avril 15, 2010
par capucinebordet
“Paradoxes d’une nation”, un article d’Hugo Pradelle
STEPHEN WRIGHT
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“LA POLKA DES BÂTARDS”(The Amalgamation Polka) trad. de l’anglais (États-Unis) par Serge Chauvin, Gallimard, coll. « Du monde entier », 416 p., 23 €
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MÉDITATIONS EN VERT
(Meditations in Green) trad. de l’anglais (États-Unis) par François Happe Gallmeister, 400 p., 24 €
Avec ces deux romans, nous découvrons un auteur magistral s’interrogeant sur les rapports compliqués qui s’ordonnent entre violence et progrès, sur les contradictions terribles qui font de l’Amérique ce qu’elle est. Démesurée, l’œuvre de Wright entreprend, avec une extraordinaire cohérence, la nature paradoxale d’un peuple de « dévorateurs » et nous entraîne dans l’aventure fascinante d’une nation qui s’exorcise.
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“Tours, détours et Imprévus”, un article de Norbert Czarny
CHRISTIAN OSTER
DANS LA CATHÉDRALE
Minuit, 144 p., 13,50 €
Il suffit de peu au narrateur des romans de Christian Oster pour être perturbé : une mouche qui prend ses aises dans une chambre, un rhume persistant, du sable envahissant le seuil d’une maison, ou au pis, une sacoche égarée ou une femme aimée qui est partie. Il est question de choses voisines, dans le nouveau roman d’Oster, Dans la cathédrale. Il est aussi question de mariage.
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“Le châtiment de la beauté”, un article de Hugo Pradelle
JACQUES TOURNIER
FRANCESCA DE RIMINI
Seuil, 120 p., 140 €
Un roman à la fois doux et brutal, comme écrit en sourdine, en deçà d’un récit repris, comme un fil que l’on tire d’une précieuse passementerie qui se défait. Un beau portrait de femme en même temps qu’un conte sur le désir empêché, l’amour et l’infidélité, l’ennui et la soumission, la politique et la volupté, la liberté et son châtiment.
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“Un texte plein de crevasses”, un article de Laurent Margantin
WERNER KOFLER
DERRIÈRE MON BUREAU,
TRIPTYQUE ALPESTRE I
trad. de l’allemand (Autriche) et présenté par Bernard Banoun
Éditions Absalon, 188 p., 18,50 €
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CAF’CONC’TREBLINKA,
REPRÉSENTATION PRIVÉE
trad. de l’allemand (Autriche) et postface par Bernard Banoun
Éditions Absalon, 61 p., 9,50 €
Les éditions Absalon continuent à nous faire découvrir un auteur autrichien important, Werner Kofler, de la même génération qu’Elfriede Jelinek.
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“L’énigme”, un article de Hugo
ANTONI CASAS ROS
ENIGMA
Gallimard, 252 p., 16,90 €
À la fin de son premier roman, Antoni Casas Ros écrivait : « j’ai rêvé de mon prochain roman. Je ne compte pas m’ar rêter là ! Un sujet à la hauteur de mes ambitions. Celui-ci n’est qu’un prélude. […] Au travail, essaie de t’étonner toi-même ! ». C’est chose faite ! Avec Enigma, il nous enchante par la virtuosité d’un style cristallin, la profondeur d’une construction en abîme saturée d’ironie et de jeux formels, qui portent une histoire troublante, sensuelle et douloureuse. Nous croyons désormais un peu plus au pouvoir de la poésie, enivrés de son parfum sulfureux, proférant avec l’auteur « que la souffrance soit la porte de la littérature ».
