Georges Perec, “Le Condottière”, par Tiphaine Samoyault
avril 13, 2012 1 Commentaire
ROMANS, RÉCITS
Le premier sera le dernier, un article de TIPHAINE SAMOYAULT
Perec, mort en 1982, pensait à jamais perdu le texte de son premier véritable roman, jeté par erreur lors d’un déménagement. Retrouvé par David Bellos lors de la monumentale enquête qu’il conduisit pour faire la biographie de l’auteur, il est aujourd’hui publié sous son titre final, Le Condottière.
GEORGES PEREC, LE CONDOTTIÈRE, Préface de Claude Burgelin Seuil, coll. « La librairie du XXIe siècle », 203 p., 17 euros
Après Les Errants, écrit à vingt ans et dont le manuscrit semble définitivement perdu, et L’Attentat de Sarajevo montré à Maurice Nadeau qui l’encourage mais ne le publie pas, Le Condottière constitue donc la troisième marche de l’escalier conduisant Perec au statut d’écrivain. Accepté sous une forme intermédiaire par Georges Lambrichs pour son excellente collection « Le Chemin », il reçoit même un à-valoir pour ce manuscrit, ce qui lui donne déjà des prérogatives socioéconomiques d’auteur. Il sera finalement refusé en 1960 dans sa version abrégée et définitive, alors que Perec se trouve déjà avec sa femme Paulette à Sfax en Tunisie (future situation des Choses), aux prétextes suivants : « On a trouvé le sujet intéressant et intelligemment traité, mais il semble que trop de maladresse et de bavardages aient braqué plusieurs lecteurs. Et même quelques jeux de mots, par exemple : “Un bon Titien vaut mieux que deux Ribera”. » Toutes ces informations sont données dans la préface dont Claude Burgelin accompagne intelligemment et amicalement l’ouvrage. Proche compagnon de Perec à cette époque-là, il avait lu ce texte en 1960 et le relit cinquante ans plus tard, conscient du fait que la distance est chargée des développements de l’œuvre ultérieure, de la notoriété acquise par l’auteur de façon essentiellement posthume, mais aussi de l’amitié engagée d’autrefois. Lire la suite
Le Rabaissement est le trentième livre de Philip Roth. On se précipite, on est tout de suite pris, et comment ne le serais-je pas, moi ? Car il s’agit d’un acteur en fin de course, pas si vieux, la soixantaine, qui fut célèbre (la comparaison s’arrête là) et qui ne se sent plus capable de monter sur une scène. Tous les héros qu’il a incarnés, des pièces de Sophocle, Shakespeare ou Tchekhov, et qui ont fait sa gloire, il n’est plus capable de les faire parler, de les faire même se déplacer sur le plancher d’une scène. Il a perdu vérité et naturel, il « joue faux ». On l’applaudissait, on reste indifférent ou on s’attriste. « Autrefois, quand il jouait il ne pensait à rien. Ce qu’il faisait bien, c’était par instinct. Maintenant il pensait à tout, et cela tuait toute spontanéité, toute vitalité. Il essayait de contrôler son jeu par la pensée, et il ne réussissait qu’à le détruire… Cela ne passait pas. Il était incapable de jouer. » Simon Axler a des rêves affreux, sa femme l’a quitté, il se sent fini, il pense au suicide. 

Olivia Rosenthal est une écrivain, romancière et dramaturge française, née à Paris en 1965.

Nimrod, poète, romancier et essayiste, est né au sud du Tchad. Il a reçu notamment le Prix Edouard Glissant pour son roman Le Bal des princes (2008) et le Prix Max Jacob pour le poème Babel, Babylone (2011).
Wadih Saadeh, poète et journaliste
“Une fois, à Sabangali – quartier où résident mes amis, à deux pas de la route de la Corniche -, un vieux Bornou s’est mis en travers de notre chemin. Nous ayant regardés, il a dit : “- Je vous observe depuis trois semaines. Vous venez pour contempler le crépuscule, vos vous prenez pour des blancs ou quoi ?”





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