La Quinzaine littéraire n°1061 – Du 15 au 31 mai 2012

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EN PREMIER

État et violence symbolique, un article de GISÈLE SAPIRO

PIERRE BOURDIEU, SUR L’ÉTAT Cours au Collège de France 1989-1992, Seuil, coll. « Raisons d’agir », 664 p., 30,40 euros

Les cours que Pierre Bourdieu a consacrés, entre 1989 et 1992, à la question de l’État au Collège de France n’avaient donné lieu qu’à quelques articles. Leur retranscription intégrale, enrichie d’un solide appareil critique, donne à voir la pensée en train de se faire. Bourdieu, qui jusque-là ne s’était guère intéressé à cet objet, préférant parler de « champ du pouvoir » et d’« idéologie dominante », comprend alors que l’analyse des conditions sociales de la domination ne peut faire l’économie d’une sociologie de l’État. À rebours de la tradition marxiste qui le réduisait à une superstructure, il montre tout au long de ce cours comment l’État fonde l’ordre social en inculquant les catégories de pensée qui le légitiment.

ROMANS, RÉCITS

La nuit de l’enfance, un article de HUGO PRADELLE

JEAN-FRANÇOIS HAAS, LE CHEMIN SAUVAGE, Seuil, 336 p., 20 euros

Un superbe roman sur l’enfance, ses malheurs et ses joies singulières, sa fin, le sentiment d’innocence et d’amour, les éblouissements primordiaux. Haas interroge ce qui conforme l’individu, les mots qui le portent, le bien et le mal, le mensonge et la vérité, les culpabilités ultimes et la joie triste d’être au monde. Et tout revient toujours à redire la grandeur idéale de la fraternité. Lire la suite

D’une Quinzaine à l’autre – du 15 au 31 mai 2012

LITTÉRATURE

Dans le cadre du 7e printemps balkanique qui se déroule jusqu’au dimanche 10 juin en BasseNormandie, Anne Madelain animera, le jeudi 24 mai à20h, une rencontre entre les écrivains Anica Lazin et Slobodan Šnadjer autour de « L’écriture, la scène et l’Histoire ». Bibliothèque de Valognes, 25, rue HenriCornat, 50700 Valognes. Tél. : 02.33.95.82.40.

… Du mercredi 16 mai au dimanche 19 août, le musée des Lettres et des Manuscrits accueille une exposition consacrée à Jack Kerouac. À l’occasion de l’adaptation cinématographique de Sur la route, réalisée par Walter Salles, et soixante ans après l’écriture de ce manifeste de la beat generation, l’exposition « Sur la route de Jack Kerouac. L’épopée, de l’écrit à l’écran » présentera pour la première fois en France ce rouleau tapuscrit. Musée des Lettres et des Manuscrits, 222, bd SaintGermain, 75007 Paris. Tél. : 01.42.22.48.48.

… Du vendredi 18 au dimanche 20 mai, le Banquet de printemps, organisé par la Maison du Banquet et des générations de Lagrasse, sera cette année consacré à la thématique « Histoire(s) allemande(s) ». Ces trois jours seront l’occasion d’interroger, au travers d’une série de rencontres et en compagnie d’écrivains de langue allemande, de traducteurs et spécialistes des littératures concernées, les littératures de langue allemande d’aujourd’hui dans leur rapport à l’histoire du XXe siècle. La Maisondu Banquet et des générations,Abbaye de Lagrasse, 4, Rive gauche, 11220 Lagrasse. Tél. : 04.68.32.63.89. Lire la suite

La Quinzaine littéraire n°1060 – Du 1er au 15 mai 2012

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EN PREMIER

Henry James : le défi de la nouvelle, un article de ALAIN JUMEAU

HENRY JAMES NOUVELLES COMPLÈTES, III, 1888-1898, Édition établie par Annick Duperray - NOUVELLES COMPLÈTES, IV, 1898-1910, Édition établie par Évelyne Labbé Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2 vol., 1 497 et 1 726 p., 70,50 euros chacun

La « Bibliothèque de la Pléiade » a entrepris de publier l’intégralité des nouvelles du romancier américain Henry James (1843-1916). Deux premiers volumes ont paru en 2003, couvrant la période 18641876, puis 1877-1888. Les deux derniers volumes, qui étaient attendus par les adeptes du Maître, viennent de paraître à la fin de 2011._

