La Nouvelle Quinzaine littéraire n°1098 du 1er au 15 février 2014

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EN PREMIER

« Cinq grands romans du XXe siècle », un article d’Arno Bertina

Je plaiderai ici pour une lecture franco-française de Romanciers pluralistes, l’essai que Vincent Message a consacré à plusieurs oeuvres phares du XXe siècle.

VINCENT MESSAGE – ROMANCIERS PLURALISTES
Seuil, coll. « Le don des langues », 496 p., 26 €

« La vague des oiseaux migrateurs », un article de Norbert Czarny

Une façon d’entrer dans le dernier roman de Maryline Desbiolles : lire les titres des chapitres : « Les mimosas », « La bruyère blanche » « L’univers », « Rouge », et « Les oiseaux migrateurs », titre qui revient souvent, orientant peut-être notre lecture dans la direction que ces oiseaux suivent : du Nord vers le soleil du Sud.

MARYLINE DESBIOLLES – CEUX QUI REVIENNENT
Seuil, coll. « Fiction & Cie », 150 p., 15 €

LITTERATURE

« Retour au pays », un article de Hugo Pradelle

Le deuxième roman de Lilyane Beauquel témoigne d’une certaine obsession du décalage, de la difficulté de vivre pleinement, et donne à entendre une nostalgie impossible. Quelques rares livres inventent ainsi des formes presque magiques pour dire les troubles et la grandeur terrible de la vie.

LILYANE BEAUQUEL – EN REMONTANT VERS LE NORD
Gallimard, 240 p., 18 €

« Le fiction est-elle une science ? », un article de Steven Sampson

Richard Powers est l’un des écrivains américains les plus admirés par ses pairs. Sa fiction aborde l’histoire de la science, domaine trop souvent négligé selon lui par les romanciers contemporains. Son oeuvre est restée longtemps inédite en français, mais depuis 2006 sept de ses romans ont été traduits. Le Dilemme du prisonnier, le dernier en date, publié en 1988 aux États-Unis, est fidèle à son ambition de donner un cadre macrocosmique au roman familial. Est-ce possible ?

RICHARD POWERS – LE DILEMME DU PRISONNIER
trad. de l’américain par Jean-Yves Pellegrin
Le Cherche Midi, coll. « Lot 49 », 500 p., 21,50 €

« D’un cœur l’autre », un article de Norbert Czarny

« Enterrer les mots et réparer les suivants ». La phrase est tirée de Platonov, la pièce de Tchékhov. Elle figure au milieu de Réparer les vivants, au moment de bascule entre deux temps. Simon est mort et Claire vivra. La phrase du dramaturge fait le lien, ou établit un pont.

MAYLIS DE KERANGAL – RÉPARER LES VIVANTS
Verticales, 282 p., 16,90 €

« Un conte d’outre-Rhin », un article de Georges-Arthur Goldschmidt

Depuis quelque temps, on voit réapparaître en Allemagne un genre littéraire champêtre que les naufrages de l’Histoire avaient emporté avec eux. Depuis la catastrophe nazie, on n’osait plus guère retourner à d’anciennes formes du « récit ». L’emprise du nazisme, qui pénétra la société allemande jusqu’en son intimité la plus profonde, reposait largement sur la « vraie nature », fraîche, joyeuse, libre (frisch, froh, frei), opposée à l’asphalte et à la ville dénaturée : la poésie des mouvements de jeunesse contre le journalisme. Il s’écrivit ainsi, pendant cent ans environ, de 1850 à 1945, une immense littérature de « retour à la terre » qui promouvait les valeurs « écologiques » du nazisme. Les auteurs et les ouvrages en sont aujourd’hui heureusement tous oubliés.

STEFAN AUS DEM SIEPEN – LA CORDE
trad. de l’allemand par Jean-Marie Argelès
Écriture, 154 p., 16,50 €

« Les somnanbules », un article de Corinne François-Denève

Dans ses Endormeurs, Anna Enquist pratique, au sens premier, un roman d’analyse et d’observation. Auscultant le corps médical, son roman croise théories psychanalytiques et réflexions scientifiques, avec un sens consommé du storytelling.

ANNA ENQUIST – LES ENDORMEURS
trad. du néerlandais par Arlette Ouranian
Actes Sud, 365 p., 22,80 €

« Marin d’eau douce », un article de Corinne François-Denève

Anton Valens fait le récit de la dérive existentielle d’un apprenti Whistler attiré par les gouffres amers.

ANTON VALENS – POISSON
trad. du néerlandais par Annie Kroon
Actes Sud, 160 p., 17 €

POESIE

« Trois registres poétiques », un article de Sophie Ehrsam

Bucolique

CONSTANTIN KAÏTÉRIS – TROIS JARDINS CAPITAUX
Les Arêtes, coll. « Les Cahiers du Cornet à Voix », 27 p., 7 €

Ludique

FLYNN MARIA BERGMANN – FIASCO FM
art&fiction, revue Re:Pacific, vol. 8, 116 p., 21 €

Epique

PIERRE VINCLAIR – LES GESTES IMPOSSIBLES

Flammarion, 164 p., 17 €

« Une terre qui veille », un article de Marie Etienne

FABIENNE RAPHOZ – TERRE SENTINELLE
Dessins d’Ianna Andréadis
Héros-Limite, 182 p., 18 €

HISTOIRE LITTERAIRE

« Amants du secret des choses », un article de Maurice Mourier

La formule « amant du secret des choses » est de Cendrars, au singulier car il se désigne ainsi lui-même en 1945, au moment où paraît L’Homme foudroyé, qui inaugure, après le silence angoissé des premières années de l’Occupation, la prodigieuse tétralogie romanesque qui sera son chant du cygne.

VICTOR SEGALEN – HISTOIRES FANTASTIQUES
Notes et postface de Jean Esponde
Atelier de l’Agneau, 87 p., 15 €

BLAISE CENDRARS – HISTOIRES VRAIES
Édition présentée et annotée par Claude Leroy
Gallimard, coll. « Folio », 296 p., 7,40 €

« La Commune de Rimbaud », un article de Michel Pierssens

Il aura fallu vingt-cinq ans à cet essai pour traverser l’Atlantique et changer de langue. C’est beaucoup. Ce faisant, il a perdu quelques-uns des composants de l’édition originale de 1988 aux presses de l’université du Minnesota, haut lieu d’un certain radicalisme critique : sa bibliographie, son index et l’essentiel de son iconographie, assez chiche il est vrai. Simultanément, son titre aura subi un intéressant retournement puisqu’il se lisait d’abord : The Emergence of Social Space. Rimbaud and the Paris Commune, Rimbaud et la Commune ne figurant alors qu’en sous-titre.

KRISTIN ROSS – RIMBAUD, LA COMMUNE DE PARIS ET L’INVENTION DE L’HISTOIRE SPATIALE
trad. de l’anglais par Christine Vivier
Les Prairies ordinaires, 224 p., 20 €

PHILOSOPHIE

« Anthopologie de la discrétion », un article de Jean Lacoste

Pierre Zaoui fait l’éloge de la discrétion. L’inconscient ! L’époque est au contraire à la mise en valeur de soi, à la transparence obligée, à l’exposition sur les réseaux dits « sociaux » et aux indiscrétions de toute nature.

PIERRE ZAOUI – LA DISCRÉTION – Ou l’art de disparaître
Autrement, 158 p., 14 €

INEDITS

« Mots gelés » par Philippe Beck

Ce poème que Philippe Beck offre en avant-première à La Nouvelle Quinzaine littéraire est extrait d’un recueil à paraître chez Flammarion le mois prochain. Opéradiques, le dix-neuvième livre de poésie de Philippe Beck, est consacré à la guerre des arts mais aussi à l’opéra que, malgré tout, ils composent ensemble. La musique est sensible, à l’intérieur de chacun des arts, mais aussi entre eux, comme la guerre. Comme dans Lyre Dure (Nous, 2009), le poème est ici une partition dont il faut lire le timbre entre les lignes et grâce aux lignes. Il faut le lire à haute voix pour en entendre les sons, mais il faut le lire aussi à l’intérieur de soi, en silence pour en saisir le sens chiffré. On y reconnaîtra Rabelais et Thoreau, la nature et les noms, les bruits qu’ils font ensemble. (Tiphaine Samoyault)

ARTS

« Les Prisons de Pignon-Ernest », un article de Georges Raillard

À Pignon-Ernest est attaché un portrait en pied. Pas le sien. Ernest Pignon-Ernest, ou Pignon-Ernest, aime jouer avec son nom mais pas, comme Picasso, avec un autoportrait. Son regard, sa main, ont pour objet notre société. Changer la vie, c’est ce que rappelle le portrait en pied de Rimbaud, sérigraphies collées par centaines sur les murs des villes en 1978. Aujourd’hui encore, il reste un bon introducteur à l’oeuvre de Pignon-Ernest (né à Nice en 1942) quand il se fait le révélateur de l’horreur à Lyon, dans les années 1940, à la prison Saint-Paul.

EXPOSITION PIGNON-ERNEST : PRISONS
Galerie Lelong
13, rue de Téhéran, 75008 Paris
Du 13 janvier au 15 mars 2014
Repères n° 158
Texte de Gérard Mordillat

« Les lieux maudits, les châtiments », un article de Gilbert Lascault

Matois, érudit, ironique, Hugo Lacroix propose certains puzzles complexes, enchevêtrés. Ils révèlent des territoires infernaux, des royaumes sinistres, des zones de douleurs, d’angoisses, de tortures répétées.

HUGO LACROIX – L’ENFER – Mythologie des lieux
La Différence, 224 p., 220 ill. coul., 45 €

« Butor et Barcelò », un article de Yan Céh

Rencontre exclusive avec l’artiste Miquel Barceló et l’écrivain Michel Butor, au sujet de leur livre Une nuit sur le mont Chauve, paru aux éditions de La Différence (150 p., 45 €).

IDEES

« La mélancolie des plébéiens », un article de Jean-Yves Potel

En philosophe éclairé, Alain Brossat distingue la plèbe du plébéien  La première appartient au "vocabulaire des maîtres", elle désigne le "rebut dangereux" du peuple, le second est une "singularité rétive, rebelle", le serviteur qui remet en cause le maître à sa place. Figaro chez Beaumarchais et Jacques le Fataliste chez Diderot en sont les figures tutélaires et lumineuses. Or, à regarder de plus près les métamorphoses de ce "personnage-concept" dans la littérature des derniers siècles, d’autres facettes, sombres, mélancoliques voire fatiguées, apparaissent au premier plan.

ALAIN BROSSAT – LE PLÉBÉIEN ENRAGÉ – Une contre-histoire de la modernité de Rousseau à Losey
Le passager clandestin, 250 p., 17 €

« La leçon des Papous », un article de Jean-Paul Deléage

Jared Diamond, qui rencontra la Nouvelle-Guinée en 1964 pour sa première étude de terrain ornithologique, est un auteur à succès. Dans ce nouveau livre, il pose la question suivante : que nous apprennent les Papous sur ce que les Occidentaux ont perdu avec la disparition des sociétés traditionnelles ? Ces dernières ont en effet inventé d’innombrables solutions aux problèmes humains toujours présents dans les sociétés modernes, mais en leur donnant des réponses très différentes des nôtres.

JARED DIAMOND – LE MONDE JUSQU’À HIER – Ce que nous apprennent les sociétés traditionnelles
trad. de l’américain par Jean-François Sené
Gallimard, 576 p., 24 €

HISTOIRE

« Les grognards du Texas », un article de Maïté Bouyssy

Un historien peut avoir du mal à rendre compte d’un ouvrage qui a essentiellement pour but de satisfaire les besoins narratifs des lecteurs, que ces besoins soient idéologiques ou romanesques.

ANNE BOQUEL ET ÉTIENNE KERN – LES DERNIERS DES FIDÈLES – 1818
Flammarion, 320 p., 21 €

« Naissance d’un géant », un article de Jean-Jacques Marie

Toute histoire de la social-démocratie allemande évoque bien entendu ses débuts aussi modestes qu’héroïques : la fondation du premier parti ouvrier, l’Allgemeiner Deutscher Arbeiterverein (ADAV) par Ferdinand Lassalle en 1863, puis surtout celle de la Sozialdemokratische Arbeiterpartei (SDAP) à Eisenach en 1869 par Wilhelm Liebknecht et August Bebel ; l’opposition de ces deux derniers à la guerre de la Prusse contre la République française née de l’effondrement de l’Empire, leur défense acharnée de la Commune de Paris, l’unification en 1875 des deux partis pour fonder le SPD, les premiers succès de ce dernier, les décrets d’interdiction imposés par Bismarck en 1878 et qui soumettent le jeune parti à une répression permanente pendant les douze années de leur application.

ANNE DEFFARGES – LA SOCIAL-DÉMOCRATIE SOUS BISMARCK – Histoire d’un mouvement qui changea l’Allemagne
L’Harmattan, 256 p., 25 €

« Le dernier des injustes », un article d’Anna Colao

Consacré à Benjamin Murmelstein, doyen du Conseil juif deTheresienstadt, le récent film de Claude Lanzmanna relancé la question des Judenräte, accusés d’avoir "collaboré" avec les nazis. En relatant son expérience au cœur du "ghetto-modèle" créé par Eichmann, Benjamin Murmelstein avait livré dès 1961 un témoignage qui mettait en lumière les "contradictions sauvages" (Lanzmann) auxquelles le régime nazi avait acculé ses victimes. Source de connaissance indispensable à l’histoire du camp à laquelle seul le lectorat italien a jusqu’à présent accès, ce document constitue l’indispensable complément du Dernier des injustes.

BENJAMIN MURMELSTEIN – TEREZINI – Il ghetto-modello di Eichmann
La Scuola (première édition : Cappelli, 1961)

BIBLIOGRAPHIE

Par Adeline Rajch

THEÂTRE

« Eaux et forêts à la Colline », un article de Monique Le Roux

La Colline présente actuellement deux spectacles très différents, mais qui témoignent également des fidélités de Stéphane Braunschweig. Le metteur en scène monte Le Canard sauvage de Henrik Ibsen, un de ses auteurs de prédilection. Le directeur du Théâtre national a coproduit Re:Walden de Jean-François Peyret, d’après Walden ou la vie dans les bois de Henry David Thoreau, créé au Festival d’Avignon 2013.

HENRIK IBSEN – LE CANARD SAUVAGE
Mise en scène de Stéphane Braunschweig
Théâtre de la Colline (grande salle)
Jusqu’au 15 février 2014
Tournée jusqu’en avril 2014

 

RE :WALDEN
Un spectacle de Jean-François Peyret
D’après Walden de Henry David Thoreau
Théâtre de la Colline (petite salle)
Jusqu’au 15 février 2014

MUSIQUE

« L’humour en musique », un article de Thierry Laisney

La musique peut-elle faire preuve d’humour ? En a-t-elle seulement besoin puisqu’elle partage avec l’humour la faculté de nous libérer du langage de tous les jours ?

CINEMA

« De bonnes soupes dans de vieux pots », un article de Lucien Logette

Alors, Le Loup de Wall Street ou Twelve Years a Slave ? Martin Scorsese ou Steve McQueen ? Leonardo DiCaprio ou Michael Fassbender ? Quels seront les triomphateurs des prochains Oscars 2014, rois de la planète cinéma pour l’année échue ? Six semaines encore d’attente, de supputations, de rumeurs, de paris. Le suspense est insupportable, si l’on en croit les médias, pour le milliard (ou deux) de téléspectateurs qui regarderont le 2 mars, après Sotchi, la distribution des médailles à Los Angeles. En réalité, agitation pure, autocélébration organisée par le système, en forme de pseudo-événement pour entretenir la flamme, aussi peu intéressante, sur
le plan qualitatif, que la remise du Goncourt – souvenons-nous (avec peine) que les lauréats de l’an dernier furent, pour les titres, Argo et pour les cinéastes, Ang Lee…

RÉTROSPECTIVE HENRY HATHAWAY
Cinémathèque française, du 8 janvier au 23 février
HOMMAGE À MICHAEL CURTIZ
Institut Lumière, Lyon, du 7 janvier au 2 mars

« Rohmer, cinéaste écrivain », un article de Pierre Pachet

Pour qui a aimé voir La Collectionneuse, ou Ma nuit chez Maud, Conte d’hiver, Les Nuits de la pleine lune ou La Marquise d’O., Pauline à la place et Conte d’été, ces parutions sont un régal : elles relancent l’énigme de ce cinéma étrangement séduisant, inclassable malgré sa parenté avec la Nouvelle Vague, et surtout celle de son réalisateur, Eric Rohmer, mort en 2010 à l’âge de quatre-vingt-neuf ans.

ANTOINE DE BAECQUE ET NOËL HERPE – ÉRIC ROHMER – Biographie
Stock, 608 p., 29 €

ÉRIC ROHMER – FRIPONNES DE PORCELAINE
Stock, 304 p., 20 €

LA NOUVELLE QUINZAINE LITTERAIRE

« Petites déambulations philosophiques – 4. Dérives d’Auguste Comte », un article de Jean Lacoste

Guy Debord avait tracé sur un plan de Paris les « pentes psychogéographiques de la dérive ». La plus singulière de ces dérives pourrait bien être celle qui conduit de la maison d’Auguste Comte au Père-Lachaise, en passant par le Marais, dans un pèlerinage de « l’amour fou ».

La Nouvelle Quinzaine littéraire n°1097 du 16 au 31 janvier 2014

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LITTERATURE

« Le plaisir solitaire et violent de la pensée », propos recueillis par Marie Etienne

Après Les Plumes d’Éros et L’Outrage aux mots, paraît le troisième tome des oeuvres de Bernard Noël, La Place de l’autre. Ces volumes rassemblent de brefs textes de poésie ou de prose, de nature érotique pour le premier, politique pour le deuxième et critique pour le troisième ; une répartition probablement difficile à réaliser parce que Bernard Noël récuse la notion de genre, et que tous ses écrits sont à la fois traversés par la poésie, la pensée et les événements de notre temps.

BERNARD NOËL – LA PLACE DE L’AUTRE
P.O.L, 876 p., 35 €

« Perdu dans un labyrinthe », un article de Norbert Czarny

En 1978, l’odeur du franquisme régnait encore sur l’Espagne, une « odeur de merde » comme le précise Canas, le héros et souvent le narrateur des Lois de la frontière. En 2006, au moment où il raconte, Canas est devenu avocat, l’un des meilleurs de Gérone, la ville qu’il habite depuis toujours. Mais il a eu une jeunesse indécise, de l’autre côté de la frontière. Et rien ne dit que l’indécision a passé.

JAVIER CERCAS – LES LOIS DE LA FRONTIÈRE
trad. de l’espagnol par Élisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic
Actes Sud, 348 p., 23 €

« Redescendre dans la boue », un article de Steven Sampson

Joyce Carol Oates a publié plus de quarante romans, mettant en scène des héroïnes aux prises avec leur féminité, leur passé ou encore la violence masculine. Mudwoman, sa dernière parution en français, n’est pas dépourvu d’une certaine dimension biblique.

