La Quinzaine littéraire n°1051 du 15 au 31 décembre 2011

EN PREMIER

Subtils décalages au montage,  un article de ISABELLE ROUSSEL-GILLET

Le Clézio invité du Louvre - 5 novembre 2011 – 6 février 2012

Fantaisies de J.M.G. Le Clézio,  unarticle de AGNÈS VAQUIN

J.M.G. LE CLÉZIO, HISTOIRE DU PIED ET AUTRES FANTAISIES,Gallimard, 350 p., 22 €

Les musées sont des mondes, Gallimard / Musée du Louvre éd., 156 p., 35 €

Sous le titre Histoire du pied et autres fantaisies, J.M.G. Le Clézio nous propose dix textes. Neuf d’entre eux sont des nouvelles. Quant au dixième, À peu près apologue, il jouit d’un statut particulier : l’écrivain s’y implique directement et tente de décrire les cheminements de sa créativité.

ROMANS, RÉCITS

La vidéo est un roman, un article de ALBERT BENSOUSSAN

JUAN FRANCISCO FERRÉ PROVIDENCE, trad. de l’espagnol par François Monti Préface de Julián Ríos (trad. par Geneviève Duchêne) Passage du NordOuest, 632 p., 25 €

Cet énorme roman de l’écrivain espagnol Juan Francisco Ferré, au titre éloquent, est placé sous l’invocation de Lovecraft, le célèbre auteur américain, natif de Providence (Rhode Island), maître du fantastique, révélé chez nous par la collection « Présence du futur » chez Denoël, et âme inspirée de la célèbre revue Planète, ainsi que, plus récemment, par Houellebecq qui lui a consacré une étude digne de ses Particules élémentaires, H. P. Lovecraft : contre le monde, contre la vie. Le livre de Ferré s’ouvre sur une photo de Lovecraft marquée de la phrase « I am Providence », qui orne sa stèle funéraire. Et enfin, l’univers de l’auteur des Montagnes hallucinées se retrouve à chaque détour de chapitre, avec la référence très précise à L’Appel de Cthulhu, l’une de ses plus célèbres nouvelles, à l’origine tout récemment d’un jeu vidéo Call of Cthulhu : Dark Corners of the Earth.

J’ai perdu mon Eurydice… , un article de LILIANE KERJAN

MADISON SMARTT BELL, LA COULEUR DE LA NUIT, The Color of Night, trad. de l’anglais (ÉtatsUnis) par Pierre Girard Actes Sud, 238 p., 22 €

 Comment écrire encore la violence et les soubresauts convulsifs de l’Amérique ? Madison Smartt Bell revient aux Géorgiques et à Virgile. Avec cette génération éclatée, qui a tout vécu, des bacchanales sanglantes et camées des années soixante sur la côte Ouest à l’explosion déchiquetée des tours sur la côte Est, c’est la visite aux Enfers, le retour d’Orphée et d’Eurydice, les serpents, les Ménades, l’amour, les ombres et la mort. Une très belle prose pour un roman de la cruauté.

Êtres sous surveillance, un article de WILLIAM IRIGOYEN

KATHARINA HACKER, LES FRAISES DE LA MÈRE D’ANTON, trad. de l’allemand par MarieClaude Auger Christian Bourgois, 165 p., 15 €

 Remarquée l’année dernière lors de la sortie de Démunis, son premier livre traduit en français, l’Allemande Katharina Hacker revient avec une histoire dans laquelle chaque personnage cherche à s’affranchir de sa dépendance à l’autre. Ce roman anxiogène montre combien la quête de soi peut être lente et douloureuse dans une société qui, paradoxalement, fait de la liberté individuelle un idéal.

Les contes crus, un article de HUGO PRADELLE

L’Esprit de la forêt Contes estoniens et seto, trad. de l’estonien par Eva Toulouze sélectionnés et commentés par Risto Järv José Corti, coll. « Merveilleux », 258 p., 21 €

Un recueil fort étonnant de contes populaires estoniens centrés autour de la forêt qui définissent l’identité même d’un peuple et d’un territoire minuscule. Sur les franges de la littérature se donne à voir la beauté d’une

Plume au vent, un article de LILIANE KERJAN

DINAW MENGESTU, CE QU’ON PEUT LIRE DANS L’AIR, How to Read the Air, trad. de l’anglais (ÉtatsUnis) par Michèle AlbaretMaatsch Albin Michel, 369 p., 22 €

La capacité d’émerveillement tranquille de Dinaw Mengestu, sa veine poétique finement teintée de mélancolie, déjà présente dans Les Belles Choses que porte le ciel, prix du meilleur premier roman étranger en 2007, se retrouvent ici avec une grâce vagabonde. Une nouvelle voix magnifique de la littérature américaine pour évoquer l’exil intérieur, l’évanescence des liens et capter dans l’air des souvenirs imaginaires.

