La Quinzaine n°998, du 1er au 15 septembre 2009
septembre 3, 2009“De la rupture à l’extase”, un article d’Agnès Vaquin


JEAN-PHILIPPE TOUSSAINTLA VÉRITÉ SUR MARIE
Éd. de Minuit, 208 p., 14,50 €
Après Faire l’amour (2002) et Fuir (2005), Jean-Philippe Toussaint considère que La Vérité sur Marie constitue un “prolongement” des deux premiers romans. Pour qu’il y ait trilogie, il faudrait que le récit de ces amours tumultueuses s’arrête là. Le texte s’achève sur un point d’orgue, sur un grand moment de bonheur et, comme chacun sait, les gens heureux n’ont pas d’histoire… Va-t-on en rester là ? Quoi qu’il en soit, Marie reste toujours la même sylphide dont le narrateur est toujours aussi amoureux.
“La créature”, un article de Hugo Pradelle
STÉPHANE VELUTCADENCE
Christian Bourgois, 196 p., 15 €
Le premier roman de Stéphane Velut est un récit de la solitude extrême, de la distorsion de la perception, de la perversité et de la déshumanisation. Entre fable kafkaïenne et variations sur le mythe de la créature, il signe un livre court, intense et formidablement dérangeant.
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“La chanson du retour”, un article de Norbert Czarny
ÉRIC HOLDERBELLA CIAO
Le Seuil, 156 p., 16 €
« Tu vas me dire ce que tu as en tête ? » Prononcée avec colère par Franck, l’employeur du narrateur, cette phrase fait écho au « J’en ai assez » dit posément par Myléna, son épouse, à ce même narrateur en ouverture du roman. Façon de dire qu’on part brutalement, sur une impulsion, dans Bella Ciao, comme dans bien des livres d’Éric Holder.
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“Laura apprend”, un article de Norbert Czarny
BRIGITTE GIRAUDUNE ANNÉE ÉTRANGÈRE
Stock, 216 p., 17 €
Il faut attendre les toutes dernières lignes d’Une année étrangère, le nouveau roman de Brigitte Giraud, pour qu’enfin on se sente libéré d’un poids qui oppresse. Poids des secrets et des silences qui les accompagnent ? Poids d’une année passée loin de chez soi dans une langue étrangère ? Cela mais pas seulement.
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“Ecrire la guerre”, un article de Norbert Czarny
LAURENT MAUVIGNIERDES HOMMES
Éd. de Minuit, 290 p., 17,50 €
On le surnomme Feu-de-Bois, il se prénomme Bernard. Avant d’être cet homme aux ongles sales, qui sent mauvais et qu’on préfère tenir éloigné, il a été un époux, un père de famille qui travaillait à l’usine, à Boulogne. Quarante ans ont passé et quand il vient offrir un cadeau coûteux à sa sœur Solange, tout le monde s’interroge sur la provenance de l’argent.
“Chasseur de sens”, un article de Marie Etienne
YOKO TAWADALE VOYAGE À BORDEAUX
Verdier, 128 p., 15 €
Écrire en Allemagne, dans la langue japonaise, le récit d’un voyage à Bordeaux destiné à apprendre le français, est déjà en lui-même un acte intéressant sur le plan linguistique.
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“L’immense possible”, un article d’Agnès Vaquin
MATHIEU TERENCEL’AUTRE VIE
Gallimard, 166 p., 13,90 €
Pourquoi aime-t-on les romans de Mathieu Terence sinon pour son art de vous fabriquer des personnages a priori parfaitement artificiels, évoluant dans un milieu qui l’est tout autant. Un miroir déformant mais un miroir tout de même, une image de la métamorphose dont l’espèce humaine est actuellement affectée.
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“Tout rêveur est un prisonnier qui s’évade”, un article de Tiphaine Samoyault
HÉLÈNE CIXOUSÈVE S’ÉVADE. LA RUINE ET LA VIE
Galilée éd., 215 p., 25 €
Comme Ciguë l’année dernière, Ève s’évade est un « Livre de ma mère ». Mais tandis que dans le précédent texte, les motifs de la vieillesse et de la mort dialoguaient avec la scène du suicide de Socrate, ici, le double argument de la prison et de l’évasion entre en résonance avec certains moments de la vie et de l’œuvre de Freud.
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“Le Journal de Valery Larbaud au complet (1600 pages)”, un article de Béatrice Mousli
VALERY LARBAUDJOURNAL
édition définitive – texte établi, préfacé et annoté par Paule Moron
Gallimard, 1616 p., 70 €
La bande rouge « édition définitive » qui entoure cet énorme volume (plus de 1600 pages) a de quoi faire rêver tous ceux qui s’intéressent à Valery Larbaud : un seul volume pour réunir toutes les éditions diverses parues au siècle dernier !
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“Les démesures et les violences d’Une semaine de bonté“, un article de Gilbert Lascault
MAX ERNSTUNE SEMAINE DE BONTÉ
Les collages originaux (1933)
Musée d’Orsay 30 juin – 13 septembre 2009
WERNER SPIES ET COLL.
CATALOGUE DE L’EXPOSITION
Gallimard / Fundación MAPFRE / Musée d’Orsay
406 p., 350 ill. coul., 45 €
À l’été 1933, dans le Château de Vigaleno, près de Plaisance, dans le nord de l’Italie, pendant trois semaines, Max Ernst a rassemblé des matériaux. Il achève 184 planches originales qui formeront un livre troublant que Jeanne Bucher publiera en 1934 : Une semaine de bonté (ou les sept éléments capitaux).
