La Nouvelle Quinzaine littéraire n°1092 du 1er au 15 novembre 2013

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LITTÉRATURE

« Henry Roth et les demi-dieux de l’édition », un article de Claude Grimal

Henry Roth (1906-1995) est à la fois un grand auteur et un cas littéraire curieux. Son premier et remarquable roman, L’Or de la terre promise (Call it Sleep, 1934), fut favorablement accueilli, puis oublié pour des raisons de conjoncture historique (c’était la dépression ; ce fut ensuite la guerre) mais aussi pour des raisons littéraires car le livre combinait ce qui paraissait alors incompatible, à savoir le genre un peu fatigué du roman social de l’immigration et des techniques littéraires très modernes inspirées de Joyce.

HENRY ROTH – UN AMERICAIN, UN VRAI

Traduit de l’anglais par Michel Lederer, Editions de l’Olivier, 282 p., 22 euros

« Scènes d’enfant », un article de Norbert Czarny

A la toute fin de son roman, Laura Alcoba revient sur les conditions d’écriture du Bleu des abeilles. Quelques souvenirs persistants, des photos, et une correspondance partielle ont donné naissance au roman : les lettres que son père lui a adressées entre janvier 1979 et septembre 1981. Il était alors détenu dans une prison de La Plata, en Argentine.

LAURA ALCOBA – LE BLEU DES ABEILLES

Gallimard, 126 p., 15,90 euros

« La guerre du Kosovo a bien eu lieu », un article de Pierre Benetti

Les petites guerres : il y a un siècle, c’était le nom que l’armée française donnait à ses expéditions en Afrique de l’Ouest. Loin d’être des manœuvres périphériques ou des simulacres de violence, elles relevaient d’une stratégie coloniale déterminée à soumettre des territoires et des peuples ; elles n’étaient petites que par le peu d’intérêt que la métropole et son opinion publique leur accordaient – c’était une affaire lointaine qui concernait d’autres que nous et qui ne nous dérangeait guère.

ELVIRA DONES – UNE PETITE GUERRE PARFAITE

Traduit de l’italien par Leïla Pailhès, Editions Métailiécollection "Bibliothèque italienne", 178 p., 17 euros

« "Muette danse dans le silence de l’été" », un article d’Eve Charrin

Dans une campagne très française, entre tournesols et champs de maïs, une jeune fille « s’est enfuie le plus normalement du monde, en réparant son sac, en glissant à l’intérieur un pain de cinq cents grammes, deux fromages, plusieurs paquets de gâteaux secs, trois litres d’eau, des vêtements propres, sa trousse de toilette, et en refermant à clé la porte de la maison ».

ERIC PESSAN – MUETTE

Editions Albin Michel, 215 p., 16,50 euros

« Les fantômes laissent toujours des traces », un article de Gabrielle Napoli

Cinquième roman de l’écrivain français Thomas B. Reverdy, Les Évaporés transporte le lecteur au Japon, sur les traces de ces personnes brutalement disparues que l’on ne retrouve jamais, parce que l’honneur empêche de partir à leur recherche. Enquête, reportage sur le Japon d’après Fukushima, réflexion sur l’homme et sur l’amour, mais aussi sur la filiation, et sur le tristesse incommensurable de l’enfant rescapé, Les Évaporés est un roman mélancolique et envoûtant, somme toute bouleversant.

THOMAS B. REVERDY – LES EVAPORES

Editions Flammarion, 304 p., 19 euros

« Une Pénélope aux mains fines », un article de Robert Czarny

Si l’on ouvre le dernier livre de François Beaune à l’index, on aura l’impression de feuilleter un ouvrage encyclopédique ou savant. Avec aussi ce qu’il faut de fantastique puisque le bestiaire proposé fait par exemple se succéder les entrées suivantes : escargot, fantôme, fée, femme-fantôme, femme-oiseau. Les autres catégories de l’index semblent plus "normales". Il y est, entre autres, question de lieux réels.

FRANCOIS BEAUNE – LA LUNE DANS LE PUITS

Editions Verticales, 480 p., 20 euros

« Un desdichado nordique », un article de Claude Grimal

Juhani Aho (1861-1921), écrivain et journaliste finlandais, fit de septembre 1899 à mai 1900 un séjour à Paris où il s’était rendu pour couvrir
l’Exposition universelle. Sa mélancolie et la capitale française lui inspirèrent Seul (1890), un très court roman semi-autobiographique, qui
scandalisa son pays natal et gâcha le Noël de Jean Sibelius.

JUHANI AHO – SEUL

Traduit du finnois par Bénédicte Villain, Editions Rivages, 144 p., 15 euros

« Alice Munro, Prix Nobel », un article de Claude Grimal

Alice Munro a reçu le prix Nobel de littérature 2013 et nous en sommes très heureux aussi bien pour l’auteur que pour le genre souvent mal-aimé dans lequel elle travaille, la nouvelle.

« Du rire aux larmes », un article de Gabrielle Napoli

Ecrivain né à Budapest dans une famille d’intellectuels juifs, George Tabori s’exile à Londres, puis aux Etats-Unis et enfin en Allemagne. Il a travaillé pour la radio, écrit des romans, été scénariste, notamment pour Alfred Hitchcock, traducteur, metteur en scène, dramaturge, et parfois même acteur. Son théâtre est connu pour sa dimension subversive, écriture qui place en son centre une réflexion sur le nazisme et sur la Shoah. 

GEORGE TABORI – AUTODAFE

Traduit de l’allemand par Rosine Inspektor, Editions Diaphanes, 96 p., 14 euros

HISTOIRE LITTÉRAIRE

« La voix de Rose Ausländer », un article d’Odile Hunoult

Depuis quelques mois, plusieurs éditeurs donnent à entendre en français la voix de Rose Ausländer (1901-1988), longtemps dans l’ombre du Celan. Son oeuvre est pourtant considérable : l’édition intégrale réunie à partir de 1984 chez Fischer comprend huit volumes, le huitième paru en 1990, deux ans après sa mort. Son premier recueil avait été publié en 1939 à Czernowitz. Le deuxième à Vienne en 1965. L’histoire a roulé entre-temps sa roue de sang.

ROSE AUSLÄNDER – SANS VISA, tout peut servir de motif et autres proses

Traduit de l’allemand par Eva Antonnikov, Editions Héros-Limite, 114 p., 17 euros

« La chambre de la mémoire », un article de Guillaume Perrier

Le flux des publications sur Proust s’intensifie à l’approche du centenaire de Du côté de chez Swann (novembre 1913). Il ne faut pas laisser passer Chambres de Proust, paru en août dernier chez Flammarion : l’essai d’Olivier Wickers n’est pas seulement une riche étude thématique qui rappelle à sa manière la méthode critique de Jean-Pierre Richard, mais le témoignage d’une mémoire personnelle qui finit par poser la question : où vit l’oeuvre ?

OLIVIER WICKERS – CHAMBRES DE PROUST

Editions Flammarion, 303 p., 20 euros

« "Emprisonner, dire et révéler le monde", le projet ultime de Mireille Havet », un article de Marthe Compain

Mireille Havet naît en 1898 et fréquent très tôt les cercles littéraires parisiens ainsi que les artistes en vogue à son époque. Jeune poétesse prodige, publiée dès l’âge de dix-neuf ans, protégée de Guillaume Apollinaire, amie de Cocteau, elle commence sa carrière sous les meilleurs auspices et son premier roman, Carnaval, publié en 1922, reçoit également un accueil enthousiaste de la part des critiques. André Gide, Paul Morand, Edmond Jaloux, entre autres, font paraître des articles élogieux sur le roman, qui sera même sélectionné pour le prix Goncourt.

MIREILLE HAVET – CARNAVAL

Editions Claire Paulhan

« L’énigme Gazdanov », un article de Christian Mouze

Gaïto Gazdanov (1903-1971) fut reconnu dans les années vingt et trente du siècle dernier comme l’un des écrivains russes les plus prometteurs. Seulement, il n’avait jamais publié en Russie et il se refusait à utiliser une autre langue que la sienne. Seulement, il n’avait jamais publié en Russie et il se refusait à utiliser une autre langue que la sienne. L’URSS l’a ignoré, même celle de la déstalinisation : on chercherait en vain son nom dans l’Encyclopédie littéraire en neuf volumes publiée à Moscou entre 1962 et 1978, alors que bien des écrivains et philosophes de l’émigration y figurent, mais ceux-ci, il est vrai, la Russie ante-révolutionnaire les connaissait déjà. Ils gardaient leur entrée, même discrète ou dérobée. Ayant quitté la Russie et l’Armée blanche encore adolescent, Gazdanov demeurait lui, sans mot de passe.

GAÏTO GAZDANOV – LE SPECTRE D’ALEXANDRE WOLF

Traduit du russe par Jean Sendy, Postface d’Elena Balzamo, Editions Viviane Hamy, 180 p., 18 euros

LE RETOUR DU BOUDDHA

Traduit du russe par Chantal Le Brun Keris, Editions Viviane Hamy, 192 p., 20,50 euros

POÉSIE

« Choses anglaises », un article de Marc Porée

Ce titre, librement emprunté au très anglophile Patrick Mauriès, qu’on se proposera de signaler à l’attention d’un public francophone ce qui fait l’actualité de la chose anglaise ou anglophone. Chose a priori séduisante mais volontiers énigmatique pour les continentaux que nous sommes ; chose à la beauté jamais simple, donc toujours étrangement bariolée (dappled), tavelée (brinded), marquetée (pieced).

« Poésie d’errance », un article de Sophie Ehrsam

Le dernier recueil d’Alain Freixe est un cheminement vers des espaces frontières, qu’il s’agisse d’un cimetière en déshérence, d’une montagne ou d’un port. Un chant du monde impalpable mais ancré là, comme une présence d’un autre temps. Une traversée en équilibre, entre poèmes à vers courts et prose poétique bien candencée.

ALAIN FREIXE – VERS LES RIVERAINES

Editions L’Amourier, 114 p., 13,50 euros

LES INEDITS DE LA NOUVELLE QUINZAINE LITTERAIRE

« Claude Lefort, traces de Claude Cohen (2/3) », un article de Pierre Pachet

« Nous reprenons ici la publication des souvenirs de Claude Lefort amorcée dans le numéro du 15 septembre, et que la suspension de la parution du journal en octobre avait interrompue. »

ARTS

« Les fées, les scribes, les amoureux révèrent le vert », un article de Gilbert Lascault

Erudit, perspicace, historien des couleurs et des emblèmes, Michel Pastoureau (né en 1947) est directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études. Ici, il parcourt de multiples voies divergentes ; il explore une teinte ambiguë, incertaine, flottante, longtemps difficile à fabriquer : le vert.

MICHEL PASTOUREAU – VERT, HISTOIRE D’UNE COULEUR

Editions Seuil, collection "Beaux livres", 240 p., 39 euros

MUSIQUE

« La Symphonie inachevée », un article de Thierry Laisney

L’oeuvre n’est pas inachevée parce que la mort aurait "surpris" son auteur, ce n’est d’ailleurs pas la dernière symphonie de Schubert. Les raisons pour lesquelles elle comporte deux mouvements au lieu de quatre habituels nous échappent. Composée à l’automne 1822, elle n’a été dévoilée au public qu’en 1865.

PSYCHANALYSE

« Lacan, contempteur de la philosophie », un article de Michel Plon

Qu’en est-il du rapport de Lacan à la philosophie, de la place de celle-ci dans son oeuvre ? A la différence de Freud, qui tenait les philosophes et la philosophie à distance, allant jusqu’à leur reprocher leur indigence dès qu’il était question de psychologie, Lacan n’a cessé, son oeuvre durant, de fréquenter les philosophes, les anciens comme les modernes. Alain Badiou, qui publie ici le séminaire qu’il tint en 1994-1995, propose d’apporter quelques réponses à ces questions.

ALAIN BADIOU – LE SEMINAIRE, LACAN – L’ANTIPHILOSOPHIE 3

1994-1995, Editions Fayard, 275 p., 18 euros

EDITIONS ETRANGERES

« "Un amour de soi qui rend heureux" », un article de Sonia Combe

Disparue à l’âge de 94 ans, à l’été 2012, la psychanalyste allemande Margarete Mitscherlich a livré jusque peu avant sa mort ses réflexions aussi bien sur sa jeunesse sous le nazisme et l’Allemagne d’après-guerre que sur sa pratique et ses travaux. Ce recueil de textes comprend ses derniers entretiens, accompagnés d’écrits plus anciens qui illustrent son rapport au féminisme, à l’Allemagne, à la psychanalyse et à la mort. Nous n’en évoquerons ici que quelques-uns.

MARGARETE MITSCHERLICH – EINE LIEBE ZU SICH SELBST, DIE GLÜCKLICH MACHT

Editions Fischer, 266 p.

SOCIOLOGIE

« La colère peut-elle changer la société ? », un article de Marie Ceuillerai

"La société marche aux affects et aux désirs." "Il se passe quelque chose dans les humanités." La seconde proposition s’adresse aux universitaires ; la première considère la temporalité des crises des sociétés néolibérales et nous invite à reconsidérer un système économique et une politique qui ne cessent d’admettre que "ça va mal", pour maintenir l’illusion d’une issue prochaine, alors que la crise ce n’est pas quand "ça va mal" mais "quand ça change". Selon une thématique proche du livre de son complice Yves Citton, Renverser l’insoutenable (Seuil, 2012), Frédéric Lordon dégage ici une pensée de l’indignation et de ces effets "de seuil" qui font des séditions exceptionnelles, comme du plus ordinaire de la relation salariale, des situations critiques.