JOYCE CAROL OATES – MUDWOMAN
trad. de l’anglais (États-Unis) par Claude Seban
Philippe Rey, 576 p., 24 €

« Un bouclier de verre ou de plastique », un article d’Eve Charrin

Soit un mince recueil de nouvelles d’un jeune écrivain coréen inconnu en France, publié par une petite maison d’édition tout aussi peu connue, affligé de surcroît d’une quatrième de couverture à peu près sans queue ni tête : autant dire que, sous nos latitudes, ce Bus errant semble assez mal parti pour devenir un best-seller. Pourtant, il serait vraiment dommage de passer à côté d’un petit livre aussi ingénieux et original.

KIM JUNG-HYUK – BUS ERRANT
trad. du coréen par Moon So-Young, Lee Seung-shin, Hwang Ji-Young,
Lee Tae-yeon et Aurélie Gaudillat
Decrescenzo éd., 104 p., 12 €

« Eros sauce Gertrude », un article de Claude Grimal

Lifting Belly (calamiteusement traduit par Lève bas-ventre en français) : un texte poétique d’environ cinquante pages, écrit entre 1915 et 1917 par Gertrude Stein, jamais publié de son vivant mais figurant dans l’édition de ses œuvres complètes de la Yale University Press. Il est aujourd’hui connu dans les pays anglo-saxons pour la vivacité de son modernisme et surtout pour son érotisme lesbien qui lui a valu lecteurs et lectrices en dehors des milieux amateurs de poésie.

GERTRUDE STEIN – LÈVE BAS-VENTRE
trad. de l’anglais (États-Unis) par Christophe Lamiot Enos
Corti, coll. « Série américaine », 78 p., 17 €

« Le charme de la parenthèse », un article de Norbert Czarny

Dans une discussion qu’il a à Rolle avec Jean-Luc Godard, le narrateur s’entretient avec le cinéaste de l’illusion à laquelle se mêle toute mémoire. « On bricole, par petits bouts, des bribes que l’on assemble, plus ou moins », dit Godard. Et les pages qu’on lit dans Apologie du slow illustrent cette idée simple.

FABIO VISCOGLIOSI – APOLOGIE DU SLOW
Stock, coll. « La forêt », 270 p., 19 €

« La nature, espace de la fiction », un article de Hugo Pradelle

Dans un récit d’un grand classicisme, Ron Rash, écrivain discret s’il en est, parvient à affirmer quelque chose de ce qu’est une nation, à interroger les espaces et les formes qui la constituent. Avec cette fable morale désespérée, il fait entendre une voix singulière, de plus en plus dense.

RON RASH – UNE TERRE D’OMBRE
trad. de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Reinharez
Seuil, 250 p., 21 €

« Trouver sa langue maternelle », un article de Gabrielle Napoli

Antoine Wauters, auteur belge connu surtout pour sa poésie, propose aujourd’hui un roman, Nos mères, dans lequel un jeune garçon confronté à la barbarie de l’Histoire endosse progressivement son habit d’écrivain. Le souffle poétique de Wauters est renforcé par des extraits de poèmes d’Andrea Zanzotto, de Josep M. Sala-Valldaura, de Juan Gelman, ou encore de Nazim Hikmet.

ANTOINE WAUTERS – NOS MÈRES
Verdier, 144 p., 14,60 €

« Doris Lessing l’Africaine », un article d’Isabelle D. Philippe

Née en 1919 – elle avait vingt ans au début de la Seconde Guerre mondiale –, Doris Lessing s’est éteinte le 17 novembre 2013. Prix Nobel de littérature en 2007, et cinquante livres en tout, un chiffre rond en forme de pied de nez.

« Nécrologie impossible », un article de Pierre Benetti

Ceci n’est ni une biographie, ni une nécrologie, prévient Lyonel Trouillot. Certes son récit parle d’un homme qui fut bien de ce monde, Karl Marcel Casséus, dit Lobo, né en 1962 et mort en 1997 ; certes, comme Pedro, le personnage du livre, Lobo s’est jeté du cinquième étage d’un immeuble du XIIe arrondissement de Paris, loin des quartiers de Port-au-Prince où il fut comédien autant que poète. Mais Parabole du failli demeure ce que son titre annonce : une parabole, tendue entre le réel et la fiction, entre deux formes du langage – entre ce qui a existé et ce que la langue reformule dans l’espace poétique pour le retenir.

LYONEL TROUILLOT – PARABOLE DU FAILLI
Actes Sud, 189 p., 20 €

HISTOIRE LITTERAIRE

« Goethe, la vie est l’oeuvre », un article de Jean Lacoste

Multiples sont les raisons de ne pas écrire aujourd’hui une « vie » de Goethe, à commencer par la masse décourageante des documents disponibles : journaux, chroniques, lettres de Goethe lui-même et de ses contemporains, sans parler des « conversations », dont les fameuses Conversations avec Eckermann – le plus beau livre de la langue allemande selon Nietzsche.

RÜDIGER SAFRANSKI – GOETHE
Kunstwerk des Lebens
Biographie
Carl Hanser Verlag, 748 p.

JEAN-YVES MASSON – L’INCENDIE DU THÉÂTRE DE WEIMAR
Verdier, 184 p., 15 €

« L’utopie de la traduction », un article de Jacques Fressard

Cet essai brillant et sagace, d’un philosophe un peu trop chichement traduit chez nous, a été publié tout d’abord dans le journal La Nación de Buenos Aires, entre mai et juin 1937, grâce à l’entremise de Victoria Ocampo, qui cherchait ainsi à fournir une aide financière à son ami Ortega réfugié en France lors de la guerre civile d’Espagne.

JOSÉ ORTEGA Y GASSET – MISÈRE ET SPLENDEUR DE LA TRADUCTION
trad. de l’espagnol sous la direction de François Géal
Les Belles Lettres, 120 p., 17 €

« En goguette avec Diderot », un article de Jean M. Goulemot

Quand on a édité l’oeuvre de Diderot, avec tous les scrupules scientifiques requis, quand on a satisfait ou sacrifié au rituel des commémorations révérencieuses et toujours un peu guindées, comment ne pas éprouver l’envie de briser le carcan et de faire un bout
de chemin avec Maître Denis, bras dessus bras dessous, lui en philosophe débraillé, oubliant Platon ou Socrate, revêtu de la tunique percée de Diogène, irrespectueux des puissants et des autorités ? Mais sans oublier non plus qu’il faut séduire le public, ne pas dépasser les bornes au risque de choquer et d’indigner le lectorat. Quelle tentation pourtant de donner libre cours à ses pensées, à ses rêveries !

MICHEL DELON – DIDEROT CUL PAR-DESSUS TÊTE
Albin Michel, 416 p., 24 €

INEDITS

« Pierre Bayard »

Ces bonnes feuilles proposées aux lecteurs de La Nouvelle Quinzaine littéraire proviennent du livre à paraître en février de Pierre Bayard, Il existe d’autres mondes (Minuit). L’auteur y explique comment la théorie des univers parallèles, prise au sérieux à la fois par les physiciens et les romanciers, pourrait aussi profiter aux chercheurs en sciences humaines.

POESIE

« Splendeur de Rodanski », un article de Dominique Rabourdin

"Les mots m’ont toujours mené loin dans la vie, trop loin pour que j’y renonce jamais car je les emploie désormais strictement dans le sens où ils m’échappent, où leur portée cesse d’être consciemment perçue alors que j’écris les yeux dans le vague et que mes regards se coulent dans le devenir."

STANISLAS RODANSKI – JE SUIS PARFOIS CET HOMME
Édition établie et préfacée par François-René Simon
Gallimard, 176 p., 17 €

SUBSTAN CE 13
Éd. des Cendres, 188 p., 24 €

ARTS

« La vérité de Maryan », un article de Georges Raillard

Dans les années 1950-1970 à Paris, à New York, l’oeuvre de Maryan a retenu l’attention. Le voici à nouveau présenté. Présent comme il ne l’avait pas été auparavant. Grâce à la place donnée à ses carnets de dessins, à l’exposition et au catalogue. Une découverte. Le goût y a peu de part. Maryan nous avertit : "Je n’oblige personne à aimer ma peinture".

EXPOSITION – MARYAN – La ménagerie humaine
Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Du 6 novembre 2013 au 9 février 2014
71, rue du Temple 75003 Paris
Livre-catalogue de l’exposition
Sous la direction de Nathalie Hazan-Brunet
Flammarion, 118 pages, deux carnets de dessins en fac-similé, 39,90 €

« Contempler et caresser la beauté des Antiques », un article de Gilbert Lascault

Auguste Rodin (1840-1917) a acheté plusieurs centaines de sculptures antiques (grandes et petites), souvent fragmentaires, usées, mutilées. Il les rassemble ; il les regarde ; il se réjouit. Sa pratique s’inscrit dans la continuité de l’art ancien des Grecs.

EXPOSITION RODIN : LA LUMIÈRE DE L’ANTIQUE
Musée Rodin
79 rue de Varenne, 75007 Paris
19 novembre 2013-16 février 2014
Livre-catalogue de l’exposition
Gallimard/Musée départemental Arles antique, 400 p., 45 €

SOCIOLOGIE

« Comment Manet a révolutionné l’art », un article de Gisèle Sapiro

Comment s’opère une « révolution symbolique » ? C’est à cette question que Pierre Bourdieu a consacré son avant-dernier cours au Collège de France, dans les années 1998-2000, en le centrant, comme il l’avait fait pour Flaubert dans Les Règles de l’art, sur un cas, celui de Manet, l’artiste qui a mené à son terme la subversion du système académique pour fonder l’art moderne.

PIERRE BOURDIEU – MANET – Une révolution symbolique
Raisons d’agir/Seuil, coll. « Cours et travaux », 776 p., 32 €

PSYCHANALYSE

« Vivre dans la mort », un article de Michel Plon

Psychiatre, psychanalyste, Richard Rechtman témoigne de sa capacité, rare dans son milieu professionnel, à entendre, au-delà des murs de son cabinet, la souffrance psychique et physique que subirent – que subissent encore aujourd’hui en Syrie, au Soudan ou dans quelque autre coin de la planète – les Cambodgiennes et les Cambodgiens d’abord chassés des villes puis vite massacrés parce que porteurs de ces stigmates indélébiles – propres à la bourgeoisie, petite, moyenne ou grande – qui étaient autant d’obstacles à l’instauration d’une « démocratie » bien pensée.

RICHARD RECHTMAN – LES VIVANTES
Léo Scheer, 146 p., 18 €

PHILOSOPHIE

« La tentation littéraire de Levinas », un article de Marc Lebiez

Publier les cours de Heidegger donne à entendre la voix d’un grand professeur. Avec les Cahiers pour une morale, les lecteurs de Sartre découvrirent une suite virtuelle de L’Être et le Néant et comprirent pourquoi cette suite-là ne pouvait aboutir. Les inédits de Levinas présentent une autre sorte d’intérêt : montrer les tâtonnements d’un philosophe qui s’est longtemps cherché.

EMMANUEL LEVINAS – ÉROS, LITTÉRAT URE ET PHILOSOPHIE
OEuvres complètes, tome 3
Grasset/Imec, 380 p., 26 €

« Cavaillès, philosophie et mathématique », un article de Jean-Michel Kantor

Jean Cavaillès est une figure héroïque de la philosophie française. Mort à quarante ans en 1944 sous les balles d’un peloton d’exécution allemand, il avait d’abord entrepris une brillante carrière de philosophe des mathématiques puis, à partir de 1940, joué un grand rôle d’organisateur de la Résistance.

HOURYA BENIS SINACEUR – CAVAILLÈS
Les Belles Lettres, coll. « Figures du savoir », 270 p., 19,50 €

SCIENCES

« Un regard inédit sur les insectes », un article de Colette Bitsch

Voraces, doués d’une fécondité sans pareille, parfois armés de dards venimeux, facilement tapis dans l’ombre, beaucoup d’insectes suscitent des sentiments d’antipathie et sont relégués au rang de vermines. Jean-Marc Drouin se détache de ce manichéisme pour reconsidérer de fond en comble le statut des insectes dans la nature depuis la nuit des temps, et mieux penser le vivant aujourd’hui.

JEAN-MARC DROUIN – PHILOSOPHIE DE L’INSECTE
Seuil, coll. « Science ouverte », 276 p., 19,50 €

IDEES

« Un reste pensable », un article de Tiphaine Samoyault

Dans une période où le multiculturalisme et les perspectives critique issues de la mondialisation ont tendance à occulter les relations binaires, les face-à-face interculturels et les oppositions, il est stimulant d’entendre Georges-Arthur Goldschmidt rappeler que quelque chose peut encore avoir lieu entre la France et l’Allemagne et doit être pensé.

GEORGES-ARTHUR GOLDSCHMIDT – LA JOIE DU PASSEUR
CNRS éditions, 190 p., 20 €

LA NOUVELLE QUINZAINE LITTERAIRE

« Hommage à Bernard Cazes »

THEÂTRE

« Robert Wilson : rive gauche/rive droite », un article de Monique Le Roux

Événement exceptionnel à la mesure de l’artiste célébré : le Festival d’Automne à Paris et le Louvre se sont associés afin de proposer un portrait de Robert Wilson. Pour la deuxième fois, après Patrice Chéreau l’hiver 2010-2011, un metteur en scène, mais aussi plasticien, vidéaste, architecte, est le « grand invité » du musée. L’ensemble de son oeuvre en reçoit un éclairage qui renouvelle l’approche des spectacles programmés pour la quarante-deuxième édition du Festival d’Automne.

LE LOUVRE REÇOIT ROBERT WILSON
LIVING ROOMS
Musée du Louvre
Jusqu’au 17 février 2014

MUSIQUE

« Musique et folie », un article de Thierry Laisney

La musique et la folie ont-elles quelque chose de commun, en particulier dans le rapport que l’une et l’autre entretiennent avec le langage ? C’est ce qu’examine ici John T. Hamilton, professeur de littérature comparée à Harvard.

JOHN T. HAMILTON – MUSIC, MADNESS AND THE UNWORKING OF LANGUAGE
Columbia University Press, 252 p.

BIBLIOGRAPHIE

Par Adeline Rajch

CINEMA

« Génération retrouvée », un article de Lucien Logette

« Que reste-t-il de la Nouvelle Vague ? » Le critique italien Aldo Tassone posait la question, en 2003, dans un livre paru sous ce titre, chez Stock. Question qu’il est loin d’être le seul à avoir posée, puisque les quinze dernières années, via la célébration du quarantième, puis du cinquantième anniversaire, ont vu fleurir les ouvrages sur le sujet – la bibliographie de 58-68, retour sur une génération en évoque une douzaine traitant du mouvement de façon générale, sans prendre en compte les monographies sur ses participants les plus connus, qui doivent aisément atteindre la centaine. À mesure que le moment historique s’éloigne, se renforce l’édifice patrimonial, soigneusement entretenu par quelques spécialistes de la légende dorée du tournant des années soixante.

58-68, RETOUR SUR UNE GÉNÉRATION – Vers un nouveau cinéma français
Sous la direction de Laurent Bismuth et Éric Le Roy
Centre national de la cinématographie, 466 p., 29 €

REPORTAGE

« Les chauffeurs-livreurs », un article de Santiago Artozqui

Un demi-siècle après que Roland Barthes a mis en lumière la façon dont les représentations collectives modernes rappellent les mythes ancestraux, Ève Charrin se penche sur l’un des mystères fondateurs du dogme consumériste : par quel miracle la corne d’abondance où nous allons tous puiser de quoi satisfaire nos envies se remplit-elle ?

ÈVE CHARRIN – LA COURSE OU LA VILLE
Seuil, coll. « Raconter la vie », 76 p., 5,90 €

La Nouvelle Quinzaine littéraire n°1095 du 16 au 31 décembre 2013

(Télécharger ce numéro en cliquant sur le lien)

LITTÉRATURE

« De l’économie à la littérature fantastique (et retour) », un article d’Eve Charrin

Revanche de la littérature sur la finance : « Pour comprendre les événements espagnols de toutes ces dernières années, il faut lire certains des rares rapports internationaux qui alertaient sur la possibilité d’un désastre, mais il faut avant tout lire  Cervantès ». Comment l’argent facile, les constructions à tout va et les taux de croissance qui s’envolent ont-ils brutalement fait place au chômage et à la pauvreté ? Le romancier a raison : pour saisir quelque chose du miracle économique espagnolet de la banqueroute générale qui a suivi, il est très éclairant de sortir d’une lecture purement économique.

ANTONIO MUÑOZ MOLINA – TOUT CE QUE L’ON CROYAIT SOLIDE
trad. de l’espagnol par Philippe Bataillon
Seuil, 246 p., 21 euros

« Permanence du nouveau roman », un article de Maurice Mourier

Dernier mouvement littéraire français qui ait compté internationalement après le surréalisme, dont il est d’ailleurs en partie issu, le Nouveau Roman porta très haut le culte baudelairien de la beauté formelle. En cela il se situait dans la droite ligne de quelques-uns des grands moments de l’histoire de notre littérature : la Pléiade, l’art pour l’art, le symbolisme, autant de paroxysmes esthétiques qui, selon la formule de Barthes, attachent un prix plus élevé au « quelque chose à faire » qu’au « quelque chose à dire ».

CLAUDE OLLIER – CINQ CONTES FANTASTIQUES
P.O.L, 169 p., 15 euros

ROBERT PINGET – LE CHRYSANTHÈME
Préface de Martin Mégevand
Zoé, 39 p., 4,50 euros

« Entretien avec Erri De Luca – Tout vient de l’ouïe », propos recueillis par Norbert Czarny

Le romancier italien Erri De Luca était à Bastia le 23 novembre pour y recevoir le prix Ulysse couronnant l’ensemble de son oeuvre. Il a bien voulu répondre à nos questions.

« Identité heureuse », un article de Natacha Andriamirado

L’histoire de Frank Eskenazi commence dans une rue de Paris, à l’âge de douze ans, au moment où, alors qu’il est raccompagné par ses copains de classe, ces derniers hurlent son nom de famille.

FRANK ESKENAZI – UNE ÉTOILE MYSTÉRIEUSE
Seuil, 160 p., 15 euros

« "Citoyen de son enfance" », un article de Gabrielle Napoli

Déambulons une nouvelle fois en compagnie de Michel Chaillou, guidés par ses rythmes puissants, à l’image de la nature qu’il évoque dans ce récit qui se passe pour l’essentiel en pays breton, sur la presqu’île de Quiberon, à Portivy.

MICHEL CHAILLOU – L’HYPOTHÈSE DE L’OMBRE

Gallimard, coll. « Haute enfance », 185 p., 17,90 euros

« La langue coupée », un article de Pierre Bergez

Avec L’Art français de la guerre, prix Goncourt 2011, Alexis Jenni s’était imposé comme un romancier aussi original qu’ambitieux. Les Élucidations marquent un retrait volontaire par rapport à l’ampleur totalisante de l’écriture romanesque. Le livre est construit autour de « souvenirs » restés à l’état de « fragments », que le narrateur interroge comme « la partie d’une très grosse pierre enterrée. Alors je
prends la pelle, et je creuse autour ».

ALEXIS JENNI – ÉLUCIDATIONS – 50 anecdotes

Gallimard, 210 p., 14,90 euros

« Le plus imparfait des présents », un article de Claude Grimal

Nadine Gordimer, écrivain sud-africain, Prix Nobel de littérature, écrit avec Vivre à présent son seizième roman, dans lequel, encore une fois, elle choisit pour sujet l’état de la société et des habitants de son pays natal.