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ROMANS, RÉCITS

La chair n’est pas triste ! Hourrah !, un article de EMMANUÈLE SANDRON

NICHOLSON BAKER, LA BELLE ÉCHAPPÉE, trad. de l’anglais (ÉtatsUnis) par Éric Chédaille Christian Bourgois, 310 p., 22 euros

Conte de fées pour adultes, fantaisie érotique, roman de sciencefrissons ? La Belle Échappée est tout cela, même s’il est difficile de ne pas penser que Nicholson Baker, déjà auteur d’une dizaine de romans, a pris un malin plaisir à écrire une resucée gaillardement grivoise d’Alice au pays des merveilles. À La Belle Échappée, délicatement baptisée « House of Holes » en anglais, autrement dit : « la Maison des Trous », plus on est de fous, plus on jouit.

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La musique en héritage, AGNÈS VAQUIN

JEAN ROUAUD, UNE FAÇON DE CHANTER, Gallimard, 214 p., 17,90 euros

Avec Une façon de chanter (La Vie poétique, tome 2), Jean Rouaud écrit la suite de son précédent livre : Comment gagner sa vie honnêtement (La Vie poétique 1, publié l’an dernier). On le sait parce qu’il l’a dit : il envisage d’écrire une trilogie entre autobiographie et fiction, et susceptible de répondre à la question : « qu’estce que l’époque m’a fait ? ». Pour lui, on le voit, pas « d’ascenseur social », ni d’établissements d’excellence. Son point de vue est beaucoup plus élémentaire, c’est : comment s’en sortir ?

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La Quinzaine littéraire n°1059 – du 15 avril au 1er mai 2012

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ROMANS, RÉCITS

Virginia Woolf notre contemporaine, un article de MARC POREE

VIRGINIA WOOLF, ŒUVRES ROMANESQUES, Édition établie sous la direction de Jacques Aubert Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2 vol., 1 484 et 1 516 p., 67,50 ” chacun (prix de lancement : 60 €)

 Soixante et onze ans après son suicide, jour pour jour, paraissent dans la « Bibliothèque de la Pléiade » deux gros volumes rassemblant les œuvres romanesques de celle qui, lestant la poche de son manteau d’une lourde pierre, se laissa couler dans les eaux sombres et froides de l’Ouse. Comme au sortir d’un bain de jouvence, Virginia Woolf en émerge, vive, libre, changeante (et changée), plus contemporaine que jamais.

Le grand dérèglement, un article de HUGO PRADELLE

BERNARD QUIRINY, UNE COLLECTION TRÈS PARTICULIÈRE, Seuil, 192 p., 17 euros

Après une incartade romanesque, Bernard Quiriny revient à son genre de prédilection avec un recueil plus structuré et parvient, une fois encore, à nous déstabiliser et à nous faire rire. Un univers décalé, foisonnant et grinçant, peuplé de livres, où nous perdons pied avec une jubilation sincère.

L’homme, cette bête puante, un article de MAURICE MOURIER

PÉTER NÁDAS HISTOIRES PARALLÈLES, trad. du hongrois par Marc Martin avec la collaboration de Sophie Aude Plon, 1 138 p., 39 euros

Un livre hors norme, pas seulement démesuré, car chaque page fait 3 358 signes (je les ai comptés !), soit le double d’un format standard, mais suffocant au sens clinique du terme, terrifiant de noirceur, éreintant pour ceux – je gage peu nombreux – qui ont fait l’effort de le lire ligne à ligne. Un monument certes, une fresque, une somme, mais de quoi ?

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La Quinzaine littéraire n°1058 du 1er au 15 avril 2012

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ROMANS, RÉCITS

La longue nuit du ghetto, un article de HUGO PRADELLE

EDGAR HILSENRATH, NUIT, trad. de l’allemand par Jörg Stickan et Sacha Zilberfarb Attila, 560 p., 25 euros

STEVE SEMSANDBERG, LES DÉPOSSÉDÉS, trad. du suédois par Johanna ChatellardSchapira Robert Laffont, coll. « Pavillons », 592 p., 22 euros 

Écrits à près de cinquante ans de distance, deux romans qui font se déployer des stratégies narratives et esthétiques différentes pour rendre compte de la pérennité de la violence, de son extrémité absurde, de la survie traumatique, de la barbarie totale. Une plongée sidérante au cœur d’une nuit sans fin…

