaginaire, des chapitres qui tournent en rond, un livre dans un livre, une histoire dans une histoire ? Pas convaincu et déçu, même après la 400ème page…

    • vincent dit :

      @Gowitt
      Si la littérature est pour vous l’art des tournures alambiquées mais creuses, pour ne rien dire au final, alors je ne suis pas surpris que n’aimiez pas Houellebecq qui lui se concentre sur le sens, en utilisant un style épuré d’une fluidité que je trouve remarquable.
      Un exemple facile, votre tournure finale : “Au fait je n’aime pas Houellebecq”. Et vous trouvez ça drôle… pour moi c’est une pirouette stérile, juste du déplacement d’air. Contrairement à Houellebecq chez qui chaque mot à un rôle.

  6. Nico dit :

    Je dois dire que ca roman m’a ennuyé: pas mal de longueurs, une intrigue un peu bancale (en particulier la partie policière), et même un style pas aussi soigné qu’avant. Presque fade. Bref, ce Houellebecq ne m’a pas emballé.

  7. Valentini dit :

    Oeuf de Colomb, boeuf

    (aux chasseurs d’autruches qui trempent leurs propres plumes dans du goudron)

    Je n’ai pas d’opinions sur les hypermarchés,
    s’ils sont le ventre mou de sociétés à chier,
    les panzer-divisions du crédit revolving,
    néo-roman du docteur Pong et mister Ping!
    Arrêtons d’éditer d’aussi tristes aveux,
    une bonne idée est d’y foutre le feu.

  8. Sandrine dit :

    Actuellement ce livre est le pire que j’ai lu jusqu’à présent ! Je suis à la page 166 et encore rien ! rien de rien ! Je pourrais résumer ce que j’ai lu en une ligne et demie… et encore. Dans son livre, Houellebecq s’auto-insère en tant qu’Houellebeck lui-même, s’auto-proclame le meilleur écrivain du monde (dixit dans le livre) insère les titres de ses anciens livres ( mais à quoi sert-il à partt de faire de l’auto-publicité ?), y insère des références de marques de voiture, d’appareils photos !!! est-il payé par la marque ??? bref, c’est un navet, une catastrophe littéraire. Si le prix Goncourt c’est ça, je sais dès à présent à quoi me tenir pour les futurs prix !

    • vincent dit :

      Ok Sandrine, alors je vous conseille Mickey Parade (si ça existe encore…). Vous n’attendrez pas la page 166, dès les premières c’est un feu d’artifice de blagues vous ne serez pas déçue (et d’ailleurs il n’y a pas 166 pages dans les numéros…).

  9. JMArcus dit :

    Bonjour,

    Je debute une oeuvre litteraire qui sera en partie un copier/coller du livre “La carte et le territoire” ecrit par Houellebecq. Je suis etranger avec la licence ce rapportant au livre ” La carte et le territoire”, je n’ai contractualisé avec aucune des deux parties, je suis etranger a toutes conditions de la licence, le livre par ailleur reposant en partie d’oeuvres non originales.
    Merci.

  10. Têtard dit :

    Et qui vous dit que ce site de désinsectisation n’a pas pompé Wikipédia ?

  11. Têtard dit :

    Et qui vous dit que ce site de désinsectisation n’a pas repris la définition de Wikipédia, que cela s’est forcément fait dans l’autre sens ?

  12. gowitt dit :

    A Aronssohn : Parce que vous n’avez lu qu’un livre (Achille Talon), que votre indigence intellectuelle vous tient de talent vous donnez dans la critique de mirliton. Grattez votre guitare à 2 sous et cessez de vous vautrer dans le ridicule.

  13. Ping : World Spinner

  14. Mario dit :

    Sandrine,
    Je crois que tu dois continuer à lire les romans qui finissent par: Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Ils t’éviteront de réfléchir…

  15. gowitt dit :

    Si Houellebecq faisait réfléchir ça se saurait. Une chose est certaine, ce ne sont pas vos posts prévisibles et épais qui nous permettront d’y voir plus clair. Mario, sors de corps de pizzaiolo, nous t’avons démasqué ! Et puis bon, c’est quoi cette manière de tutoyer tout le monde ? Un peu de distance ne nuit pas.
    Cordialement -Gowitt

  16. Ela dit :

    Un beau roman qui laisse à réfléchir sur la vie, la mort et surtout à la création artistique…. Réservé aux âmes sensibles!!!!