“Sur les formes idéologiques de la politique”, un article de Patrick Cingolan
MIGUEL ABENSOURPOUR UNE PHILOSOPHIE POLITIQUE
CRITIQUE – ITINÉRAIRES
Sens & Tonka, 400 p., 25 €
Il y a deux ans, Miguel Abensour nous avait donné un livre remarquable sur Hannah Arendt : Hannah Arendt, contre la philosophie politique ? Dans ce livre il revenait notamment sur le rapport Arendtien à la troisième critique de Kant et sur la manière dont la philosophe renouait contre Platon la politique à l’esthétique et plus particulièrement à la question du beau dans son rapport au sens commun chez Kant. Aujourd’hui, dans le recueil Pour une philosophie politique critique, Miguel Abensour revient centralement sur ce dialogue complexe avec Arendt, sur ce pour ou contre la philosophie politique, adjoignant aux deux mots un troisième : celui de critique.
“Une ère post-totalitaire”, un article de Jean Lacoste sur le même livre que précédemment
Un recueil d’articles sans doute, mais qui mérite une lecture attentive, lente et respectueuse,parce qu’en lui se concentrent plus de trente ans de réflexions philosophiques sur la politique, depuis le manifeste « Critique de la politique » de 1971, qui traçait le programme éditorial d’une collection prestigieuse chez Payot, jusqu’à « L’extravagante hypothèse », de 2006, qui comme il se doit, ouvre encore de nouvelles voies avec Levinas.Trente
années consacrées à défendre une certaine notion de la philosophie politique critique contre ceux, acteurs ou théoriciens, qui veulent n’y voir que
le reflet des conflits sociaux et de l’économie ou qui souhaitent la réduire à des techniques de gestion ou de manipulation de l’opinion.
“Les enchantements du Graal”, un article de Dominique Goy-Blanquet
LE LIVRE DU GRAAL, TOME IIIGallimard / Pléiade, 1707 p.,
prix de lancement, 65 € jusqu’au 31/12/09 ; 73 € ensuite
LA QUÊTE DU GRAAL
Le Seuil, 350 p., 28 €
Nous avions quitté les chevaliers d’Arthur il y a six ans sur la longue absence de Lancelot et la quête de Mordret, dont le conteur prédit qu’il fera mourir quinze mille hommes (La Quinzaine n° 867, 16-31décembre 2003). Le hasard fait bien les choses cet été car les lecteurs pourront lire le conte enrichi d’un côté des notes savantes de la Pléiade, de l’autre des enluminures qu’offre le Seuil en rééditant la version donnée jadis par Yves Bonnefoy et Albert Béguin.
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“Capitales de la douleur”, un article de Laurence Zordan
ADRIEN GOMBEAUDL’HOMME DE LA PLACE TIANANMEN
Le Seuil/presses de Sciences-Po, 121 p.,14 €
GEOFFROY DE LAROUZIÈRE-MONTLOSIER
JOURNAL DE KABOUL
Bleu autour, 205 p.,15 €
RAPHAËL KRAFT
JOURNALISTE À VÉLO UN PETIT TOUR AU PROCHE-ORIENT
Bleu autour, 293 p.,18 €
Des capitales de la douleur, des lieux meurtris de la planète, que retient le voyageur qui s’y est rendu ? De passage, détenant trace du passé par des photos ou des pages de diariste, que reste-t-il de son regard porté sur des mondes où règne la violence ? Que garde-t-il de ce qu’il a entr’aperçu, si, comme l’écrit Eluard dans Capitale de la douleur, il faut prendre la main de la mémoire et fermer les yeux du souvenir ?
“Dieu joue-t-il à la Bourse ?”, un article de Jean-Michel Kantor
NICOLAS BOULEAUMATHÉMATIQUES ET RISQUES FINANCIERS
Odile Jacob, 272 p., 24,50€
ANDRÉ ORLÉAN
DE L’EUPHORIE À LA PANIQUE : PENSER LA CRISE FINANCIÈRE
Rue d’Ulm, 110 p., 11€
« La crise, comment en sortir ? La réponse est technique : Dieu seul le sait. Nous manquons terriblement de modèles. »
“La route parallèle”, un article de Lucien Logette
MICHEL CIMENTKAZAN/LOSEY, ENTRETIENS
édition définitive Stock, 648 p., 36 €
Elia Kazan (1909-2003), Joseph Losey (1909-1984) : ce n’est pas seulement leur année de naissance commune qui vaut de les rapprocher, mais les similitudes de leur itinéraire. Formation universitaire, engagement militant, carrière théâtrale puis cinématographique durant les mêmes périodes, reconnaissance internationale ponctuée de prix dans les festivals majeurs : on parlerait de trajectoires jumelles, s’il n’y avait, en leur mitan, cet événement décisif que constitua le maccarthysme, et leur façon opposée de l’affronter. Chacun des deux mit du temps à s’en remettre – s’ils s’en remirent jamais.
La Quinzaine n°996, du 16 au 31 juillet 2009
juillet 26, 2009“Histoire romanesque d’un photographe”, un article de Norbert Czarny
AGUSTÍ CENTELLES 1909-1985ouvrage collectif, Actes Sud, 258 p., 55 €
Jusqu’au 13 septembre se tient à l’Hôtel de Sully une exposition photo intitulée « Journal d’une guerre et d’un exil », Espagne-France 1936-1939. Celui dont on découvrira les photos, Agustí Centelles, est un photographe étonnant, aussi bien par sa vie que par son oeuvre longtemps cachée.
