Une époque impardonnable, un article d’Agnès Vaquin
J.M.G. Le Clézio, Ritournelle de la faim, Gallimard éd., 210p.,
J.M.G Le Clézio a ses figures de proue. il a ses filles du feu qui reviennent à intervalles dans son oeuvre. Ce sont des jeunes femmes qu’on imagine belles, encore que la beauté ne soit pas leur atout essentiel. Elles sont surtout intelligentes, sensibles, fougueuses. Elles sont en colère.
Question de style, un article de Norbert Czarny
Jean Echenoz, Courir, Minuit éd., 142p.
Deux évènements historiques encadrent l’histoire d’Emile, l’homme le plus rapide du monde: l’invasion de la Tchécoslovaquie par l’armée nazie en 1939, puis par l’Armée rouge en 1968. Entre ces deux dates, le coureur de légende aura eu le temps de battre quelques records.
Folie ordinaire, un article de Norbert Czarny
Hélène Lenoir, La folie Silaz, Minuit éd., 224p.
Une maison au coeur du dernier roman d’Hélène Lenoir. On pourrait dire une folie, mais on l’entendrait alors comme lieu habité par une folle, envahie par les objets et les souvenirs, “foutoir” serait plus juste. Une maison comme une prison, dont chacun cherche à s’évader.
Un roman brillant, mais savant? un article de Eric Phalippou
Salman Rushdie, L’enchanteresse de Florence (the Enchantress of Florence), trad. de l’anglais par Gérard Meudal, Plon éd., 410p.
Quand on est romancier en proie à un sujet flirtant avec l’Histoire, faut-il se documenter auprès des études le splus consensuelles et les portraits les plus flatteurs afin d’assurer aux lecteurs une reconstitution brillante, une galerie haute en couleur, le tout agrémenté de ressorts romanesques et de paradoxes convenus? Parce qu’offrant une lecture prenante-justement trop prenante- le derneir soap opera de Salman Rushdie suscite d’autant plus cette question que, pour la première fois, l’auteur agrémente sa fresque baroque d’un solide apparat critique.
Sur la chaussée des corsaires, un article de Gilbert Lascault
Jacques Villéglé, La comédie urbaine, Centre Georges Pompidou, 17 septembre 2008 – 5 janvier 2009, catalogue, Centre Pompidou éd., 336p.
Peintre raffiné, Jacques Villéglé (né en 1926) n’utilise jamais un pinceau. Son matériau (unique et changeant) est constitué par des affiches lacérées, déchirées, dépecées, maculées, qu’il découvre sur les murs des villes, sur les pallissades.
Les configurations de Mantegna, un article de Georges Raillard
Mantegna 1431-1506, Exposition au Louvre, 26 septembre 2008 au 5 janvier 2009, Catalogue sous la dir. de Giovanni Agosti et Dominique Thiébaut, Musée du Louvre/Hazan éd., 480p.
Jointes aux riches fonds Mantegna du Louvre et de la Brera, les oeuvres prêtées composent au Musée National une exposition exceptionnelle: disposition des oeuvres, jeu discret, sensible et savant des couleurs, des parois suivant les thèmes, les temps, les lieux, les genres, les personnages, l’architecture et les couleurs des personnages et des ciels.

La méthode et le cygne noir, un article de Laurence Zordan
Edgar Morin, La méthode, 2nd vol., Seuil éd., 2463p.
Edgar Morin, Mon chemin, Fayard éd., 362p.
“Je n’apporte pas la méthode, je pars à la recherche de la méthode. Je ne pars pas avec méthode, je pars avec le refus, en pleine conscience, de la simplification”: paradoxale introduction à La méthode d’Edgar Morin, fresque dont les milliers de pages en près de trente ans ouvrent un chemin, Mon chemin, autobiographie qui, loin d’être anecdotique, illustre les enjeux théoriques de la complexité.
Nassim Nicholas Taleb, Le cygne noir (en puissance de l’imprévisible) trad. de l’anglais par Christine Rimoldi avec la collaboration de l’auteur, Les belles lettres éd., 478p.
Simplifier les choses nous incite à penser que le monde est moins aléatoire qu’il ne l’est réellement. “Et le cygne noir est ce qu’on laisse de côté quand on essaie de simplifier”, écrit Nassim Nicholas Taleb, soulignant que nous sommes alors le jouet de la puissance de l’imprévisible.
Des images sur la régression de l’histoire humaine, un article de Jean-Paul Deléage
Alex MacLean, Over, visions aériennes de l’american way of life: une absurdité écologique, La découverte éd., 340p.
Les images d’Alex Mac LEAN que donnent à voir ce grand livre sont tout à la fois superbres et très inquiétantes. En effet, loin de toute démarche esthétisante, Alex MacLean manie magistralement l’art de la photographie aérienne. Il témoigne de l’inhumanité irresponsable de la société américaine dans les aménagements urbains et ruraux qui marquent désormais l’immense territoire des Etats-Unis.
Publié par paulinethomas 
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