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Au retour du Mexique, un article de AGNÈS VAQUIN

CAROLINE LAMARCHE, LA CHIENNE DE NAHA, Gallimard, 202 p., 17,50 euros

Caroline Lamarche est allée au Mexique. Un voyage qui date de quelques années. Elle en a rapporté une sorte d’état des lieux où elle a séjourné et, comme le diable, l’horreur est dans les détails. Elle a adopté pour viatique cette légende de la « chienne de Naha » appartenant à la mythologie des Indiens Triquis. À partir de là, elle se livre à un questionnement sur soi, son enfance, son entourage, la place de la femme ici et là-bas, l’amour, la vie, la mort. Que l’autobiographie affleure à l’occasion n’est naturellement pas exclu, mais attention : « Je me souviens de la maison de Montreuil, à laquelle je viens de trouver une façade pour signaler le départ de cette invention qu’est le récit de mon enfance. » La phrase peut être piégée.

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Le premier sera le dernier, un article de TIPHAINE SAMOYAULT

GEORGES PEREC, LE CONDOTTIÈRE, Préface de Claude Burgelin Seuil, coll. « La librairie du XXIe siècle », 203 p., 17 euros

Perec, mort en 1982, pensait à jamais perdu le texte de son premier véritable roman, jeté par erreur lors d’un déménagement. Retrouvé par David Bellos lors de la monumentale enquête qu’il conduisit pour faire la biographie de l’auteur, il est aujourd’hui publié sous son titre final, Le Condottière.

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Luc Boltanski “Enigmes et complots”

IDÉES

Mettre en doute la réalité sociale, un article de JEAN LACOSTE (paru dans la Ql n°1057 du 15 mars 2012)

Est-ce une critique ? Est-ce un éloge ? L’essai, complexe et dense, de Luc Boltanski se prête en tout cas à plusieurs lectures distinctes. La préoccupation théorique semble avoir été première : le livre offre une réflexion sur les méthodes de la sociologie et la manière dont elle aborde, par des enquêtes, la réalité sociale. Mais vient ensuite, autour des notions d’énigme et de complot, une interprétation critique, assez passionnante, de cet « art mineur» de la littérature que forment le roman policier et le roman d’espionnage, surtout à leurs débuts. C’est le meilleur de l’ouvrage. Enfin, le sociologue appelle une lecture politique, indissociable, de son propre aveu, de cette « affaire de Tarnac » (le sabotage des lignes TGV) devenue un cas d’école de manipulation policière se transformant en mensonge d’État. 

LUC BOLTANSKI, ÉNIGMES ET COMPLOTS Une enquête à propos d’enquêtes, Gallimard, coll. « NRF Essais », 480 p., 23,90 euros

Il s’agit tout d’abord, pour Luc Boltanski, de rendre compte de l’émergence simultanée, à la fin du XIXe siècle, du roman policier et d’espionnage, de la notion psychiatrique de paranoïa, avec Kraepelin, et de l’enquête sociologique comme méthode scientifique. Trois domaines en apparence hétérogènes, mais qui ont en commun de mettre en doute la réalité sociale, de dévoiler « le peu de réalité de la réalité », de « travailler une contradiction » majeure au sein de cette réalité. Ces thématiques nouvelles de l’énigme et du complot répondent en fait à une crise de l’État, crise qui ne cesse de devenir de plus en plus aiguë, et de lui faire perdre sa légitimité. Initialement, l’ÉtatNation, en se dotant d’une police, prétendait pouvoir stabiliser, organiser et unifier la réalité sociale sur un territoire et une population bien définis. Il s’identifiait à une loi connue et appliquée par tous. « Projet démiurgique » qui devient de plus en plus illusoire à mesure que le système économique du capitalisme se rit des frontières, des nationalités et des règles et régulations que les États tentent d’imposer. Se pose alors la question mère de toutes les théories du complot (et la sociologie est dans une certaine mesure une théorie du complot) : qui détient le pouvoir, in fine ? Les politiques ? Les financiers ? Les juifs ? Les francsmaçons ? Le Vatican ? La Cagoule ? Le Kremlin ? « Moriarty, le Napoléon du crime » ?  Lire la suite

La Quinzaine littéraire n°1056 – du 1er au 15 mars 2012

LA QUINZAINE LITTÉRAIRE

n°1056 – du 1er au 15 mars 2012 (acheter le PDF)