  17. gowitt dit :

    @ ela – Lisez donc “si c’est un homme ” de Primo Levi, et vous pourrez faire le même commentaire, de manière judicieuse cette fois.
    Bien cordialement -Gowitt

    Qu’entends-je , ce matin sur France Inter ? Le soir de l’annonce du nouvel ancien gouvernement à moins que ce soit l’ancien nouveau, le Grand Conducator a dîné avec …………. Michel Houellebecq pour lequel ce phare de la pensée qui conchie “la princesse de Clèves” et s’exprime comme un balai à fosse septique a la plus grande admiration. Ils ont parait-il en commun une haine viscérale de l’intelligentsia française.
    On comprend pourquoi à la lecture de Houellebecq.
    Je me demande bien qui visent-ils en mentionnant ” intelligenstia française “? certainement pas Stéphane Hessel ou Jacques Bouveresse ou Marcel Gauchet, dont ils ignorent jusqu’au nom. Ni même Wendelin Werner qui a taillé de manière remarquable les croupières de l’inéffable créateur de cette géniale saillie “casse toi pov’con !”.
    Que le vie est belle quand elle est aussi simple !

  18. Mario dit :

    Gowitt, tes commentaires en disent assez sur ta personne!!! Je n’en rajouterai pas!
    Le pizzaiolo si cela te plait.
    PS: Je pourrais te donner quelques cours d’orthographe si tu veux, e non in italiano, ma in francese…

  19. gowitt dit :

    Oh oui donnez-moi des cours d’orthographe !!! Par ailleurs, je ne vous ai pas autorisé à me tutoyer me semble-t-il ? Je ne me souviens pas vous avoir rencontré, je m’en souviendrai parce que vous m’êtes antipathique. Mais au-delà de cela, vous n’êtes pas pertinent. Quant aux cours d’orthographe, je suis obligé de me mordre la joue pour ne pas éclater de rire. Ne vous donnez pas la peine de répondre, je n’ai pas de temps à perdre d’une manière générale, et avec vous en particulier. Je vous trouve méchant , agressif et comme conséquence immédiate un peu …. allez je vous laisse imaginer. Je comprends bien que vous ne pouvez pas faire autrement, lisez Houellebecq, cela vous va bien.
    bien cordialement -Gowitt

  20. gowitt dit :

    A propos j’ai bien écrit “je m’en souviendrai” et pas “je m’en souviendrais”. La nuance vous échappera certainement, mais ce serait trop long à vous expliquer.
    Et puis surtout oubliez Sandrine qui me paraît assez saine d’esprit, enfin évitez de tutoyer tout le monde, c’est vulgaire, pénible et ça ne plaide pas en faveur de votre trivialité déjà importante.
    (Relisez le Bescherelle, à défaut d’écrire intelligemment, vous écrirez (peut-être) mieux).
    Bon week end -Gowitt

  21. Mario dit :

    Gowitt,
    apparemment tu es ici pour draguer.!
    Non, un type qui associe un pseudo “Mario” à un pizzaiolo est vraiment simpliste! Je comprend que Houellebeck te dépasse!

  22. Mario dit :

    Gowitt,
    En ce qui concerne le tutoiement je répondrais (conditionnel et pas futur) (à la Mitterand):
    Tu as tout à fait raison Gowitt.

  23. gowitt dit :

    Ah mais que ce garçon est stupide et vulgaire. Mario est sot avant tout parce qu’il est prévisible.Mario s’entête à vouloir paraître drôle avec des ficelles gros comme des cables de bateaux. Mario est niais parce qu’il affiche sa

  24. gowitt dit :

    misère affective et sans doute sexuelle sans la moindre vergogne, avec des suppositions aussi stupides qu’improbables. Mario sent les coulures de sa bêtise. C’est ainsi, j’ai déjà du marcher sur Mario du pied gauche, je ne me suis pas aperçu que cela m’avait porté bonheur. Chez Mario on ne pose guère la question de savoir où est le bec, compte tenu de l’odeur et du son de sa prose : pas loin du fondement.
    Bien cordialement à vous M. Mario. Je ne reviendrai plus vous répondre votre odeur est par trop dérangeante.