FREDERIC LORDON – LE SOCIETE DES AFFECTS, POUR UN STRUCTURALISME DES PASSIONS

Editions Seuil, 284 p., 22 euros

HISTOIRE

« Le petit homme et la grande utopie », un article de Jean-Michel Kantor

Svetlana Alexievitch est née en 1948 en Ukraine mais a vécu en Biélorussie. Après des études de journalisme, elle a publié un certain nombre de livres dont chacun a crée en Russie un événement et un scandale.

SVETLANA ALEXIEVITCH – LA FIN DE L’HOMME ROUGE OU LE TEMPS DU DESENCHANTEMENT

Traduit du russe par Sophie Benech, Editions Actes Sud, collection "Lettres russes", 540 p., 24,80 euros

« Portrait de l’artiste en cotte de mailles », un article de Vincent Milliot

De Léonard de Vinci (1452-1519), icône de la Renaissance, artiste universel, inventeur génial et "visionnaire", on croît tout connaître. Pascal Broist, spécialiste d’histoire (sociale) des sciences aux XVIème et XVIIème siècles, ouvre le dossier à nouveaux frais. Il dresse le portrait d’une ambition, de Florence à Milan, de Milan à la cour de France, dans le sillage de chefs de guerre et de grandes figures politiques, Ludovico Sforza dit Le More, Cesare Borgia ou Louis XII. Il brosse le tableau d’une Renaissance, toute de fureur et de brutalité. Autant que de raffinements et d’inventivité. De l’artiste, il dévoile l’humanité complexe.

PASCAL BROIST – LEONARD DE VINCI, HOMME DE GUERRE

Editions Alma, 358 p., 24 euros

THEÂTRE

« La Passion de Patrice Chéreau », un article de Monique Le Roux

Il ne conduira pas Clotilde Hesme/Rosalinde dans la forêt d’Ardennes, figurée par un seul arbre, déjà conçu par Richard Peduzzi ; il ne l’entendra pas prononcer les mots de Comme il vous plaira, traduits de Shakespeare par Yves Bonnefoy, encore retravaillés avec le poète les derniers jours. Il ne verra pas Philippe Calvario dans Les visages et les Corps, dont les premières représentations au Rond-Point ont été annulées en signe de deuil.

PATRICE CHEREAU – J’Y ARRIVERAI UN JOUR

Editions Actes Sud, 2009

La Quinzaine littéraire contrainte de suspendre sa publication en octobre

La société qui éditait La Quinzaine littéraire depuis 1966 est en liquidation. La publication sera suspendue pendant le mois d’octobre. Une nouvelle Quinzaine littéraire est en projet, grâce à votre soutien. Nous travaillons à ce qu’elle soit dans les kiosques dès novembre prochain.

Nous demandons à nos abonnés (dont l’abonnement sera prolongé d’autant), à nos lecteurs, à nos amis, dont ces derniers temps les encouragements nous ont été précieux, de supporter cette suspension de deux numéros.

Le journal créé et dirigé pendant tant d’années par Maurice Nadeau reparaîtra, d’autant plus fidèle à son inspiration de départ et à sa liberté de penser qu’il sera rénové, avec une nouvelle maquette, en faisant davantage appel à des collaborateurs extérieurs, pour rendre compte de ce qu’il y a de plus vivant et de plus original dans ce qui s’écrit, ce qui se représente, ce qui se pense aujourd’hui en France et dans le monde.

 

Pour la rédaction

Jean Lacoste, Thierry Laisney, Pierre Pachet, Tiphaine Samoyault

La Quinzaine littéraire n°1090 du 1er au 15 septembre 2013

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LITTÉRATURE

002410271« Liberté libre », un article d’Hugo Pradelle

Le monde est scindé. L’univers social et celui de la psyché, les relations qu’ils entretiennent, obéissent à des règles conventionnelles dont il est dangereux de s’écarter. Le pas de côté est néanmoins nécessaire, tout l’appelle. Pourtant, notre société s’en dégage, s’abstrait de la logique de rupture qu’un renfermement implacable induit.

YANNICK HAENEL - LES RENARDS PÂLES

192 p., 16,90 euros

9782818019245

Darrieussecq à Hollywood, un article d’Ève Charrin

Double écueil : le dernier roman de Marie Darrieussecq commence à la fois comme un film (un blockbuster américain) et comme un roman de Marguerite Duras. Le titre, Il faut beaucoup aimer les hommes, est emprunté à Duras (La Vie matérielle).

MARIE DARRIEUSSECQ - IL FAUT BEAUCOUP AIMER LES HOMMES

312 p., 18 euros

9782226249791

Un silence peuplé de sons, un article de Sophie Ehrsam

Le dernier roman de Sylvie Germain met en scène, comme souvent, des personnages meurtris par l’existence : une famille recomposée de l’après-guerre, dont les liens se distendent et se resserrent au fil des deuils et des drames. Quarante-neuf « petites scènes capitales » pour capturer l’essentiel, qui se confond parfois avec le presque rien, écrites dans une langue très sensorielle.

SYLVIE GERMAIN - PETITES SCÈNES CAPITALES

248 p., 19 euros

nue3« L’imprévu vivifie », un article de Norbert Czarny

À la fin de Nue, qui clôt le cycle de Marie, une question faussement naïve (à moins qu’elle le soit vraiment) est posée par l’héroïne au narrateur. Entre temps, des surprises et rebondissements auront confirmé que cette femme a quelque chose de bien singulier, voire d’exceptionnel.

JEAN-PHILIPPE TOUSSAINT - NUE
176 p., 14,50 euros
LA VÉRITÉ SUR MARIE
224 p., 7 euros

41bQySVPW4LLa puissance de l’imaginaire, un article d’Hugo Pradelle

Un roman surprenant qui déstabilise nos habitudes de lecture et propose, à travers des aventures picaresques menées à fond de train, une singulière plongée au cœur d’un espace sauvage où se démènent de truculents personnages.

CÉLINE MINARD - FAILLIR ÊTRE FLINGUÉ

336 p., 20 euros

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Digressions dans le détroit, un article de Norbert Czarny

S’il est un animal que l’on ne s’attend pas à voir dans l’une des îles du détroit d’Ormuz, c’est bien le léopard des neiges. Le narrateur d’Ormuz en voit un à Khasab, mais il est empaillé. Il voit aussi beaucoup d’oiseaux, quelques tortues mortes et bien sûr beaucoup de navires. On est dans un roman de Jean Rolin.

JEAN ROLIN - ORMUZ

224 p., 16 euros

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Sous le ciel indifférent, un article de Norbert Czarny

Tout commence en 1964, comme un fait divers. Un jeune homme enlève celle qu’il aime, dans une banlieue de Beyrouth. Il voudrait l’épouser et n’a pu obtenir sa main de son père. Après quelques heures de confusion, le père a gagné raison et les amants se séparent à jamais.

CHARIF MADJALANI - LE DERNIER SEIGNEUR DE MARSAD

260 p., 19 euros

002410271 copieTrouver sa langue, un article de Sophie Ehrsam

Le troisième roman de Troy Blacklaws parle de l’Afrique d’aujourd’hui, celle du Zimbabwe de Mugabe et de l’Afrique du Sud fraîchement sortie de l’apartheid. À travers les destins croisés d’un poète musicien « coloured », d’un professeur zimbabwéen en cavale et d’une bande de malfrats, justiciers à leur manière, Troy Blacklaws donne à voir la beauté et la violence d’une région du monde aux cicatrices récentes.

TROY BLACKLAWS - UN MONDE FOU, BEAU ET CRUEL

trad. de l’anglais (Afrique du Sud) par Pierre Guglielmina, 292 p., 19 euros

le-jardin-de-l-aveugle-4320532-250-400La guerre en ce jardin, un article de Claude Grimal

Le Jardin de l’aveugle est le quatrième roman de Nadeem Aslam. L’auteur, né au Pakistan, est arrivé en Angleterre en 1980 à l’âge de quatorze ans après que sa famille a dû fuir le régime du général Zia.

NADEEM ASLAM - LE JARDIN DE L’AVEUGLE

trad. de l’anglais par Claude et Jean Demanuelli, 409 p., 22,50 euros

415CS4dpd5L._Trois femmes exigeantes, un article de Monique Baccelli

Dans Les Promesses, il s’agit de trois femmes, dont la vie est plus ancrée dans la réalité, mais une réalité subtilement teintée d’irréalité. L’art de Lodoli consiste à jouer sur ces deux registres, ce qui répond, approximativement, à ce qui fut qualifié de « réalisme magique » au début du siècle dernier.

MARCO LODOLI - LES PROMESSES

trad. de l’italien par Louise Boudonnat, 345 p., 22 euros

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La vie carambouille, un article de Liliane Kerjan

Richard Ford est désormais un grand classique du répertoire américain qui suit les lignes de fuite de l’identité, la fragilité des solitaires dans les espaces immenses, le mystère des bordures. Canada, brillant roman d’investigation, émeut et accroche, oscillant entre engrenages et tableaux de beauté brute.

RICHARD FORD - CANADA

trad. de l’anglais (États-Unis) par Josée Kamoun 476 p., 22,50 euros

POÉSIE

product_169_1_515c0f507433f942155011« Il y aura quelque chose plus tard », un article de Gérard Noiret

La terre frémit et se tait.
Qui se lèvera pour lutter ? Et proclamer
que vienne du Ciel le bruit impétueux
du Vent des Quatre Temps !
Souffle le feu de l’Amour-Charité
et qu’ils revivent, enfin !

BAPTISTE-MARREY - INGEBORG, MA CONTEMPORAINE suivi de EUROPA

76 p., 11 euros

HISTOIRE LITTÉRAIRE

arton182Habiter la poésie, un article d’Alain Joubert

« Le surréalisme, qu’il s’agisse d’art, de philosophie ou de politique, est d’abord de la poésie », écrit Michel Murat dans un récent ouvrage, titré justement : Le Surréalisme. Doit-on ajouter à cela la correspondance ? Pourquoi pas !

MICHEL LEIRIS et JACQUES BARON - CORRESPONDANCE

190 p., 16,50 euros

9782221127094Poésie, mémoire et vérité, un article d’Odile Hunoult

Le livre serait déjà important s’il n’avait que le mérite de contribuer au travail historique sur ce qu’on appelle la « Shoah par balles » perpétrée par les Einzatzgruppen A, B, C et D dans le sillage de l’opération Barbarossa, l’envahissement du territoire soviétique par la Wehrmacht, déclenchée le 22 juin 1941.

ANNIE EPELBOIN et ASSIA KOVRIGUINA - LA LITTÉRATURE DES RAVINS, écrire sur la Shoah en URSS

300 p., 22 euros

PHILOSOPHIE

57330La pensée mutilée, un article de Jean Lacoste

Gisèle Berkman publie un livre qui, d’une certaine manière, veut résister, avec opiniâtreté. Mais c’est un livre de combat, et d’éclat, et de polémique, qui ne cherche pas à plaire, mais veut décrire et dénoncer une dérive contemporaine – le discrédit de la pensée, la peur de la pensée, la haine de la pensée –, un phénomène global pour lequel elle forge le terme de « dépensée ».

GISÈLE BERKMAN - LA DÉPENSÉE

260 p., 19 euros

HISTOIRE

9782070116218FSIbn Khaldoun, philosophe de l’histoire, un article d’Alain Messaoudi

En publiant ce deuxième volume consacré au Livre des Exemples d’Ibn Khaldoun (1332-1406), Abdesselam Cheddadi donne à comprendre dans toute son ampleur – sinon dans sa totalité, la partie consacrée à l’histoire des Arabes d’Orient ayant été ici laissée de côté – le chef-d’oeuvre de ce grand penseur médiéval des sciences sociales.

IBN KHALDÛN - LE LIVRE DES EXEMPLES II, histoire des Arabes et des Berbères du Maghreb

trad. de l’arabe, présenté et annoté par Abdesselam Cheddadi, 1 633 p., 76,50 euros

9782021063677Pour une autre histoire des techniques, un article d’Hélène Vérin

On ne peut que se réjouir de voir traduit en français un livre qui, comme l’affirme sa quatrième de couverture, est « un essai capital sur les rapports entre technique et société ».

DAVID EDGERTON - QUOI DE NEUF ? Du rôle des techniques dans l’histoire globale

trad. de l’anglais par Christian Jeanmougin 320 p., 22 euros

Crus et cuites, histoire du buveur, Didier Nourrisson

Qu’importe le flacon…, un article de Laurent Bihl

À travers une histoire des différentes manières de boire et des temps du boire au fil des siècles (buveur gaulois, médiéval, moderne et contemporain), la révolution industrielle au fond du verre et une consommation contemporaine « new look », Didier Nourrisson livre un essai d’histoire sociale et culturelle qui entend définir un homme « polypepsique » : un homme de toutes les soifs.

