La Quinzaine littéraire n°1059 – du 15 avril au 1er mai 2012

(Télécharger le numéro en PDF)

ROMANS, RÉCITS

Virginia Woolf notre contemporaine, un article de MARC POREE

VIRGINIA WOOLF, ŒUVRES ROMANESQUES, Édition établie sous la direction de Jacques Aubert Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2 vol., 1 484 et 1 516 p., 67,50 ” chacun (prix de lancement : 60 €)

 Soixante et onze ans après son suicide, jour pour jour, paraissent dans la « Bibliothèque de la Pléiade » deux gros volumes rassemblant les œuvres romanesques de celle qui, lestant la poche de son manteau d’une lourde pierre, se laissa couler dans les eaux sombres et froides de l’Ouse. Comme au sortir d’un bain de jouvence, Virginia Woolf en émerge, vive, libre, changeante (et changée), plus contemporaine que jamais.

Le grand dérèglement, un article de HUGO PRADELLE

BERNARD QUIRINY, UNE COLLECTION TRÈS PARTICULIÈRE, Seuil, 192 p., 17 euros

Après une incartade romanesque, Bernard Quiriny revient à son genre de prédilection avec un recueil plus structuré et parvient, une fois encore, à nous déstabiliser et à nous faire rire. Un univers décalé, foisonnant et grinçant, peuplé de livres, où nous perdons pied avec une jubilation sincère.

L’homme, cette bête puante, un article de MAURICE MOURIER

PÉTER NÁDAS HISTOIRES PARALLÈLES, trad. du hongrois par Marc Martin avec la collaboration de Sophie Aude Plon, 1 138 p., 39 euros

Un livre hors norme, pas seulement démesuré, car chaque page fait 3 358 signes (je les ai comptés !), soit le double d’un format standard, mais suffocant au sens clinique du terme, terrifiant de noirceur, éreintant pour ceux – je gage peu nombreux – qui ont fait l’effort de le lire ligne à ligne. Un monument certes, une fresque, une somme, mais de quoi ?

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La Quinzaine littéraire N°1053 du 15 au 30 janvier 2012

EN PREMIER

Un exemple de « marketing » : Charles Bukowski, « le meilleur poète d’Amérique », un article de ABEL DEBRITTO

ROMANS, RÉCITS

« Comme un invité dans sa propre vie », un article de NORBERT CZARNY

ANTONIO MUÑOZ MOLINA, DANS LA GRANDE NUIT DES TEMPS, trad. de l’espagnol par Philippe Bataillon Seuil, 768 p., 23 euros

Noir et rouge, teintes de mort et de misère, de nuit et d’obscurantisme, de sang et de passion : telles sont les couleurs que l’on pourrait garder du dernier roman d’Antonio Muñoz Molina. Texte ancré dans l’histoire de l’Espagne, Dans la grande nuit des temps est aussi un roman d’amour, l’histoire d’une fidélité dans l’espace et dans le temps. Lire la suite

Il y a quarante-cinq ans dans La Quinzaine – n°18 du 15 au 31 décembre 1066

Il y a quarante cinq ans, le 15 décembre 1966, paraissait le n°18 de la Quinzaine littéraire. Voici ce numéro en intégralité dans lequel vous retrouverez, entres autres, deux entretiens avec Lukacs et George D. Painter ainsi que les recensions des ouvrages de Henri Michaux ; Parcours ;
Les Grandes Epreuves de l’esprit ; Vers la complétude ;
L’espace du dedans ; par Geneviève Bonnefoi, de Simone de Beauvoir Les Belles Images ; par Madeleine Chapsal, de Claude Mauriac 
L’Oubli ; par Henri Hell, de Jack Kerouac ; Big Sur ; par Jean Wagner, ou de Vladimir Jankélévitch ; La Mort ; par Catherine Backès…

Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante cinq ans.

