“Penseur en captivité”, un article de Marc Lebiez
EMMANUEL LEVINASCARNETS DE CAPTIVITÉ
suivi d’ÉCRITS SUR LA CAPTIVITÉ
et NOTES PHILOSOPHIQUES DIVERSES
Grasset/Imec, 500 p., 25 €
Levinas aura été, après Sartre puis Althusser, le philosophe français le plus influent sur son époque. De l’expérience de la guerre et de la captivité dans un camp de prisonniers militaires, leurs oeuvres publiées ne disaient à peu près rien. On découvre après leur mort comment ces années auront marqué leur formation intellectuelle.
“Mo Yan et ses animaux tristes”, un article de Maurice Mourier
MO YANLA DURE LOI DU KARMA
trad. du chinois par Chantal Chen-Andro
Seuil, 761 p., 26 €
Soit une croyance d’origine ancienne et populaire, celle en la métempsycose, qu’on retrouve, sous une forme élaborée dans des systèmes philosophiques (hindouisme, bouddhisme), plus tard répandus en extrême Asie, notamment en Chine. Elle impose à la plupart des vivants l’obligation, pour leur âme immortelle, de s’incarner en des corps successifs, humain, animal ou végétal, autant de fois qu’il le faut jusqu’à l’hypothétique délivrance ultime qui clôt enfin le cycle épuisant des réincarnations.
“Un besoin de réconfort”, un article d’Agnès Vaquin
PIERRE PÉJULA DIAGONALE DU VIDE
Gallimard, 282 p., 18,50 €
La Diagonale du vide, un titre intéressant. L’expression appartiendrait au langage des géographes : « Après chacune de ses absences, il souhaitait revoir la France en traversant tout le pays en diagonale, du sud-ouest au nord-est. » Le projet auquel il est fait allusion consiste en une marche à pied et l’on songe aussitôt à la mode actuelle de parcourir à nouveau, en partie du moins, l’itinéraire de Compostelle.
“Le sens de la nuit”, un article de Hugo Pradelle
ANTONIO LOBOANTUNESJE NE T’AI PAS VU HIER DANS BABYLONE
Ontem não te vi em Babilónia
trad. du portugais par Michèle Giudicelli
Christian Bourgois, 576 p., 28 €
Un récit monstrueux qui fait se rejouer l’essence de l’oeuvre d’un immense écrivain. Lobo Antunes atteint la noirceur absolue, celle d’une nuit qui ne finit pas. Son livre est une longue interrogation sur le sens de la nuit, son temps particulier, sur la parole irréductible qui y prend forme. À la fois parachèvement et jeu, c’est l’un de ses textes les plus somptueux.
“Mensonge d’une nuit d’hiver”, un article de Liliane Kerjan
JENNIFER JOHNSTONUN NOËL EN FAMILLE
Foolish Mortals
trad. de l’anglais par Anne Damour
Belfond, 255 p., 20 €
Une Irlande pluvieuse et neigeuse à souhait où les mortels passent d’oublis en rappels, de méprise en whiskey. Attentes, contentieux des fratries, tumulte des bons sentiments, tout va-t-il se solder la nuit de Noël ? Jennifer Johnston feint de le faire croire, mais l’essentiel est ailleurs.
“Anna Maria Ortese en URSS”, un article de Monique Baccelli
ANNA MARIA ORTESEFEMMES DE RUSSIE
trad. de l’italien par Maria Manca et Claude Schmitt
Actes Sud, 128 p., 15 €
Le fidèle lecteur d’Anna Maria Ortese, habitué à ses longs romans, qui se déroulent presque tous dans une très étrange Italie du Sud, est un peu surpris, presque inquiet, d’avoir entre les mains un petit livre qui, diton, rend compte d’un court séjour de la romancière en URSS. La conteuse enchanteresse se transformerait-elle en simple reporter, en sévère intellectuelle engagée ?
“La terre est sans pitié”, un article d’Alain Joubert
A. H. TAMMSAARECYCLE VÉRITÉ ET JUSTICE
(5 tomes dont 2 en 2010)
LA COLLINE-DU-VOLEUR
trad. de l’estonien par Jean-Pascal Ollivry
Gaïa, 688 p., 23 €
INDREK
trad. de l’estonien par Jean-Pascal Ollivry
Gaïa, 512 p., 23 €
JOURS D’ÉMEUTES
trad. de l’estonien par Jean-Pierre Minaudier
Gaïa, 320 p., 23 €
Qui, en France, va parfois vérifier que les célèbres et envoûtantes « nuits blanches » de Saint-Pétersbourg existent tout autant à Tallinn,
capitale de l’Estonie, la latitude de ces deux villes étant approximativement la même ? Pas grand monde, si j’en juge par les indications touristiques (musées, hôtels, restaurants) rédigées en russe, finnois, letton, suédois, danois, italien, espagnol, allemand et, bien entendu, en anglais ; pas en français, sauf rare exception. Je peux le dire : j’en reviens. Et pourtant, quel étonnant pays !
