La Quinzaine n°1002, du 1er au 15 novembre 2009

novembre 7, 2009

“Où le romancier en appelle au lecteur : qui était Alejandro Bevilacqua ?”, un article de Jacques Fressard

ALBERTO MANGUEL
TOUS LES HOMMES SONT MENTEURS
trad. de l’espagnol (Argentine) par Alexandra Carrasco
Actes Sud, 203 p., 19 €

On se souvient que l’auteur de ce livre, Alberto Manguel, fut un jour ce jeune étudiant qui, travaillant après les cours dans une librairie de Buenos Aires, se vit solliciter par Borges – alors déjà presque aveugle – pour lui faire la lecture certains soirs.

“Une vraie sépulture”, un article de Norbert Czarny

ALAIN BLOTTIÈRE
LE TOMBEAU DE TOMMY
Gallimard, 220 p., 16,50

L’épopée de l’Affiche rouge oubliée jusqu’à ce qu’Aragon la célèbre dans un fameux poème revient dans l’actualité cet automne à travers deux fictions. La coïncidence est remarquable. D’une part L’Armée du crime, de Robert Guédiguian, d’autre part Le Tombeau de Tommy, roman. Dans les deux cas se posent les questions de la mise en scène, et de l’adaptation. Mais pas seulement.

“Angoisse de la langue “, un article de Hugo Pradelle

JEAN-MICHEL DELACOMPTÉE
LANGUE MORTE, BOSSUET
Gallimard, coll. «L’un et l’autre», 208 p., 18 €

Après son très beau livre sur Ambroise Paré, Jean-Michel Delacomptée revient au Grand Siècle en entreprenant la vie de Bossuet comme celle d’un homme qui « a fait bouger la langue ». Il interroge ainsi, non pas la simple biographie, mais l’aventure même de la langue, son rapport au temps qui la produit, la manière dont l’Homme se conçoit, les inquiétudes que notre société provoque.

“La ritournelle du songe”, un article de Vanessa Aubert

PHILIPPE RAULET
VA-ET-VIENT PARADIS
Verticales, 132 p., 14,90 €

« Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement » (André Breton).Va-et-vient paradis est une sorte d’ovni littéraire surréel. Après Allons, pressons ! publié en 2000, son dernier livre s’ouvre sur un monde communiquant, un univers accédant à tous les possibles, dans lequel les thématiques de la liberté et de la rencontre ne cessent de tournoyer.

“Un club pas comme les autres”, un article de Vanessa Aubert

JEAN-MICHEL GUENASSIA
LE CLUB DES INCORRIGIBLES OPTIMISTES
Albin Michel, 768 p., 23,90 €

Après Pour cent millions, roman policier, publié en 1986 (Liana Levi), Jean-Michel Guenassia ressurgit brillamment sur la scène littéraire avec un nouveau roman. Une énergie romanesque au service d’une chronique mélancolique et étonnante.

“«L’outre-danse» de l’Histoire”, un article de Gabrielle Napoli

ATTILA BARTIS
PROMENADE
Actes Sud, 142 p., 18 €

Cette promenade s’avère être tout autant un parcours géographique et historique qu’une déambulation dans l’intériorité mystérieuse et inquiétante d’un narrateur, dont on supposera au fil de la lecture qu’il s’agit d’une narratrice. Une terrifiante mythologie enfantine s’élabore au fil du récit, et le monde se révèle dans toutes ses failles.

“Comme on composerait une mosaïque”, un article de Sonia Dayan-Herzbrun

KHALED AL KHAMISSI
TAXI
trad. de l’arabe (Égypte) par Hussein Emara et Moïna Fauchier-Delavigne
Actes Sud, 190 p., 18,80€

ELIAS KHOURY
LE COFFRE DES SECRETS
trad. de l’arabe (Liban) par Rania Samara
Actes Sud, 207 p., 19€

On ne sait à quel genre littéraire rattacher le premier livre de l’écrivain égyptien Khaled Al Khamissi. Homme de cinéma, Khamissi a écrit, avec Taxi, ce qui aurait pu passer pour un scénario de ces films italiens à sketches des années 50.

“Voix, scènes, images pour obsessions et fantasmes”, un article de Claire Richard

SARA STRIDSBERG
LA FACULTÉ DES RÊVES
trad. du suédois par Jean-Baptiste Coursaud
Stock, coll. « La Cosmopolite », 411 p., 22,50 €

Dans cette « fantaisie littéraire » sur la vie de Valerie Solanas, la Suédoise Sara Stridsberg explore les multiples facettes d’une vie mal connue, dans un texte hybride et puissant – et montre comment la littérature peut dire beaucoup plus qu’une biographie.

“Vivre dans l’Europe de l’après-guerre”, un article de Gabrielle Napoli

SÁNDOR MÁRAI
LE MIRACLE DE SAN GENNARO
trad. du hongrois par Georges Kassai et Zéno Bianu
Albin Michel, 380 p., 20,90 €

La traduction par Georges Kassai et Zéno Bianu d’un roman de Sándor Márai permet à nouveau au lecteur français de découvrir une œuvre inconnue en France de cet auteur phare de la littérature hongroise. Le Miracle de San Gennaro décrit les habitants des bassos de Pausilippe et leur curiosité pour un couple d’étrangers, installé depuis peu, et dont l’homme veut prétendument sauver le monde.

“«Vieille dame» à la dérive”, un article de Monique Baccelli


trad. de l’italien par Lise Chapuis
Christian Bourgois, 110 p., 17 €

Dans Vipère au poing, Hervé Bazin définissait si bien la marâtre que le surnom qu’il donnait en secret à sa propre mère est quasiment devenu un nom commun : une vraie folcoche, dit-on, de certaines femmes dénuées de sentiments maternels. Et c’est de ce spécimen humain, hélas indestructible, que Rosa Matteucci propose une image réactualisée, et légèrement exotique pour nous, puisque l’extravagante Ada sévit dans un petit village italien.

“Le «monde disparu» de Joseph Roth”, un article de Pierre Pachet

JOSEPH ROTH
CABINET DES FIGURES DE CIRE
précédé d’IMAGES VIENNOISES
trad. de l’italien et présenté par Stéphane Pesnel
Seuil, 238 p., 19 €

CLAUDIO MAGRIS
LOIN D’OÙ ?
trad. de l’italien par Jean et Marie-Noëlle Pastureau
Seuil, 480 p., 26 €

Panoptikum, en allemand, désigne un musée de figures de cire, comme Tussaud ou Grévin. C’était le titre choisi en 1930 par Joseph Roth pour l’un des recueils d’articles parmi lesquels Stéphane Pesnel a choisi avec goût les textes traduits et présentés dans ce volume.

“Les foules des oiseaux, des anges, des rats”, un article de Gilbert Lascault

EXPOSITION MARIE MOREL, PEINTURES
Halle Saint-Pierre 2 rue Ronsard, Paris 18e
10 septembre 2009 – 7 mars 2010
MARIE MOREL
Textes de Pascal Quignard, Pierre Bourgeade, Daniel Marchesseau
Éd. Chalut-Mots / Halle Saint-Pierre, 208 p., nb. ill. coul., 30 €

Dans les immenses tableaux de Marie Morel (née en 1954), les femmes à demi dénudées, les hommes, les oiseaux, les anges qui bandent, les rats, les arbres, les buissons s’accumulent, s’assemblent, s’amassent. Les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) se fréquentent, s’approchent, se conjoignent. Ils s’accolent, se superposent, se stratifient. Ils s’aiment. Ils vibrent.

