Entretien avec Carlos Fuentes -”Terra Nostra” ? Une méditation sur le pouvoir

Terra Nostra” ? Une méditation sur le pouvoir. (entretien avec Carlos Fuentes paru dans la QL n°309 du 16 septembre 1979)

De Carlos Fuentes, dont cinq romans, un recueil de nouvelles et deux pièces de théâtre ont déjà paru en français, Gallimard publie un roman de 1 200 pages depuis longtemps attendu : Terra Nostra (traduit par Céline Zins).

Ce roman-gigogne, qui commence et se termine à Paris, brasse le mythe du Nouveau Monde espagnol’dans ses rapports avec le vieux continent et les fantômes du passé : Charles Quint, Philippe II, Charles II dit “l’Ensorcelé”, figures diverses d’un personnage unique : le monarque éternel de toutes les Espagnes, siégeant en un seul lieu : l’Escurial..

L’ouvrage abolit toute chronologie et se déroule en spirales où tout est signe et symbole, mais où la réalité et l’Histoire ont leur part. Il peut être considéré comme une œuvre maîtresse de ce “baroque” latino-américain qui compte déjà d’éminent représentants : Cortazar, Carpentier, Garcia Marquez, Mario Vargas-Llosa.

Notre collaborateur Manuel Osorio s’est entretenu de Terra Nostra avec Carlos Fuentes. D’autre part. Milan Kundera a réservé à la Quinzaine littéraire une étude sur Terra Nostra. Nous la publierons dans un de nos prochains numéros.

Propos recueillis par Manuel Osorio

Carlos Fuentes naît au Mexique en 1928. Son père, diplomate, emmène sa famille de chancellerie en chancellerie, et Carlos Fuentes fréquente les écoles et les lycées de New York, Mexico, Montevideo, Buenos Aires, Santiago du Chili et Rio de Janeiro. Il fait ses études universitaires à Mexico et à Genève.. Très tôt il écrit.

Carlos Fuentes. — Le fait est qu’à sept ans j’écrivais un journal pour moi — pas un journal intime — un quotidien si vous voulez, au crayon, avec des dessins que je faisais moi-môme, etc. La première fois que j’ai publié, j’avais douze ou treize ans, c’était des nouvelles qui parurent au Chili, dans le “Bulletin de l’Institut national”, fondé par Victor Lastarria…

Depuis, bien d’autres sont venus… La Région la plus transparente, la Mort d’Artemio Cruz, Changement de peau qui obtint le prix Biblioteca Brève, pour ne citer que les plus connus, et aujourd’hui traduit en français Terra Nostra.  Ce dernier roman a valu à son auteur le prix qui fait “très bonne renommée et ceinture dorée” en Amérique latine, le “Romulo Gaillego” du Venezuela. Lire la suite

D’une Quinzaine à l’autre – du 1er au 15 mai 2012

LITTÉRATURE

… Le jeudi 3 mai à 20 h, la librairie Le Comptoir des mots organise une rencontre avec Alain Veinstein, en compagnie de Pascal Quignard, Amaury Da Cunha et François Lespiau, à propos de la parution de Scène tournante aux éditions du Seuil et du dossier qui lui est consacré dans la revue CCP n° 23. Le Comptoir des mots, 239, rue des Pyrénées, 75020 Paris. Tél. : 01.47.97.65.40.

… Du jeudi 3 mai au mercredi 13 juin, l’EHESS organise un cycle de rencontres intitulé : « Vies parallèles, œuvres croisées. De la recherche à la fiction ». Ce cycle débutera le jeudi 3 mai à 19 h en compagnie de Chantal Thomas qui dialoguera avec Philippe Roger et se poursuivra avec Dominique Manotti, alias Marie-Noëlle Thibault (le lundi 21 mai), et Fred Vargas, alias Frédérique Audoin-Rouzeau (le mercredi 13 juin). Fondation France-Japon de l’EHESS, 105, bd Raspail, 75006 Paris. Tél. : 01.53.63.51.99.