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“L’Occident et ses mythes”, un entretien de l’économiste Georges Corm réalisé par Omar Merzoug
GEORGES CORML’EUROPE ET LE MYTHE DE L’OCCIDENT
La Découverte, 314 p., 23 €
« De Mozart à Hitler que s’est-il passé ? »
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“L’attention et la simplicité de Blanchot”, un article de Christian Mouze
MAURICE BLANCHOTLETTRES À VADIM KOZOVOÏ
suivi de La Parole ascendante
Manucius, 219 p., 18 €
« … Je rappellerai mon refus obstiné de publier toute correspondance. Qu’elle soit ou non d’écrivain. C’est un principe que je ne demande pas à d’autres de partager, mais qui appartient à ma tendance la plus sûre. » La volonté d’un mort passerait-elle toujours par les pertes et profits ?
“La fin de l’innocence”, un article de Hugo Pradelle
JOHN UPDIKEVILLAGES (VILLAGES)
trad. de l’anglais (États-Unis) par Michèle Hechter,
Seuil, 324 p., 21 €
NICHOLSON BAKER
UPDIKE & MOI (U AND I,A TRUE STORY)
trad. de l’anglais (États-Unis) par Martin Winckler,
Christian Bourgois, 196 p., 17 €
Publication en miroir de deux livres chronologiquement dépareillés et néanmoins ravissants. D’un côté, Updike (1932-2009) signe un roman en treize chapitres plus un, pour conjurer le sort, un livre mou et heurté à la fois, étrangement dérangeant, sur l’Amérique et le sexe, la norme et le temps perdu. De l’autre, un essai iconoclaste, inclassable et réjouissant sur l’un des maîtres des lettres américaines récemment disparu.
“Istanbul-Stockholm”, un article de Norbert Czarny
LIVANELIUNE SAISON DE SOLITUDE
trad. du turc par Timour Muhidine,
Gallimard, 240 p., 21 €
C’est l’histoire d’un réfugié, un parmi tant d’autres. Aujourd’hui, il pourrait être iranien et pleurer la mort de sa compagne Neda, assassinée lors d’une manifestation contre une élection volée. C’est le présent, le réel. se nomme Sami Baran, il est turc et sa compagne, Filiz, a été tuée par des militaires, lorsque la Turquie était une dictature. C’est un roman, et pourtant…
“L’apprentissage de la liberté”, un article de Gabrielle Napoli
ÁRON TAMÁSIÁBEL DANS LA FORÊT PROFONDE
trad. du hongrois par Agnès Járfás,
Éditions Héros-Limite, Genève, 299 p., 20 €
Áron Tamási est peu, voire pas connu du public français alors qu’il l’auteur d’un roman extrêmement célèbre en Hongrie, paru d’abord sous la forme d’un feuilleton puis publié chez un éditeur à Cluj, en 1932, spécialisé dans la littérature hungarophone. Le succès fut immédiat, et aujourd’hui encore le roman est très populaire, étudié dans les lycées hongrois et faisant partie intégrante du patrimoine culturel hongrois. Il nous aura fallu attendre la très belle traduction d’Agnès Járfás, dans une édition soignée, pour découvrir, ou redécouvrir ce texte qui peut être considéré comme le roman picaresque transylvain par excellence.
“Dans l’obscurité, l’imaginaire devenait réel”, un article de Gabrielle Napoli
MILJENKO JERGOVICFREELANDER
Actes Sud, 207 p., 20 €
Karlo Adum se met en route au volant de sa vieille Volvo qui a enterré tous ses proches. De Zagreb à Sarajevo, ville qu’il a quittée depuis une cinquantaine d’années, il parcourt un pays fantomatique, morcelé par la guerre et la haine. Au-delà des paysages en ruine, ce sont les souvenirs intimes du personnage principal qui ressurgissent. De cette traversée en solitaire, de ce face-à-face avec lui-même, Karlo Adum ressortira métamorphosé, mais pas forcément libéré.
“Le visage et le corps”, un article de Jean M. Goulemot
ÉLISABETH VIGÉE LE BRUNSOUVENIRS
édition établie et annotée par Didier Masseau,
Taillandier, 624 p., 25 €
LE DISCOURS DU CORPS
AU XVIIIe SIÈCLE : Littérature-
Philosophie-Histoire-Science
sous la direction d’Hélène Cussac, Anne Deneys-Tunney et Catriona Seth,
Presses de l’Université Laval, 2009, 360 p., 36 €
On connaît ÉlisabethVigée Le Brun (1755-1842) comme portraitiste de talent, et moins comme mémorialiste. La publication de deux éditions de ses souvenirs (celle de Geneviève Haroche-Bouzinac chez Champion en 2008 et celle présentée ici) est l’occasion de découvrir une autre facette de son talent. En un mot, de retrouver le regard qu’elle porte sur les hommes, différent de celui qu’elle attache aux modèles de ses portraits mondains, sur la société et l’histoire de son temps…
“Le dire ivre”, un article de Tiphaine Samouyault
LAURENT ZIMMERMANNLA LITTÉRATURE ET L’IVRESSE
Hermann, 163 p., 25 €
Laurent Zimmermann, qui a déjà publié deux recueils collectifs chez l’éditrice nantaise Cécile Defaux L’Aujourd’hui du roman en 2004 et Penser par les images, autour des travaux de Georges Didi-Huberman en 2006, propose un essai sur la littérature et l’ivresse se donnant pour corpus Rabelais, Baudelaire et Apollinaire. L’argument n’est pas sans ambition : il s’agit de saisir, par le biais du savoir spécifique de l’ivresse, les opérations qui sont au coeur du bouleversement provoqué par la littérature.