Jérusalem sous le drapeau palestinien, un article de ORLY TOREN

LEON DE WINTER LE DROIT AU RETOUR, trad. du néerlandais Daniel Cunin Seuil, 432 p., 25 €

On est en 2024. L’État d’Israël ne comporte plus que TelAviv et ses banlieues avec, petit bonus, le réacteur atomique de Dimona. C’est dans cette métropole méditerranéenne déchue qui pourrit sur pied que les derniers Mohicans du sionisme se retranchent derrière une épaisse muraille, haute de vingt mètres, qui protège une majorité de vieillards, une poignée de jeunes trop pauvres pour émigrer et quelques idéalistes obstinés. Quant à Jérusalem, réunie sous le drapeau palestinien, elle est désormais la capitale d’un État palestinien indépendant et islamiste qui occupe la quasitotalité du territoire. Finis donc l’occupation triomphante, les colonies d’implantation et le rêve du « grand Israël ».

diabolus in musica, un article de  NICOLE CASANOVA

CONNIE PALMEN LUCIFER, trad. du néerlandais par David Goldberg Actes Sud, 390 p., 23 €

La narratrice se rappelle une ligne qui figurait en tête d’un fairepart de décès, vingtquatre ans plus tôt : « notre ange est tombé ». Et le jour où lui revient ce souvenir, elle rejoint à la terrasse d’un café d’Amsterdam un groupe d’amis qui, justement, parlent de ce décès qui fut peutêtre un meurtre.

ESSAIS LITTÉRAIRES

L’énigmatique puissance métaphysique de Billy Budd, un article de CLAUDE GRIMAL

OLIVIER REY, LE TESTAMENT DE MELVILLE Penser le bien et le mal avec Billy Budd, Gallimard, coll. « Bibliothèque des idées », 244 p., 24,50 €

Lorsque le beau marin innocent, Billy Budd, apparaît sur le pont du Bellipotent, navire de guerre qui figure le monde humain, se pose la question de savoir comment l’équipage va accueillir ce phénomène de splendeur et de morale. Certains, comme le Capitaine Vere, se réjouissent et admirent une merveille de la création ; d’autres, comme Claggart, le capitaine d’armes, s’insurgent contre lui, ulcérés que ses lumineuses qualités leur aient été, à eux, déniées. La fable va se poursuivre tragiquement puisque Claggart parvient à détruire le jeune marin, au prix de sa propre mort.

POÉSIE

George Oppen : admirable et discret, un article de CLAUDE GRIMAL

GEORGE OPPEN, POÉSIE COMPLÈTE, trad. de l’anglais (États-Unis) par Yves di Manno, José Corti, coll. «Série américaine», 352 p., 23 €

Vers 1929 George Oppen (1908-1984) rencontre Louis Zukovsky et Charles Reznikoff à New York ; ils vont former le noyau d’un groupe de poètes dont les parrains sont Ezra Pound et William Carlos Williams. Après ses premiers textes publiés dans le fameux numéro « objectiviste » de Poetryde 1932, Oppen fait paraître en 1934, Série discrète. Il resta ensuite silencieux pendant vingt-cinq ans, avant de composer six autres recueils, dont D’être en multitude, qui reçut le prix Pulitzer de poésie en 1968. Poète admirable et discret, il est donc en cinquante ans l’auteur de seulement quelque 300 pages, plaçant la retenue au cœur de son travail poétique comme de son existence.

Gérard Noiret : autoportrait au soleil couchant, un article de GEORGES GUILLAIN

GÉRARD NOIRET, AUTOPORTRAIT AU SOLEIL COUCHANT, Obsidiane, 126 p., 14 €

Depuis une bonne vingtaine d’années, Gérard Noiret nourrit le projet de ce qu’il appelle « une grande forme » qui se constituerait d’une suite de 12 + 1 livres, chacun d’eux devant s’emparer d’un genre tout en pouvant se lire séparément. Cet ensemble dont une grande partie, on le sait, a déjà paru, comporte un grand roman en cours d’écriture dont l’anthologie poétique qu’est Autoportrait au soleil couchant constitue en fait une sorte d’expansion.

LIVRES D’ART

Raphaël, un article de GEORGES RAILLARD

CLAUDIO STRINATI, RAPHAËL, trad. de l’italien par Yseult Pelloso Préface d’Alessandro Vezzosi Imprimerie nationale/Actes Sud, 370 p., 320 ill., 120 €

Raphaël est-il « parmi les plus grands dans l’histoire de l’art universel » ? La monographie de Claudio Strinati n’hésite pas sur la réponse.

