Faut-il rééduquer les intellectuels ?

Faut-il rééduquer les intellectuels ?, un article de Bernard Pingaud

Dans le dernier numéro de l’Idiot International, Sartre tente de définir le rôle de l’intellectuel, avant et après la crise de mai 1968. Ce texte, rigoureux comme à l’habitude, n’a pas seulement le mérite de nous éclairer sur les raisons qui ont pu conduire son auteur à prendre la direction d’un, puis de deux journaux “gauchistes”. /1 pose un problème de fond, auquel aucun écrivain de gauche, aujourd’hui, ne peut rester insensible.

L’intellectuel, nous dit Sartre, est quelqu’un qui dispose d’un ensemble de connaissances visant à l’universalité. Mais ce savoir a beau être universel, il ne sert jamais tous les hommes à la fois : dans un pays comme le nôtre, où subsistent les barrières sociales, il sert essentiellement la classe dirigeante. L’intellectuel fait luimême partie de cette classe : travaillant pour les privilégiés, il se trouve, en fait, de leur côté. Il est donc pris dans une contradiction permanente. Certains « techniciens du savoir pratique» s’accommodent fort bien de cette contradiction. L’intellectuel – ou du moins l’intellectuel classique, celui d’avant Mai – en souffre et la dénonce. C’est un homme qui a, par définition, mauvaise conscience. Logiquement, cette mauvaise conscience devrait l’amener à se contester lui-même. Mais comme elle est aussi ce qui le rend utile aux autres, ce qui lui permet, en chaque occasion, de critiquer la violence qui se cache derrière la loi, les intérêts particuliers déguisés en prétentions universelles, l’intellectuel «aime son rôle ». Mécontent de luimême en principe, il n’en con· tinue pas moins, d’une part à travailler pour la société qui le privilégie, d’autre part à condamner (dans des meetings, des articles ou des pétitions) la répression qui entretient ce privilège. Autrement dit, il trouve «une bonne conscience dans la mauvaise conscience ». Lire la suite

Le rôle des intellectuels : Tribune de Dionys Mascolo sur les positions de J.-P. Sarte et B. Pingaud

Contre les idéologies de la mauvaise conscience,

un article de Dionys Mascolo

Sous le titre. Faut-il rééduquer l’intellectuel? -, Bernard Pingaud a récemment pris position à propos de déclarations de J.-P. Sartre sur le rôle des intellectuels, ici et maintetenant. (La Quinzaine. n° 104). Dionys Mascolo donne ci· dessous son sentiment sur les positions de Sartre et de Pingaud.

Sartre et Pingaud, l’un reprenant l’autre, ont récemment avancé, sur le rôle de l’intellectuel dans ses rapports avec le projet révolutionnaire avant et depuis Mai, un certain nombre de propositions qui ne me semblent pas à la hauteur de la nouveauté que nous vivons. Dans ce qu’elles ont d’incomplet surtout, elles mettent en oeuvre (et même en valeur) des équivoques qui ont constamment, depuis un demi-siècle, fait office de freins (depuis peut-être l’acte de décision de Lénine fondant un pouvoir révolutionnaire contre toutes les règles ?) et qui risquent aujourd’hui encore de détourner l’intellectuel de ce qu’il peut réellement. Lire la suite

Jean-Luc Godard, Louis Malle, Alain Resnais, Claude Chabrol et Claude Lelouch

La Quinzaine littéraire n° 52 du 15 juin 1968

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Cinéma : États Généraux par Anne Capelle

” Nous refusons un monde où la certitude de mourir de faim
s’échange contre le risque de périr d’ennui. ” Lire la suite

Les couverture du premier semestre 1968

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Les couvertures de la Quinzaine littéraire reflètent bien les bouillonnements à venir. Les sommaires sont à découvrir dans notre site archive : http://quinzaine-litteraire.net/quinzLittASearch.php

Mai 68 vu par Gilles Nadeau

Lefebvre parle de Marcuse


Couverture du n° 52 du 15 juin 1968

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Article paru le 15 juin 1968 dans la Quinzaine

Herbert Marcuse, philosophe allemand qui vit depuis longtemps aux Etats Unis, passe pour l’un des inspirateurs du mouvement de contestation qu’incarne à peu près partout dans le monde, aujourd’hui, la jeunesse étudiante. On a publié de lui, en français : Eros et civilisation (Ed. de Minuit), Le marxisme soviétique (“ Idées ”, Gallimard), et vient de paraître, très opportunément, L’un de ses ouvrages essentiels : L’homme unidimensionnel.

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La France en révolution

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Editorial du numéro 52 de La Quinzaine littéraire du 15 juin 1968
Un journaliste anglais, John Ardagh, a décrit dans un ouvrage traduit en français il y a un mois et demi — un siècle et demi ! — les changements qui, selon lui, affectaient la société française et que le pouvoir gaulliste feignait d’ignorer (1). Il aura fallu l’explosion des semaines de mai, l’occupation de la Sorbonne, les barricades du quartier Latin, une grève générale à laquelle les organisations traditionnelles de la classe ouvrière n’osèrent donner son nom, pour que notre pays découvre son nouveau visage et que l’Histoire se scinde en un “ avant ” et un “ après ”. Lire la suite

La revendication de pauvreté

nathalie sarraute

nathalie sarraute

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Le comité d’action étudiants écrivains, dans la perspective de soutenir la lutte de tous les travailleurs contre une idée ségrégationniste de l’État, dénonce : Lire la suite

Dubuffet : Culture et subversion

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A propos de Jean Dubuffet, l’Arc publie ces jours-ci un cahier très actuel sur les rapports de la culture et de la subversion. Tandis que des critiques (G. Argan, R. Barilli, G. Limbour) étudient l’œuvre, — Gaëtan Picon, Max Loreau et quelques autres analysent et discutent les idées du peintre. Jean Dubuffet a écrit pour ce numéro de nombreux textes. Nous en avons repris quelques uns. Les autres, non retenus par l’Arc, paraîtront ultérieurement dans un volume dont la rédaction n’est pas encore achevée.

par Jean Dubuffet Lire la suite

Université et culture, le campus américain

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Student politics,
un symposium dirigé par Seymour Martin Lipset
Basic Books ed. Londres, New York, 1968.

Numéro spécial (48) : “ Students and Politics ”
Daedalus, journal of the American Academy of Arts and Sciences

La politique comme facteur de la vie universitaire, l’étudiant comme facteur de la vie politique — par une série d’éruptions successives (Berkeley, Berlm) ou presque simultanées (Italie, France), par l’universalité et la virulence du phénomène, aussi violentes à l’Est (Varsovie, Prague, Belgrade) qu’à l’Ouest et dans les nouveaux États en développement ou en stagnation, les mouvements estudiantins de protestation, de contestation, de participation sont à juste titre au centre de l’intérêt des historiens comme des sociologues. Tel était le cas bien avant l’explosion française qui est à la fois la plus tardive et, par son “ impact ” sur la totalité de la vie sociale et politique d’une nation, la plus considérable jusqu’à présent. Lire la suite

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