Retrouvez tous les numéros anniversaires en cliquant sur ce lien

LE LIVRE
 DE LA QUINZAINE : Henri Michaux Parcours ;
Les Grandes Epreuves de l’esprit ; Vers la complétude ;
L’espace du dedans ; par Geneviève Bonnefoi Lire la suite

La Quinzaine littéraire n°1043, du 1er au 30 aout 2011 – Numéro spécial interprétation

Interpréter

Numéro composé par Thierry Laisney

Pour tenter de saisir un mot et le concept qui s’y loge, il est toujours utile d’examiner les occurrences de ce mot dans le langage de tous les jours. Voici quelques manifestations de l’usage d’« interpréter » : L’orchestre a interprété la VIIe Symphonie de Beethoven. La Cour de cassation a enfin précisé l’interprétation du 1er alinéa. Comment interpréteriez-vous ce rêve ? Mon grand-père était officier interprète et du chiffre. Cet auteur a proposé une interprétation marxiste de la Révolution. Vous interprétez mes propos ! De la création jusqu’à la déformation, la polysémie d’« interpréter » semble irréductible. Faut- il, dès lors, renoncer pour ce terme à toute « signification focale » (l’expression est due à un commentateur d’Aristote, Gwil Owen) ? Interpréter, ce n’est pas seulement rendre intelligible, comme le montre l’acception musicale : que serait une œuvre musicale sans interprétation ? Lire la suite

DES LIVRES POUR LES VACANCES

LA QUINZAINE LITTÉRAIRE 

DES LIVRES POUR LES VACANCES , un article d’ÉLISABETH THEBAUD

Le temps des vacances est, pour certains, le temps des lectures à « rattraper », celui des livres remarqués par La Quinzaine et que vous avez « manqués », pour d’autres lecteurs, le temps des relectures. Élisabeth Thebaud a choisi pour vous les livres publiés depuis le 1er janvier et, pour la plupart, recensés par nos collaborateurs. Parmi ces livres vous choisirez à votre tour celui ou ceux qui, en cas de besoin, vous aideront à passer d’heureuses vacances. 

ÉCRIVAINS DE LANGUE FRANÇAISE 

PIERRE ASSOULINE : Vies de Job (Gallimard, 491 p., 21,50 €), « un enthousiasmant récit d’aventures ». « À la fin, le lecteur est obsédé par la figure de Job autant que l’auteur de ce livre a pu l’être, à force de visions et images lancées dans ces pages sans trop d’ordre, selon les sursauts des découvertes et étonnements » (Nicole Casanova, QL n° 1038).

ALBERT BENSOUSSAN : La Faille (Apogée, 62 p., 12 €), récit de l’accompagnement par un homme, jour après jour, de sa femme atteinte d’une maladie dégénérative incurable, pour lui « une irréparable fracture » (Jacques Fressard, QL n° 1035).

MICHEL BOUJUT : Le jour où Gary Cooper est mort (Rivages, 176 p., 7,50 €). « Ce court ouvrage nous a si fort retenu […] par la justesse du ton adopté, sans nostalgie ni posture, la manière vagabonde avec laquelle Boujut explore sa préhistoire et la puissance des fantômes qu’il réveille » (Lucien Logette, QL n° 1031).

NINA BOURAOUI : Sauvage (Stock, 235 p., 18,50 €), roman sur les vibrations et frémissements de l’adolescence et portrait d’une société en mutation, à la fin des années 1970 en Algérie.  Lire la suite

La Quinzaine littéraire n°1040 – du 15 au 30 juin 2011

ROMANS, RECITS

L’alter ego, un article de JEAN-LUC TIESSET

HENRI RACZYMOW, HEINZ, Gallimard, 141 p., 13,90 euros

C’est une histoire de famille, de sa famille, que nous raconte Henri Raczymow, et cependant le livre est à juste titre qualifié de « récit » car ce court texte n’est pas à proprement parler une autobiographie, alors même que l’auteur est entièrement immergé dedans, en est à la fois l’objet et le sujet.

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La Quinzaine littéraire 1039 – du 1er au 15 juin 2011

ROMANS, RÉCITS

«Un éternel éblouissement», un article de NORBERT CZARNY

MICHÈLE LESBRE, UN LAC IMMENSE ET BLANC, Sabine Wespieser, 96 p., 13 €

Édith Arnaud, la narratrice de ce court récit, a l’habitude de traverser le Jardin des Plantes pour se rendre à son travail. Cette promenade est contrariée, un matin d’hiver, par un panneau : on ne peut pénétrer dans le Jardin envahi par la neige. Un autre temps, un autre espace s’ouvrent alors, celui du lac immense et blanc qu’elle a connu en sa jeunesse, dans l’utopie des années soixante.