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“Aspects de la littérature russe”, un article de Christian Mouze
ARKADI BABTCHENKO
LA COULEUR DE LA GUERRE
trad. du russe par Véronique Patte
Gallimard, 425 p., 26 €
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VLADIMIR SOROKINE
ROMAN
trad. du russe par Anne Coldefy-Faucard
Verdier, 592 p., 29,50 €
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ANDREÏ DMITRIEV
L’AVIATEUR ET SA FEMME
trad. du russe par Lucile Nivat
Fayard, 128 p., 14 €
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LUDMILA PETROUCHEVSKAÏA
LA PETITE FILLE DE L’HÔTEL MÉTROPOLE
trad. du russe par Macha Zonina et Jean-Pierre Thibaudat
Christian Bourgois, 178 p., 18 €
La littérature est une éternité humide d’humanité. Grâce au verbe, les plaies, les cicatrices morales d’un individu ou d’un peuple sont sans retour et ne sont pas destinées à s’effacer. En Russie peut-être plus qu’ailleurs, et en tout cas plus lisiblement qu’ailleurs (à cause de multiples facteurs, géographiques, psychologiques ou proprement historiques liés aux expansions, aux arrêts et au développement violent du pays, en un mot à sa construction identitaire chaotique), elle est le lien même des hommes et de leur Histoire.
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“Colette, butte-témoin”, un article de Maurice Mourier
COLETTE JOURNALISTE
Chroniques et reportages (1893-1945)
texte établi, présenté et annoté par Gérard Bonal et Frédéric Maget
Seuil, 384 p., 21 €
En 1893, Sidonie Gabrielle Colette a vingt ans. Elle épouse Henry Gauthier-Villars, dit Willy, qui en a quinze de plus et une réputation justifiée de journaliste noceur à la mode. « Nègre » de son mari pour les premiers Claudine, qu’il signe de son nom, elle va aussi l’aider pour quelques-unes des nombreuses chroniques – musicales notamment, opéras et concerts – qu’il place un peu partout. Tels sont les premiers « apprentissages » littéraires dont elle parlera plus tard, et qui ont constitué au f il de treize années, celles de leur union, le socle d’une exceptionnelle carrière, achevée avec la mort de Colette en 1954.
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“Je l’écoute, je l’admire, je me tais”, un article de Nicole Casanova
DOMINIQUE BONA
CLARA MALRAUX, biographie
Grasset, 470 p., 20,90 €
Ainsi Clara Malraux définit-elle sa relation avec l’auteur de “La Condition humaine”, et la cause de leur rupture.
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“Faire cortège à ses sources”, un article de Marie Etienne
CLAIRE MALROUX
TRACES, SILLONS
José Corti, coll. « En lisant en écrivant », 220 p., 19 €
Pierre Silvain, romancier et poète, que La Quinzaine littéraire connaissait bien, n’est plus des nôtres depuis peu. Sa compagne, Claire Malroux, écrivait son livre, “Traces, sillons”, à un moment où il était en train de s’affaiblir. Aussi le lui a-t-elle dédié.
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“Une fantaisie abyssale”, un article de Jean-Pierre Tiesset
CHRISTOPH RANSMAYR
DAMES ET MESSIEURS SOUS LES MERS
Damen & Herren unter Wasser
Une histoire en images d’après sept planches photographiques en couleurs de Manfred Wakolbinger
trad. de l’allemand par Nicole Taubes
José Corti, coll. « Merveilleux », n° 44, 80 p., 19 €
On s’aperçoit à la lecture de ce petit livre, un de ceux que Christoph Ransmayr aime intercaler entre des ouvrages où le souffle créateur du romancier se fait plus ample, que la continuité est totale depuis les premiers titres qui ont fait sa notoriété dans le monde des Lettres : cette continuité se manifeste en filigrane dans un même travail aux confins de l’imaginaire et du réel, qui prend ici pour objet la métamorphose, l’instabilité des hommes et des choses qui constitue l’essence même de la vie. L’évolution mise en évidence par Darwin (et dangereusement contestée aujourd’hui par un retour en force du « créationnisme » et de l’obscurantisme) est-elle autre chose qu’une métamorphose de l’espèce étirée dans le temps ?
