La Quinzaine n°1024, du 16 au 31 octobre 2010

“La voix de Caradec”, un article de Jean-Paul Goujon

FRANÇOIS CARADEC, ENTRE MIENS D’Alphonse Allais à Boris Vian, Flammarion, 932 p., 35 €

“Entre miens” : ce titre – qui est de l’auteur – ne montre-t-il pas déjà que nous avons affaire aux prédilections bien marquées d’un liseur hors série ? Et ces prédilections sont des plus variées, car la lecture de ce gros volume nous transporte d’Alphonse Allais à Max Jacob, de Rimbaud à Léo Malet, de Paul Léautaud à Boris Vian et tant d’autres.

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“Les souffrances se lavent dans la mémoire”, un article de Norbert Czarny

SOFI OKSANEN, PURGE, trad. du finnois par Sébastien Cagnoli, Stock, 400 p., 21,50 €

« Purge : débarrasser de ce qui altère, purifier. » C’est en gros ainsi que le dictionnaire définit ce nom, titre de l’un des romans les plus forts de cette rentrée. Un texte violent, tourmenté, aussi complexe que l’Histoire, dans des lieux que la guerre et les occupations ont travaillés.

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“Le dernier chant du défunt”, un article de Natacha Andriamirado

JEAN MATTERN, DE LAIT ET DE MIEL, Sabine Wespieser, 144 p., 17 €

« La télévision ou les journaux, depuis, m’ont confronté à tant d’images de gens jetés sur la route. L’humanité semble secrètement jouir de ce cycle éternellement renouvelé de l’exil. » De lait et de miel s’apparente au dernier chant du défunt. Un chant singulier de qui attend le seuil de la mort pour enfin s’exprimer.

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“L’appel de l’écriture”, un article d’Agnès Vaquin

ALAIN NADAUD, LA PLAGE DES DEMOISELLES, Léo Scheer, 190 p., 18 €

“La Plage des Demoiselles”, un recueil à caractère autobiographique, suite et complément au récit que l’auteur a publié en 2004 : “Les Années mortes”.

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“Une brûlure inguérissable”, un article de Claude Fierobe

EDNA O’BRIEN, CRÉPUSCULE IRLANDAIS, The Light of Evening, trad. de l’anglais (Irlande) par Pierre-Emmanuel Dauzat, Sabine Wespieser, 442 p., 24 €

Près de cinquante ans après “Les Filles de la campagne” (“The Country Girls”, 1960), qui lui valut à la fois la notoriété et les foudres de la censure dans son pays pour la description sans fard de l’éveil de la sensualité chez les jeunes Irlandaises, Edna O’Brien revient à ses thèmes de prédilection dans “Crépuscule irlandais” (“The Light of Evening”, 2006). À dire vrai, ils n’avaient jamais disparu de la quarantaine d’ouvrages qui jalonnent sa carrière littéraire.

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“Raymond Carver avant et après”, un article de Claude Grimal

RAYMOND CARVER, DÉBUTANTS, tome 1 des Œuvres complètes trad. de l’anglais (États-Unis) par J. Huet et J.-P. Carasso, Éditions de l’Olivier, 336 p., 22 € / PARLEZ-MOI D’AMOUR tome 2 des Œuvres complètes trad. de l’anglais (États-Unis) par G. Rolin, révisée par N. Zberro, Éditions de l’Olivier, 180 p., 14 €

En 1980, lorsque Raymond Carver reçut de son éditeur, Gordon Lish, le manuscrit « corrigé » de son deuxième recueil, Parlez-moi d’amour, il fut presque anéanti ; Lish avait coupé 50 % du texte de ses 17 nouvelles (trois se trouvaient même réduites de 70 %), changé le titre de dix d’entre elles et modifié la fin de quatorze. Carver écrivit à Lish une lettre pathétique le suppliant de ne pas publier le livre sous cette forme. Ce dernier refusa ; le volume, Parlez-moi d’amour, parut donc chez Knopff dans sa « version Lish », c’est-à-dire avec les transformations et suppressions radicales qui venaient d’être opérées, et connut un immense succès. Carver accepta la chose en même temps que l’attention nationale et internationale que l’ouvrage lui valut.

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“À fusiller immédiatement !”, un article de Jacques Fressard

RODOLFO WALSH, OPÉRATION MASSACRE, trad. de l’espagnol (Argentine) par Odile Begué, Christian Bourgois, 292 p., 21 €

Peut-être, à distance, ce qui paraît le plus étonnant aujourd’hui dans ce livre qui se réclamait implicitement dès 1957, par sa méthode d’écriture, de la non fiction novel, c’est son côté prémonitoire, qui en assurera la pérennité.