“Le grand poème shakespearien”, un article de Dominique Goy-Blanquet

MICHAEL EDWARDS
SHAKESPEARE : LE POÈTE AU THÉÂTRE
Fayard, 100 p., 22 €

Pourquoi un poète renonce-t-il à sa souveraineté en se pliant aux contraintes de la scène? That is the question, celle que se posent tous les poètes lecteurs de Shakespeare. La réponse esquissée par Michael Edwards ouvre un vaste champ de questions solidaires, à commencer par celle de la langue, « ce rapport intense avec la vie du langage dans la bouche et dans l’oreille ». Mais lui,le poète poéticien navigant entre deux idiomes, pourquoi a-t-il choisi le français pour revisiter cette œuvre où « Shakespeare donne libre cours à son désir d’entendre l’anglais dans la plénitude de son existence » ?

“Fragments d’un discours politique”, un article de Pierangelo Di Vittorio

COLLECTIF
MAURICE FLORENCE
ARCHIVES DE L’INFAMIE
Les Prairies ordinaires, 160 p., 14

Salué par Gilles Deleuze comme un « chef-d’œuvre », La Vie des homme infâmes est un texte dont on ne saurait négliger l’importance dans l’ensemble des écrits de Michel Foucault. Il est révélateur à la fois des enjeux durables de sa réflexion et des tensions provenant de l’actualité qui l’ont toujours traversée.

“Walter Benjamin et la radio”, un article de Jean Lacoste

PHILIPPE BAUDOUIN
AU MICROPHONE : Dr. WALTER BENJAMIN
Walter Benjamin et la création radiophonique 1929-1933
Éd. de la Maison des sciences de l’homme, coll. «Philia », 270 p., 25 €

Inépuisable Walter Benjamin! C’est tout un pan négligé de son œuvre d’écrivain et de théoricien que Philippe Baudoin met au jour dans un travail de recherche vraiment original qui, non seulement enrichit notre connaissance de Benjamin, ce qui est en soi précieux, mais encore constitue une réflexion actuelle sur ce médium toujours d’avenir qu’est la radio.

“Edgar Morin, un parcours atypique”, un entretien réalisé par Omar Merzoug

EMMANUEL LEMIEUX
EDGAR MORIN, L’INDISCIPLINÉ
Seuil, 569 p., 25 €

Omar Merzoug – À la fin de la biographie qui vous est consacrée, l’auteur dit que vous lui avez proposé d’écrire un ouvrage sur vos rapports avec la guerre d’Algérie, projet qui s’est transformé en biographie…

Edgar Morin – C’est possible, s’il le dit, c’est vrai. Ce dont je me souviens, c’est qu’il a réalisé un entretien pour le journal économique auquel il collaborait, et puis je pense que ça l’a conduit à s’intéresser davantage à moi. C’est par les soins d’une éditrice de chez La Martinière que s’est nouée l’idée qu’il fasse ma biographie…

“La question du corps”, un article de Maïté Bouyssy

JUDITH BUTLER
CES CORPS QUI COMPTENT
De la matérialité et des limites discursives du « sexe »
Éd. Amsterdam, 250 p., 24 €

Ces corps qui comptent reprend le dossier fondamental de la pensée de Judith Butler et appartient au moment fondateur de l’un des chantiers de l’histoire et des sciences humaines qui se sont le plus abondamment développés depuis vingt ans. Plus étayée et moins grand public que Trouble dans le genre, cette analyse de la production historique du corps est strictement constructiviste.

“Si vous avez compris…”, un article de Laurence Zordan

PAUL KRUGMAN
POURQUOI LES CRISES REVIENNENT TOUJOURS
Seuil, 201 p., 17 €

DANIEL COHEN
LA PROSPÉRITÉ DU VICE
une introduction (inquiète) à l’économie
Albin Michel, 283 p., 19 €

« Si vous avez compris ce que j’ai dit, c’est que je me suis mal exprimé » : cette boutade d’Alan Greenspan est, pour paraphraser Kant, révélatrice d’un ton grand seigneur adopté naguère en économie. Naguère, mais pas jadis, puisque c’était hier, avant la crise qui a défrayé la chronique, comme si la faille de la mécanique financière signait aussi la faillite d’un certain type de discours empreint de suffisance. Le retournement de conjoncture n’est pas le simple éclatement d’une « bulle » (terme consacré), car il fait également voler en éclats des schémas de pensée dissimulés sous une rhétorique absconse.

“Les mathématiques, plaisir et savoir”, un article de Jean-Michel Kantor

IAN STEWART
MON CABINET DE CURIOSITÉS
MATHÉMATIQUES
Flammarion, 374 p., 19 €

JEAN-MICHEL SALANSKIS
VIVRE AVEC LES MATHÉMATIQUES
Seuil, 154 p., 17 €

APOSTOLOS DOXIADIS et CHRISTOS H. PAPADIMITRIOU
LOGICOMIX
Illustrations d’Alecos Papadatos et Annie Di Donna
Bloomsbury, 347 p., 22,95 $

Les cabinets de curiosités ont fait rêver des générations d’enfants et d’adultes. Leur charme reposait sur le caractère hétéroclite des curieux objets proposés.

“Germaine et Antonin”, Lucien Logette

GERMAINE DULAC
LA COQUILLE ET LE CLERGYMAN
ALAIN & ODETTE VIRMAUX
ARTAUD/DULAC
Light Cone / Paris Expérimental Coffret comprenant le D.V.D. du film et le livre (160 p.)

«Qui a fait ce film ?» «C’est Madame Germaine Dulac.» «Qu’est-ce que Madame Dulac ? » «C’est une vache. »Le dialogue échangé à voix très haute par des spectateurs, membres non identifiés du groupe surréaliste, lors de la première projection publique de La Coquille et le Clergyman– « scénario Antonin Artaud, composition visuelle Germaine Dulac »– au cinéma des Ursulines le 9 février 1928, fait partie des phrases légendaires, comme«Nous sommes la claque et vous êtes la joue ! »de Desnos à la première de L’Étoile au front ou « Notre collaborateur Benjamin Péret insultant un prêtre »du n° 8 de La Révolution surréaliste. Et le scandale créé par cette intervention demeure dans les riches heures du mouvement dans sa période primitive.

“Bernard-Marie Koltès : vingt ans après”, un article de Monique Le Roux

BERNARD-MARIE KOLTÈS
NICKEL STUFF
Minuit, 128 p., 11,50 €
BERNARD-MARIE KOLTÈS
LETTRES
Minuit, 526 p., 19 €
BRIGITTE SALINO
BERNARD-MARIE KOLTÈS
Stock, 360 p., 21,50 €

ANDRÉ JOB
KOLTÈS, LA RHÉTORIQUE VIVE
Hermann, 136 p., 25 €

Deux décennies ont passé depuis la mort de Bernard-Marie Koltès. Au fil de l’année 2009, manifestations et publications se sont multipliées : commémoration conforme au statut d’un grand écrivain, quelque peu décalée par rapport à la singularité d’une œuvre et d’une personnalité.

“Ils n’ont pas aimé la musique. Dommage !”, un article de Thierry Laisney

SÉBASTIEN ARFOUILLOUX
QUE LA NUIT TOMBE SUR L’ORCHESTRE
Surréalisme et musique
Fayard, 541 p., 24 €

Dans son livre Que la nuit tombe sur l’orchestre, Sébastien Arfouilloux reconsidère l’opinion généralement admise selon laquelle le mouvement surréaliste n’aurait pas touché la musique. Au moyen d’une enquête approfondie, où abondent faits, œuvres et références, il examine les attirances et les influences réciproques qui s’exercèrent entre la musique et les surréalistes (ou les Dada, leurs précurseurs).

 


Auguste Renoir au Grand Palais

octobre 21, 2009

Deux de nos collaborateurs donnent leur avis sur cette expositions. Retrouvez ces deux articles en intégralité dans le n°1001 de la Quinzaine littéraire.