… Le vendredi 4 mai à 18 h, Éric Holder sera l’invité d’une rencontre-lecture à la librairie Lucioles pour clore sa résidence d’auteur à La Verdine. Librairie Luciole, 13 pl. CharlesdeGaulle, 38200 Vienne. Tél. : 04.74.85.53.08.

… Le samedi 5 mai, le musée du Louvre organise une journée « Lire le musée » intitulée « JeanPhilippe Toussaint ou la vérité sur une exposition ». Animée par Arnaud Laporte accompagné de JeanPhilippe Toussaint, cette journée se déroulera en compagnie d’Olivier Rolin, Pierre Bayard, Philippe Djian, Jean Echenoz, Pascal Torres et Ange Leccia et sera l’occasion d’interroger ces écrivains à propos de quelques images issues des murs du musée. Musée du Louvre, Auditorium, 75001 Paris. Tél. : 01.40.20.53.17. Lire la suite

Il y a quarante-cinq ans dans La Quinzaine – n°25 du 1er au 15 avril 1967

Il y a quarante cinq ans, le 1er avril 1967, paraissait le n°25 de la Quinzaine littéraire. Voici ce numéro en intégralité dans lequel vous retrouverez, entres autres, un entretien avec Agnon ainsi que les recensions des ouvrages de Claude Simon, Histoire ; par Ludovic Janvier ; Marguerite Duras, L’Amante anglaise par Madeleine Chapsal ; ainsi qu’un entretien avec Gilles Deleuze et un important dossier sur le Vietnam.…

Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante cinq ans.

Retrouvez tous les numéros anniversaires en cliquant sur ce lien

LE LIVRE DE LA QUINZAINE : Claude Simon, Histoire ; par Ludovic Janvier

ROMANS FRANÇAIS : Marguerite Duras, L’Amante anglaise par Madeleine Chapsal ; André Couteaux, L’Enfant à femmes par A. C. ; Léon Aréga, Le Débarras par Maurice Chavardès ; Jacques-Pierre Amette, Elisabeth Skerla par Guy Rohou ; Michel Doury, Un matin froid par Henri Guigonnat ; Lire la suite

Entretien avec Maryline Desbiolles

ROMANS, RÉCITS

Entretien (paru dans la QL n°1057 du 15 mars 2012)

Conversations en bord de route

« Au début, on était au bord. » Cette phrase revient comme un leitmotiv dans le nouveau récit de Maryline Desbiolles, Dans la route. L’écrivain s’attache à un petit bout de territoire, Fontaine-de-Jarrier, non loin de Nice. Elle vit là depuis vingt ans ; on réaménage un rondpoint. Alors elle enquête. D’abord sur les accidents et les morts qui ont jalonné cette partie de la route qui mène à Turin. Morts de ce siècle, morts du passé, quand la Révolution ou des brigands de carnaval passaient là. Elle enquête aussi sur les vivants, comme le vieux Sasso, La Thomas, Gaby l’esthéticienne flouée ou la superbe Reine qui tient une pizzeria à deux pas de là. C’est donc l’histoire d’une géographie, sur laquelle nous avons voulu questionner l’auteur. 

MARYLINE DESBIOLLES, DANS LA ROUTE, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 140 p., 16,50 euros

La Quinzaine littéraire – D’abord, « Dans la route » et non « Sur la route ». Le titre a déjà été pris il est vrai, mais pouvez-vous en dire plus ? 

Maryline Desbiolles – Ce livre aurait pu s’appeler Cent cinquante mètres de route car une de ces particularités est l’exploration d’une toute petite portion de route, à côté de chez moi en effet. Mais « dans » indique qu’il ne s’agit pas d’une narration de haut, pas d’une narration qui sait comment tout cela va finir. Le « Je », l’écriture de Dans la route, sont pris dans la même pâte que celle des personnages. « Je » est avec les personnages, avec l’histoire de la route, avec ce qui continue de s’y jouer. Il faut admettre que ce livre est un surplace, mais un surplace aventureux, et que cette route ne mène pas mais confond.  Lire la suite

Il y a quarante-cinq ans dans La Quinzaine – n°23 du 1er au 15 mars 1967

Il y a quarante cinq ans, le 1er mars 1967, paraissait le n°23 de la Quinzaine littéraire. Voici ce numéro en intégralité dans lequel vous retrouverez, entres autres, un entretien avec Agnon ainsi que les recensions des ouvrages de F. Scott Fitzgerald, Les Enfants du jazz par Jean Wagner ; Thomas. Pynchon, V. par Serge Fauchereau ; Man Ray-Sade par Pierre Bourgeade ainsi que sur de nombreux ouvrages politiques …

Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante cinq ans.