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“Les trahisons nécessaires”, un entretien de Javier Cercas, réalisé par Norbert Czarny

JAVIER CERCAS, ANATOMIE D’UN INSTANT, trad. de l’espagnol par Élisabeth Beyer et Alexsandar Grujicic, Actes Sud, 430 p., 24,80 €

Le 23 février 1981, des militaires armés investissent les Cortès, le Parlement espagnol. Au moment où il éclate, le chef du gouvernement, Adolfo Suarez, est au plus mal. La crise est politique, économique et le pouvoir est isolé. Le coup d’État sera de brève durée mais cette épreuve fait revivre des moments douloureux à la jeune démocratie. L’attitude de trois hommes sera déterminante et c’est cet « instant », le geste de Suarez, de Gutiérrez Mellado et de Santiago Carillo qu’analyse ou décompose le romancier Javier Cercas. Nous l’avons interrogé sur ce « roman étrange ».

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“Une éducation inachevée”, un article de Norbert Czarny

PHILIP ROTH, INDIGNATION, trad. de l’anglais par Marie-Claire Pasquier, Gallimard, 200 p., 17,90 €

Dès les premières lignes d’”Indignation”, le cadre historique est posé. On est en 1951 ; les États-Unis sont englués dans la guerre de Corée. Les tranchées sont remplies de jeunes conscrits et les assauts à la baïonnette menés par les Nord-Coréens et leurs alliés chinois font des champs de bataille de vraies boucheries. Le père de Marcus Messner est hanté par une seule chose : perdre son fils unique en Extrême-Orient.

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“Avec deux écrivains mexicains”, un entretien avec Sergio González Rodríguez et Guillermo Fadanelli réalisé par Hugo Pradelle

Sergio González Rodríguez, journaliste et écrivain, a consacré un livre profus – “Des os dans le désert” – à l’un des faits divers les plus atroces et les plus mystérieux de ces dix dernières années : les meurtres et disparitions d’un grand nombre de femmes autour de la ville de Juárez et sur l’impunité dont semblent jouir ceux qui les perpètrent. Loin d’une simple enquête journalistique, son récit entreprend des questions majeures pour notre époque, interrogeant à la fois la situation politique et économique de son pays et les dimensions esthétiques et intellectuelles que son travail définit peu à peu. La quête de vérité et de nomination que ce livre engage, telle une fouille obstinée d’un terrain, se prolonge dans L’Homme sans tête (2), manière de précis politique entremêlé de confi- dences autobiographiques qui explore le développement d’une certaine ritualisation de la violence par les groupes de narcotrafiquants qui infectent le Mexique.

Guillermo Fadanelli anime Moho, une revue inclassable et écrit depuis une vingtaine d’années des romans dans lesquels se fait jour un goût certain pour l’iconoclaste – Éduquer les taupes, L’Autre Visage de Rock Hudson ou Boue. À la fois profondément drôles et extraordinairement savants, ses romans établissent un univers étrange où s’en- trecroisent la philosophie et la culture populaire, les éléments les plus élevés et les plus prosaïques, où se joue une sorte de comédie pessimiste parfaitement réjouissante. À l’occasion du Festival America nous avons pu rencontrer ces deux écrivains qui, chacun à leur manière, interrogent la nature et l’état de leur pays, contrevenant aux codes établis, les débordant, s’interrogeant avec profondeur sur les rapports qu’ils entretiennent avec la langue, la réalité et une violence omniprésente.

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“Le Grand Khan des Lettres anglaises”, un article d’Alain Jumeau

GIORGIO MANGANELLI, VIE DE SAMUEL JOHNSON, édition établie et présentée par Salvatore Silvano Nigro trad. de l’italien par Dominique Férault, Gallimard, coll. « le Cabinet des Lettrés », 133 p., 19,90 € / SAMUEL JOHNSON, VIE DE RICHARD SAVAGE, trad. de l’anglais par Lionel Leforestier, Gallimard, coll. « Le Promeneur », 113 p., 19,50 €

C’est le romancier Tobias Smollett qui attribua le surnom de « Grand Khan des Lettres » à Samuel Johnson (1709-1784), le poète, essayiste, critique, journaliste et lexicographe, dont la silhouette impressionnante et pachydermique donnait encore plus de poids à ses jugements tranchants, définitifs, parfois féroces, mais rarement injustes et toujours respectés. Deux petites publications récentes permettent de mieux cerner la personnalité de celui qui domina la littérature anglaise du XVIIIe siècle.

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“Hölderlin revu et corrigé”, un article de Georges-Arthur Goldschmidt

WILHELM WAIBLINGER VIE, POÉSIE ET FOLIE DE FRIEDRICH HÖLDERLIN, trad. de l’allemand par Lionel Duvoy, Allia, 74 p., 10 €

C’est à Rome en 1827-28 que Wilhelm Waiblinger écrivit son petit livre (72 pages) sur la « folie » de Friedrich Hölderlin. Ce livre est plus un éloge de l’auteur lui-même et de sa juvénile « sagesse » quelque peu protectrice qu’un véritable témoignage.

