A quoi sert l’école ?

mai 31, 2008

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Revue N° 916 parue le 01-02-2006

L’avènement de l’école publique, gratuite, obligatoire puis laïque est constamment célébré par la pensée républicaine comme une victoire sur l’ignorance des masses, comme une grande avancée de l’humanité sur la voie de l’égalité des chances. L’objectif de cet ouvrage, publié à l’origine dans Recherches en 1976 sous le titre L’Ensaignement (sic) et réédité aujourd’hui dans la collection au titre éloquent Les Empêcheurs de penser en rond, était de remettre en cause cette autocélébration.

Rémy Pawin est agrégé d’histoire et doctorant Lisez la suite de cette entrée »


L’Ecole est mal fichue

mai 31, 2008

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Revue N° 567 parue le 01-12-1990

Les problèmes de l’école en France ont motivé tant d’études savantes ou polémiques, tant de rapports officiels documentés et bien pensés qu’on peut croire le sujet épuisé. Il n’en est rien. Voici trois livres qui viennent enrichir et actualiser une bibliographie déjà surabondante et dont la parution, précédant de peu une nouvelle crise du monstre (avec fièvre au niveau lycée) présente d’autant plus d’intérêt.

Gilbert Walusinski Lisez la suite de cette entrée »


L’école, entre réformes et nostalgie

mai 31, 2008

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Revue N° 794 parue le 16-10-2000

Une école contre l’autre
Jean-Paul Champseix
Denis Kambouchner
PUF

Le nombre impressionnant d’ouvrages portant sur le système
éducatif français est révélateur de l’ampleur du problème
ainsi que de l’intérêt qu’il suscite. Par les bilans proposés, les
jugements formulés et les remèdes préconisés, ces livres
attestent de la diversité des positions intellectuelles et
sociales des auteurs et, partant des questions posées. Plus
encore, ils démontrent, s’il en était besoin, que l’objet d’étude
lui même n’est en rien l’imaginaire collège unique ou même
” le Lycée ” mais bien toute une gamme d’établissements, de
la ZEP (Zone d’éducation prioritaire) dite ” sensible ” dans la
langue de bois rectorale, à l’institution qui accueille l’élite
scolaire. Le choix qui suit, volontairement éclectique,
souligne la variété des propos et des regards portés avec
passion et honnêteté sur cette école qui occupe, en France,
une place éminemment symbolique. Lisez la suite de cette entrée »


Laurent Cantet, l’ensemble des rapports humains

mai 31, 2008

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Revue N° 778 parue le 01-02-2000

Faut-il une fois encore entériner l’hypothèse d’une ” crise “
dans le cinéma ? Entre les exigences dérisoires de quelques
metteurs en scène frustrés qui confondent la critique et la
publicité, d’un côté, et puis, de l’autre côté, les calfeutrages
et les rancoeurs que découpe la paranoïa de cette critique, il
semblerait, vu de loin, qu’il apparaisse quelque chose
comme des lézardes. Mais on peut se demander aussi si
l’abîme ne s’est pas ouvert ailleurs, entre un cinéma fasciné
par l’avenir radieux de sa modernité et une autre manière de
filmer, plus distante et plus attentive, qui ne craint pas de
laisser filer ses comédiens et s’installe avec prudence dans
ce que Martin Heidegger appelle ” le libre jeu de l’éclaircie “. Lisez la suite de cette entrée »


Pennac, le rescapé

novembre 29, 2007

Pendant toute sa scolarité, Daniel Pennachioni a eu la sensation d’être un bout de bois à la dérive, bringuebalé par des flots de connaissances inaccessibles, des vagues de données incompréhensibles. Pourtant, en 2006, cet ex-cancre faisait son entrée dans les dictionnaires Larousse et Robert, sous le nom de Daniel Pennac. Mieux, il vient de recevoir le prix Renaudot pour Chagrin d’école (Gallimard), le récit même de ses années d’ “adolescent installé dans la conviction de sa nullité”. Une revanche magistrale pour cet adulte qui n’a renié ni les peurs ni la fantaisie de son enfance et reconnaît que “ si l’on guérit parfois de la cancrerie, on ne cicatrise jamais tout à fait des blessures qu’elle nous infligea ”.

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        (Photo : Soezic)

Né au Maroc d’un père officier, dans une famille cultivée, précédé par trois enfants qui avaient connu des scolarités sans histoire, le petit Daniel n’avait aucune raison atavique de porter un bonnet d’âne. Ni de devenir un écrivain génial, traduit dans 20 langues, d’ailleurs. Affligé d’une dysorthographie chronique et d’une imperméabilité totale aux mathématiques comme à l’anglais et à la mémorisation des dates, le petit Daniel s’enferma dans la certitude du “ No future ”. Il émeut le lecteur de Chagrin d’école en racontant que ces années de “ cancrerie ” ont laissé des traces indélébiles dans sa vie d’écrivain : des tendances à l’angoisse de la page blanche, à la “ rêverie, la procrastination, l’éparpillement, l’hypocondrie ”.

