“Les fruits passeront les promesses des fleurs”, un article de Jean-Jacques Marie
JEAN JAURÈSOEUVRES, TOME 1
Les années de jeunesse (1859-1889)
édition établie par Madeleine Rebérioux et Gilles Candar
Fayard, 660 p., 32 €
Un petit homme d’affaires français a dit un jour « Si l’on n’est pas gauchiste à vingt ans c’est que l’on n’a pas de coeur, si on l’est à quarante c’est qu’on n’a pas de tête ». Au vrai nombre d’intellectuels qui veulent changer le monde à vingt ans s’y trouvent fort bien à quarante et le défendent becs et ongles à quarante-cinq. La glissade s’effectue lentement ou précipitamment, mais toujours sûrement.
“Manganelli en Afrique”, un article de Monique Bacceli
GIORGIO MANGANELLIVOYAGE EN AFRIQUE
trad. par Dominique Férault
Le Promeneur, 72 p., 13,90 €
Rendu célèbre, non sans raisons, par son essai, La Littérature comme mensonge, apprécié par un lectorat exigeant pour ses romans/ traités tels que “Centurie” ou “Aux dieux ultérieurs”, Giorgio Manganelli (1922-1990) est moins connu comme auteur de récits de voyages.
“Sans escales”, un article de Marie Tournier-Cardinal
CATHERINE MAVRIKAKISLE CIEL DE BAY CITY
Sabine Wespieser, 294 p., 21 €
Motif du livre de Catherine Mavrikakis, au sens où Matisse l’entend – à la fois forme et fond, le ciel de Bay City, bourgade perdue dans l’État du Michigan, est, matière glaise dans les mains de son auteur, tour à tour, toile abstraite où poser son regard, champ d’aviation et de résurrection, et prénom de l’enfant à naître. Violet toujours. Mauve parfois. Y sue le noir de l’univers. Y flottent les poussières des assassinés de la Shoah.
“L’univers de Juan José Saer”, un article de Jacques Fressard
JUAN JOSÉ SAERLE TOUR COMPLET
La vuelta completa
trad. de l’espagnol (Argentine) par Philippe Bataillon
Le Seuil, 330 p., 22,50 €
Voici enfin traduit en français le tout premier roman de Juan José Saer, et c’est un événement pour tous ceux qui chez nous ont été conquis par son oeuvre extrêmement cohérente, tout à fait singulière dans le panorama de la littérature latino-américaine moderne.
“L’innocence”, un article de Hugo Pradelle
JAYNE ANNE PHILLIPSLARK ET TERMITE
Lark and Termite
trad. de l’anglais (États-Unis) par Marc Amfreville
Christian Bourgois, 432 p., 26 €
Un roman lumineux sur les secrets et les liens familiaux, mais aussi une réflexion profonde sur l’innocence et sur la figure de l’idiot. Une entreprise formelle profondément intelligente.
“Une partie de solitaire”, un article de Liliane Kerjan
MARILYNNE ROBINSONCHEZ NOUS
Home
trad. de l’anglais (États-Unis) par Simon Baril
Actes Sud, 446 p., 23 €
Voici un livre rare, longuement mûri, superbement écrit, qui prolonge le précédent roman “Gilead” (2004) et la fable du fils prodigue en forme de gueule de bois, un livre d’émotions fortes et de quête spirituelle où Marilynne Robinson rejoint les grands romanciers anglais du XVIIIe siècle par sa maîtrise de l’ambiguïté incandescente qui règne au refuge de la maison familiale, la maison d’un pasteur presbytérien.