DIDIER NOURRISSON - CRUS ET CUITES, HISTOIRE DU BUVEUR

387 p., 23 euros

SCIENCES

Retour à Moscou, un article de Jean-Michel Kantor

« Je reviens à Moscou après un an d’absence. L’atmosphère est plus légère, iPod et iPad fleurissent dans les rues et le métro – le Wifi est disponible dans de nombreux lieux publics. Intellectuels et classe moyenne se préparent à des vacances, les uns en Turquie, les autres au Portugal. On n’a pas vraiment l’impression d’un retour à la guerre froide comme les médias français le décrivent en abondance. »

ARTS

7762449067_l-exposition-roy-lichtenstein-au-centre-pompidouUn hameçon, une bague, des miroirs inhabités, un article de Gilbert Lascault

Méthodique, précis, ironique, distant, attentif, Roy Lichtenstein (1923-1997) choisit les lignes nettes, les agrandissements des trames d’imprimerie (les points), les couleurs vives et lisses.

EXPOSITION ROY LICHTENSTEIN - Centre Georges-Pompidou - 3 juillet – 4 novembre 2013

Livre-catalogue de l’exposition, sous la direction de Camille Morineau, Éditions du Centre Pompidou, 226 p., 39,90 euros

ROY LICHTENSTEIN - CE QUE JE CRÉE, C’EST DE LA FORME - Entretiens, 1963-1997

Éditions du Centre Pompidou, 144 p., 19 euros

TÉLÉVISION

1246208Du plaisir en séries, un article de Lucien Logette

Dans les années soixante, il n’était pas question, pour un cinéphile sérieux, de s’intéresser aux séries que la télévision programmait sur ses deux chaînes. Un chercheur désireux de travailler sur le sujet et qui explorerait les nombreuses revues de cinéma de l’époque ne ramènerait certainement pas grand chose dans ses filets.

La Gifle - Huit épisodes
Arte, à partir du 5 septembre
3 DVD, éditions Montparnasse

THÉÂTRE

stanislas-nordey-locataire-de-la-paroleStanislas Nordey, artiste associé du Festival d’Avignon, un article de Monique Le Roux

Ne pas être à Avignon pour le rendez-vous de juillet : en 2003 à cause de l’annulation consécutive à la lutte des intermittents, en 2013 de la trop grande incertitude, alors, quant à l’avenir de La Quinzaine littéraire ; maintenir la chronique théâtrale : en 2003 la consacrer à Didier-Georges Gabily, à qui le festival aurait dû rendre hommage, en 2013 à un livre important de Frédéric Vossier sur un des deux artistes associés de la soixante-septième édition : Stanislas Nordey, locataire de la parole.

FRÉDÉRIC VOSSIER - STANISLAS NORDEY, LOCATAIRE DE LA PAROLE

Les Solitaires intempestifs, 448 p., 23 euros

MUSIQUE

Hommage à Jacques Barzun, un article de Thierry Laisney

À l’automne dernier est mort, à la veille de ses cent cinq ans, l’historien et essayiste américain d’origine française Jacques Barzun (1907-2012). Nombre de ses travaux sont consacrés à la musique, à Berlioz en particulier, dont il était un « spécialiste » reconnu.

VITRINE

61nQ0JhrHOL._SL1446_L’entarteur de René Girard, un article de Dominique Goy-Blanquet

René Pommier s’est donné pour mission de pourfendre les sottises et outrances d’intellectuels qui ont trouvé un large écho médiatique. Assez décodé ! hurlait-il en 1978 dans un ouvrage où il dézinguait les adeptes de la « Nouvelle Critique ». Parmi ses cibles les plus illustres, Roland Barthes, Lucien Goldmann, Sigmund Freud, et sa préférée, René Girard.

RENÉ POMMIER - ÊTRE GIRARDIEN OU NE PAS ÊTRE, Shakespeare expliqué par René Girard

Kimé, coll. « Détours littéraires », 158 p., 19 euros

A tous les souscripteurs de la SCLQL

Afin de de déposer les statuts de la société participative SCLQL au tribunal de commerce de Paris, chaque souscripteur doit faire parvenir à l’attention de Me Benoit Huet, Lysias Partner, 5 rue Censier 75005 Paris, un pouvoir mandatant soit Mr Jean Lacoste, Président de la SCLQL, soit le cabinet Lysias Partner en la personne de Maître Benoit Huet et Maître Emmanuel Tordjman, afin de signer les statuts de la société en leur nom et d’effectuer toutes les démarches pour constituer la société.

Si vous êtes souscripteur, il vous faut donc imprimer la pièce jointe, la remplir, la signer puis l’envoyer au cabinet Lysias Partner.

L’ancienne société éditrice SELIS de la Quinzaine littéraire étant en liquidation judiciaire, c’est l’Association des Amis de la Quinzaine littéraire qui, grâce à vos dons, prend le relais pour permettre la poursuite de la publication du journal en attendant la constitution définitive de la nouvelle société éditrice.

La Quinzaine littéraire continue, grâce à vous !

SOCIETE DES CONTRIBUTEURS ET DES LECTEURS DE LA QUINZAINE LITTERAIRE (SCLQL)

—————————————— PROCURATION —————————————–

Je soussigné(e) ……………..,

Adresse……………..

Adresse email …………..

Téléphone ……….

Donne par ces présentes pouvoir à Monsieur Jean LACOSTE, ou à un mandataire qu’il désignerait pour se substituer à lui, et notamment le cabinet d’avocats Lysias Partners pris en la personne de Maître Emmanuel TORDJMAN et de Maître Benoit HUET ;

Afin d’accomplir toute démarche en mon nom pour la constitution d’une société par actions simplifiée (SAS) ayant pour objet de détenir des titres de la société éditant le journal La Quinzaine Littéraire.

La dénomination de cette société sera la Société des Contributeurs et des Lecteurs de la Quinzaine Littéraire, son premier président sera Monsieur Jean LACOSTE, et son siège sera situé au 39, rue Claude Bernard, à Paris (75005). Les premiers membres du comité d’agrément prévu par les statuts seront, outre le président de la société, Monsieur Thierry LAISNEY, Madame Marie ETIENNE, Madame Patricia DE PAS et Monsieur Yann GAILLARD.

Je donne à cet effet, tout pouvoir au mandataire désigné par les présentes en vue de signer les statuts de cette société et d’effectuer toute démarche, demande, déclaration, auprès du Centre de Formalités des Entreprises, et du Greffe du Tribunal de Commerce de Paris, et notamment aux fins de procéder aux formalités de publicité et de dépôt des actes relatifs à la constitution de la société.

Fait à ……………..

Le ……………..,

Signature du mandataire ( M. Jean LACOSTE)                  Signature du  mandant                                                                                                                    

AG Constitutive de la Société des Contributeurs et des Lecteurs de la Quinzaine littéraire

Vendredi 12 juillet, l’assemblée générale constitutive de la Société des Contributeurs et Lecteurs de la Quinzaine littéraire (SAS)

se tiendra à 9 heures au Centre Wallonie-Bruxelles, 46 rue Quincampoix, 75004 Paris.

A l’ordre du jour, approbation des statuts définitifs de la SCLQL, l’élection de son Président et de membres du Comité d’Agrément de la société.

 

STATUTS (provisoires) de la  SOCIETE DES CONTRIBUTEURS ET DES LECTEURS DE LA QUINZAINE LITTERAIRE au capital de 91000 euros

SOCIETE PAR ACTIONS SIMPLIFIEE, au capital de 91 000 €, Siège social : 145 rue Raymond LOSSERAND 75015 PARIS

ARTICLE 1er –FORME

Il existe, entre les propriétaires des titres de capital ci-après dénombrés, une société par actions simplifiée régie par les dispositions législatives et réglementaires applicables à cette forme de société et par les présents statuts.

La société a été constituée par acte établi sous seing privé à PARIS,  le 12 juillet 2013.

Elle ne peut faire publiquement appel à l’épargne.

ARTICLE 2 – DENOMINATION

La société est dénommée Société des Contributeurs et des Lecteurs de La Quinzaine Littéraire, ou en abrégé « SCLQL »

Dans tous les actes et documents émanant de la société et destinés aux tiers, la dénomination doit être précédée ou suivie immédiatement des mots « société par actions simplifiée » ou des initiales « S.A.S. » et de l’énonciation du capital social.

ARTICLE 3 – OBJET

La société a pour objet de détenir des Titres de la société éditant le journal La Quinzaine Littéraire.

Elle regroupe des personnes physiques ou morales attachées à l’existence de La Quinzaine littéraire, soucieuses d’en assurer l’indépendance et de contribuer à son développement

Elle peut réaliser toutes les opérations qui sont compatibles avec cet objet, s’y rapportent et contribuent à sa réalisation.

ARTICLE 4 – SIEGE

Le siège de la société est fixé à PARIS 14e, sis 145 rue RAYMOND LOSSERAND.

Il peut être transféré en tout autre endroit du même département ou d’un département limitrophe par décision du Président, et en tout autre lieu, par l’Assemblée Générale Ordinaire des associés.

ARTICLE 5 – DUREE

La durée de la société est de 99 années, à compter de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés, sauf prorogation ou dissolution anticipée.

ARTICLE 6 – FORMATION DU CAPITAL

Les apports faits par les associés à la constitution de la société, d’un montant de 91 000 (quatre-vingt onze mille)  (somme provisoire arrêtée au 12 juillet 2013)euros et formant le capital d’origine ont tous été des apports de numéraire.

Toutes les actions d’origine représentant des apports de numéraire ont été libérées chacune de la totalité de leur valeur nominale.

La somme totale versée par les associés, soit de 91 000 (quatre-vingt onze mille)  euros  (somme provisoire arrêtée au 12 juillet 2013) a été déposée par la Banque BRED , Agence qui a délivré à la date du … le certificat prescrit par la loi, sur présentation de la liste des associés, mentionnant les sommes versées par chacun d’eux, annexée à chaque original des présentes.

ARTICLE 7 – CAPITAL SOCIAL

Le capital social est fixé à la somme de 91 000 (quatre-vingt onze mille) euros (somme provisoire arrêtée au 12 juillet 2013)

Il est divisé en 910 actions ordinaires d’une valeur nominale de 100 euros chacune. (nombre provisoire arrêté au 12 juillet 2013)

ARTICLE 8 – AUGMENTATION DE CAPITAL

Le capital social peut être augmenté soit par émission d’actions ordinaires, soit par majoration du montant nominal des titres de capital existants. Il peut également être augmenté par l’exercice de droits attachés à des valeurs mobilières ou d’options donnant accès au capital.

La collectivité des associés est compétente pour augmenter le capital par décision extraordinaire. Elle peut déléguer cette compétence au président de la société dans les conditions et limites prévues par la loi. Lorsqu’elle décide l’augmentation de capital, elle peut aussi déléguer au président de la société le pouvoir de fixer les modalités de l’émission des titres.

Les associés ont un droit préférentiel de souscription aux actions de numéraire émises pour réaliser une augmentation de capital.

La transmission du droit de souscription comme la renonciation individuelle d’un associé à ce droit sont soumises aux dispositions prévues par les présents statuts pour la transmission des actions elles-mêmes. La collectivité des associés peut supprimer le droit préférentiel de souscription des associés dans les conditions fixées par la loi.

En cas d’augmentation de capital par apport en nature, un ou plusieurs commissaires aux apports sont désignés par décision de justice.

La collectivité des associés peut aussi par décision extraordinaire augmenter le capital au moyen de l’incorporation de réserves, bénéfices ou primes d’émission, qui donne lieu soit à l’élévation de la valeur nominale des titres de capital existants soit à l’attribution de titres gratuits aux associés à proportion de leur participation au capital à la date de l’augmentation.

Les augmentations du capital sont réalisées nonobstant l’existence de « rompus ».

Dans le silence de la convention des parties, les droits respectifs de l’usufruitier et du nu-propriétaire de titres de capital auxquels est attaché un droit préférentiel de souscription s’exercent conformément aux dispositions légales en vigueur.

ARTICLE 9 – AMORTISSEMENT ET REDUCTION DU CAPITAL

Le capital peut être amorti par une décision extraordinaire des associés au moyen de sommes distribuables au sens de la loi.

Le capital peut également être réduit pour cause de pertes ou par voie de remboursement, de rachat ou de conversion de titres de capital.

La réduction du capital est autorisée ou décidée par décision extraordinaire des associés. Elle s’opère soit par voie de réduction de la valeur nominale des titres, soit par réduction de leur nombre, auquel cas les associés sont tenus de céder ou d’acheter les titres qu’ils ont en trop ou en moins, pour permettre l’échange des titres anciens contre les titres nouveaux. En aucun cas, la réduction du capital ne peut porter atteinte à l’égalité des associés.

ARTICLE 10 – COLLEGES D’ASSOCIES – FORME DES ACTIONS

 10.1 Collèges d’associés

 Dès son immatriculation, il sera créé au sein de la société les deux collèges suivants :

-        Le premier collège d’associés sera composé des contributeurs de La Quinzaine littéraire.

-        Le second collège d’associés sera composé des lecteurs de La Quinzaine littéraire.

10.2 Forme des actions

Les titres de capital et toutes autres valeurs mobilières pouvant être émis par la société revêtent obligatoirement la forme nominative et sont inscrits au nom de leur titulaire à un compte tenu par la société, qui peut désigner, le cas échéant, un mandataire à cet effet.