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“Arman, l’homme arme”, un article de Gilbert Lascaut

EXPOSITION et PUBLICATIONS ARMAN Centre Pompidou 22 septembre 2010 – 10 janvier 2011 / JEAN-MICHEL BOUHOURS et coll. ARMAN catalogue-livre Éd. Centre Pompidou, 360 p., 300 ill. coul., 49,90 € / FONDATION A.R.M.A.N. VU, PRIS : ARMAN Skira/Flammarion, 128 p., 100 ill., 18 €

Bien agencée et pensée par Jean-Michel Bouhours, robuste et élégante, l’exposition d’Arman (1928-2005) rassemble 120 œuvres bien choisies. Elle suggère les cases d’un damier. Elle donne à voir la multiplicité des objets, leur dégradation, leur rayonnement.

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Des rencontres heureuses”, un article de Georges Raillard

EXPOSITIONS et PUBLICATIONS FRANCE 1500, entre Moyen Âge et Renaissance Galerie nationale du Grand Palais 6 octobre 2010 – janvier 2011 / VISIONS CONTEMPORAINES DE MARGUERITE D’AUTRICHE Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse 2 octobre 2010 – 24 janvier 2011 Catalogue présenté par Magali Briat-Philippe Éd. Monastère royal de Brou, 96 p., 16 € / ARSENAL 1995-2010 Musée de Soissons Ouvrage rétrospectif Éd. Musée de Soissons/ADACS, 160 p., 20 €

Paris, au Grand Palais, Soissons, à l’Arsenal, Bourg-en-Bresse, au Monastère royal de Brou : des lieux célèbres ou méconnus où cette semaine l’on pouvait être conduit, comme je l’ai été, à penser que l’art rendait heureux, bien loin, sans doute, des mômeries exhibées à Versailles.

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“Raymond Queneau et les premières années de l’Oulipo”, un article de Jacques Duchateau

Lorsqu’en novembre 1960 Raymond Queneau créa l’Ouvroir de littérature potentielle – avec François Le Lionnais à l’origine de cette idée – il connaissait personnellement depuis plusieurs années huit des membres co-fondateurs de cet Oulipo, dont la plupart se connaissant déjà continueront de se voir en dehors des réunions mensuelles.

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“Merleau-Ponty en perspective”, un article de Jean Lacoste

MAURICE MERLEAU-PONTY Œuvres Gallimard, coll. « Quarto », 1 848 p., 35 €

L’édition des Œuvres de Simone Weil dans la collection « Quarto » avait été une belle réussite, qui avait bien révélé toutes les dimensions de la philosophe. Les éditions Gallimard reprennent la formule pour Maurice Merleau-Ponty, dans un volume compact de plus de 1 800 pages, organisé par Claude Lefort – tout récemment décédé, hélas – et qui comporte une substantielle chronologie « Vie et œuvre », riche de documents photo- graphiques et de citations, notamment tirées d’entretiens inédits avec Georges Charbonnier de 1959.

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“La rêverie cosmique de Louis Auguste Blanqui”, un article de Jean M Goulemot

LOUIS AUGUSTE BLANQUI L’ÉTERNITÉ PAR LES ASTRES introduction et notes par Lisa Block de Behar, Éd. Slatkine, 202 p., 33 €

Que sait-on aujourd’hui de Louis Auguste Blanqui ? Ses proclamations, ses appels incessants à l’insurrection ont-ils aujourd’hui des lecteurs ? Se rappelle-t-on même qu’il publia un journal (1880-1881) qui s’intitulait “Ni Dieu, ni Maître” ? Lit-on encore le livre que lui consacra Gustave Geoffroy, L’Enfermé, en 1926 ? Et pourtant il suscita d’ardentes admirations.

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“La parlure quotidienne”, un article de Jean-Claude Chevalier

CLAUDINE NORMAND PETITE GRAMMAIRE DU QUOTIDIEN Paradoxe de la langue ordinaire préface de Mustapha Safouan, Hermann, coll. « Psychanalyse », 235 p., 25 €

Claudine Normand est un chercheur curieux : éprise de littérature, elle est venue tard à la linguistique ; agrégée de grammaire à qui l’Université avait laissé tout ignorer de Saussure et du structuralisme jusqu’à la quaran- taine (elle s’en est expliquée plusieurs fois), elle s’est alors convertie à la psychanalyse et conjointement – ce qui est logique – à une linguistique de l’énonciation préoccupée des valeurs et des significations.

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“La malédiction des cheveux”, un article de Hugo Pradelle

ALAN PAULS HISTOIRE DES CHEVEUX Historia del pelo trad. de l’espagnol (Argentine) par Serge Mestre, Christian Bourgois, 224 p., 18 €

Alan Pauls signe un nouveau précis, cette fois-ci capillaire, qui ordonne une conscience chaotique, confirmant à la fois une certaine idée de l’Histoire et un questionnement essentiel sur les formes mêmes du monde et du discours.