Retrouvez tous les numéros anniversaires en cliquant sur ce lien

LE  LIVRE DE LA QUINZAINE : Elio Vittorini, Les Femmes de Messine par Maurice Nadeau ;

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE : F. Scott Fitzgerald, Les Enfants du jazz par Jean Wagner ; Thomas. Pynchon, V. par Serge Fauchereau ; Slawomir Mrozek, Théâtre par Victor Fay ; Karl Mickinn, C’est à Hambourg … par Guy Rohou ; Lire la suite

La Quinzaine littéraire n°1056 – du 1er au 15 mars 2012

LA QUINZAINE LITTÉRAIRE

n°1056 – du 1er au 15 mars 2012 (acheter le PDF)

Une somme sur Maus, un article de NORBERT CZARNY

ART SPIEGELMAN, METAMAUS Un nouveau regard sur Maus, un classique des temps modernes, trad. de l’anglais par Nicolas Richard Flammarion, 302 p., 30 €

En 1992, les deux tomes de Maus (1) recevaient le prix Pulitzer, la plus haute distinction que puisse recevoir un livre aux États-Unis. Ainsi était consacrée l’œuvre à laquelle Art Spiegelman a longtemps travaillé. Il y revient aujourd’hui avec Metamaus, réflexion qu’il souhaite définitive sur cette bande dessinée exceptionnelle.

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Il y a quarante-cinq ans dans La Quinzaine – n°22 du 15 au 29 février 1967

Il y a quarante cinq ans, le 15 février 1967, paraissait le n°22 de la Quinzaine littéraire. Voici ce numéro en intégralité dans lequel vous retrouverez, entres autres, un entretien avec Agnon ainsi que les recensions des ouvrages de Simone et André Schwarz-Bart, Un plat de porc aux bananes vertes ; Hector Bianciotti, Les Déserts dorés par Claude-Michel Cluny ; C.-G. Jung, Ma vie par André Akoun ; François Truffaut, Le cinéma selon Hitchcock par Claude Pennec …

Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante cinq ans.

Retrouvez tous les numéros anniversaires en cliquant sur ce lien

LE LIVRE DE LA QUINZAINE : Le petit Livre rouge (citations du Président Mao) par Roger Parret ;

ROMANS FRANÇAIS : Simone et André Schwarz-Bart, Un plat de porc aux bananes vertes par Maurice Nadeau ; Roger Bordier, Un âge d’or par Maurice Chavardès ; Lire la suite

Gary Shteyngart, “Super triste histoire d’amour”

EN PREMIER

Drôletristesuperhistoire, un article de STEVEN SAMPSON

Dans l’univers dystopique de cet écrivain américain d’origine soviétique, toutes les frontières s’effacent, y compris celles qui devraient figurer entre les signes linguistiques. 

GARY SHTEYNGART, SUPER TRISTE HISTOIRE D’AMOUR, trad. de l’anglais (ÉtatsUnis) par Stéphane Roques L’Olivier, 416 p., 23 €

Si Gary Shteyngart a quitté Leningrad avec ses parents en 1979, à l’âge de 7 ans, pour émigrer aux ÉtatsUnis, ce n’était pas pour oublier Lénine, dont il gardera en tête l’image de la grande statue qui surplombait le square voisin de l’appartement familial. Devenu plus tard auteur américain, il continue à décrire les dictateurs utopiques – ou dystopiques ? – comme celui de son troisième et dernier roman d’anticipation, Super triste histoire d’amour. Lors de ce nouvel avatar, un ministre de la Défense américain, nommé Rubinstein, évoque ses homologues, Caspar Weinberger et Donald Rumsfeld, mais surtout un personnage fictif, l’ennemi de Big Brother, Goldstein.