NADINE GORDIMER – VIVRE À PRÉSENT
trad. de l’anglais (Afrique du Sud) par David Fauquemberg
Grasset, 480 p., 22 euos

« Philippe Roth, marque déposée ? », un article de Steven Sampson

Philip Roth à la retraite ? Jamais ! À New York, il organise ses archives et travaille étroitement avec ses biographes. À Paris, ses éditeurs français ont collaboré avec lui sur un nouveau « packaging » de l’oeuvre, afin de mettre au premier plan le Roth tardif, celui qui est censé avoir brossé un portrait de l’Amérique entière. Que doiton penser des romans des quarante premières années de sa carrière ? Sont-ils trop formels ou solipsistes ? Parce que, de fait, il y a eu plusieurs Roth, comme le démontre son amie Claudia Roth Pierpont, journaliste au New Yorker, qui vient de publier une hagiographie très remarquée.

PHILIP ROTH – L’AMÉRIQUE DE PHILIP ROTH
trad. de l’américain par Josée Kamoun
Gallimard, coll. « Quarto »1 152 p., 25 euros

CLAUDIA ROTH PIERPONT – ROTH UNBOUND
A writer and his books
Farrar Straus Giroux, 368 p.

MICHAEL KIMMAGE – IN HISTORY ’S GRIP

Philip Roth’s Newark trilogy

Stanford University Press, 216 p.

«  "Je ne divorce pas des morts" », un article de Christian Mouze

Cette parole tenue devant le procureur par une de ses amies, Nadejda Mandelstam (1899-1980) aurait pu la prononcer elle-même. C’est d’ailleurs ce qu’a fait toute sa vie, après la mort d’Ossip Mandelstam dans un camp d’Extrême-Orient (le 27 décembre 1938). Ses souvenirs vont désormais constituer le pendant de l’oeuvre du poète. Le côté pile. Et quand il s’agit d’Anna Akhmatova, il s’agit d’une relation à trois. L’ombre de Mandelstam est l’encre des mots de Nadejda, l’écriture de celle-ci l’épithalame de leur union.

NADEJDA MANDELSTAM – SUR ANNA AKHMATOVA
Édition et postface de Pavel Nerler
trad. du russe par Sophie Benech
Le Bruit du temps, 224 p., 21 euros

« Le chant des fantômes », un article de Pierre Benetti

« Je ne suis pas un fétichiste de la bibliophilie. Ce qui m’intéresse, en revanche, c’est de voir comment utiliser au mieux les possibilités de cet objet », confiait Mark Z. Danielewski il y a quelques années. Cet objet, c’est le livre lui-même, celui qu’on a dans les mains et qu’on garde dans la tête, celui que l’écrivain américain né en 1966 fabrique d’abord, raconte-t-il, sur le panneau en bois de son bureau.

MARK Z. DANIELEWSKI – L’ÉPÉE DES CINQUANTE ANS
trad. de l’anglais (États-Unis) par Héloïse Esquié
Denoël, 285 p., 22 euros

LA MAISON DES FEUILLES
trad. de l’anglais (États-Unis) par Claro
Denoël, 709 p., 32 euros

« Un conte de Noël », un article de Marie Etienne

Voici le dernier roman de Colette Lambrichs, qui écrit peu (depuis 1997, quatre recueils de nouvelles et un roman) mais qui publie beaucoup les autres (ceci expliquant probablement cela) à La Différence, la maison d’édition qu’elle dirige depuis 1976, soit quatre ans après avoir quitté la Belgique où elle est née.

COLETTE LAMBRICHS – ÉLÉONORE
La Différence, 174 p., 15 euros

« Matrice », un article de Hugo Pradelle

Paru en 1969, le troisième livre de Richard Yates assume clairement une dimension autobiographique, tout en étendant les thèmes qu’il aborde à une société tout entière tournée vers le désir et vers l’image.

RICHARD YATES – UN DESTIN D’EXCEPTION
trad. de l’anglais (États-Unis) par Aline Azoulay-Pacvon
Robert Laffont, coll. « Pavillons », 324 p., 22 euros

POESIE

« "L’éclat de ce qui est" », un article de Gérard Noiret

« De la poésie, des arts, de la pensée, je n’ai jamais attendu moins que ceci : un monde nouveau – moins mensonger, plus éclatant, plus digne. Non pas quelque “ailleurs” seulement imaginé, mais le rapport vivant le moins illusoire à ce qu’il en est de ce qui est. – Toujours ces puissances ont eu pour moi, dans des œuvres, les prestiges de l’action la plus durable, la moins soumise à la simple reconduction de l’état des choses, la mieux capable de résister à l’entropie, à la décomposition, à la mort. »

JEAN-PAUL MICHEL – ÉCRITS SUR LA POÉSIE
1981-2012
Flammarion, 316 p., 20 euros

« "Pense au soleil qui brûle sans voir" », un article de Jacques Fressard

L’Amérique de langue espagnole est si fertile en excellents poètes relativement proches chronologiquement les uns des autres, en un espace à la fois immense et analogue, qu’ils semblent s’accorder ou se répondre de génération en génération.

GONZALO ROJAS – NOUS SOMMES UN AUTRE SOLEIL
trad. de l’espagnol (Chili) et présenté par Fabienne Bradu
La Différence, coll. « Orphée », 128 p., 5 euros

HISTOIRE LITTERAIRE

« Savants et poètes au XIXème siècle », un article de Jean-Michel Kantor

Dans les premières années du XIXe siècle, de nombreux recueils de poésie célèbrent la science, les travaux de Buffon, de Cuvier. Certains constituent même de véritables succès de librairie.

MUSES ET PTÉRODACTYLES
La poésie de la science de Chénier à Rimbaud
Anthologie sous la direction d’Hugues Marchal
Seuil, 660 p., 32 euros

INEDITS

« Point d’origine » par Peter Szendy

Peter Szendy est musicologue et philosophe. La plupart de ses essais portent sur l’expérience musicale, d’Écoute. Une histoire de nos oreilles (Minuit, 2001) à Tubes. La philosophie dans le juke-box (Minuit, 2008). Son dernier livre, À coups de points, la ponctuation comme expérience (voir le compte rendu de Tiphaine Samoyault, p. 18), porte sur le point dans la phrase. Il a confié à la Nouvelle Quinzaine littéraire un chapitre inédit, écarté de la version finale.

« Ponctuer, boxer », un article de Tiphaine Samoyault

Peter Szendy choisit de raviver le terme rare et ancien de « stigmatologie », qui désignait en grec la ponctuation du texte hébreu de la Bible, pour proposer un traité de ponctuation générale, qui est surtout une philosophie du point : à la fois le point du grammairien mais aussi l’empreinte, la marque, la couture qui sont autant de formes que prend l’expérience ponctuante.

PETER SZENDY – A COUPS DE POINTS, La ponctuation comme expérience

Minuit, 158 p. 19,50 euros

ARTS

« Beaux Livres », un article de Georges Raillard

ALESSANDRA ZAMPERINI – VERONÈSE
Imprimerie Nationale, 352 p., 144 euros

MAXIMILIAAN P. J. MARTENS ET ANNICK BORN – VAN EYCK PAR LE DÉTAIL
Hazan, 252 p., 39 euros

SERGE FAU CHEREAU – LES PEINTRES MEXICAINS (1910-1960)

Flammarion, 256 p., 286 ill., 45 euros

FRANCO MARIA RICCI (DIR.) – LABYRINTHES

Avant-propos d’Umberto Eco
Textes de Giovanni Mariotti
Rizzoli, 224 p., 120 ill. coul. 54 euros

COLLECTIF – MARCEL BROODTHAERS, Livre d’images
Flammarion, 320 p., 65 euros

« Les objets ambigus, les poupées aguicheuses », un article de Gilbert Lascault

Commissaire de cette exposition du Centre Pompidou, Didier Ottinger rassemble plus de 200 oeuvres : celles de Giacometti, Dalí, Duchamp, Man Ray, Brassaï, Picasso, Calder, bien d’autres, celles aussi d’artistes vivants (Arnaud Labelle-Rojoux, Philippe
Mayaux …).

Exposition LE SURRÉALISME ET L’OBJET
Centre Georges-Pompidou
30 octobre 2013 – 3 mars 2014

DIDIER OTTINGER (dir.) – DICTIONNAIRE DE L’OBJET SURRÉALISTE
Gallimard, 334 p., 39,90 euros

« Georges Braque », un article de Georges Raillard

Au fronton du Gand Palais, le nom du peintre. Seul, comme, dans les mêmes lieux en 1995, Cézanne. Sa rétrospective était annoncée par cette constatation : « Aborder Cézanne, c’est aujourd’hui encore entrer dans un territoire sacré ». Mais l’exposition était orientée par ces mots de Maurice Denis : « Il est celui qui peint. » Braque n’est pas sacralisé. D’artiste français idéal, officialisé par Malraux, confronté au Louvre à Poussin, il serait aujourd’hui devenu un peintre méconnu ? Plus qu’à revoir, à voir et à revoir, longuement, lentement.

EXPOSITION GEORGES BRAQUE 1882-1963
Grand Palais, Galeries nationales
Du 16 septembre 2013 au 6 janvier 2014
Livre-catalogue de l’exposition
Sous la direction de Brigitte Léal
Réunion des musées nationaux, 344 p., 45 euros

IDEES

« "Charbonnier est maître en sa demeure" », un article de Marc Lebiez

Mis en cause par la Société des Nations pour les persécutions qu’il faisait subir aux Juifs, le gouvernement nazi fit répondre par son représentant que « charbonnier est maître en sa demeure ». Même si ce n’est pas l’exemple qu’elle prend, car ses références sont plus récentes, cette réponse pose bien le problème que Monique Chemillier-Gendreau aborde ici : jusqu’où la revendication de souveraineté est-elle acceptable ? Sa position a le mérite de la netteté : ce livre est un long réquisitoire contre la notion même de souveraineté.

MONIQUE CHEMILLIER-GENDREAU – DE LA GUERRE À LA COMMUNAUTÉ UNIVERSELLE
Entre droit et politique
Fayard, 388 p., 23 euros

PSYCHANALYSE

« Safouan, le patron », un article de Michel Plon

Grâces soient rendues à Braque et à Jean Paulhan, à Jean Renoir et aux « jeunes Turcs » que furent François Truffaut et Jacques Rivette. Moustapha Safouan, qui affirme avec hauteur combien Lacan fut pour lui un maître, est bien un « patron », détenteur d’un mystère et d’un secret que ce livre nous aide à percer.

MOUSTAPHA SAFOUAN – LA PSYCHANALYSE
Science, thérapie – et cause
Thierry Marchaisse éd., 420 p., 29,50 euros

HISTOIRE

« Le goût de l’archive », un article de Catriona Seth

Portant sur des périodes et des expériences très différentes, deux ouvrages viennent dire un même goût de l’archive chez deux historiennes, la dix-huitiémiste Arlette Farge et la soviétologue Sonia Combe. Toutes deux ont en commun de raconter à cette
occasion leurs recherches en passant par un récit à la première personne. Elles ont l’une et l’autre traqué, dans leurs écrits, des témoignages : la « mémoire grise » de ceux qui documentaient autrefois le « bloc Est » ; les voix disparues sur les infimes traces
desquelles s’est engagée, dans nombre de livres et d’articles, l’auteur du Bracelet de parchemin. Leur récit se double ainsi d’une précieuse réflexion méthodologique sur le travail en cours.

ARLETTE FARGE – LA DÉCHIRURE
Souffrance et déliaison sociale au XVIIIe siècle
Bayard, 228 p., 19 euros

SONIA COMBE – D’EST EN OUEST
Retour à l’archive
Publications de la Sorbonne, coll. « Itinéraires », 270 p., 18 euros

« Jaurès au fil du temps », un article de Jean-Jacques Marie

Il est difficile de trouver dans l’histoire un homme dont l’image ait été autant trafiquée que celle de Jaurès. Autant et aussi vite, car l’embaumement a commencé dès le lendemain de son assassinat et n’a cessé de s’amplifier au fil des années.

VINCENT DUCLERT – JAURÈS

1859-1914

La politique et la légende

Éd. Autrement, 282 p., 21 euros

« Un témoignage politiquement incorrect », un article de Sonia Combe

Présenté par Olivier Lalieu, historien à qui l’on doit une étude solide sur la Résistance française dans le camp qui rassembla le plus grand nombre de Français (26 000), ce journal tenu à Buchenwald, heureusement exhumé par la famille (et publié avec le concours de la ville de Compiègne et du Mémorial de l’internement et de la déportation), nous donne à voir la scène concentrationnaire « par le bas ». Le journal de Jean Hoen possède ce « cachet d’authenticité » qui nous rappelle à quel point la mémoire, fût-elle contradictoire, est indispensable à l’Histoire.

JEAN HOEN – MATR. 20 224
KLB
Journal de Buchenwald
1943-1945
Puf, 432 p., 23 euros

« Littérature et fascisme », un article de Maïté Bouyssy

Alors que le trop connu éloigne les anciennes générations de l’affaire Dreyfus, et que les nouvelles n’y voient plus qu’un pensum de collège, la reprendre en la liant à l’hypothèse d’un épuisement des récits romanesques, et resituer ainsi le trio Bernard Lazare, Barrès, Zola, n’est pas sans intérêt. C’est le très séduisant projet de ce livre.

Uri EISENZWEIG – Naissance littéraire du fascisme
Seuil, coll. « La librairie du XXIe siècle », 172 p., 19 euros

MUSIQUE

« Mozart, Bergson, Rousseau », un article de Thierry Laisney

Je me souviens qu’un jour, me trouvant dans une librairie philosophique située place de la Sorbonne à Paris, j’ai entendu une voix de stentor clamer ceci : « Je suis pour une séparation des espaces de compréhension. » On n’est pas obligé d’être d’accord.

THEÂTRE

« Le médecin, l’écrivain, le comédien… », un article de Monique Le Roux

La quarante-deuxième édition du Festival d’Automne à Paris ne s’achève pas au moment du solstice d’hiver ; outre « Le Portrait de Robert Wilson », auquel sera consacré un prochain article, elle programme au Théâtre du Rond-Point Un métier idéal, un « projet de et avec Nicolas Bouchaud », mis en scène par Éric Didry, d’après le livre éponyme de John Berger et Jean Mohr.

JOHN BERGER & JEAN MOHR – UN METIER IDEAL
Projet de Nicolas Bouchaud
Mise en scène d’Éric Didry
Théâtre du Rond-Point
Jusqu’au 4 janvier 2014

CINEMA

« The Filming Dutchman », un article de Lucien Logette

Le dernier Festival de Cannes se révèle en définitive plus fourni en grandes oeuvres que la critique, trop occupée par les aventures d’Adèle, ne l’avait jugé sur le moment. La preuve : les films les plus intéressants distribués ces derniers temps – Rêves d’or, La Vénus à la fourrure, The Immigrant, Zulu et surtout A Touch of Sin, de Jia Zhang-ke, qui, à défaut d’une Palme d’or méritée, aurait pu au moins se voir attribuer le prix de la mise en scène – figuraient dans le cru printanier. Sans oublier Only Lovers Left Alive, de Jim Jarmush, accessible seulement en février, bien meilleur que les échos cannois ne l’ont laissé croire. Il en est de même pour Borgman, enfin offert à la curiosité des amateurs.

ALEX VAN WARMERDAM – BORGMAN

LA NOUVELLE QUINZAINE LITTERAIRE

« Petites déambulations philosophiques – 2. Une famille d’esprit », un article de Jean Lacoste

La Nouvelle Quinzaine littéraire n°1094 du 1er au 15 décembre 2013

(Télécharger ce numéro en cliquant sur le lien)

LITTÉRATURE

« Vivre sans héroïne », un article de Steven Sampson

Textes sur le manque, la dépendance et l’homosexualité, ces romans de Mathieu Lindon et de Dominique Noguez montrent à quel point le désir et le renoncement vont de pair. Quel corps l’artiste doit-il privilégier : le sien ou celui de son oeuvre ?


MATHIEU LINDON – UNE VIE PORNOGRAPHIQUE

P.O.L., 265 p., 17 euros

DOMINIQUE NOGUEZ – UNE ANNEE QUI COMMENCE BIEN

Flammarion, 384 p., 20 euros

« L’écrivain Alain Fleischer et Sade », un article de Maurice Mourier

Quand un artiste a des talents aussi divers qu’Alain Fleischer, et qu’il les exerce tous avec un don d’ubiquité aussi peu commun, on peut se demander qui il est réellement. Photographe, cinéaste (à la fois de fictions et de documentaires), scénographe (expositions, musées), plasticien, enseignant (il dirige l’école du Fresnoy, « studio national des arts contemporains ») ?

JUTTA FORTIN ET JEAN-BERNARD VRAY (DIR.) – ALAIN FLEISCHER ÉCRIVAIN

Seuil, revue Le genre humain, 301 p. 15,20 euros

ALAIN FLEISCHER – SADE SCÉNARIO

Cherche Midi, 442 p., 19 euros

« Un artiste de l’exagération », un article de Norbert Czarny

Salzbourg et l’Autriche, le théâtre, son public, les acteurs, la mort sous toutes ses formes, le grand-père et les philosophes… On pourrait ainsi poursuivre une énumération que les lecteurs de Thomas Bernhard compléteraient d’un nom ou d’un adjectif. Misanthrope, solitaire, imprévisible, méchant, drôle … Oui, c’est tout cela et le reste que l’on retrouve dans deux livres posthumes de l’écrivain autrichien.

THOMAS BERNHARD – SUR LES TRACES DE LA VERITÉ – Discours, lettres, entretiens, articles
Sous la direction de Wolfram Bayer, Raimund Fellinger et Martin Huber
Traduit de l’allemand par Daniel Mirsky
Gallimard, coll. « Arcades », 420 p., 22,50 euros

GOETHE SE MHEURT

Trad. de l’allemand par Daniel Mirsky
Gallimard, coll. « Du monde entier », 128 p., 13,50 euros

« Une personnalité défaite », un article de Jean-Luc Tiesset

Traduit en français après plusieurs autres, au rebours de la chronologie, Le Silence de Perlmann est en fait le premier roman publié en allemand par Pascal Mercier. L’auteur, de son vrai nom Peter Bieri, est un philosophe d’origine suisse, spécialiste des langues (entre autres), qui a fait le choix de l’écriture romanesque à côté de ses publications scientifiques et a déjà reçu diverses récompenses (en France, le prix Michel Tournier 2011 pour Léa).

PASCAL MERCIER – LE SILENCE DE PERLMANN
Traduit de l’allemand par Nicole Bary et Gaëlle Guicheney
Libella/Maren Sell, 784 p., 26 euros

« Au cœur de l’alpage », un article de Georges-Arthur Goldschmidt

La littérature « paysanne » est vivace dans les pays de langue germanique, en Bavière, en Autriche ou en Suisse. Faite de fureur et d’intensité, de confusion des sentiments et des situations, elle décrit en général un monde à la veille de son engloutissement définitif dans le passé. Franz Innenhofer, Franz Xaver Kroetz ou Joseph Winkler ont montré la violence désespérée qui règne souvent au sein d’un univers qui semble si tranquille.

