Georges Perec, “Le Condottière”, par Tiphaine Samoyault

ROMANS, RÉCITS 

Le premier sera le dernier, un article de TIPHAINE SAMOYAULT

Perec, mort en 1982, pensait à jamais perdu le texte de son premier véritable roman, jeté par erreur lors d’un déménagement. Retrouvé par David Bellos lors de la monumentale enquête qu’il conduisit pour faire la biographie de l’auteur, il est aujourd’hui publié sous son titre final, Le Condottière

GEORGES PEREC, LE CONDOTTIÈRE, Préface de Claude Burgelin Seuil, coll. « La librairie du XXIe siècle », 203 p., 17 euros 

Après Les Errants, écrit à vingt ans et dont le manuscrit semble définitivement perdu, et L’Attentat de Sarajevo montré à Maurice Nadeau qui l’encourage mais ne le publie pas, Le Condottière constitue donc la troisième marche de l’escalier conduisant Perec au statut d’écrivain. Accepté sous une forme intermédiaire par Georges Lambrichs pour son excellente collection « Le Chemin », il reçoit même un à-valoir pour ce manuscrit, ce qui lui donne déjà des prérogatives socioéconomiques d’auteur. Il sera finalement refusé en 1960 dans sa version abrégée et définitive, alors que Perec se trouve déjà avec sa femme Paulette à Sfax en Tunisie (future situation des Choses), aux prétextes suivants : « On a trouvé le sujet intéressant et intelligemment traité, mais il semble que trop de maladresse et de bavardages aient braqué plusieurs lecteurs. Et même quelques jeux de mots, par exemple : “Un bon Titien vaut mieux que deux Ribera”. » Toutes ces informations sont données dans la préface dont Claude Burgelin accompagne intelligemment et amicalement l’ouvrage. Proche compagnon de Perec à cette époque-là, il avait lu ce texte en 1960 et le relit cinquante ans plus tard, conscient du fait que la distance est chargée des développements de l’œuvre ultérieure, de la notoriété acquise par l’auteur de façon essentiellement posthume, mais aussi de l’amitié engagée d’autrefois.  Lire la suite

La Quinzaine littéraire n°1058 du 1er au 15 avril 2012

(Télécharger le numéro en PDF)

ROMANS, RÉCITS

La longue nuit du ghetto, un article de HUGO PRADELLE

EDGAR HILSENRATH, NUIT, trad. de l’allemand par Jörg Stickan et Sacha Zilberfarb Attila, 560 p., 25 euros

STEVE SEMSANDBERG, LES DÉPOSSÉDÉS, trad. du suédois par Johanna ChatellardSchapira Robert Laffont, coll. « Pavillons », 592 p., 22 euros 

Écrits à près de cinquante ans de distance, deux romans qui font se déployer des stratégies narratives et esthétiques différentes pour rendre compte de la pérennité de la violence, de son extrémité absurde, de la survie traumatique, de la barbarie totale. Une plongée sidérante au cœur d’une nuit sans fin…

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Au retour du Mexique, un article de AGNÈS VAQUIN

CAROLINE LAMARCHE, LA CHIENNE DE NAHA, Gallimard, 202 p., 17,50 euros

Caroline Lamarche est allée au Mexique. Un voyage qui date de quelques années. Elle en a rapporté une sorte d’état des lieux où elle a séjourné et, comme le diable, l’horreur est dans les détails. Elle a adopté pour viatique cette légende de la « chienne de Naha » appartenant à la mythologie des Indiens Triquis. À partir de là, elle se livre à un questionnement sur soi, son enfance, son entourage, la place de la femme ici et là-bas, l’amour, la vie, la mort. Que l’autobiographie affleure à l’occasion n’est naturellement pas exclu, mais attention : « Je me souviens de la maison de Montreuil, à laquelle je viens de trouver une façade pour signaler le départ de cette invention qu’est le récit de mon enfance. » La phrase peut être piégée.

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Le premier sera le dernier, un article de TIPHAINE SAMOYAULT

GEORGES PEREC, LE CONDOTTIÈRE, Préface de Claude Burgelin Seuil, coll. « La librairie du XXIe siècle », 203 p., 17 euros

Perec, mort en 1982, pensait à jamais perdu le texte de son premier véritable roman, jeté par erreur lors d’un déménagement. Retrouvé par David Bellos lors de la monumentale enquête qu’il conduisit pour faire la biographie de l’auteur, il est aujourd’hui publié sous son titre final, Le Condottière.