Bruegel, un article de GEORGES RAILLARD

LARRY SILVER, BRUEGEL, trad. de l’américain par Jean-Charles Pharamond et Francois Paul Citadelles et Mazenod, coll. « Phares », 463 p., 184 €

Ce Bruegel est une somme. Les monographies d’artistes dont l’œuvre est multiple, ouverte à différents points de vue, hésitent parfois entre l’histoire, les influences, voire les attributions. L’ouvrage de Larry Silver où se prêtent un mutuel appui le texte et les reproductions – pleine page de l’œuvre et détails – offrent une anthologie précieuse de l’œuvre de Bruegel.

Rodin au présent un article de GEORGES RAILLARD  

L’Invention de l’œuvre, Rodin et les ambassadeurs, Un ouvrage collectif sous la direction de Dominique Viéville Actes Sud/Musée Rodin, coll. « Arts plastiques », 208 p., nb. ill., 39 €

Il y a vingt ans les éditions Macula publiaient en français Le Retour de Rodin de Leo Steinberg. Le célèbre historien américain de l’art nous invitait à un regard neuf sur un artiste qui avait passé pour le plus grand sculpteur depuis Michel-Ange. Ce qui « semblait ne plus avoir de pertinence au moment où l’art moderne s’élaborait ». Alors qu’au contraire « à présent, 45 ans après sa mort, c’est cette pertinence même qui nous stupéfie lorsque nous réexaminons son œuvre ». Ce qui est montré par une exposition au musée Rodin et le catalogue qui l’accompagne, L’Invention de l’œuvre, Rodin et les ambassadeurs. Dominique Viéville fait l’histoire de la redécouverte de Rodin : au Louvre en 1962, des expositions aux États-Unis, l’une à Francfort en 2005 confrontant Rodin et Beuys.

Rauschenberg photographe, un article de GEORGES RAILLARD

ROBERT RAUSCHENBERG, PHOTOGRAPHIES 1949-1962, texte de Nicholas Cullinan, trad. de l’anglais par Hugues Lebailly Gallimard, 232 p., 147 ill., 55 €

Du célèbre artiste américain (1923-2008) par qui l’art moderne est passé, à la biennale de Venise en 1964, de Paris à New York, l’œuvre de photographe est beaucoup moins connue que ses célèbres Combines.

Les raffinements et l’élégance des guerriers, un article de GILBERT LASCAULT

Armure du guerrier, Armures de samuraïs de la Collection Ann et Gabriel BarbierMueller, Catalogue officiel de l’exposition du Musée Éd. Musée du quai Branly/The Ann and Gabriel BarbierMueller Museum (Dallas), 360 p., nb. ill. coul., 48 €

Le livrecatalogue de l’exposition actuelle du musée du quai Branly propose de nombreux textes précis de spécialistes. Ils commentent avec rigueur les armures complètes des samouraïs, leurs armes, les caparaçons des chevaux.

Certains portraits sont insaisissables, un article de GILBERT LASCAULT

CAMILLE VIÉVILLE, BALTHUS ET LE PORTRAIT, Préface de Jean Clair Flammarion, 224 p., 142 ill. coul., 59 €

Historienne de l’art, Camille Viéville commente, de très près, les portraits de Balthus (19082001). Elle lit les lettres de Balthus, celles, en particulier, qu’il envoie à Antoinette de Watteville, sa future épouse. Balthus s’affirme avec une certaine arrogance ; il éprouve la passion de la peinture. Avec exigence, avec une inquiétude contrôlée, il peint sans cesse.

Les rides de l’écriture, les stries, un article de GILBERT LASCAULT

LUCIEN X. POLASTRON, CALLIGRAPHIE CHINOISE L’art de l’écriture au pinceau, Imprimerie nationale, 300 p., nb. ill. coul., 75 €

Dans l’écriture des Chinois, les calligraphies très diverses révèlent les styles variés des créateurs, leurs joies et leurs douleurs, leur modération ou leurs ivresses, le contrôle, parfois le dérèglement, la gêne, l’obéissance ou l’exubérance (1).

IDÉES

Cioran « empléiadé », un article de STÉPHANE BARSACQ

CIORAN, ŒUVRES, Édition établie par Nicolas Cavaillès et Aurélien Demars Gallimard, coll. : « Bibliothèque de la Pléiade », 1 728 p., 56 € jusqu’au 31 mars 2012

À l’occasion du centenaire de sa naissance, Cioran fait une entrée remarquée dans la « Bibliothèque de la Pléiade ». L’occasion de revenir à l’essentiel : l’écriture d’un des plus grands prosateurs de la langue française, qui pratiquait un idiome qu’il jugeait mort.