ARNO CAMENISCH – SEZ NER et DERRIÈRE LA GARE

Traduit de l’allemand par Camille Luscher
Éditions d’En bas (Lausanne)

« La brisure de Marie le Drian », un article d’Albert Bensoussan

On ne peut parler de ce livre sans trembler, des mains, des lèvres, la tête chavirée et le cœur étreint.

MARIE LE DRIAN – LE CORPS PERDU DE SUZANNE THOVER

Apogée, 262 p., 18 euros

« Krúdy l’enchanteur », un article de Grabielle Napoli

Dispersé chez plusieurs éditeurs, traduit par différents traducteurs, Krúdy incarne, dans la vie littéraire française, l’esprit facétieux qui résonne dans plusieurs de ses récits. Quelle heureuse surprise alors que de découvrir ce court texte, Le Coq de madame Cléophas, publié pour la première fois en Hongrie en 1920, qui transporte son lecteur dans des atmosphères tout autant spectrales et inquiétantes
que burlesques et bouffonnes. Dans le même temps, le récit N.N. est republié par l’éditrice et traductrice Ibolya Virág qui a joué un rôle majeur dans la diffusion de cet auteur en France.

GYULA KRÚDY – LE COQ DE MADAME CLÉOPHAS
Traduit du hongrois par Paul-Victor Desarbres et Guillaume Métayer
Préface d’András Kányádi
Circé, 118 p., 10 euros

N.N.
Traduit du hongrois par Ibolya Virág
La Baconnière, 213 p., 10 euros

« La parole à vif du basketteur », un article de Frédéric Sylvanise

En 2009 sortait en France la traduction du troisième roman de Paul Beatty, Slumberland, qui narrait les aventures berlinoises d’un DJ noir américain à la fois perdu et heureux en Europe, loin de son pays natal. En évoquant son dépaysement, le narrateur nous parlait aussi de l’Amérique et de sa manière de traiter ses citoyens noirs.

PAUL BEATTY – AMERICAN PROPHET
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nathalie Bru
Passage du Nord-Ouest, 327 p., 21 euros

« Fleur et fureur », un article de Liliane Kerjan

Un livre de combat, écrit dans une langue vigoureuse, voire brutale, qui tient le pouls de l’urgence, qui réfléchit aux mécanismes de la reproduction des espèces et des comportements, foisonnant de faits, de scènes courtes pour donner une histoire autre de l’Amérique.

CHARLES BOWDEN – ORCHIDEE DE SANG

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Bernard Cohen
Albin Michel, coll. « Terres d’Amérique », 354 p., 22 euros

« Le silence pour héritage », un article de Gabrielle Napoli

Gabor Schein signe avec Lazare ! son deuxième roman. Traducteur de Rilke et de Celan, son récit en prose trahit les influences de Kafka et de Kertész. Comment en effet ne pas penser à La Lettre au père, mais aussi au Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas, ou encore à Liquidation, en lisant ce récit qui frappe son lecteur par sa singularité et sa force ?

GABOR SCHEIN – LAZARE !
Traduit du hongrois par Clara Royer
Éditions Pétra, 122 p., 15 euros

« Henri Thomas », un article de Pierre Pachet

Non, Henri Thomas, poète et romancier singulier (1912-1993) n’est pas oublié. Depuis Lausanne, la Revue de Belles- Lettres lui consacre un superbe numéro, paru en septembre, riche d’inédits, de lettres et de témoignages.

« Maples Arce le stridentiste », un article de Jacques Fressard

Par la grâce d’un érudit minutieux et passionné, voici que nous revient, superbement traduite, l’oeuvre d’un poète mexicain dont le retentissement dans les années vingt du siècle dernier fut sans doute aussi grand que celui d’un Rubén Darío à la génération précédente. Sous forme de documents graphiques, de manifestes et d’une minutieuse étude des textes intégralement reproduits et traduits, le singulier mouvement « stridentiste » reparaît ici en une trajectoire ressuscitée.

MANUEL MAPLES ARCE – STRIDENTISME !
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Antoine Chareyre
Le Temps des cerises, 372 p., 25 euros

« Lucidité », un article de Hugo Pradelle

L’oeuvre de José Saramago peut se concevoir comme un ensemble de pièces de tissus de couleurs différentes obstinément cousues ensemble, les unes à la suite des autres, avec un soin très grand, pour former une étoffe longue, très longue, dont chacun des pans colorés, relié au précédent, surgit en quelque sorte. L’auteur le disait en recevant le prix Nobel en 1998. Et l’une des joies qu’il y a à lire La Lucarne réside dans le fait que nulle couture ne fait tenir ce roman-ci, qu’il n’y a rien avant, que ce sont les premiers coups d’aiguille qu’il enfonce dans le tissu de la fiction et la trame de la réalité.

JOSÉ SARAMAGO – LA LUCARNE
Traduit du portugais par Geneviève Leibrich
Seuil, 352 p., 22 euros

HISTOIRE LITTERAIRE

« Colporteuse d’amour », un article de Catriona Seth

Dans l’avalanche de nouveautés de la rentrée littéraire, les lecteurs risquent de passer à côté d’un petit chef-d’oeuvre. Paru en anglais en 1766 à Londres, The genuine Memoirs of the celebrated Miss Maria Brown. Exhibiting the Life of a Courtezan in the most fashionable Scenes of Dissipation paraît pour la première fois en français, deux siècles et demi plus tard, grâce à l’entremise d’André Fayot, déjà traducteur d’autres textes oubliés comme les Histoire et Aventures de Duncan Campbell de Daniel Defoe, en 2003. Il réussit ici, sans pasticher le style du XVIIIe siècle mais avec beaucoup de doigté, à rendre dans une langue savoureuse les péripéties rencontrées par les « marchandes ambulantes et colporteuses dans le commerce de l’amour ».

JOHN CLELAND – MÉMOIRES DE MARIA BROWN
Traduit de l’anglais par André Fayot
José Corti, coll. « Domaine romantique », 268 p., 23 euros

INEDITS DE LA NOUVELLE QUINZAINE LITTERAIRE

« Sortir de terre », un article de Georges Didi-Huberman

Dans le cadre de la manifestation Villes en ruines : images, mémoires, métamorphoses, présentée au musée du Louvre du 18 au 20 octobre dernier, a été projeté le film de Filippos Koutsaftis La Pierre triste (Agelastos petra, 2000), tourné pendant douze années sur les sites d’Éleusis en Grèce. C’est un grand film-poème qui nous montre la mémoire d’une ville, sa culture, comme un champ archéologique qui serait, en même temps, un véritable champ de batailles politiques. Avant que le cinéaste, invité par le Louvre, ne répondît aux questions du public, Georges Didi-Huberman avait présenté l’oeuvre sous forme d’une « lettre ».

« L’image et le papillon », un article de Jean Lacoste

Nombreux sont les écrivains que les papillons ont fascinés, Nabokov, par excellence, Hesse, Caillois, Michaux… Le passage de la larve à la chrysalide, et de celle-ci à ce qu’on appelle l’imago, c’est-à-dire à la forme adulte, ne cesse d’interpeller : « métamorphose n’est pas mensonge », affirme un vers de Rilke à ce propos.

GEORGES DIDI-HUBERMAN – PHALÈNES

Essais sur l’apparition, 2
Minuit, 384 p., 29,50 euros

ARTS

« Le surréalisme et l’objet à Beaubourg », un article de Georges Raillard

Ce qu’est l’exposition de Beaubourg, « Le surréalisme et l’objet », la question se pose. Des expositions sur le même thème sont entrées dans l’histoire du surréalisme. Six depuis 1933. À chacune sa spécificité et son apport. En partie reconstituées, elles ponctuent l’exposition de Beaubourg. Elles sont présentées avec précision dans le Dictionnaire qui accompagne l’exposition, moins définie que les précédentes.

EXPOSITION LE SURRÉALISME ET L’OBJET
Centre Georges-Pompidou
30 octobre 2013 – 3 mars 2014

DIDIER OTTINGER (DIR.) – DICTIONNAIRE DE L’OBJET SURRÉALISTE
Gallimard, 334 p., 39,90 euros

LA SCULPTURE AU DÉFI
Surréalisme et matérialisme
L’Échoppe éd., 44 p., 8,70 euros

« Le long mariage tragique de la colombe et de l’éléphant », un article de Gilbert Lascault

Passionnante, cette exposition du musée de l’Orangerie rassemble 40 œuvres de Frida Kahlo (1907-1954), 30 oeuvres de Diego Rivera (1886-1957), de nombreuses photographies (en particulier, celles de Gisèle Freund et de Juan Guzmán).

EXPOSITION FRIDA KAHLO / DIEGO RIVERA : L’ART EN FUSION
Musée de l’Orangerie
9 octobre 2013 – 23 janvier 2014
Livre-catalogue de l’exposition
Musée d’Orsay et de l’Orangerie/Hazan, 184 p., 156. Ill., 35 euros

HAYDEN HERRERA – FRIDA
Une biographie de Frida Kahlo
Traduit de l’anglais par Philippe Baudoin
Flammarion, 606 p., 120 ill., 26 euros

SERGE FAUCHEREAU – LES PEINTRES MEXICAINS (1910-1960)
Flammarion, 256 p., 286 ill., 45 euros

IDEES

« Le dernier livre d’Arthur Danto », un article de Thierry Laisney

La forme affirmative qu’adopte le titre de ce livre (paru au printemps 2013) est loin d’être indifférente : elle exprime la profession de foi du philosophe et critique d’art américain Arthur Coleman Danto, né en 1924 et mort le 25 octobre dernier.

ARTHUR C. DANTO – WHAT ART IS
Yale University Press, 180 p.

« L’événement Benjamin », un article de Tiphaine Samoyault

La publication d’un Cahier de l’Herne marque souvent un tournant dans la réception française d’un auteur. Ce fut le cas pour Gombrowicz en 1971, pour Beckett en 1976, pour Joyce en 1985 ou, plus récemment, pour Derrida en 2004 et pour Scholem en 2009. Le volume consacré à Benjamin ne fait pas exception : en mettant en avant la part la plus littéraire de son oeuvre, avec la publication de nombreux textes inédits en français, il invite à le lire de façon moins discontinue et plus intime.

Cahier de l’Herne
Walter Benjamin
Cahier coordonné par Patricia Lavelle
L’Herne éd., 392 p., 39 euros

PHILOSOPHIE

« Jusqu’où régresser ? », un article de Marc Lebiez

En philosophie comme ailleurs, l’intérêt d’une hypothèse tient moins à sa vérité supposée – si tant est que celle-ci soit vérifiable – qu’aux analyses et aux rapprochements qu’elle rend possibles et éclairants. L’hypothèse formulée par Paolo Virno est que les catégories logiques ont un fondement anthropologique. Ayant étudié ailleurs la négation et la modalité du possible, c’est à la troisième catégorie, celle de la régression à l’infini, qu’il s’intéresse ici.

PAOLO VIRNO – ET AINSI DE SUITE, La régression à l’infini et comment l’interrompre
Traduit de l’italien par Didier Renault
Éd. de l’Éclat, coll. « Philosophie imaginaire », 200 p., 19 euros

HISTOIRE

« Avant Napoléon, Bonaparte… », un article de Michel Biard

Alors que se profile dans un proche horizon la fin des années du bicentenaire consulaire et impérial, dont les nombreuses publications vont sous peu laisser la « vedette » au centenaire de la Première Guerre mondiale (« actualité éditoriale » oblige), Patrice Gueniffey propose au lecteur une nouvelle biographie de Napoléon Bonaparte.

PATRICE GUENIFFEY – BONAPARTE
1769-1802
Gallimard, 864 p., 30 euros

« Autour de Léon des Landes », un article de Maïté Bouyssy

Ce « récit » peut être considéré comme le point de fuite de bien des chantiers du plasticien Pascal Convert, qui entreprend de donner corps aux souvenirs complexes de l’histoire plus qu’à l’histoire de la Résistance elle-même ; ici dialoguent une approche essentiellement historique du mythique Léon des Landes, Dussarrat, grand-père de l’auteur, qui fut patron des maquis de Dax, et les écrits d’une femme, fille de ce dernier et mère de l’auteur, résolument en marge du monde mais livrée à une écriture de soi au minimalisme radical.

PASCAL CONVERT – LA CONSTELLATION DU LION
Récit
Grasset, 152 p., 14 euros

LA NOUVELLE QUINZAINE LITTERAIRE

« René Alleau (1917-2013) », un article d’Annie Le Brun

Le 18 octobre dernier disparaissait un des esprits les plus considérables de ce temps, ancien collaborateur de La Quinzaine littéraire. Aujourd’hui peu connu des milieux intellectuels, René Alleau, né en 1917, n’en aura pas moins été celui qui renouvela l’approche de l’alchimie et des savoirs traditionnels, en les dégageant des brouillards occultistes, grâce à une double formation scientifique et philosophique.

SCIENCES

«  Les fourmis ont-elles des émotions ? », un article de Jean-Michel Kantor

« Le cerveau des fourmis est l’un des plus merveilleux atomes de matière dans le monde », disait Darwin. Les fourmis, les abeilles et d’autres animaux minuscules sont les acteurs principaux de cet ouvrage où Jean-Claude Ameisen, reprenant ses chroniques de France Inter, nous raconte les capacités étonnantes développées au cours de centaines de millions d’années par ces insectes de la famille des hyménoptères.

JEAN-CLAUDE AMEISEN – SUR LES ÉPAULES DE DARWIN
Tome 2 – Je t’offrirai des spectacles admirables
Les Liens qui libèrent / France Inter, 360 p., 22,50 euros

INEDITS

« "Ce qui, seulement, est. – Sa beauté, notre défi." », un article de Jean-Paul Michel

THEÂTRE

« Le portrait d’Antoine Vitez et la cabane des grands-parents », un article de Monique Le Roux

Ils n’appartiennent pas à la même génération ; ils créent des spectacles fort différents ; mais ils veulent tous deux se faire « contemporains » des pièces du passé qu’ils mettent en scène, « contemporains » au sens de Giorgio Agamben : Christian Benedetti monte Trois soeurs d’Anton Tchekhov au Théâtre Studio d’Alfortville, Jean Bellorini La Bonne Âme du Set Chouan de Bertolt Brecht aux ateliers Berthier de l’Odéon.

ANTON TCHEKHOV – TROIS SOEURS
Mise en scène de Christian Benedetti
Théâtre Studio d’Alfortville
Jusqu’au 15 décembre 2013
BERTOLT BRECHT – LA BONNE ÂME DU SET CHOUAN
Mise en scène de Jean Bellorini
Ateliers Berthier de l’Odéon
Jusqu’au 15 décembre 2013

CINEMA

« Le cinéma italien en 2013 », un article de Lucien Logette

L’ange de la météo, qui place d’habitude les rencontres « Annecy Cinéma italien » sous la protection de l’été indien, les a, cette année, punies. La brume de chaleur sur le lac, les terrasses ouvertes face au Palais de l’Isle, tout ce qui ajoute le charme de la dérive au plaisir des écrans s’est vu, au début de ce dernier octobre, noyé sans recours. Et le retour des alpages, cérémonie annuelle qui voit quelques milliers d’animaux divers, bergers et cors alpins en tête, revenir dans la plaine en traversant le vieil Annecy, semblait plutôt une montée dans l’arche pour échapper au déluge.

Annecy cinéma italien – 31ème édition, 9 au 15 octobre 2013

LA NOUVELLE QUINZAINE LITTERAIRE

« Petites déambulations philosophiques – 1. La preuve du vide », un article de Jean Lacoste

Certes, la philosophie, classiquement, commence par un temps d’arrêt, une pause de l’existence, un moment de réflexion, à la manière de Socrate, au début du Banquet. L’immobilité, c’est un bon début pour la méditation. Mais il n’est pas mauvais que le philosophe prenne aussi le temps d’avancer, de marcher, de randonner ou de flâner, bref de déambuler, comme nous nous proposons de le faire en revenant vers divers lieux emblématiques de la philosophie à Paris, dans une sorte d’appropriation anecdotique et géographique de la philosophie, qui nous sera, espérons-nous, pardonnée.

 

La Nouvelle Quinzaine littéraire n°1093 du 16 au 30 novembre 2013

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LITTÉRATURE

« Prose diabolique », un article de Gabrielle Napoli

László Krasznahorkai est un des grands écrivains hongrois contemporains, mais aussi scénariste, puisqu’il travaille régulièrement avec Béla Tarr, pour l’adaptation de certains de ses textes ou pour l’écriture de scénarios comme Le Cheval de Turin, qui a obtenu l’Ours d’argent à Berlin en 2011. Guerre et guerre a été publié en Hongrie en 1999. Le roman est plus dans la veine d’un Tango de Satan, que du récent Au nord par une montagne, au sud par un lac, à l’ouest par des chemins, à l’est par un cours d’eau. C’est Joëlle Dufeuilly qui traduit Krasznahorkai pour le lecteur français, et nous ne pouvons qu’admirer son travail qui nous permet de goûter dans toute son
intensité la prose si particulière de l’écrivain hongrois.

LASZLO KRASZNAHORKAI – GUERRE ET GUERRE

LA VENUE D’ISAÏE

Traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly, Editions Cambourakis, 286 p. et 30 p., 23,50 et 6 euros

« Je est un roman », un article de Maurice Mourier

Souvent les écrivains japonais, qu’ils soient ou non illustres, sont des travailleurs acharnés. Publier ou mourir, telle est leur règle. Depuis son Nobel de 1994, Ôé Kenzaburo a produit neuf romans, avant de se lancer dans un cycle de feuilletons – genre toujours florissant au Japon. Après vingt ans sans traduction française, paraît l’un de ces habiles mélanges entre fiction et journal intime, où l’auteur ne cesse de batailler sur le front antinucléaire. Avec l’atome pour bête noire et Fukushima qui, on s’en doute, l’a conforté dans ses convictions sur ce terrain politique essentiel.

ÔE KENZABURO – ADIEU, MON LIVRE !

Traduit du japonais par Jean-Jacques Tschudin, avec la collaboration de Sumi Fukui-Tschudin,

Editions Philippe Piquier, 476 p., 23 euros

« Vivre et revivre », un article de Jacques Fressard

On sait Albert Bensoussan littéralement fasciné par les jeux du langage. Triturer les mots pour leur faire dire plus, voilà littérairement sa grande affaire, dont témoignait d’emblée, dès le titre, en 1965, son premier livre, Les Bagnoulis où « Doulce frime », la métropole, le mobilisait, non sans cynisme, à la reconquête de cette Algérie où il était né et avait toujours vécu en bonne intelligence avec les autochtones les plus anciens.

ALBERT BENSOUSSAN – GUILDO BLUES

Editions Apogée, 114 p., 14 euros

« Les statues vivent aussi », un article de Marie Etienne

Le livre « de Rithy Panh avec Christophe Bataille », comme le mentionne la jaquette, arrive à point nommé pour nous aider à retrouver les images du film que l’on a regardé sur l’écran domestique de sa télévision, aux contours attaqués par les ombres du soir.