En bon nostalgique de l’Union soviétique, Shteyngart adapte Orwell à ses propres besoins, prenant ce qu’il y a de mieux dans 1984 : l’encadrement d’une histoire sentimentale dans un régime totalitaire. Faire l’amour sous le regard sévère de Big Brother est tellement plus titillant !  Lire la suite

Entretien avec Gary Shteyngart

EN PREMIER

Le Nostradamus du mois prochain

Entretien avec Gary Shteyngart (1) 

La Quinzaine littéraire – Mon appareil enregistreur posé sur la table me fait penser à l’äppärät, l’objet omniprésent dans Super triste histoire d’amour. Qui vous a inspiré le choix de ce nom ? 

Gary Shteyngart – Äppärät vient d’apparatchik, un mot russe.

QL – À quoi pensiez-vous lors de la rédaction de ce livre ? 

G. S. – J’anticipais l’effondrement des ÉtatsUnis. On était en 2006, avant que les choses s’écroulent vraiment. La première version du livre était douce, il n’y avait que l’industrie automobile et quelques banques qui faisaient faillite. Mais, en 2008, tout ça s’est réellement passé, donc ce roman est devenu une « cible mouvante ».

QL – En France, votre livre, à l’instar de 1984, ne serait pas considéré comme une œuvre de science-fiction mais plutôt comme un « roman d’anticipation ». Connaissez-vous le terme équivalent en anglais ? 

G. S. – « Speculative fiction ». Spéculer sur l’avenir.

QL – On pourrait presque dire que le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes Russes appartient aussi à ce genre.Tandis qu’avec Absurdistan, votre deuxième roman, il n’y a guère de doute. Quelles sont les raisons de ce choix ?

G. S. – Pour le deuxième roman, je suis allé à Bakou afin de me renseigner sur l’implication de Halliburton [la société qu’avait dirigée Dick Cheney avant de devenir vice-président sous George W. Bush] dans la région. Pendant la rédaction, tout cela devenait de plus en plus pertinent. Avec mon nouveau livre, beaucoup de choses se sont DÉJÀ passées. Je suis devenu le Nostradamus du mois prochain. C’est le problème essentiel du romancier de notre époque : tu ne peux décrire la situation contemporaine, parce qu’il n’y a plus de « situation ». Demain c’est autre chose. Il n’y a plus de présent. Nous vivons tous dans le futur. Pour l’écrivain, c’est un casse-tête. Lorsque Tolstoï écrivait Guerre et Paix, il n’avait pas à se soucier de la dernière image d’enfer qui arrivait, ni du iPhone 5GSR, ni de MySpace. Aujourd’hui, le romancier doit choisir entre écrire un roman historique ou tirer sur une cible mouvante.  Lire la suite

La Quinzaine Littéraire n°1055 du 15 au 29 février 2012

EN PREMIER

Le Nostradamus du mois prochain

Entretien avec Gary Shteyngart (1), propos recueillis par Steven Sampson.

Drôletristesuperhistoire, un article dSTEVEN SAMPSON

GARY SHTEYNGART, SUPER TRISTE HISTOIRE D’AMOUR, trad. de l’anglais (ÉtatsUnis) par Stéphane Roques L’Olivier, 416 p., 23 €

Dans l’univers dystopique de cet écrivain américain d’origine soviétique, toutes les frontières s’effacent, y compris celles qui devraient figurer entre les signes linguistiques.

ROMANS, RÉCITS

Un roman barbare et envoûtant, un article de HUGO PRADELLE

LUTZ BASSMANN, DANSE AVEC NATHAN GOLSHEM Les intellectuels dans la machine de guerre SS, Verdier, coll. « Chaoïd », 192 p., 16 €

Un roman bref et envoûtant qui rassemble les enjeux du grand projet postexotique, faisant comme trembler des voix face au chaos d’un monde inhumain, et célèbre la grandeur complexe et ironique de la résistance.

Lire la suite

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