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Revues – du 1er au 15 février 2012

REVUES

Littérature n° 164 (hiver 20112012, 108 p., 18 €)

La dernière livraison de la revue trimestrielle Littérature est entièrement consacrée à un hommage à l’écrivain et critique littéraire Jean-Pierre Richard. Aux détours des très bons textes de Pierre Bergounioux, Pierre Michon, Jean-Claude Mathieu, Dominique Barbéris pour ne citer qu’eux, des écrivains et critiques littéraires évoquent à leur manière, parfois sous forme autobiographique, leur relation avec Jean-Pierre Richard et l’importance de son œuvre critique. Près de la moitié du volume est consacrée aux textes de l’écrivain lui-même et se clôt avec un entretien dont les propos sont recueillis par Yvan Leclair. Lire la suite

Le chemin de la vie, Arte diffuse le documentaire de Ruth Zylberman sur Maurice Nadeau

Arte Célèbre le centenaire de Maurice Nadeau :

Maurice Nadeau : Voir la vidéo sur le site d’Arte

Critique littéraire et éditeur depuis 1945, il a fait découvrir en France David Rousset, Malcolm Lowry, Varlam Chalamov, Witold Gombrowicz, Leonardo Sciascia, Walter Benjamin, Georges Perec… Il a fondé la revue Les Lettres Nouvelles à laquelle a succédé La Quinzaine Littéraire qu’il anime toujours. Rencontre avec un homme qui aime les livres et ceux qui les écrivent, et qui a toujours défendu la création littéraire avec ferveur.

(France, 2011, 54mn)
ARTE F

Maurice Nadeau Le chemin de la vie, un documentaire de Ruth Zylberman. ( Coproduction : Zadig Productions – Arte France 2011 – 54 mn)

Date de première diffusion:Sam., 28. mai 2011, 16h53

L’INA célèbre le centenaire de Maurice Nadeau

Pour célébrer son centenaire l’INA met gratuitement à votre disposition un portait de Maurice Nadeau composés d’archives vidéo et audio.
Critique littéraire, essayiste, éditeur intuitif et anticonformiste, découvreur de talents comme Henry Miller, Roland Barthes, Witold Gombrowicz, Michel Houellebecq, Georges Perec ou Samuel Beckett, Maurice Nadeau fête ses 100 ans ce 21 mai. Rencontre en vidéos avec le fondateur de la Quinzaine littéraire.
Le replay de Portrait – Maurice Nadeau est rediffusé en streaming gratuit pendant quelques jours.

Pierre Assouline célèbre Maurice Nadeau

Sur le site du Monde.fr, Pierre Assouline célèbre Maurice Nadeau à la Une du Monde des livre.

Voici, ci-dessous, l’intégralité de l’article :

Bon anniversaire, M. Nadeau

Vingt ans. Cela fait déjà vingt ans que les copropriétaires ont signé pour l’ascenseur, deux ans que les travaux ont commencé mais il ne désespère pas, depuis le temps. A croire que l’intime et intense fréquentation des livres prépare à toutes les longues patiences. Parfois, ses jambes le lâchent dans l’ascension de son immeuble perché derrière le Panthéon, mais l’esprit est intact, la mémoire étonnante et la précision dans le détail, implacable.

On s’apprête à le fêter de partout. En avril, il se découvrira de plus d’un fil : Arte le documentarisera, Verdier publiera ses entretiens avec Laure Adler, le Théâtre de l’Odéon lui réservera une surprise, le Centre national du livre le fêtera. “Pfff… Pfff…”Le croisant, l’écrivain Annie Le Brun lui a glissé : “Vous n’avez pas honte d’arriver à cet âge-là ?”

De quoi méditer sur toutes les couleuvres qu’il faut avaler pour dépasser la limite. Il en soupire déjà, mais ne boude pas la consécration. Le maire de Paris a donné le coup d’envoi en lui remettant la médaille de quelque chose de la Ville. Dans son discours de remerciements, le roi d’un jour n’a pu s’empêcher d’être lui-même :“Les honneurs déshonorent… comme disait Flaubert.” Non du mauvais caractère, mais du caractère. De quoi acquérir une réputation : celle d’un éditeur et d’un critique au grand flair. Les deux ont longtemps travaillé chez les autres avant de se ranger sous leur propre bannière : les éditions Maurice Nadeau et La Quinzaine littéraire, journal de critiques où nul n’est payé, étant convaincu que le seul fait d’y paraître suffit à être payé de retour. Georges Perec, Malcolm Lowry, J. M. Coetzee et tant d’autres lui doivent quelque chose. Lire la suite