RITHY PANH AVEC CHRISTOPHE BATAILLE – L’IMAGE MANQUANTE

Grasset, 70 p., 8 euros

Le DVD du film a paru aux éditions Arte

« La voix de l’engagement », un article de Natacha Andriamirado

La première phrase de la quatrième de couverture est redoutable : « Il est journaliste, elle est écrivain. Elle ne veut pas d’enfant, lui en a déjà trois : ils feront un roman. » Phrase redoutable, parce qu’annonciatrice d’un livre de plus, mouliné par quatre mains et censé nous donner des clés sur un couple improbable. Une phrase marchande bien loin de la sonorité du livre, de son engagement et de ses voix.

CHLOE DELAUME & DANIEL SCHNEIDERMANN – OU LE SANG NOUS APPELLE

Editions Seuil, 372 p., 21 euros

« Les invisibles », un article de Norbert Czarny

Rentrant d’exil, le héros et narrateur de La Conjuration essaie de trouver du « drame ». Paris est son terrain d’aventures et, entre Fantômas et les divers types d’explorateurs ou de comploteurs, il se fait une place tout au long de ces deux cents pages, entre roman, document et traité sur la disparition.

PHILIPPE VASSET – LA CONJURATION

Editions Fayard, 208 p., 17 euros

« Paranoïa et politique », un article d’Eve Charrin

Gardiens d’un immeuble de luxe, Harry et Michel vivent au sous-sol, se relaient pour dormir dans le réduit attenant, sans jamais sortir. Armés de leur pistolet Flock 28 soigneusement nettoyé, ils arpentent jour et nuit le parking obscur dont ils connaissent par coeur les moindres recoins, depuis la broyeuse du local à poubelles jusqu’à l’unique porte d’accès qu’ils surveillent tous deux avec une défiance scrupuleuse.

PETER TERRIN – LE GARDIEN

Traduit du néerlandais par Anne-Lucie Voorhoeve

Editions Gallimard, 255 p., 18,50 euros

« Etranges formes d’amour », un article de Hugo Pradelle

Avec enthousiasme, nous découvrons Valter Hugo Mãe, un jeune écrivain angolais, auteur d’un roman surprenant qui, entre tristesse et grotesque, rappelle que l’amour, quelque improbables que soient ses formes, demeure au cœur du monde.

VALTER HUGO MÃE – L’APOCALYPSE DES TRAVAILLEURS

Traduit du portugais par Danielle Schramm

Editions Métailié, 208 p., 18 euros

« Les mots et le drame », un article de Sophie Ehrsam

Matthieu Mégevand part d’un fait divers, une de ces occurrences brutales mais ordinaires, pour explorer notre relation au monde, à la mort, notre positionnement humain dans une vie parfois très cruelle. Un accident de car, comme dans De beaux lendemains (The Sweet Hereafter) de Russell Banks, mais il ne s’agit pas ici de faire entendre les voix romanesques des différentes parties impliquées dans le drame. Sans prosélytisme ni pédantisme, la parole est donnée à des philosophes, à des poètes, à des gens ordinaires aussi, unis par une quête proprement existentielle.

MATTHIEU MEGEVAND – CE QU’IL RESTE DES MOTS

Editions Fayard, 210 p., 17 euros

« Au crépuscule de l’humanisme », un article de Laurent Gallardo-Casanova

L’oeuvre de Jaume Cabré est à l’humanisme ce que la peinture de Tiepolo est au Settecento : un feu d’artifice aux couleurs éclatantes, pour célébrer les fastes d’une époque qui s’éteint.

JAUME CABRE – CONFITEOR

Traduit du catalan par Edmond Raillard

Editions Actes Sud, 780 p., 26 euros

« La femme de sa troisième vie », un article d’Alain Joubert

Imaginez qu’un jour, alors que vous sortez d’une station-service située sur une aire d’autoroute, un serpent tombe du ciel, là, juste devant vous, un serpent d’un bon mètre de long et de cinq centimètres de diamètre au plus gros de son corps, une couleuvre de Montpellier, probablement.

JEAN CAGNARD – LE VOYAGEUR LIQUIDE

Editions Gaïa, 175 p., 16 euros

HISTOIRE LITTÉRAIRE

« L’art d’Alexandre Grine », un article de Christian Mouze

Les années passent, la magie d’Alexandre Grine (1880-1932) joue toujours ; c’est bon signe : Grine ne partira pas avec les denrées périssables des rentrées littéraires. Il peut attendre. Aucun risque. Mais le lecteur, s’il ne l’a déjà fait, doit se rendre à lui sans tarder.

ALEXANDRE GRINE – L’ATTRAPEUR DE RATS

Traduit du russe par Paul Castaing

Editions L’Âge de l’Homme, 92 p., 12 euros

ARTS

« La divination, le luxe, les tractations des Etrusques », un article de Gilbert Lascault

Venues des musées prestigieux de Rome, de Florence, de Londres, de Paris, de Munich, de Würzburg, plus de deux cents oeuvres (bien choisies) sont rassemblées dans cette exposition passionnante du musée Maillol.

EXPOSITION ETRUSQUES (UN HYMNE A LA VIE) – Musée Maillol

61, rue de Grenelle, 75007 Paris

18 septembre 2013 – 9 février 2014

LIVRE-CATALOGUE DE L’EXPOSITION

Sous la direction d’Anna Maria Moretti Sgubini et de Francesca Boitani

Editions Gallimard / Musée Maillol, 288 p., 23 illustrations couleur, 39 euros

« L’oeuvre meurtrière de Felix Valloton », un article de Georges Raillard

EXPOSITION FELIX VALLOTON – LE FEU SOUS LA GLACE – Grand Palais

2 octobre 2013 – 20 janvier 2014

Livre-catalogue de l’exposition

Sous la direction scientifique d’Isabelle Cahn , Marina Ducrey et Katia Poletti

Réunion des musées nationaux / Flammarion, 288 p., 250 illustrations, 45 euros

MARYLINE DESBIOLLES – VALLATON EST INADMISSIBLE

Editions Seuil, "Fiction & Cie", 48 p., 8 euros

LES INEDITS DE LA NOUVELLE QUINZAINE LITTERAIRE

« Claude Lefort, traces de Claude Cohen (3/3) », souvenirs inédits

CHRONIQUES

« Passeurs, penseurs et contempteurs », un article de Jean Lacoste

JEAN CLAIR – LES DERNIERS JOURS

Editions Gallimard, 335 p., 21 euros

ADELINE BALDACCHINO – MAX-POL FOUCHET, LE FEU LA FLAMME

Editions Michalon, 286 p., 18 euros

STEFAN SWEIG & JOSEPH ROTH – CORRESPONDANCE (1927 – 1938)

Traduit de l’allemand par Pierre Deshusses

Editions Rivages, 472 p., 25 euros

IDEES

« Humanité subalterne », un article de Tiphaine Samoyault

La thèse d’Achille Mbembe est simple et elle est forte : le néolibéralisme et la réactivation de la logique des races qu’il met en oeuvre sont en train de faire du nègre le paradigme d’une humanité subalterne. Critiquer cette situation oblige à déconstruire radicalement les figures jumelles produites par la modernité : le nègre, la race.

ACHILLE MBEMBE – CRITIQUE DE LA RAISON NEGRE

Editions La Découverte, 270 p., 21 euros

« Black Studies à la française », un article de Claire Ducournau

Voici désormais disponible en français, six ans après sa parution originale, l’ouvrage Black France de Dominic Thomas, consacré à une production littéraire dite « afrofrançaise ». Sous le titre Noirs d’encre, cette recherche interdisciplinaire revue et actualisée par l’auteur est toutefois principalement centrée sur des textes fictionnels, publiés des années 1930 jusqu’au début des années 2000. Ce vaste corpus est traversé par le thème majeur des migrations de populations noires en France, accompagnées de toutes leurs conséquences culturelles et sociales.

DOMINIC THOMAS – NOIRS D’ENCRE : COLONIALISME, IMMIGRATION, ET IDENTITE AU COEUR DE LA LITTERATURE AFRO-FRANCAISE

Préface d’Achille Mbembe, Postface de Pascal Blanchard et Nicolas Bancel

Editions La Découverte, collection "Cahiers libres", 300 p., 23,50 euros

SCIENCES

« L’anthropocène », un article de Jean-Paul Deléage

Selon Bonneuil et Fressoz, l’agir technique humain et notre modèle de développement font basculer le système Terre vers des états inédits : la temporalité longue de l’histoire de la Terre et de l’évolution des vivants télescope celle, plus brève, de l’histoire spécifiquement humaine.

CHRISTOPHE BONNEUIL & JEAN-BAPTISTE FRESSOZ – L’EVENEMENT ANTHROPOCENE, LA TERRE, L’HISTOIRE ET NOUS

Editions Seuil, 304 p., 18 euros

HISTOIRE

« La fable du langage », un article de Pierre-Antoine Fabre

Plus de trente ans après la parution de La Fable mystique (1982) et près de trente ans après la mort de son auteur, Michel de Certeau (1925-1986), nous parvient aujourd’hui, telle la lumière d’un astre éteint, cette Fable mystique II. Solidement arrimée au premier volume par un index rigoureusement établi par Luce Giard, La Fable II est bien, de fait, comme un système de planètes en orbite autour du grand ouvrage de 1982.

MICHEL DE CERTEAU – FABLE MYSTHIQUE II (XVI-XVIIème)

Edition établie et présentée par Luce Giard

Editions Gallimard, collection "Bbliothèque des histoires", 392 p., 22,90 euros

« Les donjons flottants de la terreur », un article de Vincent Milliot

Pendant plus de trois siècles, des millions d’Africains ont été déportés à travers l’Atlantique en direction du Nouveau Monde. Éminent spécialiste d’histoire maritime et d’histoire de la piraterie, Marcus Rediker restitue ici au navire négrier toute sa place dans le système esclavagiste du XVIIIe siècle. À la fois comme moyen de transport, mais aussi et surtout comme étape fondamentale, d’une extrême violence, dans un processus d’aliénation et de recréation d’une culture africaine-américaine.

MARCUS REDIKER – A BORD DU NEGRIER, UNE HISTOIRE ATLANTIQUE DE LA TRAITE

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Aurélien Blanchard

Editions Seuil, collection "L’univers historique", 548 p., 24 euros

« Viser la Grande Guerre dans son oeil », un article de Carina Trevisan

L’historien Stéphane Audoin-Rouzeau a renouvelé l’approche de ce que fut la catastrophe inaugurale du XXe siècle : le dépassement d’un seuil de violence inouï, la difficulté pour les soldats à rendre compte de cette épreuve, le déclin de la transmission consécutif à cette guerre, selon Walter Benjamin. Pour l’année de la commémoration de la Grande Guerre, il choisit d’écrire ce qu’il nomme un
« récit de filiation ».

STEPHANE AUDOIN-ROUZEAU – QUELLE HISTOIRE, UN RECIT DE FILIATION (1914-2014)

Editions Seuil, collection "Hautes études", 142 p., 17 euros

CINEMA

« Mélange d’automne », un article de Lucien Logette

L’événement de l’automne ne tient pas à un titre mais à un auteur : Chris Marker, et à la rétrospective complète de son oeuvre présentée par le Centre Pompidou, accompagnée d’une exposition, « Planète Marker », du 16 octobre au 16 décembre. Novembre offre par ailleurs son lot d’oeuvres estampillées « fort coefficient culturel ».

MUSIQUE

« Sous le règne de l’oeuvre », un article de Thierry Laisney

Imaginez que, lors d’une exécution du Concerto pour violon de Beethoven, le soliste se mette à improviser d’entrée de jeu ; une telle attitude provoquerait un scandale. Mais pour quelle raison au fond ?

LYDIA GOEHR – THE IMAGINARY MUSEUM OF MUSICAL WORKS, AN ESSAY IN THE PILOSOPHY OF MUSIC

Oxford University Press, 322 p.

VITRINES

« Camus, Pia et Nadeau », un article de Pierre Pachet

YVES MARC AJCHENBAUM – COMBAT (1941 -1974), UNE UTOPIE DE LA RESISTANCE, UNE AVENTURE DE PRESSE

Editions Folio Histoire, 608 p., 9,30 euros

ALBERT CAMUS – A COMBAT, EDITORIAUX & ARTICLES (1944-1947)

Editions Folio Essais, 784 p., 12 euros

« Le traducteur et ses doubles », un article de Paul Grimal

BERNARD TURLE – LE TRADUCTEUR-ORCHESTRE, DIPLOMAT, ACTOR, TRANSLATOR, PSY (version bilingue)

Traduit de l’anglais par Daniel Gunn

Sylph éditions, en collaboration avec le Centre pour les auteurs et traducteurs de l’Université américaine de Paris, 41 p., 12 euros

INEDIT

« La cérémonie », par Eric Pessan

La Nouvelle Quinzaine littéraire n°1092 du 1er au 15 novembre 2013

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LITTÉRATURE

« Henry Roth et les demi-dieux de l’édition », un article de Claude Grimal

Henry Roth (1906-1995) est à la fois un grand auteur et un cas littéraire curieux. Son premier et remarquable roman, L’Or de la terre promise (Call it Sleep, 1934), fut favorablement accueilli, puis oublié pour des raisons de conjoncture historique (c’était la dépression ; ce fut ensuite la guerre) mais aussi pour des raisons littéraires car le livre combinait ce qui paraissait alors incompatible, à savoir le genre un peu fatigué du roman social de l’immigration et des techniques littéraires très modernes inspirées de Joyce.

HENRY ROTH – UN AMERICAIN, UN VRAI

Traduit de l’anglais par Michel Lederer, Editions de l’Olivier, 282 p., 22 euros

« Scènes d’enfant », un article de Norbert Czarny

A la toute fin de son roman, Laura Alcoba revient sur les conditions d’écriture du Bleu des abeilles. Quelques souvenirs persistants, des photos, et une correspondance partielle ont donné naissance au roman : les lettres que son père lui a adressées entre janvier 1979 et septembre 1981. Il était alors détenu dans une prison de La Plata, en Argentine.

LAURA ALCOBA – LE BLEU DES ABEILLES

Gallimard, 126 p., 15,90 euros

« La guerre du Kosovo a bien eu lieu », un article de Pierre Benetti

Les petites guerres : il y a un siècle, c’était le nom que l’armée française donnait à ses expéditions en Afrique de l’Ouest. Loin d’être des manœuvres périphériques ou des simulacres de violence, elles relevaient d’une stratégie coloniale déterminée à soumettre des territoires et des peuples ; elles n’étaient petites que par le peu d’intérêt que la métropole et son opinion publique leur accordaient – c’était une affaire lointaine qui concernait d’autres que nous et qui ne nous dérangeait guère.

ELVIRA DONES – UNE PETITE GUERRE PARFAITE

Traduit de l’italien par Leïla Pailhès, Editions Métailiécollection "Bibliothèque italienne", 178 p., 17 euros

« "Muette danse dans le silence de l’été" », un article d’Eve Charrin

Dans une campagne très française, entre tournesols et champs de maïs, une jeune fille « s’est enfuie le plus normalement du monde, en réparant son sac, en glissant à l’intérieur un pain de cinq cents grammes, deux fromages, plusieurs paquets de gâteaux secs, trois litres d’eau, des vêtements propres, sa trousse de toilette, et en refermant à clé la porte de la maison ».

ERIC PESSAN – MUETTE

Editions Albin Michel, 215 p., 16,50 euros

« Les fantômes laissent toujours des traces », un article de Gabrielle Napoli

Cinquième roman de l’écrivain français Thomas B. Reverdy, Les Évaporés transporte le lecteur au Japon, sur les traces de ces personnes brutalement disparues que l’on ne retrouve jamais, parce que l’honneur empêche de partir à leur recherche. Enquête, reportage sur le Japon d’après Fukushima, réflexion sur l’homme et sur l’amour, mais aussi sur la filiation, et sur le tristesse incommensurable de l’enfant rescapé, Les Évaporés est un roman mélancolique et envoûtant, somme toute bouleversant.

THOMAS B. REVERDY – LES EVAPORES

Editions Flammarion, 304 p., 19 euros

« Une Pénélope aux mains fines », un article de Robert Czarny

Si l’on ouvre le dernier livre de François Beaune à l’index, on aura l’impression de feuilleter un ouvrage encyclopédique ou savant. Avec aussi ce qu’il faut de fantastique puisque le bestiaire proposé fait par exemple se succéder les entrées suivantes : escargot, fantôme, fée, femme-fantôme, femme-oiseau. Les autres catégories de l’index semblent plus "normales". Il y est, entre autres, question de lieux réels.

FRANCOIS BEAUNE – LA LUNE DANS LE PUITS

Editions Verticales, 480 p., 20 euros

« Un desdichado nordique », un article de Claude Grimal

Juhani Aho (1861-1921), écrivain et journaliste finlandais, fit de septembre 1899 à mai 1900 un séjour à Paris où il s’était rendu pour couvrir
l’Exposition universelle. Sa mélancolie et la capitale française lui inspirèrent Seul (1890), un très court roman semi-autobiographique, qui
scandalisa son pays natal et gâcha le Noël de Jean Sibelius.

JUHANI AHO – SEUL

Traduit du finnois par Bénédicte Villain, Editions Rivages, 144 p., 15 euros

« Alice Munro, Prix Nobel », un article de Claude Grimal

Alice Munro a reçu le prix Nobel de littérature 2013 et nous en sommes très heureux aussi bien pour l’auteur que pour le genre souvent mal-aimé dans lequel elle travaille, la nouvelle.

« Du rire aux larmes », un article de Gabrielle Napoli

Ecrivain né à Budapest dans une famille d’intellectuels juifs, George Tabori s’exile à Londres, puis aux Etats-Unis et enfin en Allemagne. Il a travaillé pour la radio, écrit des romans, été scénariste, notamment pour Alfred Hitchcock, traducteur, metteur en scène, dramaturge, et parfois même acteur. Son théâtre est connu pour sa dimension subversive, écriture qui place en son centre une réflexion sur le nazisme et sur la Shoah. 

GEORGE TABORI – AUTODAFE

Traduit de l’allemand par Rosine Inspektor, Editions Diaphanes, 96 p., 14 euros

HISTOIRE LITTÉRAIRE

« La voix de Rose Ausländer », un article d’Odile Hunoult

Depuis quelques mois, plusieurs éditeurs donnent à entendre en français la voix de Rose Ausländer (1901-1988), longtemps dans l’ombre du Celan. Son oeuvre est pourtant considérable : l’édition intégrale réunie à partir de 1984 chez Fischer comprend huit volumes, le huitième paru en 1990, deux ans après sa mort. Son premier recueil avait été publié en 1939 à Czernowitz. Le deuxième à Vienne en 1965. L’histoire a roulé entre-temps sa roue de sang.

ROSE AUSLÄNDER – SANS VISA, tout peut servir de motif et autres proses

Traduit de l’allemand par Eva Antonnikov, Editions Héros-Limite, 114 p., 17 euros

« La chambre de la mémoire », un article de Guillaume Perrier

Le flux des publications sur Proust s’intensifie à l’approche du centenaire de Du côté de chez Swann (novembre 1913). Il ne faut pas laisser passer Chambres de Proust, paru en août dernier chez Flammarion : l’essai d’Olivier Wickers n’est pas seulement une riche étude thématique qui rappelle à sa manière la méthode critique de Jean-Pierre Richard, mais le témoignage d’une mémoire personnelle qui finit par poser la question : où vit l’oeuvre ?