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Il y a quarante ans, dans la Quinzaine…

Il y a quarante ans, le 16 octobre 1970, paraissait le n° 104 de la Quinzaine littéraire. Voici ce numéro en intégralité, dans lequel vous retrouverez notamment Thorstein Veblen, W. B. Yeats, Jacques Réda, Dusan Matic… On se demandera également s’il faut «rééduquer» l’intellectuel ? Vous découvrirez également les critiques des ouvrages “Le schooner” de Claude Delmas et “Petits blancs, vous serez tous mangés” de Jean Chatenet, sans oublier “La folle de Lituanie” de Bertrand Poirot-Delpech et “L’amour des autres” d’Henry Bonnier. Ainsi qu’André Breton, Maurice Rheims, H. Carrère d’Encausse, et le “Jeu de massacre” d’Eugène Ionesco Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante ans. Cliquez sur le lien suivant pour accéder au numéro 104

Retrouvez tous les numéros anniversaires en cliquant sur ce lien

Le paysage de Claude Monet

Un article de Georges Raillard

EXPOSITION CLAUDE MONET (1840-1926) aux Galeries nationales du Grand Palais du 22 septembre 2010-24 janvier 2011 / Commissariat de l’exposition : Guy Cogeval, Sylvie Patin, Sylvie Patry, Anne Roquebert du musée d’Orsay et de l’Orangerie, Richard Thomson professeur à l’université d’Édimbourg, Éditions R.M.N. et musée d’Orsay, 358 p., 50 €

“Monet, une vie dans le paysage”. C’était, en 1993, le titre d’un livre de Marianne Alphant. Cet ouvrage remarquable vient d’être réédité. Il arrivait après deux ouvrages de référence dus aux deux amis les plus proches de Monet qu’ils soutenaient contre l’indifférence ou l’hostilité. Ces livres sont eux aussi de nouveau disponibles. Le premier, de Gustave Geffroy, Monet, sa vie, son œuvre (1924), est dédié à Georges Clemenceau, auteur de Claude Monet, les Nymphéas, vision.

L’homme politique soutient l’œuvre, par son action pour l’installation des Nymphéas à l’Orangerie, et par sa plume : « les panneaux des Nymphéasnous le montreront éperdument tendu vers les réalisations de l’impossible ». Une vue parfaite que l’on vérifiera à l’exposition du Grand Palais, stimulante pour l’œil et l’esprit, appelés à reconnaître quelques formes de l’approche de cet « impossible ».

De l’ouverture de l’Orangerie aux Nym phéas, Gustave Geffroy, mort la même année que son ami, écrivait : « Ce sera un musée créé pour
l’avenir, un musée sans précédent et sans pareil, où l’homme futur viendra comme nous, rêver de la poésie du monde et scruter l’insondable du néant. » Retrouver la suite de cet article dans la Quinzaine n°1023

“Hors-la-loi” de Rachid Bouchareb

“Brumes d’octobre”, un article de Lucien Logette

La sortie du film de Rachid Bouchareb s’effectue donc avec quelques soubresauts. Nous n’en sommes plus (pas encore ?) aux menaces de pose de bombes pendant les projections, comme à l’époque de La Bataille d’Alger– rappelons qu’en 1970, le film de Gillo Pontecorvo, enfin exploité après quatre ans d’interdiction, connut ces vicissitudes et fut même détruit à l’acide sulfurique, dans une salle de Lons-le-Saulnier, par un commando de patriotes. “Hors-la-loi” n’a eu droit pour l’instant (veille de sa sortie), après la manifestation cannoise d’un quarteron de nostalgiques cornaqués par quelques édiles tricolores pur jus (dont aucun n’avait vu, bien évidemment, le film), qu’à des heurts verbaux lors de l’avant-première marseillaise. On peut faire confiance à la bêtise, jamais en repos, pour que d’autres remous se produisent.

Les bientôt cinquante années écoulées depuis la signature des accords d’Évian n’y font rien : les cicatrices ne sont pas refermées. On aurait pu croire qu’un slogan tel qu’« Algérie française » était désormais relégué sur la même étagère que « Ridgway la Peste » ou « Libérez Henri Martin ! » – un souvenir pour une génération, une trace historique pour les quadragénaires éventuellement intéressés par les vieilles affaires de famille… Retrouvez la suite de cet article dans la Quinzaine n°1023

Quel « retour aux classiques » ?