ARTICLE 11 – INDIVISIBILITE DES TITRES DE CAPITAL

Les titres de capital sont indivisibles à l’égard de la société. Les propriétaires indivis d’actions sont représentés aux décisions collectives par l’un d’eux ou par un mandataire commun de leur choix. A défaut d’accord entre eux sur le choix d’un mandataire, celui-ci est désigné par ordonnance du président du tribunal de commerce statuant en référé à la demande du copropriétaire le plus diligent.

Le droit de vote attaché à l’action est exercé par le propriétaire des actions mises en gage.

En cas de démembrement de la propriété d’une action, il appartient à l’usufruitier dans les décisions ordinaires et au nu-propriétaire dans les décisions extraordinaires.

ARTICLE 12 – TRANSMISSION DES TITRES DE CAPITAL – AGREMENT

Les titres de capital sont librement cessibles par les associés. Seuls les titres libérés des versements exigibles peuvent être admis à ces opérations.

Toutefois, le Cessionnaire est soumis à l’agrément du comité spécialement institué à cet effet.

1) Comité d’Agrément

Il est institué un comité d’agrément des cessions d’actions composé :

-        du Président de la SAS Société des Contributeurs et des Lecteurs de la Quinzaine Littéraire

-        de deux représentants des Contributeurs de la Quinzaine Littéraire

-        de deux représentants des Lecteurs de la Quinzaine Littéraire

Leur désignation est soumise à l’Assemblée Générale ordinaire.

La mission du Comité sera d’examiner les projets de cession éventuellement soumis par les associés au Président et de donner son avis sur l’agrément du cessionnaire. La décision du Comité n’a pas à être motivée et n’est pas susceptible de réclamations.

Les décisions du Comité sont prises à la majorité simple.

Il ne peut valablement délibérer qu’à la condition que 3 des 5 membres du Comité soient présents ou représentés.

2) Notification du projet

Toute opération ayant pour conséquence le transfert d’un droit quelconque de propriété sur un ou plusieurs titres de capital est soumis à l’Agrément selon les modalités ci-après après.

Le projet d’opération est notifié au Président par lettre recommandée avec avis de réception qui dispose d’un délai de 15 jours pour réunir le comité.

Cette notification comporte :

-        Une description précise de l’opération envisagée

-        Le nombre d’actions concernées par l’opération

-        Le prix

-        Le nom du cessionnaire et le cas échéant l’identité de la personne détenant le contrôle du cessionnaire

-        Les conditions de paiement et les modalités qui accompagneraient éventuellement l’opération, et un écrit du cessionnaire indiquant avoir pris parfaite connaissance des dispositions du présent pacte, des présents statuts et prenant l’engagement d’y adhérer, ainsi que tous les documents établissant la réalité de l’opération envisagée.

La décision du comité est notifiée au Cédant par lettre recommandée avec avis de réception.

3) Procédure d’Agrément

A compter de la notification au Président de la Société, le Comité d’agrément dispose d’un délai d’un mois pour statuer.

A défaut de décision prise par le Comité et notifiée au Cédant, dans ce délai d’un mois, l’Agrément est accordé au cessionnaire proposé par l’associé cédant.

En cas de refus par le Comité, le Cédant dispose d’un délai de 15 jours pour indiquer s’il renonce à son projet de cession.

Si le Cédant ne renonce pas à son projet, la société se trouve dans l’obligation de se porter acquéreur des titres en vue de la réduction de son capital et ce dans les 3 mois de la notification du refus. Le comité peut cependant agréer un tiers proposé par la Société, pour procéder à la cession.

Le prix de cession est fixé par le cédant et à défaut d’accord, il est déterminé à dire d’expert selon les modalités prévues à l’article 1843-4 du Code civil. Les frais d’expertise sont supportés pour moitié par la société et pour moitié par le Cédant.

Le prix est payable comptant lors de la réalisation de la cession ou de la réduction de capital social, lesquelles doivent intervenir dans le mois de la détermination définitive du prix.

Il est stipulé que les dividendes appartiennent au titulaire des titres au jour de la décision de mise en distribution de ceux-ci.

ARTICLE 13 – DECES D’UN ASSOCIE

En cas de décès d’un associé, la société continue entre les associés survivants et les héritiers, légataires, ou conjoint de l’associé décédé, à condition que ceux-ci soient agrées dans les conditions énoncées à l’article 12 des présents statuts.

ARTICLE 14 – DROITS ET OBLIGATIONS ATTACHES AUX TITRES DE CAPITAL

La possession d’un titre de capital emporte de plein droit adhésion aux statuts et aux décisions régulièrement prises par les associés.

Les associés ne supportent les pertes qu’à concurrence de leurs apports.

Sauf à tenir compte, s’il y a lieu, des droits de titres de capital de catégories différentes qui pourraient être émis, chaque titre de capital donne droit à une part proportionnelle à la quotité du capital qu’il représente dans les bénéfices, l’actif social et le boni de liquidation.

Sous la même réserve et, le cas échéant, sous réserve de prescriptions impératives, il sera fait masse entre tous les titres de capital indistinctement de toutes exonérations ou imputations fiscales, comme de toutes taxations susceptibles d’être prises en charge par la société, avant de procéder à tout remboursement au cours de l’existence de la société ou à sa liquidation, de telle sorte que, compte tenu de leur valeur nominale respective, tous les titres de capital alors existants reçoivent la même somme nette quelles que soient leur origine et leur date de création.

Le droit de vote attaché aux titres de capital est proportionnel à la quotité du capital qu’ils représentent et chaque titre de capital donne droit à une voix.

Toutefois, la société ne peut valablement exercer le droit de vote attaché aux actions propres qu’elle pourrait détenir.

ARTICLE 15 – PRESIDENT DE LA SOCIETE

La société est dirigée et représentée par son président.

Le président de la société est désigné pour une durée de 3 ans, par décision collective ordinaire des associés. Le premier président est nommé pour une durée identique à celle indiquée dans les présents statuts en article 26.

Le président de la société peut résilier ses fonctions en prévenant les associés trois mois au moins à l’avance. Il peut être révoqué à tout moment par décision collective ordinaire des associés. Toute révocation n’ouvrira pas droit à indemnisation.

En cas de cessation des fonctions du président de la société, tout associé provoque une décision collective à seule fin de procéder à son remplacement.

Le président de la société dirige et administre la société. A cet effet, il est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société dans la limite de l’objet social et sous réserve des pouvoirs attribués par les dispositions légales ou les présents statuts à la collectivité des associés.

A titre de règle interne, inopposable aux tiers, le président de la société ne peut, sans l’autorisation de la collectivité des associés prise par décision ordinaire :

-      contracter des emprunts

-      effectuer des achats, échanges ou ventes d’établissements commerciaux ou d’immeubles,

-      constituer des sûretés, consentir des cautionnements, avals et garanties,

-      prononcer la dissolution anticipée d’une filiale dont la société détient la totalité des titres de capital et des droits de vote.

L’Assemblée Générale Ordinaire votera chaque année un budget de fonctionnement pour l’année sociale.

Le président de la société la représente à l’égard des tiers.

Il provoque les décisions collectives des associés en vue desquelles il rédige des projets de résolution et un rapport circonstancié qui les explique et les justifie.

Le président de la société exerce ses fonctions gratuitement. Les frais qu’ils engagent dans l’intérêt de la société lui seront remboursés sur justificatifs.

ARTICLE 16 – CONVENTIONS ENTRE LA SOCIETE ET SES DIRIGEANTS OU UN ASSOCIE

Les conventions intervenant, directement ou par personne interposée, entre la société et son président, l’un de ses dirigeants, l’un de ses associés disposant d’une fraction des droits de vote supérieure à dix pour cent (10 %) ou, s’il s’agit d’une société associée, la société la contrôlant au sens de l’article L. 233-3 du Code de Commerce, sont soumises à un contrôle des associés.

Le commissaire aux comptes présente aux associés un rapport sur ces conventions. Les associés statuent sur ce rapport lorsqu’ils statuent sur les comptes annuels, l’associé intéressé par la convention ne peut prendre part au vote et ses titres de capital ne sont pas pris en compte pour le calcul de la majorité.

Sauf exception prévue par la loi, les conventions portant sur les opérations courantes conclues à des conditions normales sont communiquées au commissaire aux comptes, et à tout associé sur sa demande.

A peine de nullité du contrat, il est interdit au président de la société et aux dirigeants, autres que les personnes morales, de contracter, sous quelque forme que ce soit, des emprunts auprès de la société, de se faire consentir par elle un découvert en compte courant ou autrement, ainsi que de faire cautionner ou avaliser par elle leurs engagements envers les tiers. La même interdiction s’applique aux dirigeants de la personne morale président de la société ou directeur général. Elle s’applique également aux conjoints, ascendants et descendants des personnes visées au présent alinéa, ainsi qu’à toute personne interposée.

ARTICLE 17 – COMMISSAIRES AUX COMPTES

Le contrôle de la société pourra être exercé par un ou plusieurs commissaires aux comptes qui exercent leurs fonctions dans les conditions prévues par la loi.

Ils sont désignés par décision collective ordinaire des associés.

Ils sont convoqués à toutes les assemblées des associés en même temps que ceux-ci et avisés à la diligence du président de la société de toutes autres décisions collectives.

ARTICLE 18 – OBJET DES DECISIONS COLLECTIVES

Les décisions collectives des associés sont ordinaires ou extraordinaires.

Les décisions extraordinaires concernent tout objet pouvant entraîner directement ou indirectement une modification des statuts y compris, toute opération de fusion et d’apport partiel d’actif soumis au régime des scissions ainsi que l’émission d’obligations.

Toutes les autres décisions sont ordinaires.

ARTICLE 19 – FORME ET MODALITES DES DECISIONS COLLECTIVES

1. Les décisions collectives résultent, au choix du président de la société, d’une assemblée ou d’une consultation écrite des associés. Elles peuvent également résulter du consentement de tous les associés exprimé dans un acte.

2. L’assemblée est convoquée quinze (15) jours au moins avant la réunion, soit par lettre ordinaire ou recommandée, soit par télécopie, soit par un moyen électronique de télécommunication (notamment un courrier électronique). Elle indique l’ordre du jour.

Seules les questions inscrites à l’ordre du jour sont mises en délibération à moins que les associés soient tous présents et décident d’un commun accord de statuer sur d’autres questions.

Un ou plusieurs associés détenant la moitié des titres de capital peuvent demander la réunion d’une assemblée.

L’assemblée est présidée par le président de la société à condition qu’il soit associé. A défaut, elle élit son président.

Une feuille de présence indiquant les noms et domiciles des associés et de leurs représentants ou mandataires, ainsi que le nombre d’actions détenues par chaque associé, est émargée par les membres de l’assemblée. Toutefois, le procès-verbal de l’assemblée tient lieu de feuille de présence, lorsqu’il est signé de tous les associés présents.

3. En cas de consultation écrite, le président de la société adresse à chaque associé, soit par lettre ordinaire ou recommandée, soit par télécopie soit par un moyen électronique de télécommunication (notamment un courrier électronique), le texte des projets de résolution ainsi que les documents nécessaires à leur information.

Les associés disposent d’un délai de quinze (15) jours à compter de la date de réception des résolutions pour émettre leur vote par écrit, le vote étant pour chaque résolution, formulé par les mots «oui » ou « non ». La réponse est adressée soit par lettre ordinaire ou recommandée, soit par télécopie soit par un moyen électronique de télécommunication (notamment un courrier électronique). Tout associé n’ayant pas répondu dans le délai ci-dessus est considéré s’étant abstenu.

4. Tout associé a droit de participer aux décisions collectives du moment que ses titres de capital sont inscrits à son nom à la date, selon le cas, de l’assemblée, de l’envoi des documents en vue d’une consultation écrite ou de l’acte.

Il peut se faire représenter par son conjoint ou par un autre associé.

5. Toute délibération de l’assemblée des associés est constatée par un procès-verbal qui indique notamment la date et le lieu de la réunion, l’identité du président de séance, le mode de convocation, l’ordre du jour, les documents et rapports soumis à l’assemblée, un résumé des débats, le texte des projets de résolution mis aux voix et le résultat des votes. En cas de consultation écrite, le procès-verbal qui en est dressé et auquel est annexée la réponse de chaque associé, fait mention de ces indications, dans la mesure où il y a lieu.

Les procès-verbaux sont établis et signés par le président de la société ou, le cas échéant, de séance, sur un registre spécial tenu à la diligence du président.

Lorsque la décision des associés résulte de leur consentement exprimé dans un acte, cette décision est mentionnée, à sa date, dans le registre spécial. L’acte lui-même est conservé par la société de manière à permettre sa consultation en même temps que le registre.

Les copies ou extraits des procès-verbaux de délibération sont valablement certifiés par le président de la société. En cas de liquidation, ils sont valablement certifiés par un liquidateur.

ARTICLE 20 – REGLES DE MAJORITE REQUISES POUR L’ADOPTION DES DECISIONS COLLECTIVES

1. Les décisions suivantes sont prises à l’unanimité des associés :

-        modification, adoption ou suppression des clauses statutaires visées à l’article 227-19 du Code de Commerce,

-        augmentation de l’engagement des associés, en ce compris la transformation de la société dans une forme sociale qui entraîne pour eux une responsabilité indéfinie,

-        changement de la nationalité de la société.

2. Sous ces réserves, l’Assemblée Générale Extraordinaire ne délibère valablement sur première convocation que si les associés présents ou représentés possèdent au moins deux tiers des actions ayant droit de vote. Les décisions sont prises à la majorité des deux tiers des voix dont disposent les associés présents ou représentés. Sur deuxième convocation aucun quorum n’est requis.