Folie de l’intelligence, un article de TIPHAINE SAMOYAULT

CLAUDE COSTE, BÊTISE DE BARTHES, Hourvari éd., 262 p., 23 €

ROLAND BARTHES, SARRASINE DE BALZAC Séminaire à l’École des hautes études (1967-1969), Édition établie par Claude Coste et Andy Stafford Préface d’Éric Marty Seuil, coll. « Traces écrites », 598 p., 29 €

Dans un livre érudit et spirituel, Claude Coste s’intéresse à la fois à la bêtise selon Barthes, celle contre laquelle toute intelligence s’oppose, et à l’éventuelle bêtise de Barthes, assumée par lui ou présente malgré lui dans son œuvre.

Que la lumière soit, un article de MICHEL PLON

JEAN-CLAUDE MILNER, CLARTÉS DE TOUT De Lacan à Marx, d’Aristote à Mao, Verdier, 192 p., 15 €

De tout temps, depuis sa rencontre par l’intermédiaire de Louis Althusser et par les premières présentations que son contemporain JacquesAlain Miller fit de sa démarche, JeanClaude Milner a accompagné et s’est imprégné des développements et des refontes que Jacques Lacan a apportés à la psychanalyse. On le sait, sans cet immense travail, la découverte freudienne serait devenue cette marchandise adaptée aux conceptions pragmatistes dominantes outreAtlantique mais aussi, plan Marshall et guerre froide aidant, en Europe.

HISTOIRE

Deux Russies, un article de JEAN-JACQUES MARIE

RICHARD HOUGH LA MUTINERIE DU CUIRASSÉ POTEMKINE, trad. de l’anglais par Hugo Mathieu Tallandier, coll. « Texto », 244 p., 8 €

ANDREÏ SOLDATOV et IRINA BOROGAN LES HÉRITIERS DU KGB Enquête sur les nouveaux boyards, trad. du russe par Natalia Rutkevitch Préface de Galia Ackerman François Bourin éd., 380 p., 21 €

Tout semble séparer ces deux ouvrages : l’un relate la révolte des marins du cuirassé Potemkine en juin 1905, l’autre décrit la façon dont la Sécurité d’État russe, le FSB, né en 1995 sur les ruines de l’ancien KGB, tente d’enserrer la société russe dans ses filets au service des dirigeants de l’État. Entre les révoltés du Potemkine et les superflics du FSB, un seul point commun : ils nous parlent d’une société rongée de l’intérieur et dont l’ordre policier est fragile.

LA QUINZAINE LITTÉRAIRE

JOURNAL EN PUBLIC, un article de MAURICE NADEAU

Roberto Calasso, La Folie Baudelaire, essai traduit de l’italien par JeanPaul Manganaro, Gallimard, 490 p., 28,50 €.

CINÉMA

Majesté du muet, un article de LUCIEN LOGETTE

KEVIN BROWNLOW, LA PARADE EST PASSÉE…, Institut Lumière/Actes Sud, 1 006 p., 32 €

JACQUES RICHARD, DICTIONNAIRE DES ACTEURS DU CINÉMA MUET EN France, Éd. de Fallois, 920 p., 30 €

Le film de Michel Hazavanicius, The Artist, a rassemblé en moins de deux mois un peu plus d’un million et demi de spectateurs. C’est à la fois peu, comparé aux dix millions de fanatiques d’Intouchables en moitié moins de temps, mais énorme si l’on considère le pari initial : faire accepter à un public désormais habitué au relief 3D et aux effets visuels époustouflants un film muet en noir & blanc, sur un sujet surtout familier aux amateurs de Singin’ in the Rain, nombreux, certes, mais avec lesquels on ne remplirait pas le Stade de France. Pari réussi – et le film semble bien parti pour les sélections aux Oscars. Combien parmi ces spectateurs avaient déjà vu un muet, autre que les courts métrages comiques accessibles, Chaplin, Keaton ou Laurel & Hardy ? Peu, sans doute. Que le succès de The Artist permette au plus grand nombre de découvrir que le cinéma a une histoire et qu’elle n’est pas affaire que de spécialistes est une des bonnes nouvelles de cette fin d’année.