Un article de Monique Le Roux

DOM JUAN « D’APRÈS MOLIÈRE » Mise en scène de Marc Sussi au Théâtre de la Bastille jusqu’au 22 octobre, Tournée nationale jusqu’en décembre 2010 / MOLIÈRE, LES FEMMES SAVANTES Mise en scène de Bruno Bayen au Théâtre du Vieux-Colombier jusqu’au 7 novembre / MARIVAUX, LES ACTEURS DE BONNE FOI Mise en scène de Jean-Pierre Vincent au Théâtre de Nanterre-Amandiers jusqu’au 23 octobre

En cette rentrée les hasards des programmations pourraient faire croire à un retour frileux aux classiques. Mais certains spectacles témoignent au contraire d’une réappropriation du répertoire par un geste novateur de mise en scène : “Dom Juan” « d’après Molière » par Marc Sussi au Théâtre de la Bastille, “Les Femmes savantes” de Molière par Bruno Bayen au Vieux-Colombier, “Les Acteurs de bonne foi” de Marivaux par Jean-Pierre Vincent aux Amandiers de Nanterre.

Après le temps où Roger Planchon revendiquait une « écriture scénique », où Patrice Chéreau transformait une brève pièce de Marivaux, La Dispute, en un spectacle magistral, où Antoine Vitez rendait son nom indissociable de sa Phèdre ou Klaus Michael Grüber de sa Bérénice, sont venues la dénonciation d’une supposée dictature, la célébration de la mise en scène invisible, de la simple rencontre de l’acteur et du texte sur les planches, et plus récemment l’affirmation des « écrivains de plateau ».

Face à cette dernière tendance, qui donne toute sa place au travail scénique, mais cesse de représenter des pièces, des hommes de théâtre, riches d’une longue expérience, osent renouer avec ce qui ressemblerait à une « lecture » personnelle, avec le simple exercice d’un art toujours montré comme tel, toujours pratiqué ici et maintenant par un contemporain, même sur un texte du passé… Retrouvez la suite de cet article dans la Quinzaine n°1023

La Quinzaine n°1023, du 1er au 15 octobre 2010… en couleur !

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Voici un aperçu des livres figurant dans la Quinzaine n°1023, du 1er au 15 octobre 2010… un numéro en couleur !!

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“Les mots et les nuages”, un article de Laurence Zordan

POÉSIE, ARTS, PENSÉE, Carte blanche donnée à Yves Bonnefoy, textes rassemblés par Yves Bonnefoy et Patrick Née, Hermann, 229 p., 30 € // CHRISTIAN DOUMET, LA DÉRAISON POÉTIQUE, DES PHILOSOPHES, textes rassemblés par Yves Bonnefoy et Patrick Née, Stock, 307 p., 20,99 € // ANTONIO RAFELE,  LA MÉTROPOLE BENJAMIN ET SIMMEL, textes rassemblés par Yves Bonnefoy et Patrick Née CNRS éditions, 138 p., 17 €

« Le poète retrace sur la page blanche les pas d’un danseur enfui… Et pour cela, préfère l’impair, plus vague et plus soluble dans l’air… L’écrivain appartient à un langage que personne ne parle, qui ne s’adresse à personne, qui n’a pas de centre, qui ne révèle rien… Les mots étaient en réalité des nuages… Ne pas trouver son chemin dans une ville, ça ne signifie pas grand-chose, mais s’égarer dans une ville comme on s’égare dans une forêt demande toute une éducation… Je ne veux plus me retenir des erreurs de mes doigts, des erreurs de mes yeux. Je sais maintenant qu’elles ne sont pas que des pièges grossiers, mais de curieux chemins vers un but que rien ne peut me révéler, elles seules… Il démolit ce qui existe, non pour l’amour des décombres, mais pour l’amour du chemin qui les traverse… L’homme a besoin d’une véritable morale cosmique. Toute lutte réclame, en même temps, un objet et un décor… » : on pratiquerait volontiers l’art de la citation sous forme de montage  pour montrer que l’évanescence est la seule pourvoyeuse d’évidences, pas celle des idées reçues, mais celle des idées conquises.

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“Requiem pour le XXe siècle”, un entretien de Philippe Forest, réalisé Tiphaine Samoyault

PHILIPPE FOREST, LE SIÈCLE DES NUAGES, Gallimard, 557 p., 21,50€

Roman-siècle comme on dit roman-monde, le dernier livre de Philippe Forest tient deux histoires en même temps, l’histoire minuscule d’un homme qui en a occupé presque tout le temps et l’histoire majuscule d’une époque marquée autant par la rêverie technologique que par la destruction. Entre ces deux histoires, l’avion, qui fut à la fois l’utopie
par excellence, l’utopie réalisée de l’homme qui veut voler et une puissante machine de guerre, fait le lien. Le père du narrateur était en effet aviateur et a inscrit son histoire modeste dans l’épopée de l’air sans pourtant en écrire la légende. Né en 1921, il savait déjà en commençant à voler que l’aviation n’était plus seulement une belle aventure. Ce qui fut la réalisation d’un rêve, d’une des enfances les plus belles de l’homme, est aussi ce qui contribua à faire de l’avenir un horizon bouché. « Car, en l’espace de quelques années, celles qui se sont écoulées en un battement de paupières depuis Ader et Blériot, l’aviation est devenue cela : cette entreprise anonyme de dévastation qui s’étend méthodiquement sur toute la surface des continents, faisant passer sur ceux-ci des formations d’appareils par centaines qui accomplissent leur métier de mort, larguant leurs bombes à l’aplomb des villes, lâchant leurs rafales sur des objectifs à peine aperçus dans le cadre du viseur, lancés dans l’air à une allure si formidable que le spectacle du monde autour d’eux prend l’apparence d’un inintelligible chaos qu’ils traversent en trombe et sans avoir du tout le temps de réaliser ce qu’il représente. »

