juillet 20, 2010
par capucinebordet
“Herman l’Obscur”, un article d’Antoine Cazé
HERMAN MELVILLE ŒUVRES IV : BARTLEBY LE SCRIBE, BILLY BUDD, MARIN et autres romans Édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski, trad. de Ph. Jaworski et P. Leyris Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1 424 p., 62,50 €
Avec ce quatrième volume s’achève la publication des œuvres du géant des lettres américaines en traduction française dans la collection de « la Pléiade », édition à tous égards monumentale dont Philippe Jaworski a été l’architecte depuis 1997. Il faut saluer la qualité exceptionnelle de ce travail éditorial, tant pour les traductions nouvelles qu’il a entraînées – prêtant au français toutes les couleurs aptes à transmettre la complexité de ces grands textes – que par les annotations érudites auxquelles il a donné lieu.
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“L’amour aurait pu me sauver”, un article de Jacques Fessard
ALEJANDRA PIZARNIK JOURNAUX 1959-1971 trad. de l’espagnol (Argentine) par Anne Picard José Corti, 363 p., 22 €
Issue pour une part du surréalisme et plus encore d’une expérience vitale tout à fait singulière, la poésie d’Alejandra Pizarnik a déjà nombre de lecteurs en France depuis bientôt un quart de siècle. Mais c’est un tout autre pan de son œuvre qui nous requiert aujourd’hui : son journal intime, témoin de ses tourments et de ses aspirations, tenu presque jusqu’à la veille de son suicide, à l’âge de trente-six ans.
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“Dans le désert”, un article de Hugo Pradelle
ROBERT COOVER VILLE FANTÔME Ghost Town trad. de l’anglais (États-Unis) par Bernard Hoepffner
Seuil, coll. « Fiction & Cie », 228 p., 19 €
Dix ans avant de publier “Noir”, Robert Coover écrivait “Ville fantôme”, un autre roman inscrit entre parodie et réflexion profonde, un récit étrange, irréel et drôle, sous forme de mirage.
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“Chronique d’un échec programmé”, un article de Jean-Luc Tiesset
CHRISTOPH HEIN PAULA T. UNE FEMME ALLEMANDE Frau Paula Trousseau trad. de l’allemand par Nicole Bary Éd. Métailié, 418 p., 22 €
Christoph Hein raconte l’histoire d’une femme, Paula Trousseau, qui naît et grandit en RDA et voit à quarante ans disparaître l’État socialiste allemand. Elle tente de conquérir sa place de femme et de peintre contre sa famille, son père surtout qui se comporte en tyran, mais aussi contre tous les hommes qui, prétendant l’aider, parsèment d’embûches le chemin qu’elle veut suivre pour devenir elle-même. À de rares exceptions et à de rares moments près, ils ne croient pas en elle. Ce qui pourrait être un roman de formation débouche apparemment sur un échec : Paula se suicide en France, son corps est retrouvé dans la Loire. Mais ce suicide, qui ne constitue pas une première tentative et a été mûrement préparé, n’a-t-il pas une autre signification ?
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“Un horizon quotidien”, un article de Georges-Arthur Goldschmidt
HANS-ULRICH TREICHEL ANATOLIN trad. de l’allemand par Barbara Fontaine Gallimard, 126 p., 15,40 €
Dès 1993 l’attention avait été attirée sur Hans-Ulrich Treichel à l’oc- casion du prix d’encouragement qui accompagne le prix de littérature de la ville de Brême, à l’occasion d’un récit à la fois mélancolique et drôle où son personnage qui lui ressemble fort, originaire de Westphalie de l’Est, région toujours présente dans ses livres, va à la découverte de lui-même d’abord à travers des aventures italiennes toujours cocasses, rien n’est comme on le suppose et les rencontres avec des psychanalystes bavards et incertains sont tout à fait drôles, ce petit livre intitulé Du corps et de l’âme, non traduit, semble-t-il à ce jour, contient déjà tous les motifs futurs de l’œuvre de Treichel.
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“L’ironie salvatrice”, un article de Natacha Andriamirado
SYLVIE AYMARD LA VIE LENTE DES HOMMES Maurice Nadeau, 140 p., 16 €
Des êtres sans plainte aucune qui font aller et qui vivent comme ils peuvent. Certains « s’évanouissent du monde », d’autres ayant « fait l’apprentissage de la liberté » refusent de se soumettre. On aime Sylvie Aymard pour la subtilité de son écriture, toujours ironique et jamais moqueuse, toujours pudique, jamais démonstrative.