“Une voix d’outre-Rhin”, un article de Jean Lacoste
WULF KIRSTENGRAVIERS
présenté et trad. de l’allemand par Stéphane Michaud,
Belin, coll. « L’extrême contemporain », 108 p., 18 €
C’est une voix importante, reconnue, déjà distinguée par de nombreux prix, et appelée sans doute à devenir familière, qui nous vient d’outre-Rhin ; de plus loin encore, pourrait-on dire, des rives de l’Elbe, de la Saxe, ce coin de terre baroque de collines pierreuses, meurtri par l’histoire, où se croisent tant d’influences, germaniques, polonaises, tchèques, juives aussi.
“Un hibou dans les parages”, un article de Liliane Kerjan
G. K. CHESTERTONLA FIN DE LA SAGESSE
ET AUTRES CONTES EXTRAVAGANTS
trad. de l’anglais par Gérard Joulié,
L’Âge d’homme, 377 p., 27 €
Trente-cinq histoires de Gilbert K. Chesterton, l’inclassable, qui nous emmènent sur des « terres colorées » aussi bien qu’une demi-heure aux Enfers ou au « jardin de fumée », dans des contrées où l’on croise le Fils prodigue, le Gentilhomme et le Boutiquier. Une société peut en cacher une autre : embarquement immédiat.
“Question Claudel”, un article de Odile Hunoult
PAUL CLAUDEL,JEAN AMROUCHE
MÉMOIRES IMPROVISÉS, 1951-1952
12 CD Frémeaux & Associés, 79,99 €
PAUL CLAUDEL
PSAUMES
texte établi et annoté par Renée Nantet
et Jacques Petit, avant-propos de Pierre Claudel, préface de Guy Goffette
Gallimard, 332 p., 25 €
Cette conversation-fleuve (41 entretiens) a été enregistrée pour la radio en hiver 1951. Claudel a 83 ans. Jean Amrouche, très respectueusement, fait avec lui la genèse et l’exégèse de son oeuvre. Ce qu’il y a de passionnant à l’écoute de ces entretiens, cinquante ans après, c’est que, débarrassé de la présence occultante de l’auteur, on en sait plus qu’Amrouche ne peut en demander, plus que Claudel ne peut en dire.
“Regards de photographies”, un article de Georges Raillard
HENRI CARTIER-BRESSONAu Musée d’Art moderne de la Ville de Paris du 19 juin-13 septembre 2009
et à la Maison Européenne de la Photographie du 15 avril-30 août 2009
FERDINANDO SCIANNA
La géométrie et la passion
À la Maison Européenne de la Photographie du 24 juin-11 octobre 2009 GRETE STERN
Berlin-Buenos Aires du 24 juin-11 octobre 2009
Livre-catalogue (sous la direction d’Emmanuel Guigon) d’une exposition au Musée des Beaux-Arts
de Besançon, à présent close, 166 p., 32 €
Henri Cartier-Bresson aurait un peu plus de cent ans. Pour ses quatre-vingts ans, il revenait sur ce qui était sa vie, la photographie. Sur le regard du photographe : « C’est très difficile de regarder, de saisir les proportions. C’est une interrogation perpétuelle, une jouissance de l’oeil, une exaltation merveilleuse. Les gens ont des yeux qui ne jouissent pas. C’est leur cerveau qui jouit. »
“Une pensée de l’hétérogène”, de Régine Robin
LE TERRITOIRE DES PHILOSOPHESLieu et espace dans la pensée au XXe siècle
sous la direction de Thierry Paquot et Chris Younès,
La Découverte, 386 p., 26 €
Depuis le célèbre article de Michel Foucault : « Des espaces autres », de 1967, on sait qu’à une pensée du temps qui hante la philosophie depuis toujours, s’est substituée une pensée de l’espace. Le problème n’était pas absolument nouveau, mais Michel Foucault l’a systématisé. Au coeur de cette interrogation, la ville et son devenir, qu’ils soient inscrits dans la réflexion philosophique même ou qu’ils se situent au carrefour d’une multitude de disciplines.
“L’Algérie et la France”, un entretien de l’historienne Jeannine Verdès-Leroux réalisé par Omar Merzoug
JEANNINE VERDÈS-LEROUX(Dictionnaire coordonné par)
L’ALGÉRIE ET LA FRANCE
Robert Laffont, coll. « Bouquins », 992 p., 32 €
Omar Merzoug : Vous êtes historienne et vous publiez chez Robert Laffont un dictionnaire intitulé L’Algérie et la France, pourriez-vous nous parler de la genèse de cet ouvrage ?
Jeannine Verdès-Leroux : L’ancien directeur de la collection « Bouquins » m’avait demandé de faire un Dictionnaire sur la période 1830-1962 ; j’avais répondu que pour la comprendre, il faut d’abord savoir ce qu’était l’Algérie – ou plutôt le territoire qui deviendra l’Algérie – quand la France y débarque.
“Si ma plume valait ton pistolet…”, un article de Marta Ruiz Galbete
ANDRÉS TRAPIELLOLES ARMES ET LES LETTRES.