Le livre commence et s’achève par une chute. Celle d’un avion d’Imperial Airways à vingt kilomètres de Mâcon et que le père, adolescent, a pu voir. Celle du père, tombant dans la rue un jour de 1999 pour ne plus se relever. Les mythes survivent à l’histoire. Icare toujours, malgré les techniques du vol. Il fallait un romancier qui eût assez de souffle pour raconter cette histoire et pour la donner à la fois comme un avenir et comme un passé. Philippe Forest aura pour toujours été celui-là qui, dans un livre épique, documenté et en même temps constamment émouvant donne, depuis les nuages, un portrait du « vieux vingtième siècle » à la fois dramatique, mélancolique et beau.

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“Une saison en Houellebecquie”, un article de Jean-Jacques Lefrère

MICHEL HOUELLEBECQ, LA CARTE ET LE TERRITOIRE, Flammarion, 450 p., 22 €

Puisqu’il est des rentrées littéraires comme il est des rentrées scolaires, il faut en accepter le principe, mais il n’est pas aisé, il est même impossible, d’identifier avec certitude ce qui sort du lot. À en croire le déluge d’articles et d’échos qui a accompagné “La Carte et le Territoire” de Michel Houellebecq, ce serait ce roman. L’histoire littéraire, qui ne fait aucune concession, justifiera-t-elle ce jugement ?

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“Vers l’égalité”, un article de Tiphaine Samoyault

J. M. COETZEE, L’ÉTÉ DE LA VIE, Summertime, trad. de l’anglais par Catherine Lauga Du Plessis, Seuil, 320 p., 22

Formule inédite de la confession, entre l’”Autobiographie d’Alice B. Toklas” de Gertrude Stein et les “Mémoires d’outre-tombe”, “L’Été de la vie” de J. M. Coetzee, présenté comme le troisième volet de son œuvre autobiographique après “Scènes de la vie d’un jeune garçon” et “Vers l’âge d’homme”, emploie une forme tout à fait singulière.

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“Cher XVIIIe siècle !”, un article d’Agnès Vaquin

CHANTAL THOMAS, LE TESTAMENT D’OLYMPE, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 310 p., 18 €

On aime ces livres où Chantal Thomas nous raconte son cher XVIIIe siècle. Elle le connaît par cœur. La phrase mise en épigraphe évoque
le destin de deux sœurs séparées par leurs vies. Elle est signée : «Apolline de T., Londres, juillet 1771 ». Cette personne se propose de raconter ses souvenirs et nous informe qu’ils seront suivis de la terrible histoire de sa sœur dont cette dernière lui a confié une relation sur son lit de mort et c’est là son « testament ».

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“Deux poètes”, un article de Norbert Czarny

RENÉ CHAR, NICOLAS DE STAËL CORRESPONDANCE 1951-1954, Éditions des Busclats, 144 p., 15 €

René Char n’était pas homme de demi-mesure. Il s’engageait en amitié comme il l’a fait en Résistance, avec passion. Et il restait fidèle quand il ne rompait pas violemment. Ainsi, il est resté proche d’Eluard malgré les choix partisans de ce dernier, et la mort de Camus est restée une blessure ouverte. Sans doute en est-il allé de même avec Nicolas de Staël, quand le peintre s’est suicidé, en 1955, à Antibes.

“Aimer ou ne pas aimer”, un article de Christian Mouze

BENGT JANGFELDT, LA VIE EN JEU, Une biographie de Vladimir Maïakovski, trad. du suédois par Rémi Cassaigne, Albin Michel, 589 p., 25 €

«Aimer ou ne pas aimer, voilà la question – la question à laquelle un révolutionnaire devrait pouvoir répondre sans ambages. » C’est André
Breton qui écrit cela en juillet 1930 à propos de la mort de Maïakovski. Nul n’a mieux vu ainsi le lien de l’amour et de l’esprit révolutionnaire. Et nul mieux que Maïakovski n’a voulu lier et incarner l’amour et la révolution.