EXPOSITION Renoir au XXe siècle
Galeries nationales, Grand Palais, Champs-Élysées
23 septembre 2009 – 4 janvier 2010
Catalogue sous la direction de Sylvie Patry,
commissaire de l’exposition, 464 p., 49 €, publication RMN
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“Renoir au XXe siècle”, un article de Georges Raillard

Une exposition non conformiste et attrayante : Renoir, parmi ceux à qui il doit quelque chose de son art, Rubens, Titien, Véronèse, Raphaël. Et, surtout, Renoir parmi ceux qui, de son temps ou du nôtre, ont été influencés par lui : Picasso, Matisse, Maillol, Bonnard, dont quelques œuvres le rappellent dans les galeries du Grand Palais.

La dernière exposition rétrospective de Renoir, en 1985, répondait à un regard historique. L’œuvre était distribué selon un classement par périodes, chacune marquée par des tableaux fameux. Sept sections : Les années soixante (Le Cabaret de la mère Antony). 1871-1880 (Le Bal du Moulin de la Galette). 1880-1883 (Le Déjeuner des canotiers). 1884-1887 (Baigneuse dite La Coiffure). 1888-1898 (Baigneuses) : tant il est vrai que pour Renoir « les sujets les plus simples sont éternels : la femme sortira de l’onde amère ou de son lit, elle s’appellera Vénus ou Nini. On n’inventera rien de mieux »… Retrouvez la suite de cet article dans la Quinzaine n°1001.

Lisez la suite de cette entrée »

La Quinzaine n°1001, du 15 au 31 octobre 2009

octobre 21, 2009

“Un roman qui rend intelligent”, un article de Norbert Czarny

PHILIP ROTH
EXIT LE FANTÔME
trad. de l’anglais par Marie-Claire Pasquier
Gallimard, 334 p., 21 €

Zuckerman est de retour à New York. Pour qui ne le connaîtrait pas, ce personnage est l’un des doubles de Philip Roth et il apparaissait déjà dans la trilogie qui porte son nom comme dans d’autres romans de notre auteur. Il nous est familier et le retrouver est un plaisir, comme l’est une conversation avec un homme spirituel et intelligent. Reste à savoir quel fantôme sort de la scène…

“Festin de pierre à Gjirokastër”, un article de Jean-Paul Champseix

ISMAÏL KADARÉ
LE DÎNER DE TROP
trad. de l’albanais par Tedi Papavrami
Fayard, 200 p., 17,90 €

Kadaré considère qu’il a écrit une des œuvres « les plus sombres du siècle », face à un système qui avait « un ar rière-goût d’enfer ». Cet aspect tragique et funèbre qui se dégage de la plupart de ses ouvrages n’exclut pas une veine comique qui affleure parfois comme dans Le Dossier H ou L’Année noire. Cette fois, le burlesque touche à un sujet d’importance : l’Histoire de l’Albanie.

“La vie est un roman noir”, un article de Norbert Czarny

DIDIER DAENINCKX
MISSAK
Perrin, 306 p., 16,90 €

THIERRY MARICOURT
DAENINCKX PAR DAENINCKX
Le Cherche Midi, 312 p., 17 €

Au début de Missak, son dernier roman en date, Didier Daeninckx imagine son héros, Louis Dragère, en train de flâner dans Paris en compagnie de Willy Ronis ; tous deux réalisent une enquête sur les bandes de jeunes, pour L’Humanité, en un mois de janvier 55 qui nous semble bien lointain. Surtout sans Willy Ronis pour le teinter de gris…

“Le gardien de son frère”, un article de Liliane Kerjan

STEPHEN DIXON
COUPS DE FIL
Phone Rings
trad. de l’anglais (États-Unis) par Dominique Chevallier
Balland, 349 p., 22 €

Stephen Dixon nous livre, dans ce neuvième ouvrage paru en France, un roman ambitieux par la forme, émouvant par le lien intense qui unit deux frères tout au long d’une vie à New York et ailleurs, une vie reconstituée avec brio à partir de conversations téléphoniques. Coups de blues, coups de chapeau et coups du sort.

“Un crime crapuleux”, un article d’Agnès Vaquin

YVES RAVEY
CUTTER
Minuit, 144 p., 13,80 €

Un crime crapuleux, d’après le Petit Robert, c’est un crime « ayant l’intérêt, l’argent pour mobile ». C’est bien d’un tel crime qu’il s’agit dans le dernier roman d’Yves Ravey, Cutter, et il s’agit là d’un crime tout à fait banal.

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“Poe ou le poète contrarié”, un article de Maurice Mourier

HENRI JUSTIN
POE JUSQU’AU BOUT DE LA PROSE
Gallimard, coll. « Bibliothèque des idées », 414 p.

« Et j’étais déjà si mauvais poète/Que je ne savais pas aller jusqu’au bout. » Ce dernier vers du premier mouvement de la Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France semble dresser l’amer constat d’une incapacité que le titre même, lourd d’un vocable inattendu (« prose ») anticipait.

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“Henry James en « grande et exquise araignée »”, un article de Diane de Margerie

HENRY JAMES
ŒUVRES COMPLÈTES T. IV
Nouvelles traduites par Jean Pavans
La Différence, 1 003 p., 49 €
HENRY JAMES
SUR ROBERT BROWNING
trad. par Jean Pavans
Le Bruit du temps, 125 p., 12 €

Cette formule est de Pietro Citati dont le livre récemment paru accompagne parfaitement le dernier volume de l’Intégrale des nouvelles de James traduites par Jean Pavans.

“Comment devient-on terroriste ?”, un article de Arnaud-Dominique Houte

JOHN MERRIMAN
DYNAMITE CLUB : L’INVENTION DU TERRORISME À PARIS
trad. de l’américain par Émmanuel Lyasse
Tallandier, coll.« Histoire contemporaine », 256 p.,20 €

Comment devient-on terroriste ? Et si c’était à cause des classes préparatoires ? Si c’était un précoce épuisement mental provoqué par l’intensité du travail intellectuel qui avait poussé Émile Henry vers son geste fou du 12 février 1894, l’attentat meurtrier du café Terminus ?

“Une nation « divinement inspirée »”, un article de Jean José Marchand

CAMILLE FROIDEVAUX-METTERIE
POLITIQUE ET RELIGION AUX ÉTATS-UNIS
La Découverte, 128 p., 9,50 €

Les États-Unis présentent à l’observateur le cas unique d’un État où la croyance en Dieu et la croyance en la démocratie ont toujours été de pair. Il était intéressant de demander à l’Histoire comment ce phénomène est possible, c’est ce qu’a fait Camille Froidevaux-Metterie.

“Italia anno nove”, un article de Lucien Logette

Cinéma italien Annecy 2009
29 septembre – 6 octobre 2009

Il y a moins de traces de Valery Larbaud à Annecy que de souvenirs de Cingria à Fribourg. Il n’y est resté que trois jours, le temps d’un clin d’œil pour ce « voyageur sédentaire » qui s’incrustait dans les villes jusqu’à s’y fondre, mais la description qu’il nous livre de la vieille cité montre que celle-ci est demeurée intacte depuis son passage en septembre 1931. Le Palais de l’Isle défie toujours le cours du Thiou, les arcades ont toujours la même « élégance d’un très beau village de luxe », l’Hôtel de
Charmoisy n’a pas changé depuis que François de Sales y rendait visite à « Philotée », et pour reprendre ses mots évoquant son grand-père exilé ici sous Napoléon le Petit, « il a sûrement vu cela ». Mais à Annecy, Larbaud n’a pas été au «cinématograph », comme il s’obstinait à écrire au cœur des années trente, lorsque tout le monde allait désormais au ciné.