L’Assemblée Générale Ordinaire ne délibère valablement sur première convocation que si les associés présents ou représentés possèdent au moins la moitié des actions ayant droit de vote. Les décisions sont prises à la majorité de la moitié des voix dont disposent les associés présents ou représentés. Sur deuxième convocation aucun quorum n’est requis.

ARTICLE 21 – DROIT D’INFORMATION DES ASSOCIES

Tout associé a le droit de prendre par lui-même, au siège social, connaissance des documents suivants concernant les trois derniers exercices : comptes annuels individuels et, le cas échéant, consolidés, inventaires, rapports soumis aux associés et procès-verbaux des décisions collectives.

En vue de leur approbation, les comptes annuels, individuels et le cas échéant consolidés, les rapports du commissaire aux comptes, le rapport de gestion, tout autre rapport ou document requis par la législation en vigueur et le texte des projets de résolution sont tenus à la disposition des associés quinze (15) jours au moins avant la date où ils sont appelés à les approuver. Ils sont adressés à tout associé qui en fait la demande dans ce délai.

Pour toute autre consultation, le président de la société adresse ou remet aux associés avant qu’ils ne soient invités à prendre leurs décisions, le texte des projets de résolution et le rapport sur ces projets ainsi que, le cas échéant, le rapport du commissaire aux comptes et des commissaires à compétence particulière.

Un ou plusieurs associés représentant au moins cinq pour cent (5 %) du capital social peuvent, deux fois par exercice, poser par écrit des questions au président de la société sur tout fait de nature à compromettre la continuité de l’exploitation.

ARTICLE 22 – EXERCICE SOCIAL – COMPTES SOCIAUX

L’exercice social commence le premier janvier et se termine le 31 décembre de chaque année.

Par dérogation, le premier exercice social de la société commencera au jour de l’immatriculation de la société au RCS et s’achèvera le 31 décembre 2014.

A la clôture de chaque exercice, le président de la société dresse l’inventaire de l’actif et du passif, les comptes annuels et établit un rapport de gestion.

Ces documents comptables et ce rapport sont mis à la disposition du commissaire aux comptes un mois au moins avant la date à partir de laquelle les associés peuvent exercer leur droit d’information.

Ils sont présentés et soumis pour approbation aux associés dans les six mois suivant la date de clôture de l’exercice.

Lorsque des comptes consolidés sont établis, ils sont également présentés et soumis aux associés dans les mêmes conditions et délai.

ARTICLE 23 – AFFECTATION ET REPARTITION DU BENEFICE

La différence entre les produits et les charges de l’exercice constitue le bénéfice ou la perte de l’exercice.

Sur le bénéfice diminué, le cas échéant, des pertes antérieures, il est prélevé cinq pour cent pour constituer le fonds de réserve légale. Ce prélèvement cesse d’être obligatoire lorsque le fonds de réserve a atteint une somme égale au dixième du capital social. Il reprend son cours lorsque, pour une cause quelconque, la réserve est descendue au-dessous de ce dixième.

Le bénéfice distribuable est constitué par le bénéfice de l’exercice diminué des pertes antérieures et du prélèvement prévu ci-dessus et augmenté des reports bénéficiaires.

Ce bénéfice est à la disposition des associés qui, sur proposition du président de la société peuvent, en tout ou en partie, le reporter à nouveau, l’affecter à des fonds de réserve généraux ou spéciaux, ou le distribuer aux associés à titre de dividende.

En outre, les associés peuvent décider la distribution de sommes prélevées sur les réserves dont ils ont la disposition ; en ce cas, la décision indique expressément les postes de réserves sur lesquels les prélèvements sont effectués. Toutefois, le dividende est prélevé par priorité sur le bénéfice distribuable de l’exercice.

L’écart de réévaluation n’est pas distribuable ; il peut être incorporé en tout ou en partie au capital.

Le président de la société peut, avant l’approbation des comptes, distribuer des acomptes sur dividendes dans les conditions fixées par la loi.

ARTICLE 24 – PERTE DU CAPITAL – DISSOLUTION

Si les pertes constatées dans les documents comptables ont pour effet d’entamer le capital dans la proportion fixée par la loi, le président de la société est tenu de suivre, dans les délais impartis, la procédure s’appliquant à cette situation et, en premier lieu, de provoquer une décision collective extraordinaire des associés à l’effet de décider s’il y a lieu à dissolution anticipée de la société. La décision des associés est publiée.

La dissolution anticipée peut aussi résulter, même en l’absence de pertes, d’une décision collective, extraordinaire des associés.

La réunion en une seule main de tous les titres de capital n’entraîne pas la dissolution de la société. La société continue d’exister avec l’associé unique qui exerce les pouvoirs dévolus à la collectivité des associés.

ARTICLE 25 – LIQUIDATION

Dès l’instant de sa dissolution, la société est en liquidation sauf dans les cas prévus par dispositions légales.

La dissolution met fin aux mandats des dirigeants sauf à l’égard des tiers, par l’accomplissement des formalités de publicité. Elle ne met pas fin au mandat des commissaires des comptes.

Les associés nomment par décision collective ordinaire un ou plusieurs liquidateurs dont ils déterminent les fonctions et fixent la rémunération. Le ou les liquidateurs sont révoqués et remplacés selon les formes prévues pour leur nomination. Leur mandat leur est, sauf stipulation contraire, donné pour toute la durée de la liquidation.

Le président de la société doit remettre ses comptes aux liquidateurs avec toutes pièces justificatives en vue de leur approbation par une décision collective ordinaire des associés.

Tout l’actif social est réalisé et le passif acquitté par le ou les liquidateurs qui ont à cet effet les pouvoirs les plus étendus et qui, s’ils sont plusieurs, ont le droit d’agir ensemble ou séparément.

Pendant toute la durée de la liquidation, les liquidateurs doivent provoquer une décision collective ordinaire des associés chaque année dans les mêmes délais, formes et conditions que durant la vie sociale. Ils provoquent en outre des décisions collectives ordinaires ou extraordinaires chaque fois qu’ils le jugent utile ou nécessaire. Les associés peuvent prendre communication des documents sociaux, dans les mêmes conditions qu’antérieurement.

En fin de liquidation, les associés par une décision collective ordinaire statuent sur le compte définitif de liquidation, le quitus de la gestion du ou des liquidateurs et la décharge de leur mandat.

Ils constatent dans les mêmes conditions la clôture de la liquidation.

Si les liquidateurs et commissaires négligent de faire statuer les associés, le président du tribunal de commerce, statuant par ordonnance de référé, peut, à la demande de tout associé, désigner un mandataire pour procéder à cette convocation. Si l’assemblée de clôture ne peut délibérer ou si elle refuse d’approuver les comptes de liquidation, il est statué par décision du tribunal de commerce, à la demande du liquidateur ou de tout intéressé.

L’actif net, après remboursement du nominal des actions, est partagé également entre tous les titres de capital.

ARTICLE 26 – NOMINATION DU PREMIER PRESIDENT DE LA SOCIETE –NOMINATION DES COMMISSAIRES AUX COMPTES – NOMINATION DES PREMIERS MEMBRES DU COMITE D’AGREMENT

Le premier président de la société est Monsieur …, soussigné, qui déclare accepter cette fonction et satisfaire à toutes les conditions requises par les statuts pour l’exercice desdites fonctions.

Il est nommé pour une durée de 3 ans. Le renouvellement de son mandat par période de 3 ans sera ensuite soumis à la décision ordinaire des associés réunis en Assemblée Générale selon les stipulations de l’article 15 des présentes.

[VT1]

Sont nommés commissaires aux comptes de la société pour les six premiers exercices :

-        Monsieur Nom – Adresse,

commissaire aux comptes titulaire,

-        Monsieur Nom – Adresse,

commissaire aux comptes suppléant qui exercera, le cas échéant, ses fonctions pour le temps restant à courir du mandat confié au titulaire ou pendant le temps où celui-ci sera temporairement empêché.

[VT2]

Les commissaires ainsi nommés n’ont vérifié aucune opération d’apport ou de fusion consentie à la société ou à une société que celle-ci est appelée à contrôler.

Ils ont donné toutes les informations requises en vue de leur désignation et ont déclaré accepter leur mandat et remplir les conditions exigées pour l’exercer.

Le premier collège des 5 associés membres du Comité d’agrément est nommé pour une durée d’une année jusqu’à la première Assemblée Générale appelée à statuer sur les comptes de l’exercice clos le 31/12/2014

Il sera composé de

-      Monsieur / Madame , demeurant

-      Monsieur / Madame , demeurant

-      Monsieur / Madame , demeurant

-      Monsieur / Madame , demeurant

-      Monsieur / Madame , demeurant

Au-delà de cette période, le renouvellement de leur mandat ou la nomination de nouveaux associés en remplacement se fera pour une durée de 2 (deux) ans sur proposition du Président et sera soumis à la décision ordinaire des associés réunis en Assemblée Générale.

[VT3]

ARTICLE 27 – PREMIER EXERCICE SOCIAL – PERSONNALITE MORALE – ENGAGEMENTS DE LA PERIODE DE FORMATION

La société jouira de la personnalité morale à dater de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés.

Le premier exercice sera clos le 31 décembre 2014. En outre, les actes souscrits pour son compte pendant la période de constitution et repris par la société seront rattachés à cet exercice.

L’état des actes accomplis à ce jour, pour le compte de la société en formation, est annexé aux présents statuts tel qu’il a été présenté aux associés.

Toutes ces opérations et les engagements en résultant seront réputés avoir été faits et souscrits dès l’origine par la société qui les reprendra à son compte par le seul fait de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés.

La reprise de tous autres engagements souscrits pour le compte de la société en formation ne peut résulter, après immatriculation de la société, que d’une décision collective ordinaire des associés.

ARTICLE 28 – PUBLICITE – POUVOIRS

Tous pouvoirs sont conférés au porteur des présentes à l’effet d’accomplir les formalités de publicité et autres nécessaires pour parvenir à l’immatriculation de la Société au Registre du Commerce et des Sociétés.

ANNEXE 1 

Liste des fondateurs de la

Société des Contributeurs et des Lecteurs de la Quinzaine Littéraire

[VT4] 

Nom

Prénom

Adresse

Montant de l’apport en numéraire

Nombre d’actions souscrites

         
         
         
         
         
         
         

 


ANNEXE 2

 

Liste des actes accomplis pour le compte de la société en formation

 

Monsieur Jean LACOSTE   

demeurant au  

Né le 

De nationalité française

Marié / Célibataire

 

 Agissant en qualité de fondateur de la Société des Contributeurs et des Lecteurs de la Quinzaine Littéraire en cours de formation,

Déclare avoir passé pour le compte de ladite Société en cours de constitution les actes et engagements détaillés dans l’état qui suit :

 1/ Ouverture d’un compte bancaire auprès de

 2/ …..

 3/ ….


 [VT1]NOMINATION PAR AG et pas dans les statuts. A RETIRER

 [VT2]Seulement si souhait et acté

 [VT3]PV D’ASSEMBLEE – PAS STATUTAIRE

 [VT4]REPORTER TOUS LES SOUSCRIPTEURS

 

La Quinzaine littéraire n°1087 du 1er au 15 juillet 2013

(Télécharger ce numéro en cliquant sur le lien)

QUINZAINE LITTÉRAIRE

Hommage à Maurice Nadeau avec les contribution de GILLES LAPOUGE, JEAN LACOSTE, ENRIQUE VILA-MATAS, ALAIN VEINSTEIN, LAURENT MARGENTIN, COLETTE KERBER, GEORGES-ARTHUR GOLDSCHMIDT, LING XI, PIERRE PACHET, ALBERT BENSOUSSAN, NORBERT CZARNY, JEAN-JACQUES LEFRERE, CHRISTIAN MOUZE, MATHIEU RIBOULET, MICHEL PLON, JEAN-PAUL DELEAGE, MARIE ETIENNE, CHRISTIAN DUFOURQUET, SOPHIE EHRSAM, JEAN-JACQUES MARIE, BENOIT LAUREAU, CATRIONA SETH, ODILE HUNOULT, JEAN-LUC TIESSET, HUGO PRADELLE, MAURICE MOURIER, NATACHA ANDRIAMIRADO, TIPHAINE SAMOYAULT, LAURE ADLER, GERARD NOIRET, JACQUES FRESSARD, DOMINIQUE RABOURDIN, CHRISTIAN DESCAMPS, JEAN-MICHEL KANTOR, VINCENT MILLIOT, PASCALINE MOURIER-CASILE, MONIQUE LE ROUX, PIERRE MICHON, GEORGES RAILLARD, PASCAL ENGEL, CLAUDE FIEROBE

LITTÉRATURE

Lire pour ne pas pleurer, un article de AGNÈS VAQUIN

Agnès Desarthe est une conteuse et on aurait tort de l’oublier en lisant cette œuvre atypique qu’elle a intitulée Comment j’ai appris à lire. Elle nous raconte l’histoire d’une petite fille aux prises avec la grande bibliothèque, celle qui attend et s’ouvre peu à peu aux jeunes gens appelés à se cultiver, les « héritiers ».