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“Quand le barde refait surface”, un article de Maurice Mourier

ELIAS LÖNNROT, LE KALEVALA, ÉPOPÉE DES FINNOIS suivi d’un choix de poèmes ouraliens traductions, introduction et annotations par Gabriel Rebourcet, Gallimard, coll. « Quarto », 1092 p., 24 doc., 24,90

Bien qu’il s’agisse d’une réédition à l’identique du texte paru en deux tomes chez le même éditeur en 1991 dans la collection « L’aube des peuples », l’intérêt exceptionnel de cet ensemble justifie qu’on salue sa reprise en un volume unique et une collection plus accessible.

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“L’homme qui avance devant lui”, un article de Marie Etienne

JACQUES DARRAS, LA RECONQUÊTE DU TOMBEAU D’ÉMILE VERHAEREN poésie, Le Cri, Bruxelles / LA CONJUGAISON DE PLACES AMOUREUSES proses Éd. de Corlevour / JACQUES DARRAS, POÈTE DE LA FLUIDITÉ, Actes du Colloque de l’Université de Nice, Le Cri, Bruxelles / À CIEL OUVERT Entretiens avec Yvon Le Men, Éd. La Passe du vent

Avec ses 15 publications de poésie, ses 4 pièces de théâtre, ses 16 essais, ses 22 traductions, les 66 numéros de sa revue de poésie In’hui, ses articles en revues et dans les journaux, Jacques Darras fait figure d’infatigable marcheur.

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“Peindre l’harmonie”, un article de Gilbert Lascault

LAURENT FABIUS, LE CABINET DES DOUZE, Regards sur des tableaux qui font la France, Gallimard, coll. « Témoins de l’art », 224 p., 85 ill., 22,50 €

Socialiste méditatif, amoureux de la peinture, Laurent Fabius regarde les tableaux qui l’émeuvent. Dans les musées, il les voit et les revoit. Il les aime. Avec ferveur, avec précision, il les observe de très près.

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“Journal du désastre”, un article de Maurice Mourier

ROLAND DE MARGERIE, JOURNAL (1939-1940) préface d’Éric Roussel, Grasset, 409 p., 18,50 €

Diplomate de carrière, issu d’une noble famille de grands serviteurs de l’État depuis des générations par son père, de celle d’Edmond Rostand par sa mère, Roland de Margerie, alors en poste à Londres, renonce en août 39 à ses vacances d’été, vient à Paris aux nouvelles (la signature par Ribbentrop et Molotov du premier Pacte germano-soviétique date du 23 août), y rencontre Alexis Léger, futur Saint-John Perse, alors tout-puissant secrétaire général des Affaires étrangères. Frappé par la sérénité quelque peu désinvolte de celui-ci, sa façon de minimiser les dangers de la guerre qui, à l’évidence, menace, il touche du doigt pour la première fois l’incroyable insouciance avec laquelle la France aborde un moment crucial de son Histoire.

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“Staline n’aimait pas la musique”, un article de Jean-Jacques Marie

ALEXANDER WERTH, SCANDALE MUSICAL À MOSCOU, trad. et présenté par Nicolas Werth, Tallandier, 180 p., 15,90 €

La Pravda du 10 février 1948 publie au nom du Comité central (qui n’a pas été réuni pour l’occasion et que d’ailleurs Staline ne réunissait quasiment plus) un décret prononçant une condamnation brutale des musiciens soviétiques Chostakovitch, Prokofiev, Khatchatourian et Miaskovski accusés de « formalisme ». Ces musiciens, affirme le décret dans une langue de bois policière, «font fi des goûts artistiques et des demandes des peuples de l’URSS (…) rejetant la fonction sociale de la musique, se contente[nt] de pourvoir aux goûts dégénérés d’une poignée d’individualistes esthétisants».

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“La chair invisible du travail”, un article de Patrick Faugeras

YVES CLOT, LE TRAVAIL À CŒUR, Pour en finir avec les risques psychosociaux, La Découverte, 190 p., 14,50 €

Le travail est malade, pourtant ce sont ses opérateurs qui s’effondrent, développent diverses pathologies, multiplient les troubles musculo-squelettiques, se suicident. Le travail est malade, pourtant plutôt que de s’occuper à le soigner, en s’intéressant, voire en contestant les réorganisations dont il est l’objet, pouvoirs publics, décideurs, et quelquefois les syndicats, entendent gérer et manager, à grand renfort de réformes, procédures et autres cellules de veille, la prévention de ce qu’on appelle aujourd’hui les risques psychosociaux et le soin des personnes fragilisées, dites porteuses de risque.

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“Conditions clandestines”, un article de Patrick Cingolani

LAURENCE ROULLEAU-BERGER, MIGRER AU FÉMININ, Puf, coll. « la Nature humaine », 192 p., 15 € / SÉBASTIEN CHAUVIN, LES AGENCES DE LA PRÉCARITÉ Journaliers à Chicago Seuil, coll. « Liber », 339 p., 22 €

Si la dynamique politique des sans-papiers et la sociologie de leur mobilisation a fait diversement l’objet d’analyses depuis notamment le livre de Johanna Siméant sur les luttes de la fin des années 90, l’expérience de ces mêmes sans-papiers méritait d’être revisitée à partir de leur parcours migratoire et de leur vécu du travail. Deux livres, chacun à leur manière bien différente, viennent apporter un vif éclairage sur les nouvelles conditions de la migration et les nouvelles conditions d’exploitation des immigrés.