“La musique en soi”, un article de Thierry Laisney

VALERY AFANASSIEV
LE SILENCE DES SPHÈRES
Essais sur la musique
José Corti, 255 p., 19 €

Valery Afanassiev est un grand pianiste (d’origine russe) et un écrivain d’expression française. Dans Le Silence des sphères, il nous donne dix essais sur la musique, qui sont issus de conférences destinées à accompagner ses concerts.

“Les palmes et les sables de Palmyre…”, un article de Gilbert Lascault

ANNIE SARTRE-FAURIAT et MAURICE SARTRE
PALMYRE, LA CITÉ DES CARAVANES
Découvertes-Gallimard, 2008, 144 p., nb. ill., 13,90 €
SYRIE, JORDANIE
Guide Arthaud, Grands Voyages, 328 p.
JORDANIE, SYRIE
Hachette, Le Guide du routard, 2009, 460 p., 14,90 €

Dans ses Mémoires de guerre, Charles de Gaulle écrit : « Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples. » Mais, toi, tu ne possèdes nulle idée simple, nul but. En Syrie, tu vagabondes, tu songes, tu regardes.


Les interviews filmées des collaborateurs – Gilbert Lascault

octobre 16, 2009

A l’occasion du millième numéro de la Quinzaine, Gilles Nadeau a interviewé les membres du comité de rédaction. Voici les extraits vidéo de l’interview de Gilbert Lascault, écrivain, critique d’art, professeur émérite et collaborateur de la Quinzaine depuis 1969.

Extrait 1 : “Itinéraire d’un détective du visible

Extrait 2 : “Je préfère parler du visible, de fictions des masques, songes, reflets

Extrait 3 : “Mes goûts et mes sentiments

A venir ! Les interviews de tous les collaborateurs : Nicole Casanova, Georges-Arthur Goldschmidt, Jean-Michel Kantor, Jean Lacoste, Lucien Logette, Jean-José Marchand, Jean-Jacques Marie, Omar Merzoug, Vincent Milliot, Maurice Mourier, Pierre Pachet, Evelyne Pieiller, Michel Plon, Hugo Pradelle, Georges Raillard, Claire Richard, Jean-Pierre Salgas et Tiphaine Samoyault.


Le numéro 1000 en kiosque !

octobre 5, 2009

photoquinz1000Le millième numéro de la Quinzaine est arrivé dans les kiosques ! Pour l’occasion, avant les critiques de livres, de nombreux écrivains et collaborateurs prennent la plume pour expliquer pourquoi elle leur est chère ! Retrouvez les textes de Laure Adler, André Marcel D’Ans, Silvia Baron Supervielle, Muriel Bonicel, Maïté Bouyssy, Norbert Czarny, Fred Deux, Dominique Dou, Serge Fauchereau, Lucette Finas, Georges-Arthur Goldschmidt, Sylvie Gouttebaron, Georges Guillain, Odile Hunoult, Alain Joubert, Alain Jumeau, Gilbert Lascault, Jean-Jacques Lefrère, Monique Le Roux, Claudio Magris, Laurent Margantin, Pierre Michon, Vincent Milliot, Maurice Mourier, Christian Mouze, Gilles Nadeau, Maurice Nadeau, Dominique Noguez, Gérard Noiret, Michel Plon, Georges Raillard, Cécile Reims, Jean-Pierre Salgas, Eugen Simion, Jacques Sojcher, Patrick Sultan, Alain Veinstein.

Venez célébrer ce premier mille de la Quinzaine :

- le jeudi 15 octobre au Centre national du Livre (53, rue de Verneuil 75007 Paris) de 19h à 21h30 avec la projection du film de Gilles Nadeau “Maurice Nadeau, Révolution et littérature”, suivie de lectures par Marie-Christine Barrault.

- Le samedi 17 octobre à la Halle Saint-Pierre (7, rue Ronsard 75018 Paris) pour la grande fête de ce premier mille, avec la participation de Sylvia Baron-Supervielle, Pierre Bergounioux, Arno Bertina, Sonia Combe, Jean-Michel Kantor, Jean-Jacques Lefrère, Pierre Pachet, Hugo Pradelle, Tiphaine Samoyault… Lectures et témoignages.

Retrouvez ici l’article consacré à la parution de ce numéro 1000 sur le site internet de RFI (Radio France Internationale).


La Quinzaine n°998, du 1er au 15 septembre 2009

septembre 3, 2009

“De la rupture à l’extase”, un article d’Agnès Vaquin

JEAN-PHILIPPE TOUSSAINT
LA VÉRITÉ SUR MARIE
Éd. de Minuit, 208 p., 14,50 €

Après Faire l’amour (2002) et Fuir (2005), Jean-Philippe Toussaint considère que La Vérité sur Marie constitue un “prolongement” des deux premiers romans. Pour qu’il y ait trilogie, il faudrait que le récit de ces amours tumultueuses s’arrête là. Le texte s’achève sur un point d’orgue, sur un grand moment de bonheur et, comme chacun sait, les gens heureux n’ont pas d’histoire… Va-t-on en rester là ? Quoi qu’il en soit, Marie reste toujours la même sylphide dont le narrateur est toujours aussi amoureux.

“La créature”, un article de Hugo Pradelle

STÉPHANE VELUT
CADENCE
Christian Bourgois, 196 p., 15 €

Le premier roman de Stéphane Velut est un récit de la solitude extrême, de la distorsion de la perception, de la perversité et de la déshumanisation. Entre fable kafkaïenne et variations sur le mythe de la créature, il signe un livre court, intense et formidablement dérangeant.

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“La chanson du retour”, un article de Norbert Czarny

ÉRIC HOLDER
BELLA CIAO
Le Seuil, 156 p., 16 €

« Tu vas me dire ce que tu as en tête ? » Prononcée avec colère par Franck, l’employeur du narrateur, cette phrase fait écho au « J’en ai assez » dit posément par Myléna, son épouse, à ce même narrateur en ouverture du roman. Façon de dire qu’on part brutalement, sur une impulsion, dans Bella Ciao, comme dans bien des livres d’Éric Holder.

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“Laura apprend”, un article de Norbert Czarny

BRIGITTE GIRAUD
UNE ANNÉE ÉTRANGÈRE
Stock, 216 p., 17 €

Il faut attendre les toutes dernières lignes d’Une année étrangère, le nouveau roman de Brigitte Giraud, pour qu’enfin on se sente libéré d’un poids qui oppresse. Poids des secrets et des silences qui les accompagnent ? Poids d’une année passée loin de chez soi dans une langue étrangère ? Cela mais pas seulement.

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“Ecrire la guerre”, un article de Norbert Czarny

LAURENT MAUVIGNIER
DES HOMMES
Éd. de Minuit, 290 p., 17,50 €

On le surnomme Feu-de-Bois, il se prénomme Bernard. Avant d’être cet homme aux ongles sales, qui sent mauvais et qu’on préfère tenir éloigné, il a été un époux, un père de famille qui travaillait à l’usine, à Boulogne. Quarante ans ont passé et quand il vient offrir un cadeau coûteux à sa sœur Solange, tout le monde s’interroge sur la provenance de l’argent.

“Chasseur de sens”, un article de Marie Etienne

YOKO TAWADA
LE VOYAGE À BORDEAUX
Verdier, 128 p., 15 €

Écrire en Allemagne, dans la langue japonaise, le récit d’un voyage à Bordeaux destiné à apprendre le français, est déjà en lui-même un acte intéressant sur le plan linguistique.

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“L’immense possible”, un article d’Agnès Vaquin

MATHIEU TERENCE
L’AUTRE VIE
Gallimard, 166 p., 13,90 €

Pourquoi aime-t-on les romans de Mathieu Terence sinon pour son art de vous fabriquer des personnages a priori parfaitement artificiels, évoluant dans un milieu qui l’est tout autant. Un miroir déformant mais un miroir tout de même, une image de la métamorphose dont l’espèce humaine est actuellement affectée.