OLIVIER WICKERS – CHAMBRES DE PROUST

Editions Flammarion, 303 p., 20 euros

« "Emprisonner, dire et révéler le monde", le projet ultime de Mireille Havet », un article de Marthe Compain

Mireille Havet naît en 1898 et fréquent très tôt les cercles littéraires parisiens ainsi que les artistes en vogue à son époque. Jeune poétesse prodige, publiée dès l’âge de dix-neuf ans, protégée de Guillaume Apollinaire, amie de Cocteau, elle commence sa carrière sous les meilleurs auspices et son premier roman, Carnaval, publié en 1922, reçoit également un accueil enthousiaste de la part des critiques. André Gide, Paul Morand, Edmond Jaloux, entre autres, font paraître des articles élogieux sur le roman, qui sera même sélectionné pour le prix Goncourt.

MIREILLE HAVET – CARNAVAL

Editions Claire Paulhan

« L’énigme Gazdanov », un article de Christian Mouze

Gaïto Gazdanov (1903-1971) fut reconnu dans les années vingt et trente du siècle dernier comme l’un des écrivains russes les plus prometteurs. Seulement, il n’avait jamais publié en Russie et il se refusait à utiliser une autre langue que la sienne. Seulement, il n’avait jamais publié en Russie et il se refusait à utiliser une autre langue que la sienne. L’URSS l’a ignoré, même celle de la déstalinisation : on chercherait en vain son nom dans l’Encyclopédie littéraire en neuf volumes publiée à Moscou entre 1962 et 1978, alors que bien des écrivains et philosophes de l’émigration y figurent, mais ceux-ci, il est vrai, la Russie ante-révolutionnaire les connaissait déjà. Ils gardaient leur entrée, même discrète ou dérobée. Ayant quitté la Russie et l’Armée blanche encore adolescent, Gazdanov demeurait lui, sans mot de passe.

GAÏTO GAZDANOV – LE SPECTRE D’ALEXANDRE WOLF

Traduit du russe par Jean Sendy, Postface d’Elena Balzamo, Editions Viviane Hamy, 180 p., 18 euros

LE RETOUR DU BOUDDHA

Traduit du russe par Chantal Le Brun Keris, Editions Viviane Hamy, 192 p., 20,50 euros

POÉSIE

« Choses anglaises », un article de Marc Porée

Ce titre, librement emprunté au très anglophile Patrick Mauriès, qu’on se proposera de signaler à l’attention d’un public francophone ce qui fait l’actualité de la chose anglaise ou anglophone. Chose a priori séduisante mais volontiers énigmatique pour les continentaux que nous sommes ; chose à la beauté jamais simple, donc toujours étrangement bariolée (dappled), tavelée (brinded), marquetée (pieced).

« Poésie d’errance », un article de Sophie Ehrsam

Le dernier recueil d’Alain Freixe est un cheminement vers des espaces frontières, qu’il s’agisse d’un cimetière en déshérence, d’une montagne ou d’un port. Un chant du monde impalpable mais ancré là, comme une présence d’un autre temps. Une traversée en équilibre, entre poèmes à vers courts et prose poétique bien candencée.

ALAIN FREIXE – VERS LES RIVERAINES

Editions L’Amourier, 114 p., 13,50 euros

LES INEDITS DE LA NOUVELLE QUINZAINE LITTERAIRE

« Claude Lefort, traces de Claude Cohen (2/3) », un article de Pierre Pachet

« Nous reprenons ici la publication des souvenirs de Claude Lefort amorcée dans le numéro du 15 septembre, et que la suspension de la parution du journal en octobre avait interrompue. »

ARTS

« Les fées, les scribes, les amoureux révèrent le vert », un article de Gilbert Lascault

Erudit, perspicace, historien des couleurs et des emblèmes, Michel Pastoureau (né en 1947) est directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études. Ici, il parcourt de multiples voies divergentes ; il explore une teinte ambiguë, incertaine, flottante, longtemps difficile à fabriquer : le vert.

MICHEL PASTOUREAU – VERT, HISTOIRE D’UNE COULEUR

Editions Seuil, collection "Beaux livres", 240 p., 39 euros

MUSIQUE

« La Symphonie inachevée », un article de Thierry Laisney

L’oeuvre n’est pas inachevée parce que la mort aurait "surpris" son auteur, ce n’est d’ailleurs pas la dernière symphonie de Schubert. Les raisons pour lesquelles elle comporte deux mouvements au lieu de quatre habituels nous échappent. Composée à l’automne 1822, elle n’a été dévoilée au public qu’en 1865.

PSYCHANALYSE

« Lacan, contempteur de la philosophie », un article de Michel Plon

Qu’en est-il du rapport de Lacan à la philosophie, de la place de celle-ci dans son oeuvre ? A la différence de Freud, qui tenait les philosophes et la philosophie à distance, allant jusqu’à leur reprocher leur indigence dès qu’il était question de psychologie, Lacan n’a cessé, son oeuvre durant, de fréquenter les philosophes, les anciens comme les modernes. Alain Badiou, qui publie ici le séminaire qu’il tint en 1994-1995, propose d’apporter quelques réponses à ces questions.

ALAIN BADIOU – LE SEMINAIRE, LACAN – L’ANTIPHILOSOPHIE 3

1994-1995, Editions Fayard, 275 p., 18 euros

EDITIONS ETRANGERES

« "Un amour de soi qui rend heureux" », un article de Sonia Combe

Disparue à l’âge de 94 ans, à l’été 2012, la psychanalyste allemande Margarete Mitscherlich a livré jusque peu avant sa mort ses réflexions aussi bien sur sa jeunesse sous le nazisme et l’Allemagne d’après-guerre que sur sa pratique et ses travaux. Ce recueil de textes comprend ses derniers entretiens, accompagnés d’écrits plus anciens qui illustrent son rapport au féminisme, à l’Allemagne, à la psychanalyse et à la mort. Nous n’en évoquerons ici que quelques-uns.

MARGARETE MITSCHERLICH – EINE LIEBE ZU SICH SELBST, DIE GLÜCKLICH MACHT

Editions Fischer, 266 p.

SOCIOLOGIE

« La colère peut-elle changer la société ? », un article de Marie Ceuillerai

"La société marche aux affects et aux désirs." "Il se passe quelque chose dans les humanités." La seconde proposition s’adresse aux universitaires ; la première considère la temporalité des crises des sociétés néolibérales et nous invite à reconsidérer un système économique et une politique qui ne cessent d’admettre que "ça va mal", pour maintenir l’illusion d’une issue prochaine, alors que la crise ce n’est pas quand "ça va mal" mais "quand ça change". Selon une thématique proche du livre de son complice Yves Citton, Renverser l’insoutenable (Seuil, 2012), Frédéric Lordon dégage ici une pensée de l’indignation et de ces effets "de seuil" qui font des séditions exceptionnelles, comme du plus ordinaire de la relation salariale, des situations critiques.

FREDERIC LORDON – LE SOCIETE DES AFFECTS, POUR UN STRUCTURALISME DES PASSIONS

Editions Seuil, 284 p., 22 euros

HISTOIRE

« Le petit homme et la grande utopie », un article de Jean-Michel Kantor

Svetlana Alexievitch est née en 1948 en Ukraine mais a vécu en Biélorussie. Après des études de journalisme, elle a publié un certain nombre de livres dont chacun a crée en Russie un événement et un scandale.

SVETLANA ALEXIEVITCH – LA FIN DE L’HOMME ROUGE OU LE TEMPS DU DESENCHANTEMENT

Traduit du russe par Sophie Benech, Editions Actes Sud, collection "Lettres russes", 540 p., 24,80 euros

« Portrait de l’artiste en cotte de mailles », un article de Vincent Milliot

De Léonard de Vinci (1452-1519), icône de la Renaissance, artiste universel, inventeur génial et "visionnaire", on croît tout connaître. Pascal Broist, spécialiste d’histoire (sociale) des sciences aux XVIème et XVIIème siècles, ouvre le dossier à nouveaux frais. Il dresse le portrait d’une ambition, de Florence à Milan, de Milan à la cour de France, dans le sillage de chefs de guerre et de grandes figures politiques, Ludovico Sforza dit Le More, Cesare Borgia ou Louis XII. Il brosse le tableau d’une Renaissance, toute de fureur et de brutalité. Autant que de raffinements et d’inventivité. De l’artiste, il dévoile l’humanité complexe.

PASCAL BROIST – LEONARD DE VINCI, HOMME DE GUERRE

Editions Alma, 358 p., 24 euros

THEÂTRE

« La Passion de Patrice Chéreau », un article de Monique Le Roux

Il ne conduira pas Clotilde Hesme/Rosalinde dans la forêt d’Ardennes, figurée par un seul arbre, déjà conçu par Richard Peduzzi ; il ne l’entendra pas prononcer les mots de Comme il vous plaira, traduits de Shakespeare par Yves Bonnefoy, encore retravaillés avec le poète les derniers jours. Il ne verra pas Philippe Calvario dans Les visages et les Corps, dont les premières représentations au Rond-Point ont été annulées en signe de deuil.

PATRICE CHEREAU – J’Y ARRIVERAI UN JOUR

Editions Actes Sud, 2009

La Quinzaine littéraire contrainte de suspendre sa publication en octobre

La société qui éditait La Quinzaine littéraire depuis 1966 est en liquidation. La publication sera suspendue pendant le mois d’octobre. Une nouvelle Quinzaine littéraire est en projet, grâce à votre soutien. Nous travaillons à ce qu’elle soit dans les kiosques dès novembre prochain.

Nous demandons à nos abonnés (dont l’abonnement sera prolongé d’autant), à nos lecteurs, à nos amis, dont ces derniers temps les encouragements nous ont été précieux, de supporter cette suspension de deux numéros.

Le journal créé et dirigé pendant tant d’années par Maurice Nadeau reparaîtra, d’autant plus fidèle à son inspiration de départ et à sa liberté de penser qu’il sera rénové, avec une nouvelle maquette, en faisant davantage appel à des collaborateurs extérieurs, pour rendre compte de ce qu’il y a de plus vivant et de plus original dans ce qui s’écrit, ce qui se représente, ce qui se pense aujourd’hui en France et dans le monde.

 

Pour la rédaction

Jean Lacoste, Thierry Laisney, Pierre Pachet, Tiphaine Samoyault

La Quinzaine littéraire n°1090 du 1er au 15 septembre 2013

(Télécharger ce numéro en cliquant sur le lien)

LITTÉRATURE

002410271« Liberté libre », un article d’Hugo Pradelle

Le monde est scindé. L’univers social et celui de la psyché, les relations qu’ils entretiennent, obéissent à des règles conventionnelles dont il est dangereux de s’écarter. Le pas de côté est néanmoins nécessaire, tout l’appelle. Pourtant, notre société s’en dégage, s’abstrait de la logique de rupture qu’un renfermement implacable induit.

YANNICK HAENEL – LES RENARDS PÂLES

192 p., 16,90 euros

9782818019245

Darrieussecq à Hollywood, un article d’Ève Charrin

Double écueil : le dernier roman de Marie Darrieussecq commence à la fois comme un film (un blockbuster américain) et comme un roman de Marguerite Duras. Le titre, Il faut beaucoup aimer les hommes, est emprunté à Duras (La Vie matérielle).

MARIE DARRIEUSSECQ – IL FAUT BEAUCOUP AIMER LES HOMMES

312 p., 18 euros

9782226249791

Un silence peuplé de sons, un article de Sophie Ehrsam

Le dernier roman de Sylvie Germain met en scène, comme souvent, des personnages meurtris par l’existence : une famille recomposée de l’après-guerre, dont les liens se distendent et se resserrent au fil des deuils et des drames. Quarante-neuf « petites scènes capitales » pour capturer l’essentiel, qui se confond parfois avec le presque rien, écrites dans une langue très sensorielle.

SYLVIE GERMAIN – PETITES SCÈNES CAPITALES

248 p., 19 euros

nue3« L’imprévu vivifie », un article de Norbert Czarny

À la fin de Nue, qui clôt le cycle de Marie, une question faussement naïve (à moins qu’elle le soit vraiment) est posée par l’héroïne au narrateur. Entre temps, des surprises et rebondissements auront confirmé que cette femme a quelque chose de bien singulier, voire d’exceptionnel.

JEAN-PHILIPPE TOUSSAINT – NUE
176 p., 14,50 euros
LA VÉRITÉ SUR MARIE
224 p., 7 euros

41bQySVPW4LLa puissance de l’imaginaire, un article d’Hugo Pradelle

Un roman surprenant qui déstabilise nos habitudes de lecture et propose, à travers des aventures picaresques menées à fond de train, une singulière plongée au cœur d’un espace sauvage où se démènent de truculents personnages.

CÉLINE MINARD – FAILLIR ÊTRE FLINGUÉ

336 p., 20 euros

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Digressions dans le détroit, un article de Norbert Czarny

S’il est un animal que l’on ne s’attend pas à voir dans l’une des îles du détroit d’Ormuz, c’est bien le léopard des neiges. Le narrateur d’Ormuz en voit un à Khasab, mais il est empaillé. Il voit aussi beaucoup d’oiseaux, quelques tortues mortes et bien sûr beaucoup de navires. On est dans un roman de Jean Rolin.

JEAN ROLIN – ORMUZ

224 p., 16 euros

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Sous le ciel indifférent, un article de Norbert Czarny

Tout commence en 1964, comme un fait divers. Un jeune homme enlève celle qu’il aime, dans une banlieue de Beyrouth. Il voudrait l’épouser et n’a pu obtenir sa main de son père. Après quelques heures de confusion, le père a gagné raison et les amants se séparent à jamais.

CHARIF MADJALANI – LE DERNIER SEIGNEUR DE MARSAD

260 p., 19 euros

002410271 copieTrouver sa langue, un article de Sophie Ehrsam

Le troisième roman de Troy Blacklaws parle de l’Afrique d’aujourd’hui, celle du Zimbabwe de Mugabe et de l’Afrique du Sud fraîchement sortie de l’apartheid. À travers les destins croisés d’un poète musicien « coloured », d’un professeur zimbabwéen en cavale et d’une bande de malfrats, justiciers à leur manière, Troy Blacklaws donne à voir la beauté et la violence d’une région du monde aux cicatrices récentes.

TROY BLACKLAWS – UN MONDE FOU, BEAU ET CRUEL

trad. de l’anglais (Afrique du Sud) par Pierre Guglielmina, 292 p., 19 euros

le-jardin-de-l-aveugle-4320532-250-400La guerre en ce jardin, un article de Claude Grimal

Le Jardin de l’aveugle est le quatrième roman de Nadeem Aslam. L’auteur, né au Pakistan, est arrivé en Angleterre en 1980 à l’âge de quatorze ans après que sa famille a dû fuir le régime du général Zia.

NADEEM ASLAM – LE JARDIN DE L’AVEUGLE

trad. de l’anglais par Claude et Jean Demanuelli, 409 p., 22,50 euros

415CS4dpd5L._Trois femmes exigeantes, un article de Monique Baccelli

Dans Les Promesses, il s’agit de trois femmes, dont la vie est plus ancrée dans la réalité, mais une réalité subtilement teintée d’irréalité. L’art de Lodoli consiste à jouer sur ces deux registres, ce qui répond, approximativement, à ce qui fut qualifié de « réalisme magique » au début du siècle dernier.

MARCO LODOLI – LES PROMESSES

trad. de l’italien par Louise Boudonnat, 345 p., 22 euros

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La vie carambouille, un article de Liliane Kerjan

Richard Ford est désormais un grand classique du répertoire américain qui suit les lignes de fuite de l’identité, la fragilité des solitaires dans les espaces immenses, le mystère des bordures. Canada, brillant roman d’investigation, émeut et accroche, oscillant entre engrenages et tableaux de beauté brute.

RICHARD FORD – CANADA

trad. de l’anglais (États-Unis) par Josée Kamoun 476 p., 22,50 euros

POÉSIE

product_169_1_515c0f507433f942155011« Il y aura quelque chose plus tard », un article de Gérard Noiret

La terre frémit et se tait.
Qui se lèvera pour lutter ? Et proclamer
que vienne du Ciel le bruit impétueux
du Vent des Quatre Temps !
Souffle le feu de l’Amour-Charité
et qu’ils revivent, enfin !

BAPTISTE-MARREY – INGEBORG, MA CONTEMPORAINE suivi de EUROPA

76 p., 11 euros

HISTOIRE LITTÉRAIRE

arton182Habiter la poésie, un article d’Alain Joubert

« Le surréalisme, qu’il s’agisse d’art, de philosophie ou de politique, est d’abord de la poésie », écrit Michel Murat dans un récent ouvrage, titré justement : Le Surréalisme. Doit-on ajouter à cela la correspondance ? Pourquoi pas !

MICHEL LEIRIS et JACQUES BARON – CORRESPONDANCE

190 p., 16,50 euros

9782221127094Poésie, mémoire et vérité, un article d’Odile Hunoult

Le livre serait déjà important s’il n’avait que le mérite de contribuer au travail historique sur ce qu’on appelle la « Shoah par balles » perpétrée par les Einzatzgruppen A, B, C et D dans le sillage de l’opération Barbarossa, l’envahissement du territoire soviétique par la Wehrmacht, déclenchée le 22 juin 1941.

ANNIE EPELBOIN et ASSIA KOVRIGUINA – LA LITTÉRATURE DES RAVINS, écrire sur la Shoah en URSS

300 p., 22 euros

PHILOSOPHIE

57330La pensée mutilée, un article de Jean Lacoste

Gisèle Berkman publie un livre qui, d’une certaine manière, veut résister, avec opiniâtreté. Mais c’est un livre de combat, et d’éclat, et de polémique, qui ne cherche pas à plaire, mais veut décrire et dénoncer une dérive contemporaine – le discrédit de la pensée, la peur de la pensée, la haine de la pensée –, un phénomène global pour lequel elle forge le terme de « dépensée ».

GISÈLE BERKMAN – LA DÉPENSÉE

260 p., 19 euros

HISTOIRE

9782070116218FSIbn Khaldoun, philosophe de l’histoire, un article d’Alain Messaoudi

En publiant ce deuxième volume consacré au Livre des Exemples d’Ibn Khaldoun (1332-1406), Abdesselam Cheddadi donne à comprendre dans toute son ampleur – sinon dans sa totalité, la partie consacrée à l’histoire des Arabes d’Orient ayant été ici laissée de côté – le chef-d’oeuvre de ce grand penseur médiéval des sciences sociales.

IBN KHALDÛN – LE LIVRE DES EXEMPLES II, histoire des Arabes et des Berbères du Maghreb

trad. de l’arabe, présenté et annoté par Abdesselam Cheddadi, 1 633 p., 76,50 euros

9782021063677Pour une autre histoire des techniques, un article d’Hélène Vérin

On ne peut que se réjouir de voir traduit en français un livre qui, comme l’affirme sa quatrième de couverture, est « un essai capital sur les rapports entre technique et société ».

