D’une Quinzaine à l’autre – du 1er au 15 mars 2012

D’UNE QUINZAINE À L’AUTRE

LITTÉRATURE

Du 8 mars au 11 juin, le musée du Louvre propose une exposition imaginée par l’auteur Jean-Philippe Toussaint qui, au travers de photographies, vidéos, installations et performances, choisit d’« évoquer le livre sans passer par l’écrit ». Livre/Louvre met en rapport l’éternité de l’écrit et l’éphémère de la lecture, engage une réflexion sur la lecture et propose un portrait d’écrivains contemporains. Musée du Louvre, aile Sully, 2e étage, salles 2023, 75001 Paris. Tél. : 01.40.20.53.17.

… Le 10 mars à 18 h, la librairie Les Cahiers de Colette organise une rencontre en compagnie de Tiphaine Samoyault et Frédérique LeichterFlack à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage Le Laboratoire des cas de conscience chez Alma (voir ce N°). Librairie Les Cahiers de Colette, 23, rue Rambuteau, 75004 Paris. Tél. : 01.42.72.95.06.

… Le 14 mars, la librairie Le Square organise une soirée Lecture/Performance à partir de 18 h 30. Cette soirée en partenariat avec le Festival Concordan(s)e mettra en scène une chorégraphe Emmanuelle VoDinh et un auteur Jérôme Mauche qui uniront leurs univers artistiques dans une création commune. Librairie Le Square, 2, pl. du DocteurLéonMartin, 38000 Grenoble. Tél. : 04.76.46.61.63. Lire la suite

De l’influence – ou pas – du numérique sur les revues de poésie

 

 

 À l’occasion du numéro de La Quinzaine littéraire consacré à la poésie (QL n°1056 du 1er au 15 mars), l’Association culturelle des Amis de La Quinzaine littéraire et Ent’revues proposent une rencontre le vendredi 2 mars à 18 h 30 :

De l’influence – ou pas – du numérique sur les revues de poésie

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Il y a quarante-cinq ans dans La Quinzaine – n°22 du 15 au 29 février 1967

Il y a quarante cinq ans, le 15 février 1967, paraissait le n°22 de la Quinzaine littéraire. Voici ce numéro en intégralité dans lequel vous retrouverez, entres autres, un entretien avec Agnon ainsi que les recensions des ouvrages de Simone et André Schwarz-Bart, Un plat de porc aux bananes vertes ; Hector Bianciotti, Les Déserts dorés par Claude-Michel Cluny ; C.-G. Jung, Ma vie par André Akoun ; François Truffaut, Le cinéma selon Hitchcock par Claude Pennec …

Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante cinq ans.

Retrouvez tous les numéros anniversaires en cliquant sur ce lien

LE LIVRE DE LA QUINZAINE : Le petit Livre rouge (citations du Président Mao) par Roger Parret ;

ROMANS FRANÇAIS : Simone et André Schwarz-Bart, Un plat de porc aux bananes vertes par Maurice Nadeau ; Roger Bordier, Un âge d’or par Maurice Chavardès ; Lire la suite

Gary Shteyngart, “Super triste histoire d’amour”

EN PREMIER

Drôletristesuperhistoire, un article de STEVEN SAMPSON

Dans l’univers dystopique de cet écrivain américain d’origine soviétique, toutes les frontières s’effacent, y compris celles qui devraient figurer entre les signes linguistiques. 

GARY SHTEYNGART, SUPER TRISTE HISTOIRE D’AMOUR, trad. de l’anglais (ÉtatsUnis) par Stéphane Roques L’Olivier, 416 p., 23 €

Si Gary Shteyngart a quitté Leningrad avec ses parents en 1979, à l’âge de 7 ans, pour émigrer aux ÉtatsUnis, ce n’était pas pour oublier Lénine, dont il gardera en tête l’image de la grande statue qui surplombait le square voisin de l’appartement familial. Devenu plus tard auteur américain, il continue à décrire les dictateurs utopiques – ou dystopiques ? – comme celui de son troisième et dernier roman d’anticipation, Super triste histoire d’amour. Lors de ce nouvel avatar, un ministre de la Défense américain, nommé Rubinstein, évoque ses homologues, Caspar Weinberger et Donald Rumsfeld, mais surtout un personnage fictif, l’ennemi de Big Brother, Goldstein.