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“Tout rêveur est un prisonnier qui s’évade”, un article de Tiphaine Samoyault

HÉLÈNE CIXOUS
ÈVE S’ÉVADE. LA RUINE ET LA VIE
Galilée éd., 215 p., 25 €

Comme Ciguë l’année dernière, Ève s’évade est un « Livre de ma mère ». Mais tandis que dans le précédent texte, les motifs de la vieillesse et de la mort dialoguaient avec la scène du suicide de Socrate, ici, le double argument de la prison et de l’évasion entre en résonance avec certains moments de la vie et de l’œuvre de Freud.

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“Le Journal de Valery Larbaud au complet (1600 pages)”, un article de Béatrice Mousli

VALERY LARBAUD
JOURNAL
édition définitive – texte établi, préfacé et annoté par Paule Moron
Gallimard, 1616 p., 70 €

La bande rouge « édition définitive » qui entoure cet énorme volume (plus de 1600 pages) a de quoi faire rêver tous ceux qui s’intéressent à Valery Larbaud : un seul volume pour réunir toutes les éditions diverses parues au siècle dernier !

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“Les démesures et les violences d’Une semaine de bonté“, un article de Gilbert Lascault

MAX ERNST
UNE SEMAINE DE BONTÉ
Les collages originaux (1933)
Musée d’Orsay  30 juin – 13 septembre 2009
WERNER SPIES ET COLL.
CATALOGUE DE L’EXPOSITION
Gallimard / Fundación MAPFRE / Musée d’Orsay
406 p., 350 ill. coul., 45 €

À l’été 1933, dans le Château de Vigaleno, près de Plaisance, dans le nord de l’Italie, pendant trois semaines, Max Ernst a rassemblé des matériaux. Il achève 184 planches originales qui formeront un livre troublant que Jeanne Bucher publiera en 1934 : Une semaine de bonté (ou les sept éléments capitaux).

“Sur les formes idéologiques de la politique”, un article de Patrick Cingolan

MIGUEL ABENSOUR
POUR UNE PHILOSOPHIE POLITIQUE
CRITIQUE – ITINÉRAIRES
Sens & Tonka, 400 p., 25 €

Il y a deux ans, Miguel Abensour nous avait donné un livre remarquable sur Hannah Arendt : Hannah Arendt, contre la philosophie politique ? Dans ce livre il revenait notamment sur le rapport Arendtien à la troisième critique de Kant et sur la manière dont la philosophe renouait contre Platon la politique à l’esthétique et plus particulièrement à la question du beau dans son rapport au sens commun chez Kant. Aujourd’hui, dans le recueil Pour une philosophie politique critique, Miguel Abensour revient centralement sur ce dialogue complexe avec Arendt, sur ce pour ou contre la philosophie politique, adjoignant aux deux mots un troisième : celui de critique.

“Une ère post-totalitaire”, un article de Jean Lacoste sur le même livre que précédemment

Un recueil d’articles sans doute, mais qui mérite une lecture attentive, lente et respectueuse,parce qu’en lui se concentrent plus de trente ans de réflexions philosophiques sur la politique, depuis le manifeste « Critique de la politique » de 1971, qui traçait le programme éditorial d’une collection prestigieuse chez Payot, jusqu’à « L’extravagante hypothèse », de 2006, qui comme il se doit, ouvre encore de nouvelles voies avec Levinas.Trente
années consacrées à défendre une certaine notion de la philosophie politique critique contre ceux, acteurs ou théoriciens, qui veulent n’y voir que
le reflet des conflits sociaux et de l’économie ou qui souhaitent la réduire à des techniques de gestion ou de manipulation de l’opinion.

“Les enchantements du Graal”, un article de Dominique Goy-Blanquet

LE LIVRE DU GRAAL, TOME III
Gallimard / Pléiade, 1707 p.,
prix de lancement, 65 € jusqu’au 31/12/09 ; 73 € ensuite
LA QUÊTE DU GRAAL
Le Seuil, 350 p., 28 €

Nous avions quitté les chevaliers d’Arthur il y a six ans sur la longue absence de Lancelot et la quête de Mordret, dont le conteur prédit qu’il fera mourir quinze mille hommes (La Quinzaine n° 867, 16-31décembre 2003). Le hasard fait bien les choses cet été car les lecteurs pourront lire le conte enrichi d’un côté des notes savantes de la Pléiade, de l’autre des enluminures qu’offre le Seuil en rééditant la version donnée jadis par Yves Bonnefoy et Albert Béguin.

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“Capitales de la douleur”, un article de Laurence Zordan

ADRIEN GOMBEAUD
L’HOMME DE LA PLACE TIANANMEN
Le Seuil/presses de Sciences-Po, 121 p.,14 €
GEOFFROY DE LAROUZIÈRE-MONTLOSIER
JOURNAL DE KABOUL
Bleu autour, 205 p.,15 €
RAPHAËL KRAFT
JOURNALISTE À VÉLO  UN PETIT TOUR AU PROCHE-ORIENT
Bleu autour, 293 p.,18 €

Des capitales de la douleur, des lieux meurtris de la planète, que retient le voyageur qui s’y est rendu ? De passage, détenant trace du passé par des photos ou des pages de diariste, que reste-t-il de son regard porté sur des mondes où règne la violence ? Que garde-t-il de ce qu’il a entr’aperçu, si, comme l’écrit Eluard dans Capitale de la douleur, il faut prendre la main de la mémoire et fermer les yeux du souvenir ?

“Dieu joue-t-il à la Bourse ?”, un article de Jean-Michel Kantor

NICOLAS BOULEAU
MATHÉMATIQUES ET RISQUES FINANCIERS
Odile Jacob, 272 p., 24,50€
ANDRÉ ORLÉAN
DE L’EUPHORIE À LA PANIQUE : PENSER LA CRISE FINANCIÈRE
Rue d’Ulm, 110 p., 11€

« La crise, comment en sortir ? La réponse est technique : Dieu seul le sait. Nous manquons terriblement de modèles. »

“La route parallèle”, un article de Lucien Logette

MICHEL CIMENT
KAZAN/LOSEY, ENTRETIENS
édition définitive Stock, 648 p., 36 €

Elia Kazan (1909-2003), Joseph Losey (1909-1984) : ce n’est pas seulement leur année de naissance commune qui vaut de les rapprocher, mais les similitudes de leur itinéraire. Formation universitaire, engagement militant, carrière théâtrale puis cinématographique durant les mêmes périodes, reconnaissance internationale ponctuée de prix dans les festivals majeurs : on parlerait de trajectoires jumelles, s’il n’y avait, en leur mitan, cet événement décisif que constitua le maccarthysme, et leur façon opposée de l’affronter. Chacun des deux mit du temps à s’en remettre – s’ils s’en remirent jamais.


La Quinzaine n°991, du 1er au 15 mai 2009

mai 8, 2009

“Fou d’Emma, lui aussi”, un article d’Agnès Vaquin

ALAIN FERRY
MÉMOIRES D’UN FOU D’EMMA
Seuil éd., 272 p., 21 €

Après Philippe Doumenc et comme Claro naguère, voici qu’Alain Ferry s’en prend à l’inépuisable Bovary. Il intitule son livre Mémoire d’un fou d’Emma. Le mot « mémoire » doit s’entendre au masculin singulier : « Nous avons soumis ce mémoire d’Emma au râteau de la bienséance. »

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“Une romancière inattendue”, un article de Maurice Mourier

CLAUDINE HELFT
UN DIVORCE D’AMOUR
La Différence éd., 126 p., 14 €

En 2007, Claudine Helft, auteur de huit recueils publiés chez d’autres éditeurs, a donné à La Différence le neuvième, sous le beau titre provocant Une indécente éternité, où une pure voix de femme célébrait, sur un mode lyrique devenu plutôt rare aujourd’hui et d’autant plus précieux, la persistance mentale des disparus très aimés et l’acceptation de l’indécence que c’est de continuer à vivre « après ».