Il y a quarante ans, dans la Quinzaine

Dans le numéro 99 de la Quinzaine littéraire, paru le 16 juillet 1970, vous retrouverez “Le premier amour” de Samuel Beckett, “La Ville sur la mer” de Suzanne Prou et les “Pensée testamentaire” de  Roger Martin du Gard.  Dans la rubrique littérature étrangère, la revue s’intéressait au livre de Yasunari Kawabata, “Les Belles Endormies” et à celui de Yukio Mishima, “Cinq nô modernes”. Gilles Lapouge s’entretenait avec Élie Wiesel et Jean Duvignaud s’intéressait à Henri Lefebvre. Vous découvrirez également une critique “L’Etudiant”, le livre de Jules Michelet et une autre sur l’essai d’Alfred Willener intitulé “L’Image-action de la société ou la politisation culturelle”. Marie-France Bridelance underground à la Biennale de Venise » et Georges Perec poursuivait son feuilleton littéraire.

Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante ans. Cliquez sur le lien suivant pour accéder au numéro 99

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Il y a quarante ans, dans la Quinzaine…

Dans le numéro 98, paru le 1er juillet 1970, vous découvrirez les chroniques des livre de José Cabanis, “Le Sacre de Napoléon” et des “Saisons”, de Peter Bichsel. Dans la rubrique poésie, Jean-Marie Benoist se penchait sur les “Poèmes élisabéthains (1525-1560)” et Serge Fauchereau sur le recueil de Miodrag Pavlovitch, “La Voix sous la terre”. Marguerite Duras, Lautréamont, Édouard Manet et Pierre Bonnard sont également présents dans ce numéro de la Quinzaine. Marcel Péju analysait l’ouvrage de Mohamed Lebjaoui intitulé “Vérités sur la révolution algérienne” et Pierre Avril lisait pour nous le récit de présidence de Vincent Auriol, “Mon Septennat, Journal du Septennat”. Des essais sur la pédagogie figurent également au programme, à l’instar de  “Libres enfants de Summerhill” de A. S. Neill,  et de”La Reproduction” écrit notamment par Pierre Bourdieu. Sans oublier la suite du très attendu feuilleton littéraire de Georges Pérec ! Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante ans. Cliquez sur le lien suivant pour accéder au numéro 98

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Il y a quarante ans, dans la Quinzaine…

Dans le numéro 97, paru le 16 juin 1970, vous retrouverez un grand dossier sur Georges Bataille, comprenant notamment un entretien avec Roger Caillois, des articles de Maurice Blanchot, Jean Schuster et Lucette Finas… Toujours dans cette édition de la Quinzaine, à la rubrique Arts, découvrez un papier de Marcel Billot sur l’Expressionnisme et un autre article de  Nicolas Bischower sur “Les Galeries”. A la rubrique philosophie figure une chronique de François Châtelet sur “La rose des vents”, un ouvrage de Michel Butor. Robert Paris chroniquait l’essai d’Eugène B. Pasukanis intitulé “La théorie générale du droit et du marxisme” et Michelle Perrot s’intéressait aux Grèves d’hier à aujourd’hui” écrit par Georges Lefranc. Pierre Naville se confiait sur “Qu’est-ce que l’U.R.S.S. ?” et Georges Pérec poursuivait son feuilleton littéraire… Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante ans. Cliquez sur le lien suivant pour accéder au numéro 97

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Il y a quarante ans, dans la Quinzaine…

Dans le numéro 96, paru le 1er juin 1970, vous retrouverez un article de Maurice Nadeau sur la disparition de Georges Limbour, une critique de “La lettre et l’image”, livre de Massin par Roland Barthes, “Temps zéro” d’Italo Calvino, “Les écrits de Sartre” de M. Contat et Rybalka. A la rubrique “Histoire littéraire”, Georges Nivat s’intéressait à l’ouvrage de Mikhaïl Bakhtine “Problèmes de la poétique de Dostoïevski” et du côté des “Bandes dessinées“, Marc Saporta se penchait sur “Xiris” de Serge San Juan. Annie Kriegel chroniquait l’ouvrage d’Andreï Amalrik “L’Union soviétique survivra-t-elle en 1984 ?” par Annie Kriegel, et Roger Bastide celui de G. Van der Leeuw, “La religion dans son essence et ses manifestations, Phénoménologie de la religion”. Vous retrouverez enfin Maurice Renard, sans oublier Georges Perec et la suite de son feuilleton littéraire…Voici en intégralité ce numéro anniversaire, paru il y a tout juste quarante ans. Cliquez sur le lien suivant pour accéder au numéro 96

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