“Les cous tranchés”, un article de Gilbert Lascault
EXPOSITION CRIME ET CHÂTIMENT
Musée d’Orsay
1, rue de la Légion-d’Honneur, Paris 7e
16 mars – 27 juin 2010
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PUBLICATIONS
JEAN CLAIR et coll.
CRIME ET CHÂTIMENT
Gallimard/musée d’Orsay, 416 p., 476 ill., 49 €
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BERNARD OUDIN
LE CRIME (ENTRE HORREUR ET FASCINATION)
Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard », 128 p.,
150 documents, 14 €
L’exposition féconde, complexe, farouche, fascinante, réunit 476 pièces à conviction, les corps du délit, les objets-fétiches, les choses de maléfice et de séduction. L’exposition rassemble des témoignages (à charge et à décharge) du procès permanent des humains.
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“Une promenade au Louvre”, un article de Gilbert Lascault
JEAN GALARD
PROMENADES AU LOUVRE
EN COMPAGNIE D’ÉCRIVAINS, D’ARTISTES
ET DE CRITIQUES D’ART
Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1 232 p., 31 €
Chaque jour, le Louvre s’ouvre. Les foules s’approchent de la pyramide translucide. Elles s’engouffrent dans les escaliers, dans les salles. À certains moments, les visiteurs, épuisés, s’ennuient, traînent, souffrent. Plus souvent, ils apprennent à regarder les œuvres de près et de loin, en un lieu de jouissances et de sérénité.
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“Pourquoi Spinoza ?”, un article de Marc Lebiez
MAXIME ROVERE
EXISTER
MÉTHODES DE SPINOZA
CNRS Éditions, 384 p., 25 €
Spinoza occupe une position particulière parmi les métaphysiciens classiques. À la différence de Descartes, Leibniz ou Malebranche, auxquels ne s’intéressent vraiment que des professionnels de la philosophie, il attire aussi des lecteurs qu’on pourrait croire rebutés par la diff iculté de son écriture. Qu’y trouvent-ils et, d’abord, qu’y cherchent-ils ?
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“Repenser la démocratie”, un article de Christian Descamps
CORNÉLIUS CASTORIADIS
DÉMOCRATIE ET RELATIVISME
édition établie par Enrique Escobar, Myrto Gordicas
et Pascal Vernay, introduction par Jean-Louis Prat
Mille et Une Nuits, 142 p., 12 €
Avec une régularité digne d’éloge, l’édition française nous offre, chaque année, un nouvel ouvrage de Castoriadis, ce philosophe capitaldisparu en 197. L’an 2010 propose aux éditions Mille et Une Nuits,
Démocratie et relativisme, un débat de 1994 avec la revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales), publié partiellement il y a quinze ans. Ici, l’animateur de Socialisme ou barbarie (1949- 1967) discute, pied à pied, avec Alain Caillé, Jacques Dewitte, Serge Latouche et Chantal Mouffe. Il s’agit de savoir comment les valeurs d’autonomie, de démocratie, ces créations historiques nées dans l’univers gréco-occidental, peuvent prendre et garder sens et force dans d’autres.
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“Comment je suis devenu linguiste”, un entretien avec Jean-Claude Chevalier, réalisé par Omar Merzoug
JEAN-CLAUDE CHEVALIER, avec PIERRE ENCREVÉ
COMBATS POUR LA LINGUISTIQUE
DE MARTINET À KRISTEVA
ENS éditions, 419 p., 44 €
Philologue, linguiste et grammairien, Jean-Claude Chevalier est l’auteur d’une thèse de doctorat sur la “Naissance de la notion de complément dans la grammaire française” (Droz, 1970). Il appartient à cette génération de philologues qui, à l’orée des années 1960, ont découvert la linguistique comme Moïse la Terre promise. Dans un entretien qu’il a bien voulu accorder à La Quinzaine littéraire, Jean-Claude Chevalier revient sur les étapes de son parcours et répond aux questions que pose l’irruption d’une science du langage qui a eu l’ambition de servir de modèle épistémologique aux sciences humaines.