“Joris-Karl Huysmans sans tabou”, un article Daniel Grojnowski
JEAN-MARIE SEILLANJ.-K. HUYSMANS, POLITIQUE ET RELIGION
Garnier, 440 p., 68 €
J.-K. HUYSMANS
LES MYSTÈRES DE PARIS
édition présentée par Philippe Barascud
Manucius, 130 p., 10 €
J.-K. HUYSMANS – CÉCILE BRUYÈRE
CORRESPONDANCE 1896-1903
édition établie par Philippe Barascud
Éd. du Sandre, 170 p., 19 €
J.-K. Huysmans et les genres littéraires
La Licorne, n° 90, 450 p., 20,90 €
Aux côtés d’Octave Mirbeau (« celui qui supplicie ») ou d’Édouard Drumont (« celui qui ne parle pas librement »), Alfred Jarry avait inscrit dans “l’Almanach du Père Ubu” (1899) : « Huysmans : celui qui digère par la trappe ». Tel apparaissait le converti, tout au long de ses deux dernières décennies. Naguère encore, peu de temps après qu’on eut célébré le centenaire de sa disparition, la Société de ses Amis les invitait à une Assemblée générale à laquelle participaient les moniales de Sainte-Cécile, rendezvous étant fixé devant l’abbaye Saint-Pierre, avec un alléchant programme de vêpres, de restauration et de lectures édifiantes (16 mai 2009, journée d’études de Solesmes).
Ingeborg Bachmann : « aujourd’hui encore un grand nombre d’êtres humains ne meurent pas mais sont assassinés », un article de Laurent Margantin
INGEBORG BACHMANNOEUVRES
trad. de l’allemand
Actes Sud, coll. « Thesaurus », 746 p., 29,80 €
Le présent volume rassemble les oeuvres en prose d’Ingeborg Bachmann, excepté le récit Malina, publié il y a quelques années chez un autre éditeur dans une traduction de Philippe Jaccottet.
p
“La vision primitive de Lam”, un article de Georges Raillard
LAMTexte de Jacques Leenhardt
richement illustré
HC Édition, 320 p., 50 €
Breton, dans le sillage d’une déesse guinéenne du musée de l’Homme, exalte « l’oeil moderne embrassant peu à peu la diversité sans fin des objets d’origine dite “sauvage” et leur somptueux déploiement sur le plan lyrique prit conscience des ressources incomparables de la vision primitive et s’éprit (jusqu’à vouloir par impossible la faire sienne) de cette vision ».
“Un inédit d’Ernest Renan”, un article de Jean-Claude Chevalier
ERNEST RENANHISTOIRE DE L’ÉTUDE DE LA LANGUE GRECQUE DANS L’OCCIDENT DE L’EUROPE DEPUIS LA FIN DU Ve SIÈCLE
JUSQU’À CELLE DU XIVe
Texte introduit et édité par Perrine Simon-Nahum, textes latins et grecs revus et traduits par Jean-Christophe de Nadaï
Cerf, coll. « Patrimoines-Histoire des religions »,
790 p., 69 €
La publication de ce manuscrit inédit est étonnante : par la taille – cinq gros cahiers ! –, par la dramaturgie de la mise en scène (les aventures de l’exercice du grec depuis l’Antiquité), par la richesse de l’érudition, par l’ambition du projet ; mais surtout par le nom de l’auteur : Ernest Renan, alors âgé de vingt-cinq ans. L’ouvrage avait été couronné par l’Institut en 1848, conservé dans les archives et – surprise ! – jamais publié.
“Hobbes et ses conceptions de la liberté”, un article de Christophe Miqueu
QUENTIN SKINNERHOBBES ET LA CONCEPTION RÉPUBLICAINE DE LA LIBERTÉ
Albin Michel, 239 p., 25 €
Quentin Skinner est probablement le plus important des historiens des idées politiques actuellement vivant, et pourtant, son audience en France ne dépasse guère le champ de quelques spécialistes de philosophie, histoire et sciences politiques. Son dernier ouvrage traduit en français pourrait probablement amener les lecteurs francophones à apprendre un peu plus à connaître celui qui a remis l’historique tradition républicaine au goût du jour.