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“Rêves d’enfance”, un livre de Gabrielle Napoli

GYÖRGY DRAGOMÁN
LE ROI BLANC
Gallimard éd., 296 p., 23,50

En Roumanie, au milieu des années 80, un jeune garçon de onze ans doit dire au revoir à son père, que des collègues de bureau sont venus chercher dans une fourgonnette grise. L’attente interminable de l’enfant à qui le père a promis de l’amener à la mer dès son retour, les sous-entendus de ses camarades de classe, la progressive prise de conscience de la réalité, et la vie qui continue, tant bien que mal, pour le narrateur, tout est décrit avec beaucoup de pudeur et d’émotion dans Le Roi blanc, remarquable roman d’un jeune auteur transylvain.

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“Entrée des fantômes”, un article d’Alain Joubert

STANISLAS RODANSKI
REQUIEM FOR ME
Édition des Cendres (8, rue des Cendres, Paris 20e)
144 p., 18 €

Les fantômes existent. La preuve : c’est un fantôme qui trace ces lignes. De fait, le jour où j’ai perdu celle qui fut ma compagne pendant quarante-huit ans, j’ai réalisé que les fantômes n’étaient pas ceux qui partent, mais bien ceux qui restent. C’est donc en spécialiste que je sais reconnaître un fantôme lorsque les circonstances m’amènent à en croiser un – ou plusieurs –, sur ce chemin qui ne mène nulle part : la vie. « Il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci », écrivit un jour Paul Eluard.

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“Vivre dans les livres”, un article de Tiphaine Samoyault

WILLIAM MARX
VIE DU LETTRÉ
Minuit éd., 240 p., 18 €

En cette période où ce qu’on appelait autrefois « les humanités » (et que recouvrent en partie les actuelles « sciences humaines ») font l’objet d’un mépris bruyant, l’ouvrage que William Marx consacre à la vie – c’est-à-dire le quotidien, l’existence concrète, l’éthos du lettré – est particulièrement salutaire. Où l’on voit que le dévouement aux livres ne fait pas seulement de ses sectateurs des rats de bibliothèques improductifs et stériles mais fonde « une communauté secrète, reliée à travers les temps et les lieux par des rites partagés, des habitudes analogues, des affinités mystérieuses ».

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“Fantasmagories de Faust”, un article de Laurent Margantin

GOETHE
FAUST
Urfaust, Faust I, Faust II
Édition établie par Jean Lacoste et Jacques Le Rider
Bartillat éd., 800 p., 25 €

Toute sa vie, Goethe n’a cessé de revenir à la figure de Faust. En France, nous connaissons surtout, grâce à la traduction de Gérard de Nerval, sa première pièce de théâtre inspirée par la légende du savant allemand pactisant avec le diable, et moins le Second Faust, achevé par le poète quelques mois avant sa mort. L’intérêt de cette édition est de nous offrir les deux œuvres dans une nouvelle traduction, en les faisant précéder d’un premier texte beaucoup moins connu, l’Urfaust, véritable matrice des versions ultérieures qui permet au lecteur français de découvrir le monument littéraire dans sa totalité.

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“À la mer”, un article de Hugo Pradelle

JOSEPH CONRAD
LE NAUFRAGE DU TITANIC ET AUTRES RÉCITS SUR LA MER
trad. de l’anglais par Christophe Jaquet
Arléa éd., 148 p., 16 €

Lisant ces huit textes, nous approfondissons la place immense que la mer occupa dans l’œuvre de Joseph Conrad. Autour d’une enquête sur le naufrage du Titanic se forme, entre souvenirs émouvants et réflexions savantes, une constellation de récits divers.

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“L’univers comme cirque”, un article de Gilbert Lascault

ALEXANDER CALDER : LES ANNÉES PARISIENNES (1926-1937)
CENTRE GEORGES-POMPIDOU
18 mars – 20 juillet 2009

ARNAULD PIERRE
CALDER. LA SCULPTURE EN MOUVEMENT
coll. « Découvertes », Gallimard éd., 112 p., 150 ill., 12,90 €

ALEXANDER CALDER
ANIMAL SKETCHING
Dilecta éd., 104 p., 24 €
CATALOGUE Centre Pompidou éd., 420 p., 300 ill. coul., 39,90 €

Riche, passionnante, l’exposition d’Alexander Calder (1898-1976) rassemble plus de 300 œuvres : sculptures, peintures, jouets, dessins, photographies, f ilms, documents souvent inédits. Inventif, jovial, Calder, l’Américain de Paris, est un titan raffiné et fraternel.

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“Actualité d’Auguste Comte”, un article de Laurent Fedi

JEAN-FRANÇOIS BRAUNSTEIN
LA PHILOSOPHIE DE LA MÉDECINE D’AUGUSTE COMTE.
Vaches carnivores, Vierge Mère et morts vivants
PUF éd., 210 p., 22 €

« Comte lutta toute sa vie contre la folie. » Étrange entrée en matière que ce rappel biographique qui nous ramène au temps où Comte était caricaturé en scientiste mégalomane. Cette époque est heureusement révolue. On sait aujourd’hui que le positivisme est une anthropologie de la connaissance tout à fait originale et une philosophie des régulations entre science et société.

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“Pour un vrai travail scientifique”, un article de Jean-Paul Deléage

PAUL BOGHOSSIAN
LA PEUR DU SAVOIR.
Sur le relativisme et le constructivisme de la connaissance
Agone éd., 224 p., 20 €

Les débats contemporains en philosophie et sociologie des sciences n’apportent aucun argument sérieux en faveur d’un bouleversement radical de nos concepts communs et classiques de vérité et de connaissance.

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“Nouveaux regards sur les massacres du Constantinois en mai 1945″, un entretien réalisé par Omar Merzoug

Guelma, 1945, une subversion française dans l’Algérie coloniale (la Découverte)

Historien, membre du comité d’Esprit, Jean-Pierre Peyroulou propose, dans un ouvrage intitulé Guelma, 1945, une subversion française dans l’Algérie coloniale (La Découverte), un éclairage nouveau sur les tragédies du Constantinois. Pour les lecteurs de La Quinzaine, il précise ce qui fait la singularité de son propos.

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“Composition française”, un article de Maïté Bouyssy

MONA OZOUF
COMPOSITION FRANÇAISE
Retour sur une enfance bretonne
Gallimard éd., 260 p., 17,50 €

Le questionnement de Mona Ozouf sur « la part non choisie de l’existence » a ceci de dynamique qu’elle reste toujours politique quandbien même elle ne traite que des héritages, père, mère et société : une famille bretonne en ses nuances multiples, l’école comme habitus et tous les autres ingrédients d’une France IIIe République. La force du livre tient en outre au sens de la durée de l’auteur qui lui permet de scruter les voies de la liberté au filtre des héritages et du labyrinthe des attachements.

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“Questions sociales”, un article de Pierre-Yves Cusset

JULIEN DAMON
QUESTIONS SOCIALES : ANALYSES ANGLO-SAXONNES.
Socialement incorrect ?
PUF éd., 240 p., 22 €

Julien Damon, ancien chef du département des questions sociales au Centre d’analyse stratégique, ancien rapporteur du Grenelle de l’insertion, spécialiste des politiques familiales et de la prise en charge des sans-abri, nous propose avec son dernier ouvrage un véritable OVNI éditorial. Ce dernier se présente en effet sous la forme d’une compilation de comptes-rendus critiques d’ouvrages anglo-saxons portant sur les questions sociales, publiés pour la majorité d’entre eux dans la rubrique « Livres et idées » de la revue Sociétal.