Une somme sur Maus, un article de NORBERT CZARNY

ART SPIEGELMAN, METAMAUS Un nouveau regard sur Maus, un classique des temps modernes, trad. de l’anglais par Nicolas Richard Flammarion, 302 p., 30 €

En 1992, les deux tomes de Maus (1) recevaient le prix Pulitzer, la plus haute distinction que puisse recevoir un livre aux États-Unis. Ainsi était consacrée l’œuvre à laquelle Art Spiegelman a longtemps travaillé. Il y revient aujourd’hui avec Metamaus, réflexion qu’il souhaite définitive sur cette bande dessinée exceptionnelle.

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D’une Quinzaine à l’autre – du 1er au 15 mars 2012

D’UNE QUINZAINE À L’AUTRE

LITTÉRATURE

Du 8 mars au 11 juin, le musée du Louvre propose une exposition imaginée par l’auteur Jean-Philippe Toussaint qui, au travers de photographies, vidéos, installations et performances, choisit d’« évoquer le livre sans passer par l’écrit ». Livre/Louvre met en rapport l’éternité de l’écrit et l’éphémère de la lecture, engage une réflexion sur la lecture et propose un portrait d’écrivains contemporains. Musée du Louvre, aile Sully, 2e étage, salles 2023, 75001 Paris. Tél. : 01.40.20.53.17.

… Le 10 mars à 18 h, la librairie Les Cahiers de Colette organise une rencontre en compagnie de Tiphaine Samoyault et Frédérique LeichterFlack à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage Le Laboratoire des cas de conscience chez Alma (voir ce N°). Librairie Les Cahiers de Colette, 23, rue Rambuteau, 75004 Paris. Tél. : 01.42.72.95.06.

… Le 14 mars, la librairie Le Square organise une soirée Lecture/Performance à partir de 18 h 30. Cette soirée en partenariat avec le Festival Concordan(s)e mettra en scène une chorégraphe Emmanuelle VoDinh et un auteur Jérôme Mauche qui uniront leurs univers artistiques dans une création commune. Librairie Le Square, 2, pl. du DocteurLéonMartin, 38000 Grenoble. Tél. : 04.76.46.61.63. Lire la suite

La Quinzaine Littéraire n°1055 du 15 au 29 février 2012

EN PREMIER

Le Nostradamus du mois prochain

Entretien avec Gary Shteyngart (1), propos recueillis par Steven Sampson.

Drôletristesuperhistoire, un article dSTEVEN SAMPSON

GARY SHTEYNGART, SUPER TRISTE HISTOIRE D’AMOUR, trad. de l’anglais (ÉtatsUnis) par Stéphane Roques L’Olivier, 416 p., 23 €

Dans l’univers dystopique de cet écrivain américain d’origine soviétique, toutes les frontières s’effacent, y compris celles qui devraient figurer entre les signes linguistiques.

ROMANS, RÉCITS

Un roman barbare et envoûtant, un article de HUGO PRADELLE

LUTZ BASSMANN, DANSE AVEC NATHAN GOLSHEM Les intellectuels dans la machine de guerre SS, Verdier, coll. « Chaoïd », 192 p., 16 €

Un roman bref et envoûtant qui rassemble les enjeux du grand projet postexotique, faisant comme trembler des voix face au chaos d’un monde inhumain, et célèbre la grandeur complexe et ironique de la résistance.

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Il y a quarante-cinq ans dans La Quinzaine – n°21 du 1er février 1967

Il y a quarante cinq ans, le 1er février 1967, paraissait le n°2& de la Quinzaine littéraire. Voici ce numéro en intégralité dans lequel vous retrouverez, entres autres, les recensions des ouvrages de Claude Lévi-Strauss, Du miel aux cendres, Charles Baudelaire, Lettres inédites aux siens ; Aragon, Les Aventures de Télémaque, Ernest HemingwayŒuvres complètes romanesques ou Primo Levi, La Trêve …

Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante cinq ans.

Retrouvez tous les numéros anniversaires en cliquant sur ce lien

LE LIVRE DE LA QUINZAINE : Claude Lévi-Strauss, Du miel aux cendres par François Chatelet

HISTOIRE LITTÉRAIRE : Charles Baudelaire, Lettres inédites aux siens par Claude Pichois Lire la suite

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