“Toutes sortes de chambres”, un article de Anne-Marie Sohn
MICHELLE PERROTHISTOIRE DE CHAMBRES
Le Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siècle »,
445 p., 22 €
Cet ouvrage est inattendu au regard des travaux antérieurs de Michelle Perrot. À cheval entre essai et histoire, il doit beaucoup à la sensibilité de l’auteur. « Mes expériences de chambre irriguent ce récit », écritelle d’emblée : souvenirs de sieste et de maladie, plaisir de la chambre d’hôtel, ou « trouble ressenti à l’entrée dans la chambre avec l’être aimé ».
“Une saga dramatique”, un article de Jean-Jacques Marie
OWEN MATTHEWSLES ENFANTS DE STALINE
trad. de l’anglais par Karine Reignier
Belfond, 400 p., 22 €
“Les Enfants de Staline” semble relever au premier regard de la saga familiale traditionnelle : il s’ouvre sur la biographie politique d’un militant puis cadre communiste soviétique Boris Bibikov qui porte sur ses épaules la construction à rythme forcé d’une usine de tracteurs à Kharkov au début de la collectivisation. Owen Matthews évoque avec beaucoup de pittoresque l’activisme débridé de ce Bibikov pour convaincre les ouvriers frais émoulus de la campagne de construire cette usine quasiment à mains nues. On peut certes s’étonner quand on lit « Les ouvriers alignaient chaque soir leurs godasses d’étoupe au pied des baraques pour les faire sécher au soleil » (p. 47). Le soir ? Or même Staline n’arrivait pas à faire briller le soleil pendant la nuit, mais sans doute Owen Matthews se laisse-t-il là gagner par l’enthousiasme de son grand-père.
“À Vienne, le diable vous emporte tardivement, car la mort le devance”, un article de Jean-Luc Tiesset
GÜNTER BRUSVIENNE ET MOI
Das gute alte Wien
trad. de l’allemand par Jacques Lajarrige, avec des illustrations de l’auteur
Éd. Absalon, 188 p., 18,50 €
Il y a des peintres qui écrivent, ou des écrivains qui peignent. La musique, parfois, accompagne cette joyeuse réunion de muses sous un même crâne, dans un même cœur, dans une même main. L’Autrichien Günter Brus, comme d’autres, est victime du préjugé qui n’admet pas que plusieurs fées aient déposé leurs dons dans le même berceau…
“Fin d’automne avec le tg STAN”, un article de Monique Le Roux
ARTHUR SCHNITZLERLE CHEMIN SOLITAIRE
Spectacle de la compagnie tg STAN, Théâtre de la Bastille, jusqu’au 17 décembre
IMPROMPTU XL
Spectacle de la compagnie tg STAN, Théâtre de la Bastille, le 19 décembre de midi à minuit
Avec Le Chemin solitaire, spectacle de la compagnie tg STAN présenté au Théâtre de la Bastille, s’achève le Festival d’Automne à Paris. Par une sorte d’ironie tragique ou de hasard objectif, la belle et sombre pièce d’Arthur Schnitzler entre en résonance avec la f in de cette manifestation marquée, moins d’un mois après son ouverture, par la mort subite de son directeur Alain Crombecque.
Publié par capucinebordet
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FRANÇOISE SAGAN
RICHARD BAUSCH
A. M. HOMES
SHMUEL T. MEYER
LES VILLES N’ONT PAS DE TOIT
Gallimard, 222 p., 18
JEAN ROUNAULT
TAMAR BERGER
ROBERTO BOLAÑO et A. G. PORTA
100 000 ANS DE BEAUTÉ
MICHEL PASTOUREAU
PAUL LOUIS ROSSI
“Une école entièrement nouvelle”, un article de Jean-Claude Chevalier
JACQUES RANCIÈRE
REPORTERS SANS FRONTIÈRES
SÉBASTIEN DENIS
OCTAVE MIRBEAU
LES AFFAIRES SONT LES AFFAIRES
Mise en scène de Marc Paquien
Théâtre du Vieux-Colombier jusqu’au 3 janvier 2010
STANISLAS DEHAENE
GUY CABANEL
MA’ARRI