“Pourquoi Stefan George en temps de détresse ?”, un article de Laurent Margantin
STEFAN GEORGEPOÉSIES COMPLÈTES
trad. de l’allemand, présentées et annotées par Ludwig Lehnen
La Différence, 830 p., 49 €
Qui, aujourd’hui, ne serait-ce que parmi les jeunes germanistes, lit ou a lu Stefan George ? Qui connaît même son nom parmi les étudiants de littérature allemande pour lesquels n’existent la plupart du temps, des auteurs du tournant du XIXe et du XXe siècles, que Trakl, Rilke ou Hofmannsthal, parce qu’ils sont au programme de leurs études ?
“L’ensorcellement d’Ensor”, un article de Gilbert Lascault
EXPOSITION JAMES ENSORau Musée d’Orsay du 20 octobre 2009 – 4 février 2010 PUBLICATIONS
James Ensor (catalogue)
Textes de Laurence Madeline et Anna Swinbourne
Musée d’Orsay/Réunion des musées nationaux 277 p., env. 230 ill., 48 €
LAURENCE MADELINE
JAMES ENSOR : LE CARNAVAL DE LA VIE
Gallimard, coll. « Découvertes », ill. coul., 8,40 €
JAMES ENSOR
DAME PEINTURE TOUJOURS JEUNE
Choix de textes, préface et notes de Colette Lambrichs
La Différence, coll « Minos » 256 p., ill. coul., 10 €
Le peintre belge James Ensor (1860-1949) est le sorcier insolent d’Ostende, le magicien des masques scabreux et des squelettes hoquetants. Parfois, il suggère les scènes sombres de l’intimité. Ou, plus souvent, il est un créateur du clair, des transparences, de l’irisé… Il aime étonner. Il veut déconcerter. Ses tableaux interrogent.
“Peindre à Venise au XVIe siècle”, un article de Georges Raillard
EXPOSITIONTITIEN, TINTORET,VÉRONÈSE…
RIVALITÉS À VENISE
Au Musée du Louvre du 17 septembre 2009 – 4 janvier 2010 PUBLICATIONS
Catalogue collectif de l’exposition
Sous la direction des commissaires Vincent Delieuvin et Jean Habert, assistés d’Arturo Galansino
Coédition Hazan/Musée du Louvre. Un volume cartonné de 480 p. et 200 ill., 42 €
ENRICOMARIA DAL POZZOLO GIORGIONE
Un volume cartonné, sous emboîtage richement illustré Actes Sud, 385 p., 120 €
Au Louvre, une exposition qui comble le regard. Mais aussi quisollicite une attention (formelle, érudite) sans laquelle on sent que l’on
manque quelque chose de fondamental dans chacune des oeuvres. Le titre de ces notes sur la rivalité productive des trois grands du Cinquecento, Titien, Véronèse, Tintoret, et quelques autres artistes aujourd’hui moins célèbres, je l’emprunte à l’ouvrage mémorable de David Rosand, traduit en français par Daniel Arasse et Fabienne Pasquet en 1993. Le « mythe de Venise » tient à l’harmonie et à la séduction exercée par la troisième puissance d’Europe, dont le Grand Canal, d’après Comines, était « la plus belle rue qui soit en tout le monde et la mieux maisonnée ».
“Parcours lacaniens”, un article de Michel Plon
MOUSTAPHA SAFOUANLE LANGAGE ORDINAIRE ET LA DIFFÉRENCE SEXUELLE
Odile Jacob, 150 p., 21 €
COLETTE SOLER
LACAN, L’INCONSCIENT RÉINVENTÉ
Puf, 244 p., 23 €
De ces deux livres, on serait tenté de dire qu’ils ne sont pas à mettre en toutes les mains. Non qu’ils soient inconvenants à quelque titre que ce soit mais qu’ils requièrent de leurs lecteurs une certaine ascèse, le renoncement à la facilité, celle d’un pédagogisme inévitablement simplificateur ou celle d’une vulgarisation systématiquement falsificatrice. Pour autant, de par leur exigence de rigueur, ces deux ouvrages témoignent de la vitalité de la réflexion théorique dans le champ psychanalytique.
“Machiavel et ses livres”, un article Dominique Goy-Blanquet
MARINA MARIETTIMACHIAVEL : LE PENSEUR DE LA NÉCESSITÉ
Payot, 480 p., 27,50 €
Machiavel : le penseur de la nécessité commence par une visite de la bibliothèque paternelle, Les Devoirs de Cicéron, Tite-Live, le Codex justinien, traçant les premiers repères d’un juriste philosophe et historien, d’une vie entièrement dédiée à la politique au service de sa ville natale. Outre sa réputation sulfureuse, on ne retient guère de Machiavel que trois traités et une comédie, or il est l’auteur de rapports innombrables sur la situation et les relations diplomatiques de Florence, de plans de défense et d’armement, de plans de réformes institutionnelles, destinés au Conseil des Dix dont il fut pendant de longues années le dévoué secrétaire.