  25. Mario dit :

    Gowitt, tu écris pour colmater ta vacuité. Tu devrais écrire un roman fleuve et l’offrir à Sandrine: cela l’endormirait et te comblerait en même temps. Je sens en toi la haine envers celui qui déstabilise ta statue faite de papier maché.

  26. gowitt dit :

    La haine ? Non le rire.

  27. Mario dit :

    Et voilà Gowitt, tu ris de ta haîne! Ce qui me réconforte. A force d’être haineux, tu t’es rendu incrédible! Plus personne ne te lis ni ne te crois. “Ziel erreicht” si tu comprends. Je me régale d’autant plus, que de toi, en peu de mots, j’ai fait “PCHIIIT”. (Tu te rappelles Chirac?)
    Je t’aime Gowitt car tu es un humain! Relis le beau receuil “La Venus à la fourrure” de Sacher Masoch. Ce récit universel, tu ne pourras le contester. Bien à toi et à ta Sandrine.

  28. Sankara dit :

    Mario et Gowitt : Bravo les deux coqs de village ! Vos échanges sont minables. On dirait du Houellebecq que je n’ai pas lu et que je n’ai pas envie de lire. Voilà où mène la critique littéraire : à des échanges de basse cour. Gowitt vous avez raison de critiquer la médiocrité, mais évitez à votre tour de prêter le flanc. Que penserait Primo Lévy de votre suffisance ?

  29. vivaplus@orange.fr dit :

    Vous êtes ce qu’il manque aujourd’hui de la liberté d’expression dans le “paysage média”, continuez car la bétise trouvera sa limite si l’offre de la religion ne prend pas le pas , pour exemple les reportages sur le peuple indiens qui valorise le fait que l’acceptation du travail et de la misére sera compensée par une résurrection celà aide les coquelets qui vous critique et qui ne sont en réalités que des animaux (pour le cas) de basses cour

  30. gowitt sent les coulures de sa bêtise.

    C’est ainsi, j’ai déjà du me poser sur gowitt de la patte gauche, je ne me suis pas aperçu que cela m’avait porté bonheur et fait pousser une nouvelle paire d’ailes. Chez gowitt on ne pose guère la question de savoir où est le Houellebecq, compte tenu de l’odeur et du son de sa prose : pas loin du fondement.

    l’inspiration de gowitt fleure bon le transit intestinal

    gowitt s’exprime comme un balai à fosse septique

    gowitt n’aura que traîner dans la merde des âmes boueuses en mal de transgression ; dont la sienne.

    gowitt est un iconoclaste de salon qui n’a de talent que l’odeur de la merde dans laquelle il trempe son pieu

    Bzzz Gowitt !!

  31. gowitt dit :

    Qu’il est doux de se voir plagier par des mouches à merde.
    Les défenseurs de ou est le bec ont des relent nauséabonds comme cette musca domestica qui a un courant d’air inconfortable entre son fondement et l’organe de son expression.
    Bien cordialement -Gowitt

  32. gowitt dit :

    Qu’il est doux de se voir plagier par des mouches à merde.
    Les défenseurs de ou est le bec ont des relents nauséabonds comme cette musca domestica qui a un courant d’air inconfortable entre son fondement et l’organe de son expression.
    Bien cordialement -Gowitt

  33. gowitt dit :

    Qu’il est doux de se voir plagier par des mouches à merde.
    Les défenseurs de ou est le bec ont des relents nauséabonds comme cette musca domestica qui a un courant d’air inconfortable entre son fondement et l’organe de son expression.
    Bien cordialement -Gowitt