LITTÉRATURE ET GUERRE D’ESPAGNE
(1936-1939)
La Table Ronde, 526 p., 24 €
Est-ce parce qu’elle fut la dernière guerre romantique ou bien parce que chacun la sentit comme une préfiguration de l’affrontement qui allait mettre l’Europe à feu et à sang ? Le fait est qu’Orwell y reconnut tout de suite « un état de choses pour lequel cela valait le coup de lutter » et que la guerre d’Espagne galvanisa les consciences comme nul autre conflit extérieur ne l’avait fait auparavant, y compris parmi les intellectuels.
“Renoncer au pouvoir ?”, un article de Monique Chemillier-Gendreau
JACQUES LE BRUNLE POUVOIR D’ABDIQUER
Essai sur la déchéance volontaire
Gallimard, coll. « L’esprit de la cité », 278 p., 21,50 €
S’interroger sur la renonciation volontaire au pouvoir suprême, celui que détient le souverain, consiste en vérité à questionner ce pouvoir lui-même en ses fondements, à sonder l’énigme de ses origines, du lien qui unit celui qui en est le titulaire et ceux sur lesquels il s’exerce. Jacques Le Brun mène l’enquête à partir d’une poignée de cas exceptionnels, ceux que nous fournit l’histoire des monarchies d’Ancien Régime à quoi il ajoute un grand mythe théâtral puisé dans Shakespeare.
“Religions et mathématiques”, un article de Bernard Bru
LOREN GRAHAM, JEAN-MICHEL KANTORNAMING INFINITY. A TRUE STORY OF RELIGIOUS MYSTICISM AND MATHEMATICAL CREATIVITY,
The Belknap Press of Harvard University Press, 2009
Pour nommer, il faut croire et aimer
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“Un exilé de l’intérieur”, un article de Lucien Logette
JEAN-MICHEL FRODON,AMOS GITAÏ,
MARIE-JOSÉ SANSELME
AMOS GITAÏ GENÈSES
Gallimard, 400 p., 29,50 €
REVUE CINÉMACTION N° 131
AMOS GITAÏ ENTRE TERRE ET EXIL
sous la direction de Lucie Dugas,
Corlet Publications, 192 p., 24 €
85 films signés depuis ses débuts en 1972 – de toutes durées, entre 3 et 213 minutes. Amos Gitaï n’est pas un rétracté de la pellicule : il est un des rares cinéastes à proposer un film chaque année, quand il ne s’agit pas de trois ou quatre, comme en 1998, et il a longtemps incarné à lui seul tout le cinéma isarélien pour les spectateurs occidentaux. Entre 1999 et 2007, aucun de ses films n’a échappé aux « grands » festivals, Cannes et Venise, ce qui n’a pas manqué de finir par agacer quelque peu. Non qu’il s’agisse d’une situation indue, mais on se lasse de ne voir qu’un unique grand arbre masquer le reste du terrain.
“Des livres entre les spectacles”, un article de Monique Le Roux
BERNARD DORTLA REPRÉSENTATION ÉMANCIPÉE
Actes Sud, 187 p., 20 €
GEORGES BANU
MINIATURES THÉORIQUES
Actes Sud, 192 p., 22 €
PATRICE CHÉREAU
J’Y ARRIVERAI UN JOUR
Actes Sud, 149 p., 22 €
« Le temps du théâtre » a longtemps correspondu à la saison, achevée avec l’entrée dans les vacances. Il s’est ensuite augmenté de la
période des festivals en plein air. C’est aussi le titre d’une collection, dont quelques titres récemment parus permettent d’associer en villégiature lecture et spectacles : La Représentation émancipée de Bernard Dort, Miniatures théoriques de Georges Banu, J’y arriverai un jour de Patrice Chéreau.
HENRI CARTIER-BRESSON
Au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris
19 juin-13 septembre 2009
et à la Maison Européenne de la Photographie
15 avril-30 août 2009
FERDINANDO SCIANNA
La géométrie et la passion
À la Maison Européenne de la Photographie
24 juin-11 octobre 2009
GRETE STERN
Appareils électroménagers, 1950
FERDINANDO SCIANNA
Enna, Sicile, 1962
GRETE STERN
Berlin-Buenos Aires
24 juin-11 octobre 2009
Livre-catalogue (sous la direction d’Emmanuel
Guigon) d’une exposition au Musée des Beaux-Arts
de Besançon, à présent close, 166 p., 32 €
Une image peut en cacher une autre
juin 3, 2009“Une image peut en divulguer plusieurs”, un article de Gilbert Lascaut
Une image peut en cacher une autre(Arcimboldo – Dalí – Raetz)
Galeries nationales du Grand Palais
8 avril – 6 juilllet 2009
JEAN-HUBERT MARTIN et coll.
CATALOGUE DE L’EXPOSITION
RMN éd., 416 p., nb ill. coul., 54 €
Dans un labyrinthe du Grand Palais, deux cent quatre-vingt-six oeuvres (peintures, sculptures, dessins, gravures, films, objets) mêlent les formes glissantes. Ces oeuvres déboîtent les contours, excentrent les silhouettes ; elles dérangent les dessins et les redoublent. Elles modifient les perspectives. Elles métamorphosent les figures ; elles les déguisent ; elles les travestissent. Elles dévoient. Elles séduisent.