“Le baptême forcé”, un article de Jean-Jacques Marie
GÉRARD DA SILVAL’AFFAIRE MORTARA
Syllepse, 282 p., 23 €
Le 23 juin 1858 à Bologne, ville italienne qui figure à l’époque dans les États pontificaux, un maréchal des Carabiniers veut enlever le petit Edgardo Mortara, âgé de six ans, membre d’une famille juive. L’inquisiteur de la ville a décidé que l’enfant était catholique. Une servante de la famille a en effet déclaré l’avoir baptisé secrètement six ans plus tôt, à l’âge où elle avait elle-même quatorze ans. Elle aurait jugé l’enfant en danger de mort et décidé de sauver son âme. La famille proteste. Rien à faire. L’enfant lui est enlevé.
“Une sociologue sort ses griffes”, un entretien réalisé par Omar Merzoug
NATHALIE HEINICHLE BÊTISIER DU SOCIOLOGUE
Klincksieck, 154 p., 15 €
Directrice de recherches à l’EHESS et sociologue de métier, Nathalie Heinich est l’auteur de plusieurs ouvrages qui ont contribué à la faire connaître comme une sociologue de l’art et de la littérature. Son dernier ouvrage Le Bêtisier du sociologue a attiré l’attention de La Quinzaine littéraire qui a souhaité en savoir davantage.
“Révolution des femmes sans féminisme”, un article de Laurence Zordan
SOUS-COMMANDANT MARCOSSAISONS DE LA DIGNE RAGE
Climats, 276 p., 21 €
SABA MAHMOOD
POLITIQUE DE LA PIÉTÉ
le féminisme à l’épreuve du renouveau islamique
La Découverte, 312 p., 26 €
Quoi de commun entre le protagoniste de la révolte du Chiapas et l’anthropologue enseignant à Berkeley, observant le rôle des femmes dans le mouvement des mosquées au Caire ? Deux ouvrages qui bousculent les lignes, qui n’en restent pas aux approches convenues et méritent ainsi un rapprochement peut-être inconvenant. Ils illustrent une conception symétrique de la profondeur : l’un est à l’image de l’exclamation paradoxale « qu’ils étaient superficiels par profondeur ! », l’autre ouvre à une minutie vertigineuse, où la ténuité possède une tonalité insoupçonnée, invitant à toutes les résonances. Tous deux posent la question de la capacité agissante des femmes, sans se satisfaire d’une réponse féministe.
“Paris & Lisbonne stories”, un article de Lucien Logette
“MICMACS À TIRE-LARIGOT”, de JEAN-PIERRE JEUNET“LA RELIGIEUSE PORTUGAISE“, de EUGÈNE GREEN
Le pavé lancé dans la mare il y a maintenant un an et demi par le Club des 13, appellant à la survie des « films du milieu » (cf. QL n° 969), semble s’y être englouti en ne laissant à la surface que quelques bulles – ou bien les préconisations communiquées au Centre national de la cinématographie sont restées lettre morte ou bien leur réalisation est classée « secret-défense » ; en tout cas, leur impact sur les conditions de la production française reste encore peu discernable. Ce qui n’empêche pas ledit cinéma du milieu, en attendant la mort, de prospérer, comme le prouvent les sorties récentes des films de Guédiguian, Kahn, Brizé, Larrieu Bros, Honoré, Rivette, Tirard, Resnais, entre dix autres.
“Priorité aux acteurs”, un article de Monique Le Roux
MOLIÈREL’AVARE
Mise en scène de Catherine Hiegel
Comédie-Française, salle Richelieu en alternance jusqu’au 21 février 2010 CARLO GOLDONI
LA SERVA AMOROSA
Mise en scène de Christophe Lidon
Théâtre Hébertot jusqu’au 31 mars 2010
Depuis la fin du XIXe siècle, l’histoire du théâtre européen se confond en partie avec celle de la mise en scène. Mais de grands succès publics relèvent d’une pratique antérieure qui privilégie les interprètes, comme L’Avare de Molière monté par Catherine Hiegel à la Comédie-Française et La Serva amorosa de Goldoni par Christophe Lidon au Théâtre Hébertot.
“Connaître la musique”, un article de Thierry Laisney
JEAN MOLINOLE SINGE MUSICIEN
Sémiologie et anthropologie de la musique
Actes Sud/Ina, 488 p., 29 €
Le titre de l’ouvrage est celui du dernier des textes de Jean Molino rassemblés ici (certains inédits). L’auteur, qui a de multiples compétences (littérature, philosophie, musicologie…), y définit l’homme comme animal musicum, ou « singe musicien », variante de l’animal symbolicum de Cassirer.