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“La musique comme amour”, un article de Thierry Laisney

THIERRY MARTIN-SCHERRER
L’EXIL MUSICAL
Les Belles Lettres éd., 280 p., 35 €

Malgré son titre, L’Exil musical parle plus de rencontre que de séparation. Si l’auteur dit lui-même de son livre que c’est une série de variations sur l’impossibilité pour les mots de « rendre compte du mystère de la musique », le thème qui s’en dégage encore plus nettement est la relation qui unit un appel, celui de l’œuvre musicale, et un désir, celui de l’auditeur.


Andy Warhol, par David Bourdon

avril 13, 2009

Archives

“Beaux livres”, un article de Gilbert Lascault

David Bourdon
Andy Warhol
Flammarion éd. 432 p. 336 iII.

Au XIIIe siècle, Jacques de Voragine écrit la Légende dorée, recueil de vies de saints. Riche d’informations sont inédites, très bien illustré, à la fois enthousiaste et ironique, l’ouvrage de David Bourdon montre comment la vie du peintre André Warhol (19271987) pourrait entrer dans une Légende dorée du XXe siècle. Lisez la suite de cette entrée »


La Quinzaine n°989, du 1er au 15 avril 2009

avril 5, 2009

“La Mort de Pinocchio”, un article de Hugo Pradelle

VITALIANO TREVISAN
LE PONT, UN EFFONDREMENT
Il Ponte, un crollo
trad. de l’italien par Vincent Raynaud
Gallimard éd., 188 p., 17,50 €

Dans le prolongement des Quinze mille pas, le récit de Vitaliano Trevisan entreprend un travail de déconstruction d’un homme, de son passé et d’une certaine société contemporaine. Un livre étonnant placé sous l’égide de Pasolini et, surtout, de Thomas Bernhard.

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“Une jeunesse à la dérive”, un article de Monique Baccelli

GIACOMO SARTORI
SACRIFICIO
trad. de l’italien par Nathalie Bauer
Philippe Rey éd., 143 p., 16 €

Au printemps 2004, dans la région de Trente, un groupe de jeunes revenant de la discothèque fait le pari de traverser en voiture un torrent en crue. Le 4×4 passe de justesse, la vieille jeep est emportée par la violence des eaux et l’un des occupants meurt noyé.


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“Histoire des défaites”, un article de Norbert Czarny

ANDRZEJ STASIUK
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NEUF
trad. du polonais par Grazyna Erhard
Christian Bourgois éd., 350 p., 25 €
FADO
trad. du polonais par Charles Zaremba
Christian Bourgois éd., 182 p., 16 €

« Le passé et la mémoire sont ma patrie et ma maison. J’aime me saouler tout seul et me remémorer les événements révolus, les gens, les paysages. » Ce propos n’étonnera pas sous la plume d’un écrivain. Il faut aussi les lire, écrits par Andrzej Stasiuk, comme ceux d’un résistant.

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“Paroles de fantôme : « Nul ne témoigne pour le témoin »”, un article de Gabrielle Napoli

ALAIN FLEISCHER
MOI, SÁNDOR F.
Fayard (Alter ego) éd., 394 p., 21,90 €
Et si raconter sa vie passait nécessairement par le récit de la vie de l’Autre ? Et s’il n’était possible d’accéder aux secrets de son existence qu’en opérant un détour par ceux d’un ancêtre, presque inconnu, qu’il faut alors imaginer ? Par un procédé narratif original, Alain Fleischer se glisse dans la peau d’un oncle, mort à 27 ans, dans un train, quelque part entre la Pologne et la Hongrie, un jour d’avril 1944. Né en janvier 1944, l’auteur s’empare de ces quelques mois en commun pour en faire le pivot de ses deux vies, si différentes, et dans lesquelles pourtant se tissent des liens, ténus mais bien réels.pmm
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“Quel avenir de l’héritage ?”, une article de Gabrielle Napoli

MARTIN SMAUS
PETITE, ALLUME UN FEU
trad. du tchèque par Christine Laferrière
Éditions des Syrtes, 355 p., 22 €

Andrejko Dunka naît dans le hameau de Poljana, au nord-est de l’actuelle Slovaquie. Sa famille, les Dunka, et lui, traversent l’Histoire du XXe siècle en Tchécoslovaquie, la Seconde Guerre mondiale, l’installation du régime communiste puis sa chute, l’élection de Havel, la partition de la Tchécoslovaquie en deux États. L’Histoire off icielle s’invite dans l’Histoire des Dunka sans s’imposer, s’immisce dans le récit, croise les destins individuels et s’en va, sans bruit. Pourtant, c’est à cette Histoire qu’est étroitement lié le devenir des Dunka.


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“Main gauche, main droite”, un article de Norbert Czarny

ANTONIO LOBO ANTUNES
LIVRE DE CHRONIQUES IV
trad. par Michelle Giudicelli
Christian Bourgois éd., 334 p., 23 €

Dans une chronique intitulée « De la mort et autres bagatelles » Lobo Antunes explique qu’étant plutôt gaucher, il se sert de la main droite pour écrire ce qu’il juge le meilleur de lui-même : ses romans et certaines de ces chroniques sont ainsi écrits. La main droite est moins rapide, moins fluide, mais elle permet la surprise.

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“Le monde sensible”, un article de Hugo Pradelle

ANTONI CASAS ROS
MORT AU ROMANTISME
Gallimard éd., 160 p., 13 €

En trente-neuf nouvelles, Antoni Casas Ros, auteur remarqué d’un premier roman très surprenant, poursuit sa discrète aventure dans un autre monde sensible, entre théorie et provocation.

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“Un détachement passionné”, un article de Norbert Czarny

PETER STAMM
COMME UN CUIVRE QUI RÉSONNE
trad. de l’allemand par Nicole Roethel
Christian Bourgois éd., 200 p., 18 €

Partons de ce qui n’est pas pour déf inir l’univers que déploie Peter Stamm dans son dernier recueil de nouvelles, Comme un cuivre qui résonne : l’Histoire est absente du coin du monde décrit par le narrateur et aucun passé violent ne bouleverse les personnages. Rien ne les rend très différents de nous et ce qui leur arrive semble une parenthèse qui s’est ouverte, et qui se fermera quand notre lecture touchera son terme.

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“Dans une situation menacée”, un article de Marie Etienne

ALAIN VEINSTEIN
LE DÉVELOPPEMENT DES LIGNES
Fiction & Cie, Seuil éd., 240 p., 19 €

« J’ai l’impression que tout s’endort… dans l’arrière-pays d’un pays en voie d’être détruit », disait Alain Veinstein en 2005 sur France-Culture, dans son émission anniversaire de « Surpris par la nuit ». Ce mauvais rêve habite l’auteur, ou en tout cas deux de ses livres, Dancing et Le Développement des lignes, le second reprenant en partie le premier dans un récit en vers. « À l’origine… un roman… Dancing, dans les décombres duquel, revenant sur quelques traces qui ne cessaient de me hanter, j’avais installé le monde de ce que j’hésite à appeler mon “poème”. »

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“Trajets de Franck Venaille”, un article de Norbert Czarny

FRANCK VENAILLE
ÇA
Mercure de France éd., 158 p., 14,80 €

« J’ai consacré plus de soixante ans de ma vie à marcher dans des rues tristes. Puisque c’est sur le mouvement et l’action que j’ai bâti mon écriture poétique. » Pour qui en effet lit Franck Venaille depuis Papiers d’identité jusqu’à Ça, ce recueil qui vient de paraître, mouvement et action sont deux sésames en même temps que de subtils rappels.