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“Portraits et autoportraits gigognes”, un article de Philippe Di Meo
JACQUES RÉDA AUTOPORTRAITS Fata Morgana, 192 p., 17 € et L’IMPROVISTE Gallimard, coll. « Folio », 416 p., 9,20 €
Étrangement, en dépit d’une notoriété indéniable, il semblerait que tout un pan de l’œuvre de Jacques Réda, en effet dispersée, celle du critique, soit encore peu ou mal connue. L’impérieux besoin si commode, mais si simplificateur, consistant à étiqueter ou à reconduire à un stéréotype une œuvre abondante et diverse ne l’occulte-t-il pas ? Et puis, après tout, le mot « critique » convient-il bien ?
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“Forces du roman”, un article de Claire Richard
DOMINIQUE RABATÉ LE ROMAN ET LE SENS DE LA VIE José Corti, coll. « Les Essais », 128 p., 19 €
Pourquoi lisons-nous ? Que nous disent les romans de « l’énigme brûlante du sens de la vie », selon la belle formule de Walter Benjamin ? C’est finalement la seule question qui vaille en littérature. Il faut « remettre le roman au cœur des débats, lui rendre sa vertu polémique », affirme Dominique Rabaté. Car le roman nous offre la possibilité de penser la vie dans son ambiguïté. Une idée qui n’est pas sans conséquences politiques.
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“Stefan George, Mallarmé et l’empire de la poésie”, un article de Laurent Margantin
LUDWIG LEHNEN MALLARMÉ ET STEFAN GEORGE Politiques de la poésie à l’époque du symbolisme Presses de l’université Paris-Sorbonne, 704 p., 33 €
Ludwig Lehnen a publié l’an dernier une édition bilingue des Poésies complètes de Stefan George (QL n° 1 003), poète allemand de la première moitié du XXe siècle (il convient sans doute de le rappeler au lecteur d’aujourd’hui, tellement son nom, célèbre en son temps, a perdu de son aura dans l’histoire littéraire).
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“Jacqueline Lamba”, un article de Dominique Rabourdin
ALBA ROMANO PACE JACQUELINE LAMBA. PEINTRE REBELLE, MUSE DE L’AMOUR FOU trad. de l’italien par Pascal Varejka, Gallimard, coll. « Témoins de l’art », 320 p., 23,50 €
« Et je puis bien dire qu’à cette place, le 29 mai 1934, cette femme était scandaleusement belle. » Ces mots d’André Breton n’ont cessé de nous faire rêver, de nous faire désirer en savoir plus sur celle qui devient dans son livre L’Amour fou « la toute-puis- sante ordinatrice de la nuit du Tournesol ». Alba Romano Pace publie aujourd’hui sa biographie, la première : Jacqueline Lamba. Peintre rebelle, muse de l’amour fou. Le titre de son livre en précise l’objectif : montrer que Jacqueline Lamba, avant d’être la « muse de L’Amour fou », celle qui, cette nuit du 29 mai 1934, décide d’aller à la rencontre d’André Breton pour entrer souverainement dans sa vie, fut aussi « peintre rebelle », « surtout et tout d’abord une artiste d’un talent remarquable et d’une exceptionnelle sensibilité ».
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“Les frères van Velde”, un article de Georges Raillard
EXPOSITION BRAM ET GEER VAN VELDE DEUX PEINTRES/UN NOM Musée des Beaux-Arts de Lyon du 16 avril 2010 au 19 juillet 2010
En 1948, “Derrière le Miroir”, la belle revue de la Galerie Maeght publiait un numéro double. Toute la couverture est tenue par une grande composition graphique inspirée du cubisme. En dessous, deux noms, Bram et Geer van Velde.
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“Faire, apprendre, penser”, un article de Marc Lebiez
RICHARD SENNETT CE QUE SAIT LA MAIN La culture de l’artisanat trad. de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat Albin Michel, 408 p., 23 €
On ne pense que dans des mots et la matière est extérieure aux mots ; elle échappe donc à une saisie complète par la raison. Toute la philosophie part de cet axiome fondamental pour se demander comment comprendre ce qui est. Mais le sens même de ce que c’est que comprendre est alors en jeu. Pour ceux qui se rattachent à l’école pragmatiste, c’est dans la relation qu’instaure le faire que nous aurions la meilleure saisie de ce qu’il en est de la matière.
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“L’échappement de l’histoire”, un article de Laurence Zordan
La Zone grise Entre accommodement et collaboration sous la direction de Philippe Mesnard et Yannis Thanassekos Éd. Kimé, coll. « Histoire & Mémoire », 255 p., 25 €
ÉTIENNE JAUDEL LE PROCÈS DE TOKYO Un Nuremberg oublié Odile Jacob, 156 p., 19 €
Documentée, compulsée, commentée, archivée, l’histoire fournit les matériaux d’un socle sur lequel prendre appui : elle offre ses exemples et ses leçons, et tout l’éventail de l’utilisation subjective de données objectivement établies. Et pourtant, zone grise et trou noir démentent ce préjugé de solidité et de lucidité.