AGNÈS DESARTHE COMMENT J’AI APPRIS À LIRE

Stock, 176 p., 17 euros Lire la suite

La Quinzaine littéraire n°1086 du 16 au 30 juin 2013

LITTERATURE

« Des parcelles d’énergie », un article de NORBERT CZARNY

Au terme d’une note un peu sévère, une parenthèse. Elle donne le ton de ce recueil. Ce « Enfin : ce n’est pas tout à fait vrai… », qui clôt un propos sur les « poètes savants qui parlent mythes, structures », tandis que l’auteur, lui, parle « vieillesse, effroi, lâchetés, etc. », est une façon d’entrer dans ces Taches de soleil, ou d’ombre.

PHILIPPE JACCOTTET TACHES DE SOLEIL, OU D’OMBRE

Le Bruit du temps, 208 p., 22 euros

Exigeant et ludique, un article de SOPHIE EHRSAM

Hiératiques debout est le dernier opus en date de Danielle Mémoire, après Le Cabinet des rebuts paru en 2011. Il donne à voir le Cercle (de littérature appliquée) en plein acte d’écriture, des personnages-auteurs s’interrogeant toujours sur la forme, le contenu et même le lecteur de leurs « BVO » (brefs virtuels ouvrages).

DANIELLE MÉMOIRE HIÉRATIQUES DEBOUT

P.O.L, 248 p., 15 euros

Lire la suite

La Quinzaine littéraire n°1084 – du 15 au 30 mai 2013

LITTÉRATURE

« Poétiquement, c’est-à-dire précisément », un article de MAURICE MOURIER

Ces deux livres du même auteur, urbaniste, philosophe, dramaturge, poète – et d’autres choses encore –, paraissent au même moment et semblent pourtant n’avoir en commun que le nom de celui qui les a conçus.

JEAN-CHRISTOPHE BAILLY LA PHRASE URBAINE

Seuil, 275 p., 21 euros

LE PARTI PRIS DES ANIMAUX

Christian Bourgois, 134 p., 9 euros

Bref et lumineux, un article de ÈVE CHARRIN

« On l’a étranglée sur une route. » Entre « l’ombre des oiseaux » et les voitures qui vrombissent, « loin des tours ourlées de lierre ou des châteaux décrépits », quelque part dans cette zone sans nom entre « la fin des villes et le début de la campagne », ce petit livre commence à l’envers, par la mort violente de son héroïne.

SYLVIE AYMARD C’EST UNE OCCUPATION SANS FIN QUE D’ÊTRE VIVANT

Grasset, 176 p., 14,80 euros

Disproportion, un article de HUGO PRADELLE

 Une correspondance disproportionnée et bouleversante, qui célèbre l’affection véritable, la communion des esprits, des corps, de leurs mémoires enchevêtrées. Dans sa brièveté lumineuse se réfléchit la distance qui sépare et fait souffrir, les mots qui portent les sentiments, l’amitié singulière et les désirs débordants.

HERVÉ GUIBERT et EUGÈNE SAVITZKAYA LETTRES À EUGÈNE Correspondance 1977-1987

Gallimard, 144 p., 15,90 euros

Avant le séisme, un article de ALICIA MARTY

Un homme et une femme se rencontrent à Haïti, un an avant le tremblement de terre qui a ravagé l’île en janvier 2010. « Nathalie et Guillaume sont pour l’instant dans la douceur, l’enchantement, le balbutiement des commencements. Et rien n’enchante davantage que ces balbutiements, ces commencements. Rien. Ces images sont, entre toutes, celles qu’ils retiendront. Après. Longtemps après. Lorsque tout aura été joué. »

 YANICK LAHENS GUILLAUME ET NATHALIE

Sabine Wespieser, 172 p., 18 euros

Quête de lumière, un article de  JACQUES FRESSARD

 L’ombre et la lumière, engageant la mort et la vie, s’entrecroisent intimement au cœur de ce destin supposé d’un peintre latino-américain en quête à New York de la création d’un nouveau Chef-d’œuvre inconnu, tel le Frenhofer de Balzac scrutant d’un œil inlassable « l’accouplement du jour et des objets ».

TOMÁS GONZÁLEZ

LA LUMIÈRE DIFFICILE

trad. de l’espagnol (Colombie) par Delphine Valentin Seuil, 199 p., 20,50 euros

La technique du virage, un article de  CLAUDE GRIMAL

 Alice Munro, nouvelliste canadienne, publie ici son treizième ou quatorzième recueil : on y retrouve les caractéristiques des précédents. Le décor et le mode de vie (sauf pour la dernière nouvelle) sont ceux du sud-ouest de l’Ontario où vit l’auteur ; les protagonistes sont presque tous des femmes. Mais pour qui connaît Munro, l’auteur n’a rien d’une régionaliste ou d’une adepte du réalisme social, ni de ce qu’on aurait appelé à une autre époque un écrivain de « l’âme féminine ».

 ALICE MUNRO TROP DE BONHEUR

trad. de l’anglais (Canada) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso L’Olivier, 316 p., 24 euros

La première femme, un article de  MARIE-JOSÉ TRAMUTA

 Deux nouveaux livres d’Erri De Luca paraissent simultanément en France respectivement aux éditions Gallimard et au Mercure de France dans l’excellente traduction de sa désormais fidèle et endurante traductrice Danièle Valin dont on a plaisir à saluer le travail.

ERRI DE LUCA LES POISSONS NE FERMENT PAS LES YEUX

trad. de l’italien par Danièle Valin Gallimard, 130 p., 15,90 euros

LES SAINTES DU SCANDALE

trad. de l’italien par Danièle Valin Mercure de France, 104 p., 15 euros

Rejeton tardif du romantisme, un article de  MONIQUE BACCELLI

Le manuscrit n’a pas été trouvé à Saragosse, et pas non plus dans un chapeau, il a été trouvé, aux environs de 1980, dans les tiroirs de Giorgio Vigolo, écrivain et musicologue romain, alors âgé de 88 ans, lequel avait rédigé La Virgilia soixante ans auparavant, puis l’avait abandonné car il jugeait le roman, inachevé, indigne de la publication. Le critique Pietro Cimatti a-t-il eu raison de l’exhumer ? S’agit-il du chef-d’œuvre de Vigolo, comme l’annonce la quatrième de couverture ou, plus largement, d’un chef-d’œuvre en soi ?

GIORGIO VIGOLO LA VIRGILIA

trad. de l’italien par Nathalie Castagné La Différence, 142 p., 15 euros

 

HISTOIRE LITTÉRAIRE

Un Diderot progressiste, un article de  JEAN M. GOULEMOT

Une des vertus des commémorations consacrées aux grandes figures de la culture tient au renouvellement du regard porté sur leurs œuvres et sur leur vie. Le goût actuel pour les biographies facilite, veut-on croire, l’accès aux travaux des chercheurs trop souvent réservés à un cercle restreint. La biographie de Gerhardt Stenger illustre, à l’excès même, ce phénomène. La quatrième de couverture ne nous rappelle-t-elle pas d’entrée qu’il s’agit de la biographie du tricentenaire de la naissance de Denis Diderot ?

GERHARDT STENGER

DIDEROT

Le combattant de la liberté

Perrin, 790 p., 29 euros

2013, année Casanova, un article de CATRIONA SETH

 En 1822-1828, les premiers à pouvoir lire une version de l’Histoire de ma vie de Casanova étaient les germanophones auxquels la maison Brockhaus de Leipzig proposa en douze volumes : Aus den Memoiren des Venetianers Jacob Casanova de Seingalt, oder sein Leben, wie es zu Dux in Böhmen niederschrieb. L’éditeur allemand avait acheté le manuscrit à Carlo Angiolini, neveu de l’écrivain mort à Dux en 1798. Entre 1826 et 1838, les francophones eurent accès à un écrit adapté par Jean Laforgue. Casanova resta ainsi disponible seulement en traduction, ou caviardé, jusqu’en 19601962, lorsque BrockhausPlon put établir le texte de ses mémoires grâce à l’autographe, mais il le présenta alors en retenant des découpages et chapitrages absents du manuscrit. Autant dire que si tant est que l’édition parfaite existe, elle n’était pas disponible sur le marché jusqu’à présent !

GIACOMO CASANOVA HISTOIRE DE MA VIE Tome 1

Édition établie sous la direction de Gérard Lahouati et MarieFrançoise Luna Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1 488 p., 58 euros

HISTOIRE DE MA VIE Tome 2

Édition établie par Jean-Christophe Igalens et Erik Leborgne Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1 500 p., 32 euros

 POÉSIE

L’intérieur du dé, un article de ODILE HUNOULT

Ce livre qui paraît plus de quatre ans après la mort de François Caradec (13 novembre 2008) a été préparé par l’auteur lui-même et soigneusement mis en scène. Le poème liminaire est un mot de bienvenue au lecteur invité (« Si vous voulez mais entrez donc… »), le dernier (« Une sévère »), en guise d’adieu, une chanson à boire. Effet de politesse ; on retrouvera la politesse.

les poésies de François Caradec mises toutes ensemble & dédiées aux Lecteurs

Maurice Nadeau, 216 p., 20 euros

 Se fondre dans le poème, un article de SOPHIE EHRSAM

Les éditions Corti publient un recueil de l’Américain Peter Gizzi, qui n’avait jamais été traduit en français. L’Externationale, paru en anglais en 2007, réunit une trentaine de poèmes qui attestent de la vitalité de la poésie américaine contemporaine.

PETER GIZZI L’EXTERNATIONALE

trad. de l’anglais (États-Unis) par Stéphane Bouquet Corti, coll. « Série américaine », 112 p., 17 euros

 

ARTS

Le portraitiste des écrivains, un article de  DANIEL BERGEZ

Le visage de Proust serait-il aussi connu sans le portrait qu’en fit Jacques Émile Blanche ? Peintre singulier à l’écart des modes de son temps, personnage complexe aux multiples talents, Jacques Émile Blanche a fait l’objet de deux expositions à l’automne dernier. Un beau livre a paru à cette occasion, permettant de mieux connaître cet artiste attachant qui fut aussi écrivain.

JANE ROBERTS JACQUESÉMILE BLANCHE

Éd. Gourcuff Gradenigo, 216 p., 39 euros

Les scribes des contours et leur subtilité, un article de GILBERT LASCAULT

 Il n’y a jamais eu d’exposition antérieure du dessin dans l’art égyptien au temps des Pharaons. Aujourd’hui, au Louvre, se présentent 186 œuvres rassemblées. Environ 80 œuvres sont des prêts exceptionnels, venus des musées étrangers.

 EXPOSITION L’ART DU CONTOUR : LE DESSIN DANS L’ÉGYPTE ANCIENNE

Musée du Louvre 19 avril – 22 juillet 2013

Catalogue de l’exposition Sous la direction de Guillemette AndreuLanoë Louvre éd./Somogy, 352 p., 250 ill. coul., 39 euros

 PHILOSOPHIE

Croire en l’humanité ?, un article de  MARC LEBIEZ

 Il y a quelque chose d’étrange à ce qu’un être humain se demande s’il y a vraiment besoin de l’humanité sur terre, et pourtant le fait est que la question est posée. Non par une bizarrerie intellectuelle ou quelque jeu de l’esprit de Rémi Brague, mais parce qu’elle se trouve être dans la logique d’inquiétudes actuelles que l’on ne peut éluder comme étant le délire des quelques tenants de l’écologie profonde.

RÉMI BRAGUE LE PROPRE DE L’HOMME Sur une légitimité menacée

Flammarion, coll. « La bibliothèque des savoirs », 260 p., 19 euros

Proust, mémoire de la philosophie, un article de  GUILLAUME PERRIER

La question de la philosophie proustienne évoque immanquablement les idées de Proust ou du héros narrateur sur l’amour, l’amitié, la mémoire, l’œuvre d’art, etc., ainsi que les études remarquables (mais divergentes) de Poulet, Deleuze, Ricœur, Descombes ou encore, pour les connaisseurs, celles d’Alain de Lattre et d’Anne Henry (1) – question donc à la fois déjà traitée et véritablement répétable autant de fois qu’un penseur avisé s’y intéresse sous un angle original. La gageure du livre de Luc Fraisse est de briser ce cercle vicieux, qui est plus généralement celui de la critique proustienne, et de le transformer en cercle vertueux. Comment ? D’abord en remontant aux sources et aux faits, que les travaux d’Henri Bonnet et André Ferré (2) avaient commencé de mettre au jour, avant que la correspondance générale de Proust publiée par Philip Kolb entre 1970 et 1993 n’apporte de précieuses informations.

Presses de l’université Paris Sorbonne, coll. « Lettres françaises », 1 332 p., 30 euros

SOCIOLOGIE

 Troubles sociaux, troubles psychiques, un article de FRANCINE MUELDREYFUS

La rencontre entre une équipe psychiatrique qui n’est pas allergique au questionnement sociologique et une sociologue qui reconnaît que la pathologie elle-même semble parfois surdéterminer toute autre variable, offre ici, ce qui est rarement le cas, les conditions permettant d’avancer dans la réflexion sur l’articulation du social et du psychique.

ISABELLE COUTANT TROUBLES EN PSYCHIATRIE Enquête dans une unité pour adolescents

La Dispute, 217 p., 22 euros

 

ANTHROPOLOGIE

La mort en face ?, un article de YANNIS PAPADANIEL

Cet ouvrage nous invite à une réflexion interdisciplinaire sur la « chose mortuaire ». Reprenant l’idée selon laquelle notre société a connu un renouveau en la matière, les auteurs s’attachent – souvent dans une veine historique – à retracer les racines de ces divers changements et à en mesurer l’ampleur dans la société contemporaine. Divisé en deux parties mettant en question le religieux et le profane, il aborde une variété de thèmes que Daniel Faivre s’est efforcé de relier en signant en préambule de chaque contribution un texte de transition.