DAVID EDGERTON – QUOI DE NEUF ? Du rôle des techniques dans l’histoire globale

trad. de l’anglais par Christian Jeanmougin 320 p., 22 euros

Crus et cuites, histoire du buveur, Didier Nourrisson

Qu’importe le flacon…, un article de Laurent Bihl

À travers une histoire des différentes manières de boire et des temps du boire au fil des siècles (buveur gaulois, médiéval, moderne et contemporain), la révolution industrielle au fond du verre et une consommation contemporaine « new look », Didier Nourrisson livre un essai d’histoire sociale et culturelle qui entend définir un homme « polypepsique » : un homme de toutes les soifs.

DIDIER NOURRISSON – CRUS ET CUITES, HISTOIRE DU BUVEUR

387 p., 23 euros

SCIENCES

Retour à Moscou, un article de Jean-Michel Kantor

« Je reviens à Moscou après un an d’absence. L’atmosphère est plus légère, iPod et iPad fleurissent dans les rues et le métro – le Wifi est disponible dans de nombreux lieux publics. Intellectuels et classe moyenne se préparent à des vacances, les uns en Turquie, les autres au Portugal. On n’a pas vraiment l’impression d’un retour à la guerre froide comme les médias français le décrivent en abondance. »

ARTS

7762449067_l-exposition-roy-lichtenstein-au-centre-pompidouUn hameçon, une bague, des miroirs inhabités, un article de Gilbert Lascault

Méthodique, précis, ironique, distant, attentif, Roy Lichtenstein (1923-1997) choisit les lignes nettes, les agrandissements des trames d’imprimerie (les points), les couleurs vives et lisses.

EXPOSITION ROY LICHTENSTEIN – Centre Georges-Pompidou – 3 juillet – 4 novembre 2013

Livre-catalogue de l’exposition, sous la direction de Camille Morineau, Éditions du Centre Pompidou, 226 p., 39,90 euros

ROY LICHTENSTEIN – CE QUE JE CRÉE, C’EST DE LA FORME – Entretiens, 1963-1997

Éditions du Centre Pompidou, 144 p., 19 euros

TÉLÉVISION

1246208Du plaisir en séries, un article de Lucien Logette

Dans les années soixante, il n’était pas question, pour un cinéphile sérieux, de s’intéresser aux séries que la télévision programmait sur ses deux chaînes. Un chercheur désireux de travailler sur le sujet et qui explorerait les nombreuses revues de cinéma de l’époque ne ramènerait certainement pas grand chose dans ses filets.

La Gifle – Huit épisodes
Arte, à partir du 5 septembre
3 DVD, éditions Montparnasse

THÉÂTRE

stanislas-nordey-locataire-de-la-paroleStanislas Nordey, artiste associé du Festival d’Avignon, un article de Monique Le Roux

Ne pas être à Avignon pour le rendez-vous de juillet : en 2003 à cause de l’annulation consécutive à la lutte des intermittents, en 2013 de la trop grande incertitude, alors, quant à l’avenir de La Quinzaine littéraire ; maintenir la chronique théâtrale : en 2003 la consacrer à Didier-Georges Gabily, à qui le festival aurait dû rendre hommage, en 2013 à un livre important de Frédéric Vossier sur un des deux artistes associés de la soixante-septième édition : Stanislas Nordey, locataire de la parole.

FRÉDÉRIC VOSSIER – STANISLAS NORDEY, LOCATAIRE DE LA PAROLE

Les Solitaires intempestifs, 448 p., 23 euros

MUSIQUE

Hommage à Jacques Barzun, un article de Thierry Laisney

À l’automne dernier est mort, à la veille de ses cent cinq ans, l’historien et essayiste américain d’origine française Jacques Barzun (1907-2012). Nombre de ses travaux sont consacrés à la musique, à Berlioz en particulier, dont il était un « spécialiste » reconnu.

VITRINE

61nQ0JhrHOL._SL1446_L’entarteur de René Girard, un article de Dominique Goy-Blanquet

René Pommier s’est donné pour mission de pourfendre les sottises et outrances d’intellectuels qui ont trouvé un large écho médiatique. Assez décodé ! hurlait-il en 1978 dans un ouvrage où il dézinguait les adeptes de la « Nouvelle Critique ». Parmi ses cibles les plus illustres, Roland Barthes, Lucien Goldmann, Sigmund Freud, et sa préférée, René Girard.

RENÉ POMMIER – ÊTRE GIRARDIEN OU NE PAS ÊTRE, Shakespeare expliqué par René Girard

Kimé, coll. « Détours littéraires », 158 p., 19 euros

A tous les souscripteurs de la SCLQL

Afin de de déposer les statuts de la société participative SCLQL au tribunal de commerce de Paris, chaque souscripteur doit faire parvenir à l’attention de Me Benoit Huet, Lysias Partner, 5 rue Censier 75005 Paris, un pouvoir mandatant soit Mr Jean Lacoste, Président de la SCLQL, soit le cabinet Lysias Partner en la personne de Maître Benoit Huet et Maître Emmanuel Tordjman, afin de signer les statuts de la société en leur nom et d’effectuer toutes les démarches pour constituer la société.

Si vous êtes souscripteur, il vous faut donc imprimer la pièce jointe, la remplir, la signer puis l’envoyer au cabinet Lysias Partner.

L’ancienne société éditrice SELIS de la Quinzaine littéraire étant en liquidation judiciaire, c’est l’Association des Amis de la Quinzaine littéraire qui, grâce à vos dons, prend le relais pour permettre la poursuite de la publication du journal en attendant la constitution définitive de la nouvelle société éditrice.

La Quinzaine littéraire continue, grâce à vous !

SOCIETE DES CONTRIBUTEURS ET DES LECTEURS DE LA QUINZAINE LITTERAIRE (SCLQL)

—————————————— PROCURATION —————————————–

Je soussigné(e) ……………..,

Adresse……………..

Adresse email …………..

Téléphone ……….

Donne par ces présentes pouvoir à Monsieur Jean LACOSTE, ou à un mandataire qu’il désignerait pour se substituer à lui, et notamment le cabinet d’avocats Lysias Partners pris en la personne de Maître Emmanuel TORDJMAN et de Maître Benoit HUET ;

Afin d’accomplir toute démarche en mon nom pour la constitution d’une société par actions simplifiée (SAS) ayant pour objet de détenir des titres de la société éditant le journal La Quinzaine Littéraire.

La dénomination de cette société sera la Société des Contributeurs et des Lecteurs de la Quinzaine Littéraire, son premier président sera Monsieur Jean LACOSTE, et son siège sera situé au 39, rue Claude Bernard, à Paris (75005). Les premiers membres du comité d’agrément prévu par les statuts seront, outre le président de la société, Monsieur Thierry LAISNEY, Madame Marie ETIENNE, Madame Patricia DE PAS et Monsieur Yann GAILLARD.

Je donne à cet effet, tout pouvoir au mandataire désigné par les présentes en vue de signer les statuts de cette société et d’effectuer toute démarche, demande, déclaration, auprès du Centre de Formalités des Entreprises, et du Greffe du Tribunal de Commerce de Paris, et notamment aux fins de procéder aux formalités de publicité et de dépôt des actes relatifs à la constitution de la société.

Fait à ……………..

Le ……………..,

Signature du mandataire ( M. Jean LACOSTE)                  Signature du  mandant                                                                                                                    

AG Constitutive de la Société des Contributeurs et des Lecteurs de la Quinzaine littéraire

Vendredi 12 juillet, l’assemblée générale constitutive de la Société des Contributeurs et Lecteurs de la Quinzaine littéraire (SAS)

se tiendra à 9 heures au Centre Wallonie-Bruxelles, 46 rue Quincampoix, 75004 Paris.

A l’ordre du jour, approbation des statuts définitifs de la SCLQL, l’élection de son Président et de membres du Comité d’Agrément de la société.

 

STATUTS (provisoires) de la  SOCIETE DES CONTRIBUTEURS ET DES LECTEURS DE LA QUINZAINE LITTERAIRE au capital de 91000 euros

SOCIETE PAR ACTIONS SIMPLIFIEE, au capital de 91 000 €, Siège social : 145 rue Raymond LOSSERAND 75015 PARIS

ARTICLE 1er –FORME

Il existe, entre les propriétaires des titres de capital ci-après dénombrés, une société par actions simplifiée régie par les dispositions législatives et réglementaires applicables à cette forme de société et par les présents statuts.

La société a été constituée par acte établi sous seing privé à PARIS,  le 12 juillet 2013.

Elle ne peut faire publiquement appel à l’épargne.

ARTICLE 2 – DENOMINATION

La société est dénommée Société des Contributeurs et des Lecteurs de La Quinzaine Littéraire, ou en abrégé « SCLQL »

Dans tous les actes et documents émanant de la société et destinés aux tiers, la dénomination doit être précédée ou suivie immédiatement des mots « société par actions simplifiée » ou des initiales « S.A.S. » et de l’énonciation du capital social.

ARTICLE 3 – OBJET

La société a pour objet de détenir des Titres de la société éditant le journal La Quinzaine Littéraire.

Elle regroupe des personnes physiques ou morales attachées à l’existence de La Quinzaine littéraire, soucieuses d’en assurer l’indépendance et de contribuer à son développement

Elle peut réaliser toutes les opérations qui sont compatibles avec cet objet, s’y rapportent et contribuent à sa réalisation.

ARTICLE 4 – SIEGE

Le siège de la société est fixé à PARIS 14e, sis 145 rue RAYMOND LOSSERAND.

Il peut être transféré en tout autre endroit du même département ou d’un département limitrophe par décision du Président, et en tout autre lieu, par l’Assemblée Générale Ordinaire des associés.

ARTICLE 5 – DUREE

La durée de la société est de 99 années, à compter de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés, sauf prorogation ou dissolution anticipée.

ARTICLE 6 – FORMATION DU CAPITAL

Les apports faits par les associés à la constitution de la société, d’un montant de 91 000 (quatre-vingt onze mille)  (somme provisoire arrêtée au 12 juillet 2013)euros et formant le capital d’origine ont tous été des apports de numéraire.

Toutes les actions d’origine représentant des apports de numéraire ont été libérées chacune de la totalité de leur valeur nominale.

La somme totale versée par les associés, soit de 91 000 (quatre-vingt onze mille)  euros  (somme provisoire arrêtée au 12 juillet 2013) a été déposée par la Banque BRED , Agence qui a délivré à la date du … le certificat prescrit par la loi, sur présentation de la liste des associés, mentionnant les sommes versées par chacun d’eux, annexée à chaque original des présentes.

ARTICLE 7 – CAPITAL SOCIAL

Le capital social est fixé à la somme de 91 000 (quatre-vingt onze mille) euros (somme provisoire arrêtée au 12 juillet 2013)

Il est divisé en 910 actions ordinaires d’une valeur nominale de 100 euros chacune. (nombre provisoire arrêté au 12 juillet 2013)

ARTICLE 8 – AUGMENTATION DE CAPITAL

Le capital social peut être augmenté soit par émission d’actions ordinaires, soit par majoration du montant nominal des titres de capital existants. Il peut également être augmenté par l’exercice de droits attachés à des valeurs mobilières ou d’options donnant accès au capital.

La collectivité des associés est compétente pour augmenter le capital par décision extraordinaire. Elle peut déléguer cette compétence au président de la société dans les conditions et limites prévues par la loi. Lorsqu’elle décide l’augmentation de capital, elle peut aussi déléguer au président de la société le pouvoir de fixer les modalités de l’émission des titres.

Les associés ont un droit préférentiel de souscription aux actions de numéraire émises pour réaliser une augmentation de capital.

La transmission du droit de souscription comme la renonciation individuelle d’un associé à ce droit sont soumises aux dispositions prévues par les présents statuts pour la transmission des actions elles-mêmes. La collectivité des associés peut supprimer le droit préférentiel de souscription des associés dans les conditions fixées par la loi.

En cas d’augmentation de capital par apport en nature, un ou plusieurs commissaires aux apports sont désignés par décision de justice.

La collectivité des associés peut aussi par décision extraordinaire augmenter le capital au moyen de l’incorporation de réserves, bénéfices ou primes d’émission, qui donne lieu soit à l’élévation de la valeur nominale des titres de capital existants soit à l’attribution de titres gratuits aux associés à proportion de leur participation au capital à la date de l’augmentation.

Les augmentations du capital sont réalisées nonobstant l’existence de « rompus ».

Dans le silence de la convention des parties, les droits respectifs de l’usufruitier et du nu-propriétaire de titres de capital auxquels est attaché un droit préférentiel de souscription s’exercent conformément aux dispositions légales en vigueur.

ARTICLE 9 – AMORTISSEMENT ET REDUCTION DU CAPITAL

Le capital peut être amorti par une décision extraordinaire des associés au moyen de sommes distribuables au sens de la loi.

Le capital peut également être réduit pour cause de pertes ou par voie de remboursement, de rachat ou de conversion de titres de capital.

La réduction du capital est autorisée ou décidée par décision extraordinaire des associés. Elle s’opère soit par voie de réduction de la valeur nominale des titres, soit par réduction de leur nombre, auquel cas les associés sont tenus de céder ou d’acheter les titres qu’ils ont en trop ou en moins, pour permettre l’échange des titres anciens contre les titres nouveaux. En aucun cas, la réduction du capital ne peut porter atteinte à l’égalité des associés.

ARTICLE 10 – COLLEGES D’ASSOCIES – FORME DES ACTIONS

 10.1 Collèges d’associés

 Dès son immatriculation, il sera créé au sein de la société les deux collèges suivants :

-        Le premier collège d’associés sera composé des contributeurs de La Quinzaine littéraire.

-        Le second collège d’associés sera composé des lecteurs de La Quinzaine littéraire.

10.2 Forme des actions

Les titres de capital et toutes autres valeurs mobilières pouvant être émis par la société revêtent obligatoirement la forme nominative et sont inscrits au nom de leur titulaire à un compte tenu par la société, qui peut désigner, le cas échéant, un mandataire à cet effet.

ARTICLE 11 – INDIVISIBILITE DES TITRES DE CAPITAL

Les titres de capital sont indivisibles à l’égard de la société. Les propriétaires indivis d’actions sont représentés aux décisions collectives par l’un d’eux ou par un mandataire commun de leur choix. A défaut d’accord entre eux sur le choix d’un mandataire, celui-ci est désigné par ordonnance du président du tribunal de commerce statuant en référé à la demande du copropriétaire le plus diligent.

Le droit de vote attaché à l’action est exercé par le propriétaire des actions mises en gage.

En cas de démembrement de la propriété d’une action, il appartient à l’usufruitier dans les décisions ordinaires et au nu-propriétaire dans les décisions extraordinaires.

ARTICLE 12 – TRANSMISSION DES TITRES DE CAPITAL – AGREMENT

Les titres de capital sont librement cessibles par les associés. Seuls les titres libérés des versements exigibles peuvent être admis à ces opérations.

Toutefois, le Cessionnaire est soumis à l’agrément du comité spécialement institué à cet effet.

1) Comité d’Agrément

Il est institué un comité d’agrément des cessions d’actions composé :

-        du Président de la SAS Société des Contributeurs et des Lecteurs de la Quinzaine Littéraire

-        de deux représentants des Contributeurs de la Quinzaine Littéraire

-        de deux représentants des Lecteurs de la Quinzaine Littéraire

Leur désignation est soumise à l’Assemblée Générale ordinaire.

La mission du Comité sera d’examiner les projets de cession éventuellement soumis par les associés au Président et de donner son avis sur l’agrément du cessionnaire. La décision du Comité n’a pas à être motivée et n’est pas susceptible de réclamations.

Les décisions du Comité sont prises à la majorité simple.

Il ne peut valablement délibérer qu’à la condition que 3 des 5 membres du Comité soient présents ou représentés.

2) Notification du projet

Toute opération ayant pour conséquence le transfert d’un droit quelconque de propriété sur un ou plusieurs titres de capital est soumis à l’Agrément selon les modalités ci-après après.

Le projet d’opération est notifié au Président par lettre recommandée avec avis de réception qui dispose d’un délai de 15 jours pour réunir le comité.

Cette notification comporte :

-        Une description précise de l’opération envisagée

-        Le nombre d’actions concernées par l’opération

-        Le prix

-        Le nom du cessionnaire et le cas échéant l’identité de la personne détenant le contrôle du cessionnaire

-        Les conditions de paiement et les modalités qui accompagneraient éventuellement l’opération, et un écrit du cessionnaire indiquant avoir pris parfaite connaissance des dispositions du présent pacte, des présents statuts et prenant l’engagement d’y adhérer, ainsi que tous les documents établissant la réalité de l’opération envisagée.

La décision du comité est notifiée au Cédant par lettre recommandée avec avis de réception.

3) Procédure d’Agrément

A compter de la notification au Président de la Société, le Comité d’agrément dispose d’un délai d’un mois pour statuer.

A défaut de décision prise par le Comité et notifiée au Cédant, dans ce délai d’un mois, l’Agrément est accordé au cessionnaire proposé par l’associé cédant.

En cas de refus par le Comité, le Cédant dispose d’un délai de 15 jours pour indiquer s’il renonce à son projet de cession.

Si le Cédant ne renonce pas à son projet, la société se trouve dans l’obligation de se porter acquéreur des titres en vue de la réduction de son capital et ce dans les 3 mois de la notification du refus. Le comité peut cependant agréer un tiers proposé par la Société, pour procéder à la cession.

Le prix de cession est fixé par le cédant et à défaut d’accord, il est déterminé à dire d’expert selon les modalités prévues à l’article 1843-4 du Code civil. Les frais d’expertise sont supportés pour moitié par la société et pour moitié par le Cédant.

Le prix est payable comptant lors de la réalisation de la cession ou de la réduction de capital social, lesquelles doivent intervenir dans le mois de la détermination définitive du prix.

Il est stipulé que les dividendes appartiennent au titulaire des titres au jour de la décision de mise en distribution de ceux-ci.

ARTICLE 13 – DECES D’UN ASSOCIE

En cas de décès d’un associé, la société continue entre les associés survivants et les héritiers, légataires, ou conjoint de l’associé décédé, à condition que ceux-ci soient agrées dans les conditions énoncées à l’article 12 des présents statuts.

ARTICLE 14 – DROITS ET OBLIGATIONS ATTACHES AUX TITRES DE CAPITAL

La possession d’un titre de capital emporte de plein droit adhésion aux statuts et aux décisions régulièrement prises par les associés.

Les associés ne supportent les pertes qu’à concurrence de leurs apports.

Sauf à tenir compte, s’il y a lieu, des droits de titres de capital de catégories différentes qui pourraient être émis, chaque titre de capital donne droit à une part proportionnelle à la quotité du capital qu’il représente dans les bénéfices, l’actif social et le boni de liquidation.

Sous la même réserve et, le cas échéant, sous réserve de prescriptions impératives, il sera fait masse entre tous les titres de capital indistinctement de toutes exonérations ou imputations fiscales, comme de toutes taxations susceptibles d’être prises en charge par la société, avant de procéder à tout remboursement au cours de l’existence de la société ou à sa liquidation, de telle sorte que, compte tenu de leur valeur nominale respective, tous les titres de capital alors existants reçoivent la même somme nette quelles que soient leur origine et leur date de création.

Le droit de vote attaché aux titres de capital est proportionnel à la quotité du capital qu’ils représentent et chaque titre de capital donne droit à une voix.

