« Émission spéciale Maurice Nadeau » – La Quinzaine des libraires n°6 – Emission du 23 mai 2011

« Émission spéciale Maurice Nadeau »



La Quinzaine littéraire
 en partenariat avec 1001libraires.com présente la 6ème édition de l’émission littéraire “La Quinzaine des libraires”.

À l’occasion du centenaire de Maurice Nadeau, directeur de La Quinzaine littéraire et des Éditions Maurice Nadeau, «la Quinzaine des libraires» vous présente une émission spéciale anniversaire. Hugo Pradelle, accompagné de Maurice Mourier (collaborateur et membre du comité de rédaction de La Quinzaine littéraire), Pierre Pachet (collaborateur et membre du comité de rédaction de La Quinzaine littéraire) et Colette Kerber (libraire les Cahiers de Colette) ont évoqué autour d’auteurs et de livres, certains moins connus, l’éditeur, le critique littéraire, l’écrivain exceptionnel qu’a été et reste Maurice Nadeau.

Au sommaire :

Malclom Lowry (voir les archives de La Quinzaine littéraire, Malcolm Lowry, Au-dessous du Volcan – Journal en public , Malcolm Lowry par lui même – Lettres ) : Lire la suite

Journal en public – Maurice Nadeau – Bruno Schulz

Journal en public (QL n°887 parue le 01-11-2004)

Maurice Nadeau

Jacques Derrida

Bruno Schulz, Oeuvres,  trad. du Polonais Denoël

Bruno Schulz, Le livre idolâtre, trad. du Polonais Denoël

Annie Le Brun, Ombre pour ombre, Gallimard

Catherine Robbe-Grillet, Jeune mariée, Fayard

Une quinzaine chargée. La quinzaine des jours que nous venons de vivre, bien sûr, pas La Quinzaine que vous tenez en mains. Quoique… La mort de Jacques Derrida. La nouvelle alors que notre numéro était bouclé. Derrida ne faisait pas mystère de sa maladie, on le sait, il l’évoquait (à sa manière) dans le numéro d’été de La Quinzaine. Pourtant, le choc. Il faut faire vite. Lucette Finas et Catherine Malabou nous tirent d’affaire. Les quotidiens avaient tout de suite alimenté les rotatives, leurs ” nécros ” toute prêtes. L’étonnement tout de même de voir le portrait de Derrida pleine page couleur en couverture de Libération et, plus surprenant celle de L’Humanité ! Dans Le Monde du même jour un supplément de huit pages ! Chez nous, depuis Sartre, la philosophie est vraiment descendue dans la rue. Qui s’en plaindrait ? De rares fausses notes dans le concert. Derrida ” un grand produit d’exportation ” Le Figaro. Nous n’avons pas perdu nos repères. Lire la suite

Bruno Schulz au complet : l’artiste et l’écrivain

Bruno Schulz au complet : l’artiste et l’écrivain (QL n°887 parue le 01-11-2004)

Norbert Czarny

En août 1938, Bruno Schulz est venu à Paris. Il comptait rencontrer des galeristes, et leur proposer ses dessins. Mais la ville était déserte. La légende raconte qu’arpentant la capitale écrasée sous le soleil, ‘il n’aurait visité qu’un seul musée : le musée Grévin. Cette histoire lui ressemble.

Bruno Schulz

Oeuvres complètes trad. du Polonais Denoël

Bruno Schulz

Le livre idolâtre trad. du Polonais Denoël

Bruno Schulz

La république des rêves trad. du Polonais Denoël

Bruno Schulz

La république des rêves trad. du Polonais Musée d’Art et d’histoire du judaïsme

Il est cependant vraisemblable que Schulz ait visité d’autres musées. C’était son unique voyage hors de Pologne en tant qu’adulte. Etudiant, il avait vécu quelques temps à Vienne, y avait appris l’architecture.

Aujourd’hui, on lui rend hommage dans cette capitale française dont il avait dû beaucoup attendre. Le musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme propose une rétrospective de son œuvre graphique et picturale, tandis que les éditions Denoël rééditent dans deux recueils tout ce qu’il a écrit ou dessiné. Cette “saison polonaise” offre à l’artiste et à l’écrivain la place qu’il mérite. Lire la suite

Lire Arno Schmidt, par Pierre Pachet

Lire Arno Schmidt (QL n°897 parue le 01-04-2005)

Pierre Pachet

Ne racontons pas d’histoires : ce n’est pas facile de lire Arno Schmidt. Claude Riehl fait suivre sa brillante traduction de ce roman paru en 1960 (l’auteur est mort en 1979) d’une dizaine de pages de notes explicatives portant sur des personnages cités, des expressions en russe transcrit, des citations latines, des livres obscurs ; il aurait pu y avoir aussi bien dix fois dix pages de ces notes, en admettant qu’on ait su retrouver l’origine de toutes ces allusions.