DANIEL FAIVRE (dir.) LA MORT EN QUESTIONS Approches anthropologiques de la mort et du mourir

Érès, 552 p., 19 euros

HISTOIRE

François Furet et son siècle, un article de  MAÏTÉ BOUYSSY

Voici un livre que tout le monde consultera, parce que le second XXe siècle n’a cessé d’interroger l’historien François Furet, qui s’en fit l’observateur en rupture avec le marxisme de l’après-guerre. De là d’infinies querelles car on était en un temps où la vie intellectuelle des acteurs opposait, à gauche, des esprits qui n’avaient aucunement fait le deuil ni de la chose politique ni du goût de la théorisation. Et de leur passé militant ils avaient gardé le goût du combat, outre leur intérêt particulier pour la compréhension de la Révolution française et celle du communisme, théorie et utopie, pratiques et réalités.

 CHRISTOPHE PROCHASSON FRANÇOIS FURET Les chemins de la mélancolie

Stock, 564 p., 24 euros

Poétique de la canaille, un article de VINCENT MILLIOT

 « Bas-fonds ». L’expression est immédiatement compréhensible, peuplée d’images littéraires, de souvenirs photographiques, d’évocations filmiques. Mais on ne saurait en donner une définition objective ou officielle. De cet univers peuplé de figures hideuses, pour partie réelles et pour partie fantasmées, Dominique Kalifa propose de faire l’histoire avec un réel talent de plume.

DOMINIQUE KALIFA LES BASFONDS Histoire d’un imaginaire

Seuil, coll. « L’univers historique », 394 p., 25 euros

Une mauvaise plaisanterie, un article de JEAN-JACQUES MARIE

La biographie de Beria par le journaliste polonais Thaddeus Whittlin, publiée par les éditions Nouveau Monde, est, comme le signale la préface, une simple réédition de son livre de 1972, sans la moindre mise à jour. La comparaison avec l’édition française publiée par Elsevier en 1976 le confirme.

THADDEUS WITTLIN BERIA Chef de la police secrète stalinienne

trad. de l’américain par Alfred Bernard Nouveau Monde éd., 484 p., 24 euros

THÉATRE

 Une saison de Roméo et Juliette, un article de  MONIQUE LE ROUX

Une des pièces les plus célèbres de Shakespeare, Roméo et Juliette, aura été mise en scène au moins trois fois cette saison. Baptiste Belleudy et sa compagnie, « Les Mille Chandelles », la jouent dans une installation itinérante, la Tour Vagabonde, actuellement montée à Paris sur la rive droite de la Seine. David Bobee et son collectif, Rictus, terminent une longue tournée, commencée cet automne ; Yves Beaunesne vient de créer à Liège son spectacle bilingue, qu’il va présenter au Centre dramatique national de Poitou-Charentes, qu’il dirige.

SHAKESPEARE ROMÉO ET JULIETTE

Mise en scène de Baptiste Belleudy La Tour Vagabonde 18, rue de l’Hôtel-de-Ville, 75004 Paris Jusqu’au 19 juin 2013

CINÉMA

L’objectivité passionnée, un article de LUCIEN LOGETTE

 « Né en 1921. Un grand-père américain et une grand-mère russe l’ont préparé à se partager le monde à lui tout seul. À cette fin, il a exercé un certain nombre de métiers sérieux (pianiste de bar, technicien de culture populaire, tourneur de cartouches, dessinateur) ou humoristiques (assistant metteur en scène, militaire, producteur radiophonique). » Ainsi s’auto-définissait Chris Marker, dans la présentation de deux de ses poèmes publiés dans le n° 71/72 de La Nef (déc. 1950/janv. 1951), numéro consacré à « L’humour poétique ». Présentation qu’il concluait par « L’humour : la politesse du désespoir (C.M.) », formule qui a servi depuis à bien des sauces. À cette date, le futur signataire de La Jetée n’avait à son actif que quelques textes parus dans Esprit, et Le Cœur net, sec petit roman édité au Seuil. Tout était à venir.

 CHRIS MARKER et PIERRE LHOMME LE JOLI MAI

En salles le 29 mai En DVD (Arte) à la fin de l’année

 MUSIQUE

Peter Kivy, philosophe et musicien, un article de  THIERRY LAISNEY

 Enseignant depuis quelque quarante-cinq ans à la Rutgers University, Peter Kivy a pour spécialité la philosophie de la musique. Son dernier ouvrage est un recueil d’essais.

PETER KIVY SOUNDING OFF Eleven Essays in the Philosophy of Music

Oxford University Press, 296 p.

 

QUINZAINE LITTÉRAIRE

 PETITS FORMATS, un article de  ÉVELYNE PIEILLER

DANYROBERT DUFOUR LE DIVIN MARCHÉ La révolution culturelle libérale

Gallimard, coll. « Folio essais », 411 p., 9,10 euros

LA CITÉ PERVERSE Libéralisme et pornographie

Gallimard, coll. « Folio essais », 519 p., 9,60 euros

 GUILLAUME APOLLINAIRE ALCOOLS

précédé de : PAUL LÉAUTAUD GUILLAUME APOLLINAIRE

Avec un dossier sur l’œuvre et le poète Gallimard, coll. « Folio », 242 p., 4,20 euros

 GIANCARLO DE CATALDO LES TRAÎTRES

trad. de l’italien par Serge Quadruppani Seuil, coll. « Points », 619 p., 8,70 euros

 ALPHONSE DAUDET ULTIMA ou LA DERNIÈRE HEURE D’EDMOND DE GONCOURT

Notes et postface de Jérôme Solal Mille et Une Nuits, 70 p., 3 euros

DVD

Jacques Hérold, un article de DOMINIQUE RABOURDIN

 André Breton avait rêvé, pour sa galerie à la belle enseigne de Gradiva, d’un « paradis des livres ». « Si peu d’élus – mais que les rayons pour les tenir soient vraiment des rayons de soleil ». Aube Elléouët, la fille d’André Breton et de Jacqueline Lamba, aurait-elle, pour sa part, rêvé d’un « paradis des films » ? Le succès de la fameuse vente Breton lui a donné les moyens de créer une collection, « Phares du surréalisme », et de produire de tels films.

 Jacques Hérold, le grain de phosphore aux doigts

Film de Fabrice Maze (105 minutes) avec un livret de 88 pages Seven Doc, coll. « Phares du surréalisme », 23 euros

La Quinzaine littéraire n°1083 – du 1er au 15 mai 2013

(Télécharger le numéro en PDF ici)

LITTÉRATURE

Beauté perdue, un article de HUGO PRADELLE

Un recueil aux tonalités subtiles, qui fait s’entrecroiser désir et perte, fascination et pulsion, nostalgie et désir de vivre, les voix d’un temps perdu, les présences immuables de ceux que nous avons aimés.

FRANÇOIS EMMANUEL LES MURMURANTES

Seuil, coll. « Cadre rouge », 176 p., 17 euros

 Sur la mort, un article deAGNES VAQUIN

Un récit bref, censé correspondre à un journal rédigé en douze jours, le temps d’un séjour à Grenade. En fait, des textes quotidiens, il n’y en a que neuf, il est des jours sans voix, les cinq, sept et neuvième… D’emblée, la singularité de cette Belle apparaît. L’œuvre se présente donc comme un récit. Toutefois, ce pourrait aussi bien être un essai – l’auteur en a déjà écrit plusieurs – puisqu’il s’agit de la mort. Or le terme d’essai ne saurait convenir à ce qui se lit comme un poème, d’une lecture qui se brise quand la phrase irradie et qu’il faut s’arrêter afin de mieux la goûter et de reprendre haleine.

MATHIEU TERENCE LA BELLE

Grasset, 106 p., 12,50 euros

« Un lourd fardeau de mélancolie », un article de NORBERT CZARNY

C’est là dès la première page du livre, cela revient, comme un motif musical aux couleurs tragiques : la mort. Et pourtant la vie l’emporte, l’énergie vitale, l’envie de faire, de créer, de découvrir. L’existence de Puccini, telle que la relate Bernard Chambaz dans Caro carissimo. Puccini, ressemble à un tourbillon.

BERNARD CHAMBAZ CARO CARISSIMO PUCCINI

Gallimard, coll. « L’un et l’autre », 160 p., 18 euros

 Mer des souvenirs, un article de ALICIA MARTY

Avec plus d’une vingtaine d’ouvrages, traduits en France, Yôko Ogawa a construit une œuvre subtile et intrigante, entre douceur et cruauté. Dans Le Petit Joueur d’échecs, elle dépeint avec grâce la relation entre un jeune garçon et son maître. Mais ce qui est au cœur de ce beau roman, c’est la vivacité du souvenir des morts.

YÔKO OGAWA LE PETIT JOUEUR D’ÉCHECS

trad. du japonais par Martin Vergne Actes Sud, 320 p., 22,80 euros

Le chemin de la vie, un article de CLAUDE FIEROBE

Des Filles de la campagne, premier roman, à Fille de la campagne, ces mémoires qu’Edna O’Brien « s’était juré de ne jamais écrire », il y a un demi-siècle. Il y a aussi ce singulier, qui distingue l’autobiographie de la fiction, encore que la séparation ne soit pas totale, tant l’œuvre est nourrie d’une existence tumultueuse où se mêlent la force incontrôlable des passions et la farouche ténacité de l’écrivain.

EDNA O’BRIEN FILLE DE LA CAMPAGNE Mémoires

trad. de l’anglais (Irlande) par Pierre-Emmanuel Dauzat Sabine Wespieser, 478 p., 25 euros

 La mort sonne deux fois, un article de STEVEN SAMPSON

Le Bleu de la nuit constitue le second volet d’un diptyque commencé six ans plus tôt avec L’Année de la pensée magique. Tel Everyman, personnage qui, convoqué par La Mort, cherche des alliés prêts à l’accompagner à son rendez-vous, la narratrice de ces mémoires évoque des avatars contemporains de Compagnie, Parentèle, Cousinage, Beauté et Raison. Avec le même résultat.

JOAN DIDION LE BLEU DE LA NUIT

trad. de l’anglais (États-Unis) par Pierre Demarty Grasset, 240 p., 18,60 euros

 L’ultime mise en scène, un article de HUGO PRADELLE

En sortant le comédien et cinéaste Kurt Gerron (1) de l’oubli en en faisant le héros de son nouveau roman, Charles Lewinsky questionne à la fois la moralité de la survie et des fictions que nous nous inventons sans cesse, le poids du passé, la puissance de l’imagination et le temps singulier qui la conforme. En dépit de son apparent classicisme formel et de son allure de fresque historique, il promeut l’invention de la vie comme ultime résistance.

trad. de l’allemand (Suisse) par Léa Marcou Grasset, 512 p., 22,90 euros

HISTOIRE LITTÉRAIRE

Un Rabelais ludique, un article de MAURICE MOURIER

Le bon maître Albert-Marie Schmidt, dans les années 1960, enseignait Rabelais aux étudiants de l’université de Lille, ou plutôt il s’efforçait de l’enseigner car la tâche lui était malaisée. En effet, arrivé en chaire, son énorme édition Lefranc sous le bras, il ouvrait le volume et se mettait à en lire un passage mais aussitôt un rire si inextinguible le submergeait que les larmes lui coulaient sur les joues et qu’il renonçait bien vite à délivrer à ses ouailles autre chose qu’une suite hilare de borborygmes et de hoquets.

PETER GILMAN L’ÉNIGME PANTAGRUEL

La Différence, 348 p., 22 euros

 Sur les bords de la Tisza, un article de GABRIELLE NAPOLI

Gyula Krúdy (1878-1933), auteur admiré de Márai comme de Kertész, est un des plus grands écrivains hongrois, et ce roman, L’Affaire Eszter Solymosi, est un véritable chef-d’œuvre

GYULA KRÚDY L’AFFAIRE ESZTER SOLYMOSI

trad. du hongrois par Catherine Fay Albin Michel, 637 p., 24 euros

Le roman de Wallenstein, un article de JEAN-PIERRE MOREL

Il aura fallu près d’un siècle pour que le deuxième roman d’Alfred Döblin, paru en Allemagne en 1920, ait enfin sa version française. Le découvrir aujourd’hui, grâce au travail remarquable du traducteur, Michel Vanoosthuyse, permet de comprendre pourquoi ce texte énorme (huit cents pages) passe parfois pour le plus important du romancier après Berlin Alexanderplatz (1929).

ALFRED DÖBLIN WALLENSTEIN

trad. de l’allemand par Michel Vanoosthuyse Agone, coll. « Manufacture de proses », 860 p., 38 euros

POÉSIE

Un art poétique, un article de MARIE ÉTIENNE

Toucher terre et rebondir, prendre appui sur ce qui est pour atteindre les hauteurs dont l’art est parfois capable, tel est le mouvement qui anime la poésie d’Ariane Dreyfus et des auteurs qu’elle analyse.

