mai 30, 2011
par Benoit Laureau
Malcolm Lowry par lui-même (QL n°55 parue le 01-08-1968)
Serge Fauchereau
Malcolm Lowry
Choix de lettres trad. de l’Anglais par Suzanne Kim Denoël (Les Lettres Nouvelles)
” J’ai vécu quelque dix-neuf années et toutes plutôt mal que bien… ” Sur cette phrase s’ouvre une correspondance échelonnée sur presque trente ans ; c’est aussi l’une des premières phrases que nous possédions de Malcolm Lowry. Même si l’on fait la part de l’exagération, d’autant que le jeune Lowry s’adresse pour la première fois à un correspondant déjà célèbre, Conrad Aiken, cette déclaration n’est pas loin de la vérité.
Malcolm Lowry, né en 1909 dans la famille rigoureusement méthodiste d’un riche courtier de Liverpool, et benjamin de quatre fils, eut longtemps le sentiment d’être le canard dans la couvée de cygnes : après avoir été aveugle pendant quatre ans, l’enfant, envoyé dans d’excellentes écoles, ne se montra jamais, pas plus qu’ensuite à l’université, un élève brillant. Ecrasé par ce milieu, le jeune Malcolm rêvait d’aventures et de navigation ; il se nourrissait des romans de Melville, Dana, Conrad, Traven, Nordhal Grieg et Conrad Aiken.
Engagé comme steward sur un bateau, il se rendit jusqu’en Chine pour s’apercevoir que la vie sur un bateau était considérablement moins exaltante que dans les livres. N’importe : il y avait la mer. C’est peu après cette expérience qu’il écrit à Aiken pour l’assurer de son admiration et de son ” affection filiale ” qui ne se démentira jamais ; vingt ans plus tard il déclare encore : Lire la suite
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