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“Déferlante freudienne”, un article de Michel Plon
de SIGMUND FREUD
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L’INTERPRÉTATION DU RÊVE
trad. inédite et présentation par Jean-Pierre Lefebvre,
Seuil, 701 p., 25 €
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TOTEM ET TABOU
trad. inédite par Dominique Tassel présentation par Clotilde Leguil
Seuil, 309 p., 7 €
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LE MALAISE DANS LA CIVILISATION
trad. inédite par Bernard Lortholary présentation par Clotilde Leguil
Seuil, 185 p., 6,30 €
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LE MALAISE DANS LA CULTURE
trad. inédite par Dorian Astor, présentation par Pierre Pellegrin,
GF Flammarion, 218 p., 4,80 €
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ALAIN DE MIJOLLA
FREUD ET LA FRANCE (1885-1945),
PUF, 947 p., 49 €
Une nouvelle traduction française de “Die Traumdeutung”, ce livre qui fut longtemps un atelier plutôt qu’un livre, sorte de work in progress (cf. La Quinzaine littéraire n° 1009), voilà qui constitue, qui devrait constituer un événement, n’était le risque de son recouvrement par la sorte de déferlante éditoriale qui a commencé d’envahir le marché depuis l’aube de cette année 2010, date de l’entrée de l’oeuvre freudienne tout entière dans le domaine public.
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“François d’Assise dans son époque”, un article de Jean-Maurice Le Gal
ANDRÉ VAUCHEZ
FRANÇOIS D’ASSISE
ENTRE HISTOIRE ET MÉMOIRE
Fayard, 548 p., 16 p. d’ill. hors-texte, 28 €
Toutes les ressources du travail de l’historien sont ici mises en oeuvre, servies par une aisance d’écriture où l’érudition consommée de l’auteur se résout en connaissance familière d’un champ d’études à la fréquentation duquel il nous convie. L’histoire est en effet descriptive en tant qu’elle restitue les conditions d’un temps et les lieux d’une vie dans son cadre social, mais aussi, et conjointement, elle est narrative, s’attachant à suivre le fil d’une vie dans toute sa singularité pour en éclairer chacune des étapes significatives et également la portée, au sein de l’époque, puis dans les échos d’une longue postérité, des événements qui en ont marqué le cours.
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“Une Histoire de la musique sacrée”, un article de Bruno Moisan
DON LUIGI GARBINI
NOUVELLE HISTOIRE DE LA MUSIQUE
SACRÉE, DU CHANT SYNAGOGAL
À STOCKHAUSEN
trad. de l’italien par Pierre-Emmanuel Dauzat
Bayard, 592 p., 35 €
La lecture du livre de Don Luigi Garbini, sans atteindre le degré d’agitation d’une tempête sur le lac de Tibériade, n’en demeure pas moins un voyage quelque peu déroutant. Tout commence lorsqu’on ouvre le livre. Première de couverture
très esthétique. Un antiphonaire, artistiquement partagé en deux moitiés asymétriques, celle de gauche lumineuse, celle de droite progressivement assombrie en un élégant dégradé, est percé, en haut à droite, d’un cercle laissant apparaître
un ciel bleu moutonné de nuages. Là encore, il s’agit de montrer l’impureté, l’altération qui est finalement l’une des thèses du livre.
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“Univers parallèles, science ? fiction ?”, Jean-Michel Kantor
THOMAS LEPELTIER
UNIVERS PARALLÈLES
Seuil, coll. « Science ouverte », 288 p., 20 €
Croyez-vous à l’existence d’univers parallèles, d’autres univers que le nôtre, dont nous serions à jamais séparés ? De la science-fiction ? Pas seulement ! Thomas Lepeltier, historien et philosophe des sciences, nous montre que cette idée étrange a peu à peu acquis le statut d’une véritable hypothèse scientifique.
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