ARIANE DREYFUS LA LAMPE ALLUMÉE SI SOUVENT DANS L’OMBRE

Corti, coll. « En lisant en écrivant », 315 p., 19 euros

Les Cantos d’Ezra Pound, un article de CLAUDE GRIMAL

Le poète britannique Basil Bunting a écrit dans les années 1970 un poème sur les Cantos de son ami Ezra Pound (1885-1971) dans lequel il les compare aux Alpes, avec leurs pics et leurs éboulis. « Qu’y a-t-il à dire à leur sujet ?/Elles n’ont aucun sens », y affirme-t-il avant d’ajouter un peu plus loin que tant d’un point de vue géographique que poétique : « Il faudrait faire un long détour/Si on voulait les éviter. »

EZRA POUND LES CANTOS

Troisième édition sous la direction d’Yves di Manno trad. de l’américain par Jacques Darras, Yves di Manno, Philippe Mikriammos et Denis Roche Flammarion, 1 018 p., 30 euros

ARTS

Les divinités du riz, un luthnavire, les boîtes et les fétiches magiques…, un article de GILBERT LASCAULT

Archipel de l’Insulinde, les Philippines s’étendent sur 300 000 km2. Elles comptent quelque 7 000 îles et s’étirent sur près de 1 700 km. Elles forment des territoires d’échanges, de commerces, de trocs, de permutations, d’offres et de demandes, de dons, de rivalités.

EXPOSITION PHILIPPINES : ARCHIPEL DES ÉCHANGES

Musée du quai Branly 9 avril – 14 juillet 2013

Catalogue de l’exposition Sous la direction de Constance de Monbrison et Corazon S. Alvina Actes Sud/musée du quai Branly, 368 p., 242 ill. coul., 47 euros

Hors-série de l’exposition Tribal Art magazine, Belgique, 56 p., ill., 8 euros

De l’Allemagne et des interférences, un article de GEORGES RAILLARD

Deux expositions simultanées, l’une à Strasbourg, sur l’architecture « en partage » entre l’Allemagne et la France. À partir de 1800. Un même point de départ, au Louvre, pour les avatars – la richesse, la diversité – de la peinture en Allemagne jusqu’en 1939. Le cinquantième anniversaire du traité d’amitié francoallemande a fourni le prétexte et les moyens de ces deux amples manifestations. Ce qui est à voir au musée, à lire dans les deux remarquables catalogues, constitue un événement.

EXPOSITION : INTERFÉRENCES/INTERFERENZEN ALLEMAGNEFRANCE 1800-2000

Sous la direction de JeanLouis Cohen et Harmut Frank Musée d’Art moderne et contemporain de la ville de Strasbourg Du 30 mars au 21 juillet 2013

Catalogue de l’exposition Éd. des musées de la ville de Strasbourg, 466 p., 59 euros

EXPOSITION DE L’ALLEMAGNE DE FRIEDRICH À BECKMANN

Sous la direction de Sébastien Allard et Danièle Cohn Musée du Louvre Du 28 mars au 24 juin 2013 Catalogue de l’exposition Hazan/Musée du Louvre, 432 p., 300 ill., 45 euros

PHILOSOPHIE

Les raisons du hasard, un article de JEAN LACOSTE

Descartes, cet impavide cavalier, s’était intéressé au choc des boules de billard ; Denis Grozdanovitch, familier depuis l’adolescence des rebonds du tennis, spécialiste du jeu de paume et fou de littérature, prend ici pour cible, sinon Descartes lui-même, du moins le « cartésianisme », la rationalité technique devenue folle, dans un essai vagabond, érudit, polémique, et plus sérieux que ne peut le laisser penser la charmante couverture de Sempé.

DENIS GROZDANOVITCH LA PUISSANCE DISCRÈTE DU HASARD

Denoël, 321 p., 17,50 euros

Benjamin Fondane commence, un article de CHRISTIAN MOUZE

« Je vois encore Fondane sortir du block, passer très droit devant les SS, fermant le col de sa veste pour se protéger du froid et de la pluie, monter dans le camion. L’un après l’autre, lourdement chargés, les camions s’ébranlèrent vers Birkenau. Deux heures plus tard, nos camarades étaient morts gazés. » (André Montagne, Les Lettres Françaises, 26 avril 1946.)

BENJAMIN FONDANE LA CONSCIENCE MALHEUREUSE

Édition présentée et annotée par Olivier Salazar Ferrer Verdier, 345 p., 20,50 euros

THÉÂTRE COMPLET

Textes établis et présentés par Éric Freedman Non Lieu éd., 309 p., 16 euros

Le faux au service du vrai, un article de MARC LEBIEZ

C’est peu dire que Vaihinger est mal connu en France. Le nom même de ce contemporain de Bergson n’est pas des plus notoires, y compris chez les philosophes professionnels. Pourtant, sa Philosophie du « comme si » ne présente pas qu’un intérêt archéologique ; les problèmes que pose ce livre majeur et les solutions qu’il avance ont intéressé nombre de penseurs du XXe siècle et ont conservé une actualité intellectuelle.

CHRISTOPHE BOURIAU LE « COMME SI » Kant, Vaihinger et le fictionalisme

Cerf, 256 p., 23 euros

PSYCHANALYSE

Voyage en autisme, un article de MICHEL PLON

Avant d’entrer un tant soit peu dans le détail des deux ouvrages, véritables objets, publiés par Sandra Alvarez de Toledo, qui poursuit ainsi sa mise au jour passionnée de l’œuvre de Fernand Deligny (QL nos 952 et 982), il nous semble nécessaire, et en cela le livre d’Henri ReyFlaud est important en ce qu’il déploie clairement l’éventail des possibles en la matière, de formuler de la manière la plus simple possible les présupposés philosophiques, existentiels mais aussi politiques qui déterminent la position que l’on adopte face à l’autisme.

Journal de Janmari

Avec la collaboration de Gisèle Durand L’Arachnéen, 150 p., 32 euros

Cartes et lignes d’Erre

Traces du réseau de Fernand Deligny 1969-1979

Édition bilingue français anglais Introduction et glossaire de Sandra Alvarez de Toledo Postface de Bertrand Ogilvie L’Arachnéen, 412 p., 55 euros

HENRI REYFLAUD SORTIR DE L’AUTISME Parents, ces vérités qu’on vous cache

Flammarion, coll. « Psychanalyse et psychologie », 136 p., 16 euros

 HISTOIRE

Le Moyen Âge du genre, un article de MICHÈLE GALLY

Cet ouvrage d’un peu plus de deux cents pages se présente comme un manuel, le premier à aborder et à synthétiser l’histoire culturelle de la différenciation des sexes au cours des siècles médiévaux.

DIDIER LETT HOMMES ET FEMMES AU MOYEN ÂGE Histoire du genre XIIe XVe siècle

Armand Colin, coll. « Cursus histoire », 224 p., 16,80 euros

« Un couteau pour couper ma peur », un article de CLAUDE MOUCHARD

« Les événements racontés ici sont véridiques », nous avertit Otto B. Kraus en tête de l’ouvrage. Ces événements, « véridiques » en effet, eurent lieu dans le « camp des familles » créé en 1943 à AuschwitzBirkenau. Les nazis regroupaient là des familles juives, pour la plupart tchécoslovaques, en provenance du camp ghetto de Theresienstadt. Otto B. Kraus nous fait entrer dans le « bloc des enfants ». Or, « au cœur de cet univers, écrit Catherine Coquio (dans l’essai qui, en seconde partie du livre, offre une puissante synthèse historicocritique recourant de surcroît à d’autres témoins : Kulka, Kluger, Vrba, Gradowski), il y a Lisa Pomnenka » : en elle se condense l’enjeu même du livre de Kraus.

OTTO B. KRAUS LE MUR DE LISA POMNENKA

trad. de l’anglais par Stéphane et Nathalie Gailly suivi de :

CATHERINE COQUIO LE LEURRE ET L’ESPOIR De Theresienstadt au block des enfants de Birkenau

L’Arachnéen, 334 p., 24 euros

Le désir de vivre, un article de PIERRE PACHET

Avrom Sutzkever (en Biélorussie, 1913 – TelAviv, 2010) est l’un des grands poètes en yiddish du XXe siècle. C’est aussi un témoin de premier plan, et

un héros de la résistance juive armée contre les nazis.

AVROM SUTZKEVER LE GHETTO DE WILNO 1941-1944

trad. du yiddish par Gilles Rozier Préface d’Annette Wieviorka Denoël, 400 p., 20,50 euros

THEATRE

Iphis et Iante, Ravel : hors des sentiers battus, un article de MONIQUE LE ROUX

Variations sur les pièces du répertoire ou création d’« écritures contemporaines » destinées au plateau ? Des metteurs en scène échappent à cette alternative, tels Jean-Pierre Vincent avec Iphis et Iante d’Isaac de Benserade au TGP de Saint-Denis ou Anne-Marie Lazarini avec Ravel d’après Jean Echenoz au Théâtre Artistic Athévains.

ISAAC DE BENSERADE

IPHIS ET IANTE

Mise en scène de Jean-Pierre Vincent Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis Jusqu’au 6 mai

JEAN ECHENOZ RAVEL

Mise en scène d’Anne-Marie Lazarini Théâtre Artistic Athévains Jusqu’au 5 mai Reprise à partir du 15 novembre 2013

 CINEMA

 Perspectives avant la bataille, un article de LUCIEN LOGETTE

Le verdict est enfin tombé, permettant au petit monde du cinéma français de respirer, après avoir si longtemps retenu son souffle – façon de parler, car le réseau Internet résonnait depuis des semaines d’échos, rumeurs, supputations et certitudes quant aux sélectionnés cannois. La liste des heureux qualifiés n’a pas encore donné lieu aux habituels commentaires navrés visant le manque de sang neuf, le manque de réalisatrices, le manque d’inventivité et le carnaval des vaches sacrées et des Grandes Têtes Molles régulièrement reconduites. Nul doute que les rechigneurs vont rechigner, puisque telle est la règle du jeu. Mais la contestation sera délicate, tant les noms de la vingtaine d’élus y laissent peu de prise. D’anciennes Palmes d’or respectées, des cinéastes aimés de la critique, des petits nouveaux (à ce niveau), la répartition est habile et propre à susciter l’étonnement, le moment venu.

66e Festival international du film de Cannes

Du 15 au 26 mai 2013  

 VITRINE

Quelques nouvelles du Parrain, un article deMARIA PIA DI BELLA

Pendant longtemps, quand un livre sur la mafia sortait en France, c’était soit une traduction de l’italien, soit un ouvrage de Marcelle Padovani – journaliste au Nouvel Observateur –, qui semblait en avoir l’exclusivité. Mais depuis quelques années les choses ont changé et les intellectuels français se sont mis à écrire sur le sujet – ce qui doit certainement émouvoir les Italiens qui les lisent et surtout les aider à ne plus se sentir seuls ! En effet, la mafia a été vue très longtemps un peu partout dans le monde comme une spécialité italienne à ajouter à la pizza, à la chansonnette napolitaine et, pour les plus cultivés, à l’opéra. Bref, une spécialité ou une anomalie folklorique dont on pouvait même se gausser. Les quelques films cultes que la mafia a inspirés – la trilogie du Parrain en tête – n’ont fait qu’enfoncer le clou.

JACQUES DE SAINT VICTOR UN POUVOIR INVISIBLE Les mafias et la société démocratique (XIXe XXIesiècles)

Gallimard, coll. « L’esprit de la cité », 432 p., 23,50 euros

Les couleurs du temps, YAN CÉH

Il a toujours été là, non loin du centre, observant la scène comme on regarde un tableau. Notant ensuite les détails et bribes de conversations, souvenirs de ces années soixantedix qui resurgissent aujourd’hui dans un livre. Thadée Klossowski de Rola nous fait partager une époque magique, et son obsession pour la littérature, trésor inaccessible.

THADÉE KLOSSOWSKI DE ROLA VIE RÊVÉE Pages d’un journal 1965, 1971-1977

Grasset, 311 p., 22 euros

La Quinzaine littéraire n°1082 du 15 au 31 avril 2013

(Télécharger le numéro en Pdf ici)

EN PREMIER

Brutalité des Faits, un article de TIPHAINE SAMOYAULT

Sur la couverture du livre, un petit coquetier de bois peint. La couleur est passée, le dessin est presque effacé et le bois en est par endroits écarté ou fêlé. Il fait partie des quelques rares objets conservés par Marcel Cohen de son enfance, avant que sa mère, son père, sa sœur, sa grand-mère et son grand-père, deux oncles et une tante fussent assassinés à Auschwitz ou dans les convois qui y conduisaient

MARCEL COHEN, SUR LA SCÈNE INTÉRIEURE Faits

Gallimard, coll. « L’un et l’autre », 150 p., 17,90 euros

LITTÉRATURE

Dans l’ombre des disparus, un article de MONIQUE BACCELLI

Andrea Bajani ne hait pas les familles. Peut-être ne les aime-t-il pas non plus : elles l’intéressent, et il les étudie avec objectivité, sans juger. Dans Si tu retiens les fautes (2009), il analyse une étrange relation mère-fils, et dans le plus récent Toutes les familles (2010), il s’agit encore d’une cellule familiale restreinte : père, mère et fils, dont les ascendants semblent plus présents que les descendants.

ANDREA BAJANI TOUTES LES FAMILLES

trad. De l’italien par Vincent Raynaud Gallimard, 310 p., 23,90 euros 

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