Toutefois, la société ne peut valablement exercer le droit de vote attaché aux actions propres qu’elle pourrait détenir.

ARTICLE 15 – PRESIDENT DE LA SOCIETE

La société est dirigée et représentée par son président.

Le président de la société est désigné pour une durée de 3 ans, par décision collective ordinaire des associés. Le premier président est nommé pour une durée identique à celle indiquée dans les présents statuts en article 26.

Le président de la société peut résilier ses fonctions en prévenant les associés trois mois au moins à l’avance. Il peut être révoqué à tout moment par décision collective ordinaire des associés. Toute révocation n’ouvrira pas droit à indemnisation.

En cas de cessation des fonctions du président de la société, tout associé provoque une décision collective à seule fin de procéder à son remplacement.

Le président de la société dirige et administre la société. A cet effet, il est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toute circonstance au nom de la société dans la limite de l’objet social et sous réserve des pouvoirs attribués par les dispositions légales ou les présents statuts à la collectivité des associés.

A titre de règle interne, inopposable aux tiers, le président de la société ne peut, sans l’autorisation de la collectivité des associés prise par décision ordinaire :

-      contracter des emprunts

-      effectuer des achats, échanges ou ventes d’établissements commerciaux ou d’immeubles,

-      constituer des sûretés, consentir des cautionnements, avals et garanties,

-      prononcer la dissolution anticipée d’une filiale dont la société détient la totalité des titres de capital et des droits de vote.

L’Assemblée Générale Ordinaire votera chaque année un budget de fonctionnement pour l’année sociale.

Le président de la société la représente à l’égard des tiers.

Il provoque les décisions collectives des associés en vue desquelles il rédige des projets de résolution et un rapport circonstancié qui les explique et les justifie.

Le président de la société exerce ses fonctions gratuitement. Les frais qu’ils engagent dans l’intérêt de la société lui seront remboursés sur justificatifs.

ARTICLE 16 – CONVENTIONS ENTRE LA SOCIETE ET SES DIRIGEANTS OU UN ASSOCIE

Les conventions intervenant, directement ou par personne interposée, entre la société et son président, l’un de ses dirigeants, l’un de ses associés disposant d’une fraction des droits de vote supérieure à dix pour cent (10 %) ou, s’il s’agit d’une société associée, la société la contrôlant au sens de l’article L. 233-3 du Code de Commerce, sont soumises à un contrôle des associés.

Le commissaire aux comptes présente aux associés un rapport sur ces conventions. Les associés statuent sur ce rapport lorsqu’ils statuent sur les comptes annuels, l’associé intéressé par la convention ne peut prendre part au vote et ses titres de capital ne sont pas pris en compte pour le calcul de la majorité.

Sauf exception prévue par la loi, les conventions portant sur les opérations courantes conclues à des conditions normales sont communiquées au commissaire aux comptes, et à tout associé sur sa demande.

A peine de nullité du contrat, il est interdit au président de la société et aux dirigeants, autres que les personnes morales, de contracter, sous quelque forme que ce soit, des emprunts auprès de la société, de se faire consentir par elle un découvert en compte courant ou autrement, ainsi que de faire cautionner ou avaliser par elle leurs engagements envers les tiers. La même interdiction s’applique aux dirigeants de la personne morale président de la société ou directeur général. Elle s’applique également aux conjoints, ascendants et descendants des personnes visées au présent alinéa, ainsi qu’à toute personne interposée.

ARTICLE 17 – COMMISSAIRES AUX COMPTES

Le contrôle de la société pourra être exercé par un ou plusieurs commissaires aux comptes qui exercent leurs fonctions dans les conditions prévues par la loi.

Ils sont désignés par décision collective ordinaire des associés.

Ils sont convoqués à toutes les assemblées des associés en même temps que ceux-ci et avisés à la diligence du président de la société de toutes autres décisions collectives.

ARTICLE 18 – OBJET DES DECISIONS COLLECTIVES

Les décisions collectives des associés sont ordinaires ou extraordinaires.

Les décisions extraordinaires concernent tout objet pouvant entraîner directement ou indirectement une modification des statuts y compris, toute opération de fusion et d’apport partiel d’actif soumis au régime des scissions ainsi que l’émission d’obligations.

Toutes les autres décisions sont ordinaires.

ARTICLE 19 – FORME ET MODALITES DES DECISIONS COLLECTIVES

1. Les décisions collectives résultent, au choix du président de la société, d’une assemblée ou d’une consultation écrite des associés. Elles peuvent également résulter du consentement de tous les associés exprimé dans un acte.

2. L’assemblée est convoquée quinze (15) jours au moins avant la réunion, soit par lettre ordinaire ou recommandée, soit par télécopie, soit par un moyen électronique de télécommunication (notamment un courrier électronique). Elle indique l’ordre du jour.

Seules les questions inscrites à l’ordre du jour sont mises en délibération à moins que les associés soient tous présents et décident d’un commun accord de statuer sur d’autres questions.

Un ou plusieurs associés détenant la moitié des titres de capital peuvent demander la réunion d’une assemblée.

L’assemblée est présidée par le président de la société à condition qu’il soit associé. A défaut, elle élit son président.

Une feuille de présence indiquant les noms et domiciles des associés et de leurs représentants ou mandataires, ainsi que le nombre d’actions détenues par chaque associé, est émargée par les membres de l’assemblée. Toutefois, le procès-verbal de l’assemblée tient lieu de feuille de présence, lorsqu’il est signé de tous les associés présents.

3. En cas de consultation écrite, le président de la société adresse à chaque associé, soit par lettre ordinaire ou recommandée, soit par télécopie soit par un moyen électronique de télécommunication (notamment un courrier électronique), le texte des projets de résolution ainsi que les documents nécessaires à leur information.

Les associés disposent d’un délai de quinze (15) jours à compter de la date de réception des résolutions pour émettre leur vote par écrit, le vote étant pour chaque résolution, formulé par les mots «oui » ou « non ». La réponse est adressée soit par lettre ordinaire ou recommandée, soit par télécopie soit par un moyen électronique de télécommunication (notamment un courrier électronique). Tout associé n’ayant pas répondu dans le délai ci-dessus est considéré s’étant abstenu.

4. Tout associé a droit de participer aux décisions collectives du moment que ses titres de capital sont inscrits à son nom à la date, selon le cas, de l’assemblée, de l’envoi des documents en vue d’une consultation écrite ou de l’acte.

Il peut se faire représenter par son conjoint ou par un autre associé.

5. Toute délibération de l’assemblée des associés est constatée par un procès-verbal qui indique notamment la date et le lieu de la réunion, l’identité du président de séance, le mode de convocation, l’ordre du jour, les documents et rapports soumis à l’assemblée, un résumé des débats, le texte des projets de résolution mis aux voix et le résultat des votes. En cas de consultation écrite, le procès-verbal qui en est dressé et auquel est annexée la réponse de chaque associé, fait mention de ces indications, dans la mesure où il y a lieu.

Les procès-verbaux sont établis et signés par le président de la société ou, le cas échéant, de séance, sur un registre spécial tenu à la diligence du président.

Lorsque la décision des associés résulte de leur consentement exprimé dans un acte, cette décision est mentionnée, à sa date, dans le registre spécial. L’acte lui-même est conservé par la société de manière à permettre sa consultation en même temps que le registre.

Les copies ou extraits des procès-verbaux de délibération sont valablement certifiés par le président de la société. En cas de liquidation, ils sont valablement certifiés par un liquidateur.

ARTICLE 20 – REGLES DE MAJORITE REQUISES POUR L’ADOPTION DES DECISIONS COLLECTIVES

1. Les décisions suivantes sont prises à l’unanimité des associés :

-        modification, adoption ou suppression des clauses statutaires visées à l’article 227-19 du Code de Commerce,

-        augmentation de l’engagement des associés, en ce compris la transformation de la société dans une forme sociale qui entraîne pour eux une responsabilité indéfinie,

-        changement de la nationalité de la société.

2. Sous ces réserves, l’Assemblée Générale Extraordinaire ne délibère valablement sur première convocation que si les associés présents ou représentés possèdent au moins deux tiers des actions ayant droit de vote. Les décisions sont prises à la majorité des deux tiers des voix dont disposent les associés présents ou représentés. Sur deuxième convocation aucun quorum n’est requis.

L’Assemblée Générale Ordinaire ne délibère valablement sur première convocation que si les associés présents ou représentés possèdent au moins la moitié des actions ayant droit de vote. Les décisions sont prises à la majorité de la moitié des voix dont disposent les associés présents ou représentés. Sur deuxième convocation aucun quorum n’est requis.

ARTICLE 21 – DROIT D’INFORMATION DES ASSOCIES

Tout associé a le droit de prendre par lui-même, au siège social, connaissance des documents suivants concernant les trois derniers exercices : comptes annuels individuels et, le cas échéant, consolidés, inventaires, rapports soumis aux associés et procès-verbaux des décisions collectives.

En vue de leur approbation, les comptes annuels, individuels et le cas échéant consolidés, les rapports du commissaire aux comptes, le rapport de gestion, tout autre rapport ou document requis par la législation en vigueur et le texte des projets de résolution sont tenus à la disposition des associés quinze (15) jours au moins avant la date où ils sont appelés à les approuver. Ils sont adressés à tout associé qui en fait la demande dans ce délai.

Pour toute autre consultation, le président de la société adresse ou remet aux associés avant qu’ils ne soient invités à prendre leurs décisions, le texte des projets de résolution et le rapport sur ces projets ainsi que, le cas échéant, le rapport du commissaire aux comptes et des commissaires à compétence particulière.

Un ou plusieurs associés représentant au moins cinq pour cent (5 %) du capital social peuvent, deux fois par exercice, poser par écrit des questions au président de la société sur tout fait de nature à compromettre la continuité de l’exploitation.

ARTICLE 22 – EXERCICE SOCIAL – COMPTES SOCIAUX

L’exercice social commence le premier janvier et se termine le 31 décembre de chaque année.

Par dérogation, le premier exercice social de la société commencera au jour de l’immatriculation de la société au RCS et s’achèvera le 31 décembre 2014.

A la clôture de chaque exercice, le président de la société dresse l’inventaire de l’actif et du passif, les comptes annuels et établit un rapport de gestion.

Ces documents comptables et ce rapport sont mis à la disposition du commissaire aux comptes un mois au moins avant la date à partir de laquelle les associés peuvent exercer leur droit d’information.

Ils sont présentés et soumis pour approbation aux associés dans les six mois suivant la date de clôture de l’exercice.

Lorsque des comptes consolidés sont établis, ils sont également présentés et soumis aux associés dans les mêmes conditions et délai.

ARTICLE 23 – AFFECTATION ET REPARTITION DU BENEFICE

La différence entre les produits et les charges de l’exercice constitue le bénéfice ou la perte de l’exercice.

Sur le bénéfice diminué, le cas échéant, des pertes antérieures, il est prélevé cinq pour cent pour constituer le fonds de réserve légale. Ce prélèvement cesse d’être obligatoire lorsque le fonds de réserve a atteint une somme égale au dixième du capital social. Il reprend son cours lorsque, pour une cause quelconque, la réserve est descendue au-dessous de ce dixième.

Le bénéfice distribuable est constitué par le bénéfice de l’exercice diminué des pertes antérieures et du prélèvement prévu ci-dessus et augmenté des reports bénéficiaires.

Ce bénéfice est à la disposition des associés qui, sur proposition du président de la société peuvent, en tout ou en partie, le reporter à nouveau, l’affecter à des fonds de réserve généraux ou spéciaux, ou le distribuer aux associés à titre de dividende.

En outre, les associés peuvent décider la distribution de sommes prélevées sur les réserves dont ils ont la disposition ; en ce cas, la décision indique expressément les postes de réserves sur lesquels les prélèvements sont effectués. Toutefois, le dividende est prélevé par priorité sur le bénéfice distribuable de l’exercice.

L’écart de réévaluation n’est pas distribuable ; il peut être incorporé en tout ou en partie au capital.

Le président de la société peut, avant l’approbation des comptes, distribuer des acomptes sur dividendes dans les conditions fixées par la loi.

ARTICLE 24 – PERTE DU CAPITAL – DISSOLUTION

Si les pertes constatées dans les documents comptables ont pour effet d’entamer le capital dans la proportion fixée par la loi, le président de la société est tenu de suivre, dans les délais impartis, la procédure s’appliquant à cette situation et, en premier lieu, de provoquer une décision collective extraordinaire des associés à l’effet de décider s’il y a lieu à dissolution anticipée de la société. La décision des associés est publiée.

La dissolution anticipée peut aussi résulter, même en l’absence de pertes, d’une décision collective, extraordinaire des associés.

La réunion en une seule main de tous les titres de capital n’entraîne pas la dissolution de la société. La société continue d’exister avec l’associé unique qui exerce les pouvoirs dévolus à la collectivité des associés.

ARTICLE 25 – LIQUIDATION

Dès l’instant de sa dissolution, la société est en liquidation sauf dans les cas prévus par dispositions légales.

La dissolution met fin aux mandats des dirigeants sauf à l’égard des tiers, par l’accomplissement des formalités de publicité. Elle ne met pas fin au mandat des commissaires des comptes.

Les associés nomment par décision collective ordinaire un ou plusieurs liquidateurs dont ils déterminent les fonctions et fixent la rémunération. Le ou les liquidateurs sont révoqués et remplacés selon les formes prévues pour leur nomination. Leur mandat leur est, sauf stipulation contraire, donné pour toute la durée de la liquidation.

Le président de la société doit remettre ses comptes aux liquidateurs avec toutes pièces justificatives en vue de leur approbation par une décision collective ordinaire des associés.

Tout l’actif social est réalisé et le passif acquitté par le ou les liquidateurs qui ont à cet effet les pouvoirs les plus étendus et qui, s’ils sont plusieurs, ont le droit d’agir ensemble ou séparément.

Pendant toute la durée de la liquidation, les liquidateurs doivent provoquer une décision collective ordinaire des associés chaque année dans les mêmes délais, formes et conditions que durant la vie sociale. Ils provoquent en outre des décisions collectives ordinaires ou extraordinaires chaque fois qu’ils le jugent utile ou nécessaire. Les associés peuvent prendre communication des documents sociaux, dans les mêmes conditions qu’antérieurement.

En fin de liquidation, les associés par une décision collective ordinaire statuent sur le compte définitif de liquidation, le quitus de la gestion du ou des liquidateurs et la décharge de leur mandat.

Ils constatent dans les mêmes conditions la clôture de la liquidation.

Si les liquidateurs et commissaires négligent de faire statuer les associés, le président du tribunal de commerce, statuant par ordonnance de référé, peut, à la demande de tout associé, désigner un mandataire pour procéder à cette convocation. Si l’assemblée de clôture ne peut délibérer ou si elle refuse d’approuver les comptes de liquidation, il est statué par décision du tribunal de commerce, à la demande du liquidateur ou de tout intéressé.

L’actif net, après remboursement du nominal des actions, est partagé également entre tous les titres de capital.

ARTICLE 26 – NOMINATION DU PREMIER PRESIDENT DE LA SOCIETE –NOMINATION DES COMMISSAIRES AUX COMPTES – NOMINATION DES PREMIERS MEMBRES DU COMITE D’AGREMENT

Le premier président de la société est Monsieur …, soussigné, qui déclare accepter cette fonction et satisfaire à toutes les conditions requises par les statuts pour l’exercice desdites fonctions.

Il est nommé pour une durée de 3 ans. Le renouvellement de son mandat par période de 3 ans sera ensuite soumis à la décision ordinaire des associés réunis en Assemblée Générale selon les stipulations de l’article 15 des présentes.

[VT1]

Sont nommés commissaires aux comptes de la société pour les six premiers exercices :

-        Monsieur Nom – Adresse,

commissaire aux comptes titulaire,

-        Monsieur Nom – Adresse,

commissaire aux comptes suppléant qui exercera, le cas échéant, ses fonctions pour le temps restant à courir du mandat confié au titulaire ou pendant le temps où celui-ci sera temporairement empêché.

[VT2]

Les commissaires ainsi nommés n’ont vérifié aucune opération d’apport ou de fusion consentie à la société ou à une société que celle-ci est appelée à contrôler.

Ils ont donné toutes les informations requises en vue de leur désignation et ont déclaré accepter leur mandat et remplir les conditions exigées pour l’exercer.

Le premier collège des 5 associés membres du Comité d’agrément est nommé pour une durée d’une année jusqu’à la première Assemblée Générale appelée à statuer sur les comptes de l’exercice clos le 31/12/2014

Il sera composé de

-      Monsieur / Madame , demeurant

-      Monsieur / Madame , demeurant

-      Monsieur / Madame , demeurant

-      Monsieur / Madame , demeurant

-      Monsieur / Madame , demeurant

Au-delà de cette période, le renouvellement de leur mandat ou la nomination de nouveaux associés en remplacement se fera pour une durée de 2 (deux) ans sur proposition du Président et sera soumis à la décision ordinaire des associés réunis en Assemblée Générale.

[VT3]

ARTICLE 27 – PREMIER EXERCICE SOCIAL – PERSONNALITE MORALE – ENGAGEMENTS DE LA PERIODE DE FORMATION

La société jouira de la personnalité morale à dater de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés.

Le premier exercice sera clos le 31 décembre 2014. En outre, les actes souscrits pour son compte pendant la période de constitution et repris par la société seront rattachés à cet exercice.

L’état des actes accomplis à ce jour, pour le compte de la société en formation, est annexé aux présents statuts tel qu’il a été présenté aux associés.

Toutes ces opérations et les engagements en résultant seront réputés avoir été faits et souscrits dès l’origine par la société qui les reprendra à son compte par le seul fait de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés.

La reprise de tous autres engagements souscrits pour le compte de la société en formation ne peut résulter, après immatriculation de la société, que d’une décision collective ordinaire des associés.

ARTICLE 28 – PUBLICITE – POUVOIRS

Tous pouvoirs sont conférés au porteur des présentes à l’effet d’accomplir les formalités de publicité et autres nécessaires pour parvenir à l’immatriculation de la Société au Registre du Commerce et des Sociétés.

ANNEXE 1 

Liste des fondateurs de la

Société des Contributeurs et des Lecteurs de la Quinzaine Littéraire

[VT4] 

Nom

Prénom

Adresse

Montant de l’apport en numéraire

Nombre d’actions souscrites

         
         
         
         
         
         
         

 


ANNEXE 2

 

Liste des actes accomplis pour le compte de la société en formation

 

Monsieur Jean LACOSTE   

demeurant au  

Né le 

De nationalité française

Marié / Célibataire

 

 Agissant en qualité de fondateur de la Société des Contributeurs et des Lecteurs de la Quinzaine Littéraire en cours de formation,

Déclare avoir passé pour le compte de ladite Société en cours de constitution les actes et engagements détaillés dans l’état qui suit :

 1/ Ouverture d’un compte bancaire auprès de

 2/ …..

 3/ ….


 [VT1]NOMINATION PAR AG et pas dans les statuts. A RETIRER

 [VT2]Seulement si souhait et acté

 [VT3]PV D’ASSEMBLEE – PAS STATUTAIRE

 [VT4]REPORTER TOUS LES SOUSCRIPTEURS

 

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