En bon nostalgique de l’Union soviétique, Shteyngart adapte Orwell à ses propres besoins, prenant ce qu’il y a de mieux dans 1984 : l’encadrement d’une histoire sentimentale dans un régime totalitaire. Faire l’amour sous le regard sévère de Big Brother est tellement plus titillant !  Lire la suite

Entretien avec Gary Shteyngart

EN PREMIER

Le Nostradamus du mois prochain

Entretien avec Gary Shteyngart (1) 

La Quinzaine littéraire – Mon appareil enregistreur posé sur la table me fait penser à l’äppärät, l’objet omniprésent dans Super triste histoire d’amour. Qui vous a inspiré le choix de ce nom ? 

Gary Shteyngart – Äppärät vient d’apparatchik, un mot russe.

QL – À quoi pensiez-vous lors de la rédaction de ce livre ? 

G. S. – J’anticipais l’effondrement des ÉtatsUnis. On était en 2006, avant que les choses s’écroulent vraiment. La première version du livre était douce, il n’y avait que l’industrie automobile et quelques banques qui faisaient faillite. Mais, en 2008, tout ça s’est réellement passé, donc ce roman est devenu une « cible mouvante ».

QL – En France, votre livre, à l’instar de 1984, ne serait pas considéré comme une œuvre de science-fiction mais plutôt comme un « roman d’anticipation ». Connaissez-vous le terme équivalent en anglais ? 

G. S. – « Speculative fiction ». Spéculer sur l’avenir.

QL – On pourrait presque dire que le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes Russes appartient aussi à ce genre.Tandis qu’avec Absurdistan, votre deuxième roman, il n’y a guère de doute. Quelles sont les raisons de ce choix ?

G. S. – Pour le deuxième roman, je suis allé à Bakou afin de me renseigner sur l’implication de Halliburton [la société qu’avait dirigée Dick Cheney avant de devenir vice-président sous George W. Bush] dans la région. Pendant la rédaction, tout cela devenait de plus en plus pertinent. Avec mon nouveau livre, beaucoup de choses se sont DÉJÀ passées. Je suis devenu le Nostradamus du mois prochain. C’est le problème essentiel du romancier de notre époque : tu ne peux décrire la situation contemporaine, parce qu’il n’y a plus de « situation ». Demain c’est autre chose. Il n’y a plus de présent. Nous vivons tous dans le futur. Pour l’écrivain, c’est un casse-tête. Lorsque Tolstoï écrivait Guerre et Paix, il n’avait pas à se soucier de la dernière image d’enfer qui arrivait, ni du iPhone 5GSR, ni de MySpace. Aujourd’hui, le romancier doit choisir entre écrire un roman historique ou tirer sur une cible mouvante.  Lire la suite

La Quinzaine Littéraire n°1055 du 15 au 29 février 2012

EN PREMIER

Le Nostradamus du mois prochain

Entretien avec Gary Shteyngart (1), propos recueillis par Steven Sampson.

Drôletristesuperhistoire, un article dSTEVEN SAMPSON

GARY SHTEYNGART, SUPER TRISTE HISTOIRE D’AMOUR, trad. de l’anglais (ÉtatsUnis) par Stéphane Roques L’Olivier, 416 p., 23 €

Dans l’univers dystopique de cet écrivain américain d’origine soviétique, toutes les frontières s’effacent, y compris celles qui devraient figurer entre les signes linguistiques.

ROMANS, RÉCITS

Un roman barbare et envoûtant, un article de HUGO PRADELLE

LUTZ BASSMANN, DANSE AVEC NATHAN GOLSHEM Les intellectuels dans la machine de guerre SS, Verdier, coll. « Chaoïd », 192 p., 16 €

Un roman bref et envoûtant qui rassemble les enjeux du grand projet postexotique, faisant comme trembler des voix face au chaos d’un monde inhumain, et célèbre la grandeur complexe et ironique de la résistance.