En 1969, une phrase de Max Ernst inquiète : « Attention : un masque peut en masquer (ou démasquer) un autre. » Cette phrase se construit à partir de celle inscrite par la SNCF près de certains passages à niveau : « Attention ! Un train peut en cacher un autre ! » Le redoublement d’un danger et d’une menace inconnue risque toujours de surprendre, de tromper, d’étonner. Retrouvez la suite de l’article dans la Quinzaine n°993
La Quinzaine n°992, du 16 au 31 mai 2009
mai 20, 2009“Redécouvrir Jean Guéhenno”, un article de Maryse Arrigoni
JEAN GUÉHENNOLA JEUNESSE MORTE
Claire Paulhan éd., 286 p., 32 €
Nous avions un peu oublié la voix de Jean Guéhenno (1890-1978), tendre et violente à la fois. À peine si, dans nos mémoires survivaient les clichés nostalgiques de l’enfant pauvre de Fougères, aux rares merveilles : l’orange de Noël, une journée à la mer, sa réussite grâce à l’école de la IIIe République et à la volonté de changer sa vie. Peut-être aussi certains se souvenaient-ils de son horreur de la guerre, thème récurrent de son œuvre avec, çà et là, quelques références à la guerre de 14.
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“Sans esprit de retour”, un article de Georges-Arthur Goldschmidt
ULRIKE VOSWINKEL,FRANK BERNINGER
EXILS MÉDITERRANÉENS
ÉCRIVAINS ALLEMANDS
DANS LE SUD DE LA FRANCE (1933-1941)
trad. de l’allemand par Alain Huriot
Seuil éd., 244 p., 21,50 €
On a souvent parlé des écrivains allemands qui, fuyant le nazisme, se sont réfugiés à Sanary-sur-Mer qui, on le sait, devint littéralement la capitale en exil des lettres allemandes.
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“Bref, intense et lumineux”, un article de Hugo Pradelle
SIEGFRIED LENZUNE MINUTE DE SILENCE
Schweigeminute
trad. de l’allemand par Odile Demange
Robert Laffont éd., 132 p., 16 €
Siegfried Lenz signe un livre sur la disparition, le deuil, l’amour, la nostalgie et la complexité des sentiments. Un récit bref et épuré qui rassemble les thèmes d’une œuvre extrêmement riche.
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“Le refus des larmes”, un article de Hugo Pradelle
ALAN PAULSHISTOIRE DES LARMES
Un témoignage
Historia del llanto.
Un testimonio
trad. de l’espagnol (Argentine) par Vincent Raynaud
Christian Bourgois éd., 128 p., 15 €
Alan Pauls signe un récit bref confondant de sensibilité. Confrontant réflexion et sensation, intimité et politique, entremêlant allègrement les périodes, il propose une réflexion profonde sur les sens, l’individu, la souffrance, l’événement et le bonheur. Un récit de l’au-delà des larmes.
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“La crinière de l’hippogriffe”, un article d’Albert Bensoussan
MAURICE MOURIERAJOUPA-BOUILLON
EST-Samuel Tastet éd., 360 p., 22 €
Étrange livre ou récit, que nous donne aujourd’hui Maurice Mourier, l’auteur du Miroir mité, de Parcs de la mémoire (ou retour vers le futur de l’innocence et du sexe sans péché), de Godilande (autre f iction du plaisir et du gaudir) ou des Nuits de Narra.
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“Adieu à Sénèque”, un article de Nicole Casanova
GIUSEPPE CONTELA FEMME ADULTÈRE
trad. de l’italien par Monique Baccelli
Laurence Teper éd., 329 p., 19,60 €
Le livre de ce poète et romancier italien a obtenu le prix Manzoni du meilleur roman historique 2008. Il est inspiré par un épisode rapporté dans l’Évangile selon saint Jean : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre… »
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“Pleure, ô mon Vietnam bien-aimé”, un article de Maurice Mourier
DUONG THU HUONGAU ZÉNITH
trad. du vietnamien par Phuong Dang Tran
Sabine Wespieser éd., 786 p., 29 €
Le cas d’un souverain communiste que la mise au jour des horreurs commises sous son règne n’a pas précipité du trône suprême dans les bas-fonds de la vindicte publique est-il exceptionnel ? Peut-être pas, si la médiocrité avérée de ses successeurs doit aboutir à le réhabiliter un jour, mouvement qui s’esquisse déjà en faveur de Staline et de Mao. On peut néanmoins parier que le culte de ces deux serial killers, s’il doit renaître un jour, conservera ses hérésiarques.
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“L’inconnue de la cabane”, un article de Odile Hunoult
JEAN DAIVE
UNE FEMME DE QUELQUES VIES
coll « Poésie »
Flammarion éd., 184 p., 18 €
C’est un « poème narratif », forme déjà explorée par Jean Daive, qui sonde les contradictions entre narration et poème, les discordances de leur rapport au temps (le poème, comme le tableau, est une impression immédiate) et les différences de densité de leur matériau.
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“Sonnets californiens”, un article de Hugo Pradelle
VIKRAM SETHGOLDEN GATE
trad. de l’anglais (Inde) par Claro
Grasset éd., 360 p., 20 €
En 1986, Vikram Seth faisait paraître un bien étrange roman entièrement composé de sonnets. Entre prodige formel et maigreur du propos, un récit sous forme de ballets sentimentaux au cœur de la Californie et des années Reagan. Un livre inégal mais porté par une traduction remarquable.