Arno Schmidt

On a marché sur la lande. pp 1960 trad. de l’Allemand par Claude Riehl Tristram

Arno Schmidt

Roses et poireau trad. de l’Allemand par Claude Riehl Maurice Nadeau

De plus, une grande partie du texte, rapportant les propos de tante Heete (Hertha, la femme du narrateur Karl, parle elle un allemand à inflexions silésiennes), est écrite en dialecte bas-saxon, que l’audacieux et inventif traducteur français a transposé, à l’aide du Dictionnaire français-picard de René Huvelle, en patois picard, ce qui donne des choses comme ceci (je cite le plus simple) : “Woui ; anl’veuz=lès : qu’on les métiche vite in pô à côteu dou poêle” (il s’agit des souliers ; et Riehl a choisi de conserver en français l’habitude allemande d’utiliser des = à la place des traits d’union). Cependant le fait est là : ça marche. On lit, on suit. Pas tout. Mais l’essentiel. C’est comme si, après quelques pages, on se retrouvait à son grand étonnement capable de lire le Schmidt et le Riehl, ces langues qu’on n’a jamais apprises. Lire la suite

Arno Schmidt, l’art du récit

Arno Schmidt. L’art du récit (QL n°793 parue le 01-10-2000)

Pierre Pachet

Toujours le même plaisir, en lisant des textes d’Arno Schmidt ; une sorte de plaisir égoïste, voire solitaire ; le plaisir d’être tombé sur des merveilles qu’on aurait pu manquer ; lumineuses, sarcastiques, précises. Le plaisir de retrouver, derrière certains de ses personnages (par exemple ici le géomètre-chef Stürenburg), l’écrivain Schmidt lui-même, irascible et inventif ; maître d ‘un art de raconter et de décrire qu’il semble s’être enseigné à lui-même après l’avoir inventé. Oui, avec Schmidt on retrouve le plaisir de la solitude, et son énigme.

Arno Schmidt

Histoires (Trommler beim Zarren) trad. de l’Allemand par Claude Rhiel Tristram

Arno Schmidt

Vaches en demi-deuil (Kühe im Halbtrauer) trad. de l’Allemand par Claude Rhiel Tristram

Mais il faut partager ce plaisir, faire connaître cet écrivain méconnu en France malgré les efforts de plusieurs enthousiastes, comme Maurice Nadeau son premier éditeur, son premier traducteur Jean-Claude Hémery, et à présent Claude Riehl ; il faut essayer de donner à d’autres l’envie d’ouvrir ces livres et de leur donner son attention. Je m’exécute volontiers. Lire la suite

Varlam Chalamov, De l’encre et des larmes

De l’encre et des larmes (QL n°586 parue le 01-10-1991)

Claude Mouchard

“Février ; De l’encre et des larmes” : tel est le premier vers d’un poème précoce de Pasternak que Chalamov cite à plusieurs reprises. De larmes, Chalamov ne fut jamais privé au long de ses interminables détentions – de larmes littéralement gelées : “Je brisais mes larmes avec la main”, écrit-il. Mais l’encre, elle, lui fit souvent défaut, et c’est par un noir miracle que ses écrits sont venus au jour et qu’ils nous ont été, peu à peu, donnés à lire.

Varlam Chalamov

Correspondance avec Boris Pasternak et Souvenirs trad. du Russe par Sophie Benech et Lily Denis Gallimard

Varlam Chalamov

Cahiers de la Kolyma trad. du Russe par Christian Mouze Maurice Nadeau

Chalamov a trouvé en France, depuis de longues années, des lecteurs passionnés. Ses écrits commencèrent à être traduits ici alors même qu’ils ne se trouvaient en URSS que sous le manteau. “Refusés par toutes les maisons d’édition soviétiques – écrivait Nicole Zand dans la brève nécrologie qu’elle publia dans Le Monde peu après la mort de l’écrivain – diffusés clandestinement par samizdat, les Récits de Kolyma avaient paru sous une forme abrégée en 1969 chez Denoël, grâce à Maurice Nadeau, puis chez Gallimard.” Lire la suite

Varlam Chalamov, Récits de Kolyma

Kolyma, en Sibérie (QL n°73 parue le 16-05-1969)

Jean Gaugeard

Toujours les camps. Notre civilisation ne s’arrête plus de brasser et de renouveler cette lie de la terre. A peine en a-t’on fini avec ceux d’un pays et d’un régime qu’il faut apprendre à connaître ceux qui ont fleuri un peu plus loin. Et l’on sait que cela ne va pas tarir dans un avenir prévisible, qu’il faudra demain savoir ce que furent – optimisme de ce mode verbal – les camps de Rhodésie ou d’Afrique du Sud, par exemple. Varlam Chalamov, né en 1907, fut déporté une première fois en 1929, puis à nouveau en 1937. Il a passé, en tout, vingt ans de sa vie à Kolyma, le plus rude des camps soviétiques, situé à l’extrémité orientale de la Sibérie. A son retour à Moscou, il publia ses Vers du Nord et différentes plaquettes qui suscitèrent l’admiration. Ses Récits de Kolyma demeurent toujours inédits dans son pays d’origine.