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D’une Quinzaine à l’autre du 15 au 29 février 2012

LITTÉRATURE

Dans le cadre de la célébration du bicentenaire de la naissance de Charles Dickens, la Maison de Victor Hugo propose un accrochage « format de poche » évoquant la rencontre entre les deux auteurs. Cette exposition, Hugo reçoit Dickens : un Anglais à Paris, qui se tient jusqu’au 13 mai, propose une vingtaine d’illustrations, caricatures, affiches et journaux de l’époque qui retracent les pérégrinations parisiennes de Dickens, accompagnés de manuscrits, livres ou documents des deux auteurs. Maison de Victor Hugo, 6, pl. des Vosges, 75004 Paris. Tél. : 01.42.72.10.16.

… Le festival littéraire et artistique en SeineSaintDenis « Hors limites » se tiendra du 16 au 31 mars. Dans une démarche de promotion de la littérature contemporaine dans le département de SeineSaintDenis, l’édition 2012 proposera une série d’événements, rencontres et lectures en compagnie de nombreux auteurs dont, Jacques Abeille, Patrick Deville, Carole Martinez, Lydie Salvayre. Informations et programmation sur le site du festival.

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Dossier spécial Antoni Tàpies

Antoni Tàpies, né en 1923 à Barcelone, y est mort le 6 février 2012. La Quinzaine littéraire, en décembre 1968, avait publié du grand artiste un texte, inédit en français, « Sommes-nous tous des monstres ? ». Il est réimprimé dans La Pratique de l’art (Gallimard). Nous en donnons ici l’intégralité du texte paru dans le n° 63 de La Quinzaine.

Vous pourrez aussi retrouver en libre accès sur le blog, un entretien avec Antoni Tàpies : “Revenir aux choses fondamentales” paru dans la QL n° 354 et la critique par Marc Le Bot du livre La syllabe noire de Georges Raillard à propos du peintre.

Tàpies : “sommes‑nous tous des monstres ?”

Inédit paru dans la Quinzaine n°63

On ne va pas bien loin en traitant en général des rapports de l’artiste avec les Etats : chaque système politique a ses pièges où prendre les artistes. Le prestige de la culture, les échanges internationaux sont tels qu’il est devenu difficile pour les pouvoirs de mettre carrément sous le boisseau les artistes ‑ surtout les peintres ‑ qui ne donnent pas entièrement satisfaction au Pouvoir. Aussi doit‑on ruser. C’est cette ruse qui semble caractériser les rapports que le gouvernement franquiste entretient avec ses artistes, en particulier avec les peintres catalans, de Miro à Tàpies, pour prendre comme exemples deux représentants prestigieux de deux générations différentes.

Aujourd’hui, il existe à Barcelone un Musée Picasso, demain sera créé un Musée Miro grâce à la donation de ses oeuvres que ce peintre vient de faire au peuple de sa ville natale. Dans les deux cas, ces personnalités suspectes ‑ et pour cause ‑ ont été l’objet de tentatives de récupération de la part des autorités qui entendent bien, à présent, patronner leurs manifestations. Lire la suite

Tàpies : “Revenir aux choses fondamentales”

Entretien avec Antoni Tapies

Propos recueillis par Georges Raillard ( QL n°354 parue le 01 septembre 1981)

G.R. ‑ Dans vos écrits sur votre pratique artistique comme dans votre autobiographie, vous évoquez le cheminement concomitant de votre travail de peintre et de découvertes de philosophies, de systèmes du monde, ou de la société, qui vous ont permis de vous libérer de “l’orthodoxie” dans laquelle vous étiez plongé dans l’Espagne de votre adolescence. Ce que vous avez rencontré, c’est le surréalisme, puis le marxisme, par l’intermédiaire du poète brésilien Joao Cabral de Mêlé, puis les philosophies orientales… Des utopies, pour certaines, constituées en systèmes…

A.T. ‑ Cela est vrai. J’ai raconté souvent ce cheminement parce qu’il a été important pour moi. Et j’ajouterai que ce cheminement est inséparable de ses circonstances : les amis qui ont été pour moi les médiateurs de telle idée, les livres que j’ai lus, que j’ai pu lire, d’où ils venaient, dans quelle édition… Tout cela lié à notre enfermement, et tout cela capital dans cet enfermement. Mais ces découvertes intellectuelles, ou idéologiques, ont depuis toujours été indissociables d’un fond de scepticisme. Lire la suite

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