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“De la Reconstruction”, un article de Liliane Kerjan
FELIX ROHATYN CES HOMMES QUI ONT FAIT L’AMÉRIQUE Bold Endeavors trad. de l’anglais par Hélène Demazure Éd. Saint-Simon, 196 p., 23 €
Grand banquier d’affaires, ancien ambassadeur de Bill Clinton en France, Felix Rohatyn nous livre ses réflexions de bâtisseur et de sauve-teur. Éloge de l’audace, diaporama de deux siècles de l’histoire d’une nation, voici un livre concret, engagé, au moment où « l’Amérique tombe en lambeaux, littéralement ». Un livre salutaire.
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“La querelle du postcolonial”, un article de Patrick Sultan
Ruptures postcoloniales Les nouveaux visages de la société française Sous la direction de N. Bancel, F. Bernault, P. Blanchard, A. Boubeker, A. Mbembe et F. Vergès La Découverte, coll. « Cahiers libres », 540 p., 26 €
JEAN-FRANÇOIS BAYART LES ÉTUDES POSTCOLONIALES Un carnaval académique Karthala, coll. « Disputatio », 126 p., 15 €
Depuis une dizaine d’années déjà, les travaux pluridisciplinaires effec-tués dans les universités anglo-saxonnes sous la dénomination d’« études postcoloniales » s’introduisent dans le champ scientifique français. Bon nombre de savants (historiens, géographes, sociologues…) s’inspirent de ces recherches attachées à décrypter le passé colonial des nations et surtout à dévoiler sa permanence et ses effets dans le devenir des sociétés décolonisées. Ils les discutent également et les nuancent. Cette confrontation des idées et des méthodes pourrait s’effectuer en toute quiétude, dans la paix relative du débat scientifique. Or, il n’en est rien. Les Postcolonial Studies semblent vouées à déclencher la polémique.
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“La passion du bric-à-brac”, un article de Jean-Jacques Lefrère
PHILIPP BLOM UNE HISTOIRE INTIME DES COLLECTIONNEURS Payot, 346 p., 21,50 €
La manie de la collection ne date pas des deux siècles que nous traversons. Elle sévit depuis bien des lustres et s’est étendue sur les bibelots les plus divers. S’il fallait énumérer toutes les lubies, tous les caprices des collectionneurs d’objets plus ou moins curieux, la liste serait interminable et à coup sûr incomplète. Dans son Histoire intime des collectionneurs, Philipp Blom s’est gardé de toute prétention à l’exhaustivité. Bien au contraire, il a choisi de ne retenir qu’une poignée de personnages emblé-matiques, dont il égrène les histoires à travers une série de chapitres édifiants et de lecture plaisante.
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“Le paradoxe du solitaire”, un article de Monique Le Roux
EUGÈNE IONESCO LE SOLITAIRE Mise en scène de Jean-Louis Martinelli Théâtre de la Madeleine Jusqu’au 31 juillet 2010
JEAN-LUC LAGARCE GIUSTO LA FINE DEL MONDO Mise en scène de Luca Ronconi Théâtre de la Ville
Incarner sur un plateau un personnage isolé, coupé de ses semblables, paraît une entreprise paradoxale : Jean-Louis Martinelli l’a tentée, en adaptant le roman d’Eugène Ionesco, “Le Solitaire”, au Théâtre de la Madeleine, Luca Ronconi en mettant en scène au Piccolo Teatro de Milan “Giusto la fine del mondo”, version italienne de la pièce de Jean-Luc Lagarce, “Juste la fin du monde”, présentée lors de la première édition des « Chantiers d’Europe » au Théâtre de la Ville.
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“L’amour des sons”, un article de Thierry Laisney
JOHN CAGE JE N’AI JAMAIS ÉCOUTÉ AUCUN SON SANS L’AIMER : LE SEUL PROBLÈME AVEC LES SONS, C’EST LA MUSIQUE Suivi d’Esthétique du silence par Daniel Charles, La main courante, 46 p., 12 €
John Cage (1912-1992) déclarait qu’avant d’aimer la musique il aimait les sons ; les sons, il faut les écouter pour eux-mêmes et non par le biais des relations qu’on peut établir entre eux. C’est le sens du titre donné à la présente conférence (prononcée à Pérouse en juin 1992), l’une des dernières de Cage et qui, malgré sa brièveté, nous dit pas mal de choses sur lui.
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