Pourtant, au milieu de toutes ses lacunes scolaires, le cancre avait un talent : celui de la narration. Un professeur de lettres le comprit et fit sauter le verrou en lui en remplaçant l’exercice de dissertation par celui d’écriture d’un roman, chapitre par chapitre. Devenu professeur de français en 1969 dans un magnifique pied de nez à la vie, Pennac se voua corps et âme à la même tâche : celle de faire sauter les verrous qui empêchaient ses élèves d’apprécier la beauté de la langue française. Pendant 25 ans, il tâcha d’incarner sa matière devant ses classes, de créer ce “ présent d’incarnation ” qu’il préconise dans Chagrin d’école, comme une méthode éprouvée, pas une doctrine pédagogique.

Lire, écrire et enseigner devinrent un triptyque magique où les enfants étaient à la fois un auditoire et une source d’inspiration inépuisable. En inventant le personnage de Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel, aussi attachant qu’improbable, Daniel Pennac s’imposa comme le provocateur en chef de la littérature jeunesse. Puisant aussi bien dans la verve de Raymond Queneau que dans ce que d’autres appellent le “ sabir des banlieues ”, il créa une langue qui ne mâche pas ses mots, saturée d’argot et de néologismes. Une langue où l’on prononce un “ spitch ”, où l’on “ morfle ” et gagne du pognon, dans un Belleville, peuplé de “ camés ” et de flics travestis.

Tous ceux qui ont taxé avec dédain la série des Malaussène, qui s’amuse des codes du roman noir, de littérature populaire, voire de démagogie langagière, ont intérêt à redécouvrir Pennac avec Chagrin d’école. Ils y découvriront une gravité, une vulnérabilité qu’on ne décèle pas toujours sous sa folie verbale. Ils y trouveront aussi de quoi faire réfléchir tous les adultes persuadés d’être devenu “ quelqu’un ” qui assènent aux enfants des “ tu ne feras jamais rien de ta vie ! ”, des “ Vous, Pennacchioni, le BEPC ? Vous ne l’aurez jamais ! Vous m’entendez ? Jamais ! ”.

Béatrice Roman-Amat

Bibliographie sélective
1973 : Le service militaire, au service de qui ? 1982 : Cabot-Caboche
1985 : Au bonheur des ogres
1987 : La fée carabine
1989 : La petite marchande de prose
1992 : Comme un roman
1993 : Kamo, l’idée du siècle (Illustrations de Jean-Philippe Chabot)
1995 : Monsieur Malaussène
1996 : Des Chrétiens et des Maures
1997 : Kamo, l’agence Babel (Illustrations de Jean-Philippe Chabot)
1998 : Aux fruits de la passion
2000 : La débauche (illustrations de Jacques Tardi)
2003 : Le dictateur et le hamac
2004 : Merci
2007 : Chagrin d’école

On peut trouver des articles consacrés à Daniel Pennac dans les archives de la Quinzaine :

Daniel Pennac, Au bonheur des Ogres. Un article de Serge Quadruppani, ” Eloge du paumé “. Revue N° 494 parue le 01-10-1987

Daniel Pennac, Au bonheur des ogres. Un article de Pierre Lepape, ” Ecrivains eux aussi “. Revue N° 443 parue le 01-07-1985

Extrait de l’article « Quand l’Armée prend soin de la Nation » de Bernard Rémy (publié le 01-03-1974), consacré à Le Service militaire, pour quoi faire ? de Daniel Pennac

« Pour Daniel Pennac, avec le service militaire, quelque chose de civil se continue : l’armée, c’est ce qui ferait passer de l’immaturité familiale à l’immaturité du métier, de la vie conjugale, de la vie politique. Autre chose également se continuerait et traverserait la vie de caserne : le rapport de domination patron/ouvrier se traduirait dans la forme E.O.R.appelé ; ce serait la figure militaire d’une forme de pouvoir de nature civile. Dans la continuité qui conduit à lier le savoir militaire de l’officier supérieur au, savoir du diplômé de l’Université dam la figure unique de l’Elite. Le service militaire en tant que médiation, relais quasi civil, ne ferait que déplacer des questions et conflits civils d’un domaine la famille, par exemple dans un autre le métier.
Quelle hiérarchie ?
Cet enserrement du service entre le point de vue d’un commencement civil et le point de vue d’une finalité civile s’accompagne, puisque rien de bien nouveau en fait ne s’accomplit, de remarques conservatrices, dépressives, sur “l’ignorance des masses”, leur “intégration aux rouages du système”. Mais la hiérarchie militaire annonce-t elle, prépare t-elle à la hiérarchie civile ? N’est ce pas une hiérarchie d’une tout autre nature où en certaines circonstances elle disparaît, où le moindre soldat peut disposer d’un pouvoir absolu ? L’exercice du pouvoir militaire recoupe-t-il les différenciations sociales ? »