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La Quinzaine n°1034, du 15 au 31 mars

EN PREMIER

Un chantier de démolitions, un article de MONIQUE CHEMILLIER-GENDREAU

L’ÉTAT DÉMANTELÉ, Enquête sur une révolution silencieuse, Sous la direction de Laurent Bonelli et Willy Pelletier, La Découverte/Le Monde diplomatique, 324 p., 20 €

Voilà un ouvrage coup de poing qui, par sa minutie, par la profondeur historique des analyses relatives aux idéologies qui détruisent les bases de la communauté politique, par l’ampleur des champs sociaux analysés, devrait réveiller les citoyens encore inconscients de la situation dans laquelle s’enfonce notre pays.

 

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La Quinzaine n°1027, du 1er au 16 décembre 2010

ROMANS

Herta Müller, retour sur un prix Nobel, un article de Jean-Luc Tiesset

HERTA MÜLLER, LA BASCULE DU SOUFFLE, Atemschaukel, trad. de l’allemand par Claire de Oliveira, Gallimard, 309 p., 19,90 €

En France, Herta Müller était relativement peu connue du grand public jusqu’à ce que le jury de Stockholm lui décerne le prestigieux prix Nobel de littérature en 2009, année de la parution du livre en allemand sous le titre Atemschaukel. Sa traduction permet dorénavant aux lecteurs de langue française d’apprécier les qualités d’un écrivain qui publie déjà depuis près de trente ans. Elle est de cette génération qui, par son origine, apporte un nouveau souffle à la littérature de langue allemande : d’abord parce que l’allemand, sa langue maternelle, est minoritaire dans son pays natal, la Roumanie. Ensuite, bien sûr, parce que la Roumanie issue de la Seconde Guerre mondiale constituait, jusqu’à l’exécution des époux Ceausescu le 25 décembre 1989, un exemple typique d’oppression sociale.

L’amour, c’est gênant, un article de Agnès Vaquin

RÉGIS JAUFFRET, TIBÈRE ET MARJORIE, Seuil, 300 p., 18 €

Si Régis Jauffret a voulu écrire un livre désagréable, il a réussi son coup. Et si on lit Tibère et Marjorie avec jubilation, c’est que le lecteur est aussi méchant que l’auteur et que faire litière de tant de bons sentiments dégoulinant d’un peu partout, parfois, ça fait du bien.

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Entretien avec Georges Balandier

“Le parti pris du mouvement”, un entretien réalisé par Omar Merzoug

Rien dans le maintien modeste et le sourire avenant de Georges Balandier ne laisse deviner le savant. L’œil vif, l’esprit clair, cet homme de 90 ans accueille son interlocuteur avec une courtoisie grand siècle. Auteur de Sociologie actuelle de l’Afrique noire (Puf, 1955), de Civilisés, dit-on (Puf, 2003) et, plus récemment du Dépaysement contemporain (Puf, 2009), il revient, pour les lecteurs de La Quinzaine littéraire, sur les moments forts de son parcours.

Extrait de l’entretien :

“Omar Merzoug : La notion de tiers-monde dont vous êtes le père conserve-t-elle une pertinence aujourd’hui et si oui laquelle ?

Georges Balandier : Cette notion a eu une pertinence au moment où elle a été proposée. Elle a eu une telle pertinence qu’elle est devenue d’usage commun et planétaire. Pourquoi ? Parce qu’on ne savait pas nommer ce qui commençait à apparaître, la revendication absolue d’indépendance d’un nombre croissant de nations, autrefois florissantes, à histoire propre qui se trouvaient dans une situation de dépendance, soit sous la forme coloniale, soit sous une forme plus masquée. « Tiers-monde » a une double origine française à partir d’une intuition oubliée de Sauvy. De même que le tiers état, en 1789, a revendiqué d’être ce qu’il avait la volonté d’être, la capacité d’être, il y a une sorte de tiers état des nations qui montent et demandent à être reconnues quant à leur existence et leur capacité d’initiative propre. Les choses ont aujourd’hui changé, le camp des pays développés s’est fissuré et le camp des pays du tiers-monde aussi : la Chine, l’Inde, le Brésil n’en sont plus. Le terme de « tiers-
monde » marque un moment historique, peut- être l’événement majeur du XXe siècle, la décolonisation massive du tournant des années 1960.” Retrouvez la suite de cet entretien dans la Quinzaine n°988.

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