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“L’invention permanente de Jorn”, un article de Gilbert Lascault

ASGER JORN (1914-1973)
DESSINS
Cabinet d’art graphique. Centre Pompidou
10 février – 11 mai 2009

JONAS STORSVE, DORTE KIRKEBY-ANDERSEN,TROELS ANDERSEN
ASGER JORN : ŒUVRES SUR PAPIER
Gallimard/Centre Pompidou éd.,192 p., 140 ill. coul., 39 €

Compagnon fraternel d’autres artistes généreux, vaillant, hardi, ingénieux, le créateur danois Jorn (1914-1973) ne cesse de bouger, d’inventer, de voyager. Nomade européen, il n’oublie jamais les légendes des pays du Nord, ni leurs formes redoutables. Il tisse le local et le cosmopolite, le régional et l’international, l’archaïque, l’actuel et l’avenir.

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“Claude Simon poète”, un article de Maurice Mourier

CLAUDE SIMON
ARCHIPEL et NORD
Minuit éd., 35 p., 6,50 €

En septembre 1895, Mallarmé publie « Crise de vers » dans La Revue Blanche. Au cœur du paragraphe consacré à Hugo de ce texte capital, on trouve énoncée avec la plus grande fermeté « une majestueuse idée inconsciente, à savoir que la forme appelée vers est simplement elle-même la littérature ; que vers il y a sitôt que s’accentue la diction, rythme dès que style ».

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“Forme de langage, forme de vie”, un article de Jean-Claude Chevalier

HENRI MESCHONNIC
DANS LE BOIS DE LA LANGUE
Laurence Teper éd., 546 p., 29 €

Ce Bois de la langue est un gros livre bilan de 540 pages qui rassemble d’amples essais critiques inédits et quelques textes, imprimés ici et là.

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“Une nouvelle édition des Miroirs de l’identité”, un article de Jean Lacoste

JEAN-FRANÇOIS MARQUET
MIROIRS DE L’IDENTITÉ
coll. « La nuit surveillée »
Cerf éd., 370 p., 38 €

Spécialiste de Schelling, auquel il a consacré un livre fondateur (Liberté et existence, Gallimard, 1973), Jean-François Marquet
offre une nouvelle édition, « revue et augmentée », de ses Miroirs de l’identité. Cet ouvrage publié pour la première fois aux Éditions Hermann en 1996 réunit différents essais consacrés à ce qu’il appelle la « littérature hantée par la philosophie »…

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“L’homme, le capital le plus précieux ?”, un article de Jean-Jacques Marie

NICOLAS WERTH
L’IVROGNE ET LA MARCHANDE DE FLEURS
Autopsie d’un meurtre de masse, 1937-1938
Tallandier éd., 450 p., 23 €

En 1937 la maison d’édition du parti communiste français publia sous le titre L’homme, le capital le plus précieux le discours prononcé par Staline le dernier jour du plenum du Comité central de février-mars 1937 qui, au lendemain du deuxième procès de Moscou, annonçait le déchaînement d’une terreur jusqu’alors sans exemple dans l’Histoire. Staline y faisait entre autres l’éloge d’une dénonciatrice hystérique de Kiev, Nicolaienko qui terrorise la capitale ukrainienne.

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“L’axiome des parallèles et la liberté”, un article de Jean-Michel Kantor

IMRE TOTH
LIBERTÉ ET VÉRITÉ
Pensée mathématique et spéculation philosophique
L’Éclat éd., 156 p., 12 €

Imre Toth est bien connu des philosophes des sciences. Né en 1921 en Roumanie, il a vécu intensément les bouleversements du siècle passé en Hongrie, puis en Allemagne comme professeur de philosophie, aux USA et enfin en Europe. Une vie mouvementée consacrée à la philosophie, plus précisément aux enseignements pour la philosophie de l’histoire des mathématiques.

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“Oh, when the Saint…”, un article de Lucien Logette

LE SAINT
Coffret « Le studio RKO présente »,
4 DVD, 8 films
Montparnasse éd., 42 €

Dans le dernier numéro d’été consacré au roman populaire (Quinzaine n° 974), le nom de Simon Templar n’apparaissait pas parmi les quelques héros récurrents retenus ; si l’éventail avait été planétaire et non essentiellement français (le seul James Bond s’étant glissé entre Maigret, Burma, Angélique et San Antonio), la présence du Saint eût été impérative. En effet, parmi les personnages du rompol anglo-saxon, il est quantitativement plus important que Sherlock Holmes ou Hercule Poirot. Et sa longévité est remarquable, qui s’étend sur presque soixante-dix années d’exercice, même si sa carrière spectaculaire semble aujourd’hui terminée.

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“Renouveau d’un répertoire « populaire »”, un article de Monique Le Roux

MAXIME GORKI
VASSA 1910
Mise en scène de Gilberte Tsaï
Nouveau Théâtre de Montreuil
tournée nationale jusqu’au 20 mai

SEAN O’CASEY
LA CHARRUE ET LES ÉTOILES
Mise en scène d’Irène Bonnaud
tournée nationale jusqu’au 9 avril
Comédie de Genève du 21 avril au 2 mai

Gilberte Tsaï crée Vassa 1910 d’après Vassa Geleznova de Maxime Gorki au Centre dramatique national de Montreuil qu’elle dirige ; Irène Bonnaud a mis en scène La Charrue et les étoiles de Sean 0’Casey au Théâtre Dijon Bourgogne où elle est artiste associée à François Chattot : initiatives rares et opportunes, quand les programmations, partagées entre grandes œuvres du passé et écritures contemporaines, ne font plus guère de place à des pièces du début du XXe siècle, représentatives d’un répertoire de « théâtre populaire ».

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“Ce qui se défait”, un article de Tiphaine Samoyault

ROLAND BARTHES
JOURNAL DE DEUIL
Édition de Nathalie Léger
Seuil/Imec éd., 270 p., 18,90 €
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CARNETS DU VOYAGE EN CHINE
Édition d’Anne Herschberg Pier rot
Christian Bourgois/Imec éd.
250 p., 23 €

On peut naturellement invoquer des données biographiques pour parler de ces deux livres mais il paraît possible aussi de ne pas le faire tant ils se lisent aujourd’hui hors de la circonstance qui a fait les écrire – et ne pas les publier. Constitués de notes et de f iches écrites pour les unes en 1974 à l’occasion du voyage en Chine et pour les autres en 1978-1979 au moment de la mort de la mère de l’auteur, ils sont, séparément et ensemble, l’occasion d’une réflexion sur ce qui se défait.


Exposition Fernand Léger à Paris

mars 22, 2009

Une vigueur évidente et calme, un article de Gilbert Lascault

La galerie Malingue réunit des tableaux majeurs de Fernand Léger (1881-1955). Chaque tableau marque un tournant de la recherche de l’artiste, un événement de l’histoire de l’art du XXe siècle.

Extrait de l’article :La peinture de Léger est une vigueur évidente et calme, une puissance manifeste. Elle aff irme l’énergie optimiste du temps, la beauté imprévisible de la vie moderne. « On m’a appelé (dit Léger) le primitif des temps modernes, et c’est vrai. Je me suis intéressé aux cyclistes, aux machines, à la ferraille. La ferraille est une invention de mon époque et je l’ai peinte, je l’ai mise au premier plan. Je l’ai fait comme cela, par instinct… J’avais le sens de l’époque. » Il privilégie le « premier plan ». Il n’aime guère les nuances imperceptibles, les délicatesses, l’ambigu. Il donne à voir des paysages urbains, intenses, contrastés : les vitrines de magasin, les enseignes publicitaires, les couloirs de métro, les machines, les fumées, les chantiers.” Retrouvez la suite de l’article dans la Quinzaine n°988.

FERNAND LÉGER
GALERIE MALINGUE
26, avenue Matignon, 75008 Paris
11 février – 30 avril 2009