Varlam Chalamov

Récits de Kolyma trad. du Russe par Katia Kerel et Olivier Simon Denoël (Les Lettres Nouvelles)

Que l’univers concentrationnaire soit dépersonnalisant, on ne le sait que trop. Mais il est sans doute admirable de constater que cette catastrophe individuelle de la déportation peut, dans une certaine mesure, se trouver compensée par l’apparition d’un sens nouveau de l’aventure et des nécessités collectives. David Rousset, Eugen Kogon et, à un degré moindre il est vrai, Robert Antelme – dont le titre l’Espèce humaine est cependant significatif – Lire la suite

Malcolm Lowry par lui-même, par Serge Fauchereau

Malcolm Lowry par lui-même (QL n°55 parue le 01-08-1968)

Serge Fauchereau

Malcolm Lowry

Choix de lettres trad. de l’Anglais par Suzanne Kim Denoël (Les Lettres Nouvelles)

” J’ai vécu quelque dix-neuf années et toutes plutôt mal que bien… ” Sur cette phrase s’ouvre une correspondance échelonnée sur presque trente ans ; c’est aussi l’une des premières phrases que nous possédions de Malcolm Lowry. Même si l’on fait la part de l’exagération, d’autant que le jeune Lowry s’adresse pour la première fois à un correspondant déjà célèbre, Conrad Aiken, cette déclaration n’est pas loin de la vérité.

Malcolm Lowry, né en 1909 dans la famille rigoureusement méthodiste d’un riche courtier de Liverpool, et benjamin de quatre fils, eut longtemps le sentiment d’être le canard dans la couvée de cygnes : après avoir été aveugle pendant quatre ans, l’enfant, envoyé dans d’excellentes écoles, ne se montra jamais, pas plus qu’ensuite à l’université, un élève brillant. Ecrasé par ce milieu, le jeune Malcolm rêvait d’aventures et de navigation ; il se nourrissait des romans de Melville, Dana, Conrad, Traven, Nordhal Grieg et Conrad Aiken.

Engagé comme steward sur un bateau, il se rendit jusqu’en Chine pour s’apercevoir que la vie sur un bateau était considérablement moins exaltante que dans les livres. N’importe : il y avait la mer. C’est peu après cette expérience qu’il écrit à Aiken pour l’assurer de son admiration et de son ” affection filiale ” qui ne se démentira jamais ; vingt ans plus tard il déclare encore : Lire la suite

“Au-dessous du volcan”, Malcolm Lowry – Maurice Nadeau – Journal en public

Maurice Nadeau – Journal en public (article paru dans la QL 996 du 16 juillet 1999)

Assemblée générale de la SARL La Quinzaine littéraire, « Les Lettres Nouvelles/Maurice Nadeau ».

La Quinzaine, déficitaire. Il fallait s’y attendre. Hausse du loyer, hausse des tarifs postaux pour l’étranger, nouvelles réglemen- tations des NMPP fatales aux périodiques de notre genre.

Les Lettres Nouvelles équilibrent. Elles peuvent vivre toutes seules. Il est décidé de les « désencastrer » de la SARL.

La situation de La Quinzaine est aggravée par le licenciement d’un employé, soutenu par l’inspectrice du travail. Comment fonctionne une société qui n’a pas pour but de gagner de l’argent ? « Vos rédacteurs sont bénévoles ?… » (long point d’interrogation étonnée). Une bonne nouvelle toutefois : le Centre national du Livre augmente sa subvention annuelle.

Mardi. Invité au vernissage de Ferdinando Scianna à la Maison Européenne de la Photographie. J’ai préfacé il y deux ans pour Delpire un petit recueil de ses photos. J’ai connu Scianna dans les années 60 à Paris. Il était correspondant de L’Europeo et accom- pagnait Leonardo Sciascia dont je publiais les romans. Sciascia, qui connaissait dans le détail Voltaire ou Stendhal, refusait de me parler en français par crainte d’« écorcher votre belle langue », Scianna était son interprète. Lire la suite

Le chemin de la vie, Arte diffuse le documentaire de Ruth Zylberman sur Maurice Nadeau

Arte Célèbre le centenaire de Maurice Nadeau :

Maurice Nadeau : Voir la vidéo sur le site d’Arte

Critique littéraire et éditeur depuis 1945, il a fait découvrir en France David Rousset, Malcolm Lowry, Varlam Chalamov, Witold Gombrowicz, Leonardo Sciascia, Walter Benjamin, Georges Perec… Il a fondé la revue Les Lettres Nouvelles à laquelle a succédé La Quinzaine Littéraire qu’il anime toujours. Rencontre avec un homme qui aime les livres et ceux qui les écrivent, et qui a toujours défendu la création littéraire avec ferveur.

(France, 2011, 54mn)
ARTE F

Maurice Nadeau Le chemin de la vie, un documentaire de Ruth Zylberman. ( Coproduction : Zadig Productions – Arte France 2011 – 54 mn)

Date de première diffusion:Sam., 28. mai 2011, 16h53

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