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“La vie comme entreprise”, un article de Jean-Paul Deléage

ROBERT BARBAULT et JACQUES WEBER, LA VIE, QUELLE ENTREPRISE ! Pour une révolution écologique de l’économie, Seuil, coll. « Science ouverte », 208 p., 19€

La question qui se pose au monde et que pose ce livre est celle d’une biosphère durable. Les auteurs allient les regards de l’écologie et de l’économie, les compétences du naturaliste et celles de l’anthropologue pour construire une vision partagée de la puissance du monde vivant dont la toile fragile est déchirée par les activités humaines, dominées par les dogmes à hauts risques et irresponsables des managers néolibéraux.

Le 20e salon de la revue : 16 et 17 octobre 2010 à Paris

Entretien de Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature dans la Quinzaine littéraire

A l’occasion de l’attribution du prix Nobel de littérature à l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, voici en intégralité un entretien de l’auteur recueilli Alice Raillard et paru dans la Quinzaine littéraire le 16 février 1980.

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“Ecrire, c’est s’insérer dans la réalité”, une interview réalisée par Alice Raillard

Mario Vargas Llosa, La Tante Julia et le scribouillard, Roman, trad. de l’espagnol par Albert Bensoussan, Gallimard éd., 197 p.

Nous sommes nombreux, je crois, à avoir éprouvé le même saisissement lorsque parut, en 1966, la Casa verde (la Maison verte) de Mario Vargas LIosa, le jeune auteur de la Ville et les chiens. Trois ans après la publication de Marelle de Cortazar, un an avant celle de Cent ans de solitude de Garcia Marquez, la Maison verte fut un de ces livres qui font date. Depuis, la mise en mots du Pérou entreprise par Vargas LIosa se poursuit, foisonnante : de la dissection de Lima sous la dictature d’Odria (la Conversation à “la Cathédrale”) à la fable burlesque de Pantaléon et les visiteuses. Entre-temps, des ouvrages critiques sur Gabriel Garda Marquez et sur Flaubert, ont été aussi pour l’écrivain une façon oblique de s’interroger sur son propre rapport à la littérature et à l’écriture.

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Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature dans la Quinzaine littéraire

A l’occasion de l’attribution du prix Nobel de littérature à l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, voici en intégralité la critique de son livre “La ville et les chiens” écrite par Jacques Fessard dans la Quinzaine littéraire du 1er octobre 1966.

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“Adolescents en uniforme”, un article Jacques Fressard 

Mario Vargas Llosa, La ville et les chiens, trad. de l’espagnol par B. Lesfargues , Gallimard éd., 396 p.
La Casa Verde, Seix Barrai éd. (Barcelone). 430 p.

La ville c’est ici Lima, ou plutôt certains faubourgs ou quartiers excentriques d’un niveau social assez différent ; les “chiens” ce sont les élèves de première année de l’école militaire Leoncio Prado (sorte de prytanée à la prussienne), que leurs aînés ne considèrent pas encore dignes du titre flambant de “cadets”. Tout le roman est construit autour de ces deux pôles, l’un ouvert, l’autre fermé sur soi.

On échappe à une famille et à un milieu médiocres, dans l’espoir — plus ou moins tendu, plus ou moins inquiet — de découvrir une communauté, de devenir un homme. On retrouve ce milieu et cette famille lors des sorties dominicales ou, par le flux de la pensée, pendant les heures de garde et de consigne. On y replonge enfin, après l’épreuve, devenu homme en effet, mais non de la façon qu’on avait crue.
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Il y a quarante ans, dans la Quinzaine…

Il y a quanrante ans, le 1er octobre 1970, paraissait le n° 103 de la Quinzaine littéraire. Voici ce numéro en intégralité, dans lequel vous retrouverez les critiques de “La Guerre” de J. M. G. Le Clézio, du “Roi des Aulnes” de Michel Tournier, de “La Deuxième Personne” de Jean Bouvier-Cavoret, de “Assise devant mon décor de tempête” de Didier Pemerle, et de “Éden, Éden, Éden”, de Pierre Guyotat. Egalement au sommaire de cette Quinzaine : un entretien d’Istvan Orkeny, une exposition sur l’« Art et la politique » ainsi que sur les « Naïfs d’Haïti », mais aussi Marcel Proust, une approche pascalienne, l’”Histoire de la République gaullienne” et une réponse à Philippe Sollers, par Pierre Bourgeade

Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante ans. Cliquez sur le lien suivant pour accéder au numéro 103

Retrouvez tous les numéros anniversaires en cliquant sur ce lien

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