“L’élégant écrivain qui vit à Comiso”, un article de Maire-José Tramuta
GESUALDO BUFALINOMUSÉE D’OMBRES (bilingue)
trad. de l’italien par André Lentin et Stefano Mangano Préface de Salvatore Silvano Nigro
Cahiers de l’Hôtel de Galliffet,
Istituto Italiano di Cultura, 194 p., 15 €
À la fin des Pierres de Pantalica, Vincenzo Consolo évoquait l’introduction « d’un élégant écrivain qui vit ici à Comiso », à propos d’un
ouvrage intitulé Comiso vivante et d’en citer un passage : « L’univers, hélas, est une trop grande et trop froide patrie pour les créatures si
précaires que nous sommes, un théâtre démesuré où nos gestes ne trouvent pas d’écho, nos mots pas de son. Alors que le bourg nous ramène à notre mesure d’homme, donne sens et racines à notre personne, nous justifie et nous garantit au moins une dalle. »
Publié par capucinebordet
L’écrivain Gwenaëlle Aubry vient d’obtenir le Prix Fémina 2009 pour son dernier ouvrage intitulé “Personne” (Mercure de France). En 2004, elle participait au numéro spécial estival de la Quinzaine intitulé “Pour qui vous prenez-vous“. Voici, en intégralité, le texte que l’auteur avait écrit à l’époque. Pour retrouver les autres chroniques consacrées à Gwenaëlle Aubry, sur ses livres ” Le Diable détacheur” (numéro 763 du 1er juin 1999) et “L’Isolement” (Q.L. 858 du 16 juillet 2003), rendez-vous sur le site de la Quinzaine littéraire.
Publié par nadeau
ALBERTO MANGUEL
ALAIN BLOTTIÈRE
JEAN-MICHEL DELACOMPTÉE
JEAN-MICHEL GUENASSIA
ATTILA BARTIS
KHALED AL KHAMISSI
SARA STRIDSBERG
SÁNDOR MÁRAI
JOSEPH ROTH
EXPOSITION MARIE MOREL, PEINTURES
MICHAEL EDWARDS
COLLECTIF
PHILIPPE BAUDOUIN
EMMANUEL LEMIEUX
JUDITH BUTLER
PAUL KRUGMAN
IAN STEWART
GERMAINE DULAC
BERNARD-MARIE KOLTÈS
SÉBASTIEN ARFOUILLOUX
Publié par capucinebordet
“Alias Caracalla, Mémoires, 1940-1943″, le livre de Daniel Cordier vient d’être couronné par le prix Renaudot (essais). Dans
PHILIP ROTH
ISMAÏL KADARÉ
DIDIER DAENINCKX
STEPHEN DIXON
YVES RAVEY
HENRI JUSTIN
HENRY JAMES
JOHN MERRIMAN
CAMILLE FROIDEVAUX-METTERIE
Cinéma italien Annecy 2009
VALERY AFANASSIEV
ANNIE SARTRE-FAURIAT et MAURICE SARTRE
ZYGMUNT BAUMAN
CYRIL BUFFET
JACQUES JOUET
PASCAL QUIGNARD
JOSÉ SARAMAGO
ANNA LUISA PIGNATELLI
HYAM YARED
JEAN COCTEAU
EXPOSITIONS
MARTIN HEIDEGGER
EL MOUHOUB MOUHOUD – DOMINIQUE PLIHON
JEAN-CLAUDE AMEISEN
DOMINIQUE NOGUEZ
YANNICK HAENEL
NOËLLE REVAZ
VINCENT MESSAGE
PIERRE SILVAIN
ALICE MUNRO
MELANIA G. MAZZUCCO
COLUM MCCANN
HUANG KUO-CHUN
DAVE EGGERS
JEAN PÉROL
JEAN-CLARENCE LAMBERT
EXPOSITIONS
OSSIP MANDELSTAM
JOSEPH ROTH
LOUIS SÉBASTIEN MERCIER
CATHERINE SIMON
JEAN-JACQUES AYME
DOMINIQUE KALIFA
MARIE NDIAYE

JEAN-PHILIPPE TOUSSAINT
STÉPHANE VELUT
ÉRIC HOLDER
BRIGITTE GIRAUD
LAURENT MAUVIGNIER
YOKO TAWADA
MATHIEU TERENCE
HÉLÈNE CIXOUS
VALERY LARBAUD
MAX ERNST
MIGUEL ABENSOUR
LE LIVRE DU GRAAL, TOME III
ADRIEN GOMBEAUD
NICOLAS BOULEAU
MICHEL CIMENT