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“Un exercice de haut vol”, un article de Patrick Sultan
PIERRE BAYARD
LE PLAGIAT PAR ANTICIPATION
Minuit éd., 160 p., 15 €
Avec élégance, il détecte le point faible des notions les mieux verrouillées, jette des déf is toujours plus audacieux au sens commun, les relève au pas de charge, passe par où on ne l’attend pas, s’extrait de justesse des situations inextricables où il s’est enferré à dessein et son butin profite à tous les amateurs de livres. Pierre Bayard est l’Arsène Lupin de la théorie littéraire et le paradoxe est sa pince-monseigneur. Qu’il s’interroge sur la manière d’améliorer les œuvres ratées, d’appliquer la littérature à la psychanalyse ou de parler des livres qu’on n’a pas lus, on retient son souffle à l’annonce de ses nouveaux exploits. Jusqu’où ira-t-il ?
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“Un esprit curieux, inventif généreux de son savoir”, un article de Pierre Pachet
MARC FUMAROLIPARIS-NEW YORK ET RETOUR
Voyage dans les arts et les images
Journal 2007-2008
Fayard éd., 638 p., 26 €
C’est pour une part l’irritation ressentie par le visiteur cultivé et sensible devant des expositions récentes et confuses dans leur propos, comme « Traces du sacré » à Beaubourg, ou plus que déroutantes, comme le « lancement » de Jan Fabre à Avignon et au Louvre, ou l’intronisation de Jeff Koons et des rayures de Buren à Versailles, et d’autres voyantes aberrations comme la délocalisation de la Bibliothèque nationale dans un bâtiment peu accueillant, ou le pot de fleurs géant, officialisé et vide qui se dresse devant les locaux de La Quinzaine, qui anime Marc Fumaroli dans ce gros livre.
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“Le bestiaire d’André Masson”, un article de Georges Raillard
LE BESTIAIRE
D’ANDRÉ MASSON
Musée de la Poste 6 avril – 5 septembre 2009
Catalogue de 102 p. ill. sous la dir. de Josette Rasle
Musée de la Poste
Beaux-Arts de Paris éd., 20 €
Les expositions du Musée de la Poste sont remarquables par leurs choix. Chaissac récemment. À présent le Bestiaire d’André Masson. Dessins, peintures, aquarelles, gravures, livres, plus de 150 pièces sont réunies. Un ensemble qui, pour la première fois, illustre ce thème central de l’art et de l’univers de Masson.
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“L’héritage théologique des démocraties”, un article de Lucie Campos
GIORGIO AGAMBEN
LE RÈGNE ET LA GLOIRE
Il Regno e la Gloria
Pour une généalogie théologique de l’économie et du gouvernement
Homo Sacer II, 2
trad. de l’italien par Joël Gayraud et Martin RueffA
Seuil éd., 443 p., 26 €
Pourquoi le pouvoir, en Occident, a-t-il pris la forme d’une oikonomia ? Selon Giorgio Agamben, la vocation économique et gestionnaire des démocraties contemporaines ne serait ni un « incident de parcours » de notre époque, ni une invention de la modernité, mais une partie intégrante de l’héritage théologique dont ces démocraties sont les dépositaires.
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“Élisabeth Ire, l’insularité au féminin”, un article de Dominique Goy-Blanquet
BERNARD COTTRETLA ROYAUTÉ AU FÉMININ :
ÉLISABETH Ire D’ANGLETERRE
Fayard éd., 722 p., 29 €
Les Tudors sont à la mode depuis des années outre-Manche où grâce à la télévision et au cinéma leurs aventures sentimentales, politiques, diplomatiques, religieuses sont devenues bankable, entraînant dans leur sillage toute une série de livres adressés au grand public : histoires romancées, biographies dramatisantes, fresques hollywoodiennes, fictions ont désormais leurs rayons réservés comme un genre à part entière dans les librairies britanniques. Même en France où elle a toujours exercé une fascination ambiguë, on ne compte plus les ouvrages parus sur Élisabeth et sa rivale tragique Marie Stuart.
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“Face à la technoscience”, un article de Jean-Paul Deléage
BERNADETTE BENSAUDE-VINCENTLES VERTIGES DE LA TECHNOSCIENCE
Façonner le monde atome par atome
La Découverte éd., 224 p., 17 €
Façonner le monde atome par atome, tel est le vertigineux programme lancé par la National NanoInitiative aux États-Unis en décembre 1999. Cette formule hyperbolique vise à capter des moyens financiers pour les laboratoires en panne de questionnement scientifique. Pour la science, il ne s’agit plus « de lever un coin du grand voile » selon la formule d’Einstein, mais de lever des fonds pour financer d’improbables recherches destinées à reconfigurer notre monde, par un renversement monstrueux des f ins et des moyens de la quête scientifique.
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“Pourquoi le ciel est bleu ?”, un article de Jean-Michel Kantor
Les ours blancs ont-ils le blues ?Et 100 autres questions savantes
et intrigantes
Seuil éd., 177 p., 14 €
Pourquoi les aliments cuits n’ont-ils pas le même goût froid que chaud ? Les insectes peuvent-ils être obèses ? Pourquoi les manchots n’ont-ils pas froid aux pieds ?
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“Épures”, un article de Monique Le Roux
WITTGENSTEIN INCORPORATED
Mise en scène de Jan Ritsema
Théâtre de la Cité internationale jusqu’au 30 mai
LARS NORÉN
PUR
Mise en scène de Lars Norén Théâtre du Vieux-Colombier jusqu’au 17 mai
« Il n’y a rien de plus beau qu’un acteur dans un espace vide. Et c’est ce que je cherche : un être humain nu dans une situation essentielle. Écrire sur l’essence des choses. Ce sont de grandes questions, la vie, la mort, les souvenirs, le temps ». Paradoxalement le commentaire de Lars Norén à propos de sa pièce Pur et de sa propre mise scène au Vieux-Colombier entre en résonance avec Wittgenstein incor porated de Peter Verburgt par Jan Ritsema, actuellement présenté au Théâtre de la Cité internationale.