  34. Laure Fournier dit :

    Bonjour! Je viens de lire *La carte et le territoire*, et j’ai parcouru le net, curieuse de voir si l’auteur a raison de se sentir détesté… et surtout curieuse de connaître les motifs de ceux qui détestent ou aiment. Or, voilà qui est curieux: ceux qui aiment disent qu’il dénonce très bien l’époque, ceux qui détestent disent qu’il est le digne produit d’une époque de merde. Mon sentiment personnel est qu’il a une vision parfaitement déprimée de l’époque, vision que je ne trouve ni lucide ni typique.
    Dans tous les romans que j’ai lus de lui, à savoir celui-ci et les deux premiers, il décrit le monde à travers un dégoût viscéral du sexe, une incapacité profonde à l’amitié, une misanthropie évidente, et plus particulièrement une misogynie qui, probablement, s’ignore.. On dirait un romantique tendance dix-neuvième, parachuté au vingt-et-unième siècle, qui aurait tenté de goûter les plaisirs permis par notre époque, et qui en aurait été dégoûté, conformément à ses préjugés de départ. Il se présente curieusement comme un produit de la modernité, alors qu’il m’apparaît à moi comme un homme d’un autre âge, la tête farcie de désir d’âme soeur et d’aspiration à la spiritualité –incrédule cependant. Déçu donc. Inadapté. Malheureux de ne pouvoir comprendre ceux qui l’entourent, il se console en se disant que, du moins, il est lucide –mais il ne l’est ni plus ni moins qu’un Umberto Ecco, pour qui ce monde semble au contraire *plein de sens*.
    Tout ça, je pense, ne fait pas de mauvaise littérature. Du moins c’est un témoignage intéressant. de ce que peut ressentir un romantique désabusé. Mais pour l’analyse de l’âme humaine, ou même de l’époque, j’irais voir ailleurs, personnellement.

  35. Camille dit :

    Je viens de finir ce livre, que j’ai beaucoup aimé bien que long à lire,
    et je crois que quelques erreurs se sont glissées dans l’article..
    Je ne l’ai pas lu jusqu’au bout mais, “Damien Hirst et Jeff Koons se partageant le marché de l’art” n’a jamais été fini par Jed, et celui-ci ne se retire pas dans le Limousin mais dans la Creuse.

    Je comprend que certains n’aient pas apprécié ce livre pouvant paraitre ennuyeux et à l’intrigue obscure,
    mais j’ai beaucoup aimé la façon dont Houellebecq décrit la manière de travailler d’un artiste et la façon presque scientifique avec laquelle il détaille chaque action et chaque sentiment de ses personnages.

    Je dois cependant avouer que moi aussi j’ai été surprise qu’il parle de lui même à la troisième personne, s’incluant comme un personnage à part entière, cela dit c’est intéressant de voir comme il se perçoit avec un point de vue extérieur, du moins en apparence.

    • Marianne Bertsch dit :

      Bonjour,
      « Les particules élémentaires », découvertes depuis peu, m’ont enthousiasmée, et je me suis plongée avec délices dans « La carte et le territoire ». Monsieur Houellebecq, vous êtes un écrivain drôle et inventif, à la sensibilité bien mal cachée par un cynisme formidablement réjouissant. Merci.
      Marianne Bertsch

  36. Ping : « Émission spéciale Maurice Nadeau » – Quinzaine des libraires – Lundi 23 mai 2011 « Le blog de la Quinzaine Littéraire

  37. Ping : « La vie pieds nus », ou lire à la plage – La Quinzaine des libraires n°7 – Emission du 17 juin 2011 « Le blog de la Quinzaine Littéraire

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  39. Ping : Filière livre » Archives du Blog » « La Vie pieds nus », ou lire à la plage – Quinzaine des libraires

  40. Max Vincent dit :

    “Houellebecq raconté aux ignorants” est consultable depuis :

    http://www.lherbentrelespaves.fr/houel.html

    Bonne lecture

  41. valentini dit :

    HOUELLEBECQ n’est pas un con

    Houellebecq est un agent de la production capitaliste. À la solde de l’impérialisme, forcément. C’est donc un monsieur sérieux. Pas comme moi. Ce qui ne l’empêche pas d’être un con. Je rigole. C’est du second degré. Je ne suis pas stalinien. Donc, agent du capital dans les rangs prolétariens. Seul un con pouvait écrire cette dernière phrase. C’est le retour du second degré.
    Comment sortir de ça ?

    (lire la suite sur lapetiteguerre.overblog.com)

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