THÉÂTRE

Fidélités d’Automne, un article de MONIQUE LE ROUX

Bullet Park, D’après John Cheever par le collectif Les Possédés Théâtre de la Bastille Jusqu’au 22 décembre

La Loi du marcheur, D’après Serge Daney Mise en scène d’Éric Didry Théâtre du RondPoint Jusqu’au 31 décembre

Bullet Park d’après le roman de John Cheever, création du collectif Les Possédés dirigée par Rodolphe Dana au Théâtre de la Bastille, La Loi du marcheur d’après Serge Daney avec Nicolas Bouchaud, mis en scène par Éric Didry au RondPoint : les spectateurs frustrés par les programmations souvent brèves du Festival d’Automne peuvent encore profiter de la manifestation jusqu’à sa clôture.

MUSIQUE

Fleurs de musique, un article de THIERRY LAISNEY

VINCENT VIVÈS, LA MUSIQUE Anthologie littéraire et philosophique, Buchet/Chastel, 359 p., 25 €

Une anthologie, étymologiquement, c’est un recueil de fleurs. Chronologique, précédée d’une introduction et constituée de cinq parties, celle que nous propose Vincent Vivès opte expressément pour la « dissémination » : elle se donne pour but de faire « découvrir la place que la musique a tenue et tient dans l’univers intellectuel de la civilisation occidentale, et présenter le plus large éventail des discours qui ont tenté de circonscrire, définir, comprendre la musique ».

ÉDITIONS ÉTRANGÈRES

Manuel de survie en situation extrême, un article de SONIA COMBE

TIVADAR SOROS MASQUERADE. DANCING AROUND THE DEATH IN NAZIOCCUPIED HUNGARY, trad. de l’espéranto en anglais par Humphrey Tonkin New York, Arcade Publishing, 2000, 209 p.

C’est dans la langue inventée à la fin du XIXe siècle par Zamenhof que Tivadar Soros décide, au début des années 1960, de livrer son témoignage sur le sauvetage de sa famille, d’amis et d’inconnus aux abois dans la Hongrie envahie par les nazis. Publié pour la première fois en 1965, à l’occasion du congrès d’espéranto de Tokyo, ce récit a été traduit en anglais, allemand, russe, turc et hongrois, mais pas encore en français. Davantage qu’un récit sur la persécution des Juifs, il s’agit d’un véritable manuel de survie en situation extrême – de même qu’un regard d’une lucidité surprenante sur le comportement social dans un pays occupé.

5 Réponses à La Quinzaine littéraire n°1051 du 15 au 31 décembre 2011

  1. Ping : La Quinzaine littéraire n°1051 du 15 au 31 décembre 2011 | Poezibao | Scoop.it

  2. Ping : La Quinzaine littéraire n°1051 du 15 au 31 décembre 2011 | Lettres européennes-Europäische Literatur-Europese Literatuur | Scoop.it

  3. Ping : La Quinzaine littéraire n°1051 du 15 au 31 décembre 2011 | Revues | Scoop.it

  4. Ping : La Quinzaine littéraire n°1051 du 15 au 31 décembre 2011 | Les blogs littéraires | Scoop.it

  5. Henri Masson dit :

    L’excellent article de Sonia Combe m’a agréablement surpris. Elle a d’autant plus de mérite que beaucoup d’œuvres de la littérature en espéranto ont été publiées dans d’autres langues, mais rarement en français. C’est encore le cas pour cet ouvrage autobiographique publié, comme elle l’indique, “en anglais, allemand, russe, turc et hongrois, mais pas encore en français.” J’ai appris entre-temps qu’une traduction en italien est parue et qu’une autre est en préparation en chinois. Il peut être utile de signaler que l’ouvrage original a été publié en espéranto en 1965 chez Stafeto à La Laguna de Tenerife (éditions de Juan Régulo Pérez). Les traductions n’ont commencé à paraître que tardivement : en 2000 comme le mentionne l’auteure.

    J’ai écrit un article bilingue espéranto-français en relation avec ce sujet et un autre en français sur une affaire concernant un article intitulé “Errances linguistiques” de l’écrivaine chinoise Ling Xi — qui n’est pas inconnue à La Quinzaine —, à propos de sa présentation fort curieuse de l’espéranto :

    (EO) — Esperanto-literaturo : “Maskerado” — “La Quinzaine Littéraire” — Literatura Mondo legebla en Interreto — Jules Verne kaj Esperanto
    http://www.ipernity.com/blog/32119/367562

    (FR) — “Maskerado” (Mascarade) — A propos de l’édition en anglais de “Maskerado” dans “La Quinzaine Littéraire” — Literatura Mondo peut être lu en ligne — Jules Verne et l’espéranto
    http://www.ipernity.com/blog/32119/367568
    (FR) — “Errances linguistiques“
    http://www.ipernity.com/blog/32119/367258

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 52 followers