Hommage à Mandiargues
mai 8, 2009“Des lys pour Mandiargues”, un article de Hugo Pradelle
ANDRÉ PIEYRE DE MANDIARGUES
RÉCITS ÉROTIQUES ET FANTASTIQUES
coll. « Quarto » Gallimard éd., 952 p., 27 €
ANDRÉ PIEYRE DE MANDIARGUES : PAGES MEXICAINES
sous la dir. d’A.-P. Mallard et S. Pieyre de Mandiargues
Gallimard éd., 136 p., 35 €
À l’occasion du centenaire de la naissance d’André Pieyre de Mandiargues (1909-1991) paraît une anthologie de certains de ses textes. Parallèlement, une exposition sur son voyage au Mexique de 1958 se tient à la Maison de l’Amérique latine. Voici l’occasion de remettre un écrivain sensible et virtuose en lumière, de saisir une personnalité exceptionnelle.
Extrait de l’article : “L’œuvre de Mandiargues est un immense nimbe, un large champ offert aux sens, à l’imagination débridée et à l’inconscient le plus sombrement enfoui. C’est une œuvre, cérébrale et sensuelle, constituée principalement, comme le souligne Gérard Macé, de récits brefs, souvent insaisissables, « qu’il voulait d’une perfection minérale et d’une concision lapidaire ». Mandiargues est l’écrivain de la per turbation, de l’angoisse mâtinée par la sophistication, du désir et de son explosion, d’un fantastique singulièrement perturbant et de la trépidation sexuelle. D’une cohérence magistrale, inf iniment déclinée, il a su extraire des livres exceptionnels, joyaux ravis à la langue comme les diamants à la terre. Ses récits en ont l’éclat et la rareté. Le plaisir de les lire, d’en déchiffrer les énigmes, de frissonner d’envie ou de dégoût en en découvrant les arcanes obsessionnels, semble inépuisable….” Retrouvez la suite de l’article dans La Quinzaine N°991.

Publié par capucinebordet
YANNICK HAENEL
NOËLLE REVAZ
VINCENT MESSAGE
PIERRE SILVAIN
ALICE MUNRO
MELANIA G. MAZZUCCO
COLUM MCCANN
HUANG KUO-CHUN
DAVE EGGERS
JEAN PÉROL
JEAN-CLARENCE LAMBERT
EXPOSITIONS
OSSIP MANDELSTAM
JOSEPH ROTH
LOUIS SÉBASTIEN MERCIER
CATHERINE SIMON
JEAN-JACQUES AYME
DOMINIQUE KALIFA
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PATRICE GAUTHIER
ISRAËL JOSHUA SINGER
CHAD TAYLOR
JACQUES RÉDA
MAHMOUD DARWICH
RADCLYFFE HALL
ANTONIO SAURA PAR LUI-MÊME
LÉON CHESTOV
MARCEL BATAILLON
FRANÇOIS OST
JEAN-JACQUES MARIE
FRANÇAIS EN RÉSISTANCE
DANIEL CORDIER
ROGER-HENRI GUERRAND
En alternance salle Richelieu
MARTA MORAZZONI
ANTONIO TABUCCHI
MAURIZIO MAGGIANI
ELENA FERRANTE
EUGEN URICARU
MICHÈLE LESBRE
SEUMAS O’KELLY
MICHEL DINTRICH
OMBRE DE LA MÉMOIRE
JEAN-LOUIS CHRÉTIEN
ANDRÉ SALMON
CORNELIUS CASTORIADIS
ERNST BLOCH
FRANCIS DERON
EMMANUEL DIDIER
MICHEL VINAVER
ALAIN FERRY
CLAUDINE HELFT
UN DIVORCE D’AMOUR
La Différence éd., 126 p., 14 €
GYÖRGY DRAGOMÁN
LE ROI BLANC
Gallimard éd., 296 p., 23,50
STANISLAS RODANSKI
REQUIEM FOR ME
Édition des Cendres (8, rue des Cendres, Paris 20e)
144 p., 18 €
WILLIAM MARX
VIE DU LETTRÉ
Minuit éd., 240 p., 18 €
GOETHE
FAUST
Urfaust, Faust I, Faust II
Édition établie par Jean Lacoste et Jacques Le Rider
Bartillat éd., 800 p., 25 €
JOSEPH CONRAD
LE NAUFRAGE DU TITANIC ET AUTRES RÉCITS SUR LA MER
trad. de l’anglais par Christophe Jaquet
Arléa éd., 148 p., 16 €
ALEXANDER CALDER : LES ANNÉES PARISIENNES (1926-1937)
PAUL BOGHOSSIAN
Guelma, 1945, une subversion française dans l’Algérie coloniale (la Découverte)
MONA OZOUF
COMPOSITION FRANÇAISE
Retour sur une enfance bretonne
Gallimard éd., 260 p., 17,50 €
JULIEN DAMON
QUESTIONS SOCIALES : ANALYSES ANGLO-SAXONNES.
Socialement incorrect ?
PUF éd., 240 p., 22 €
THIERRY MARTIN-SCHERRER