Alexis Gloaguen – “La Chambre de veille” – Dernière parution Editions Maurice Nadeau / Lettres Nouvelles

ROMANS, RÉCITS 

Alexis Gloaguen – “La Chambre de veille” – Dernière parution Editions Maurice Nadeau / Lettres Nouvelles

La Chambre de veille a été écrit lors d’un hiver à Ouessant, dans le sémaphore du Créac’h, sur la côte nord de l’île. L’auteur évoque la verticalité du bâtiment qui s’organise autour d’une salle ouvrant sur l’océan, la puissance des éléments, le mystère des lumières, de la nuit, du vent et de la mer. A partir de ce lieu emblématique se développe, comme en cercles concentriques, un regard sur la géographie de l’île et de la vie de ses habitants.

Alexis Gloaguen, né en 1950 dans le Finistère, a passé son enfance en Nouvelle-Calédonie. Il enseigne la philosophie et voyage. Son séjour à Ouessant coïncide avec son retour en France.

Le guetteur de la plus haute tour, un article de MARC LE GROS

ALEXIS GLOAGUEN, LA CHAMBRE DE VEILLE, Maurice Nadeau, 208 p., 20 euros 

« Le paysage d’Ouessant est sidérant, à l’évidence, sauf pour les regards usés. En rendre compte est une gageure. Mais y parviendrait-on qu’on s’arrêterait encore en chemin. Il faut s’interroger sur le pourquoi des attirances, sur ce qui nous a menés là. Plus profondément encore, il faut ramper jusqu’à cette ultime étape : aller jusqu’à la tonalité de l’île, au chiffre qui fait vibrer en nous des formules apparentées, aux perspectives rêvées dont les splendeurs du réel sont les retombées grossières (1). » 

u commencement sans doute, il y a l’île. De la Nouvelle-Calédonie où il passe sa petite enfance, à Saint-Pierre-et-Miquelon où il demeurera près de vingt ans, sans parler des îles d’Écosse (2) ou de l’Irlande, ou de Terre-Neuve (3) encore, qu’il visite à plusieurs reprises, la fascination d’Alexis Gloaguen pour l’île est patente. C’est son tropisme secret et sa plus belle réserve d’émotions. Même la « clairière » terrestre où il vit aujourd’hui, à Silfiac, « au milieu de nulle part », comme il aime à dire, est une île. Mais l’auteur de La Chambre de veille est un « sequestratus », un séparé, un retranché d’une fort étrange espèce : c’est dans le vent du « Grand Dehors » qu’il évolue et la « quête de la formule » chez lui est plus proche du chemin du chaman que de celle de l’adepte reclus dans sa tour, parmi la poussière des livres et la lueur louche des alambics.  Lire la suite

La Quinzaine littéraire n°1061 – Du 15 au 31 mai 2012

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EN PREMIER

État et violence symbolique, un article de GISÈLE SAPIRO

PIERRE BOURDIEU, SUR L’ÉTAT Cours au Collège de France 1989-1992, Seuil, coll. « Raisons d’agir », 664 p., 30,40 euros

Les cours que Pierre Bourdieu a consacrés, entre 1989 et 1992, à la question de l’État au Collège de France n’avaient donné lieu qu’à quelques articles. Leur retranscription intégrale, enrichie d’un solide appareil critique, donne à voir la pensée en train de se faire. Bourdieu, qui jusque-là ne s’était guère intéressé à cet objet, préférant parler de « champ du pouvoir » et d’« idéologie dominante », comprend alors que l’analyse des conditions sociales de la domination ne peut faire l’économie d’une sociologie de l’État. À rebours de la tradition marxiste qui le réduisait à une superstructure, il montre tout au long de ce cours comment l’État fonde l’ordre social en inculquant les catégories de pensée qui le légitiment.

ROMANS, RÉCITS

La nuit de l’enfance, un article de HUGO PRADELLE

JEAN-FRANÇOIS HAAS, LE CHEMIN SAUVAGE, Seuil, 336 p., 20 euros

Un superbe roman sur l’enfance, ses malheurs et ses joies singulières, sa fin, le sentiment d’innocence et d’amour, les éblouissements primordiaux. Haas interroge ce qui conforme l’individu, les mots qui le portent, le bien et le mal, le mensonge et la vérité, les culpabilités ultimes et la joie triste d’être au monde. Et tout revient toujours à redire la grandeur idéale de la fraternité. Lire la suite

D’une Quinzaine à l’autre – du 15 au 31 mai 2012

LITTÉRATURE

Dans le cadre du 7e printemps balkanique qui se déroule jusqu’au dimanche 10 juin en BasseNormandie, Anne Madelain animera, le jeudi 24 mai à20h, une rencontre entre les écrivains Anica Lazin et Slobodan Šnadjer autour de « L’écriture, la scène et l’Histoire ». Bibliothèque de Valognes, 25, rue HenriCornat, 50700 Valognes. Tél. : 02.33.95.82.40.

… Du mercredi 16 mai au dimanche 19 août, le musée des Lettres et des Manuscrits accueille une exposition consacrée à Jack Kerouac. À l’occasion de l’adaptation cinématographique de Sur la route, réalisée par Walter Salles, et soixante ans après l’écriture de ce manifeste de la beat generation, l’exposition « Sur la route de Jack Kerouac. L’épopée, de l’écrit à l’écran » présentera pour la première fois en France ce rouleau tapuscrit. Musée des Lettres et des Manuscrits, 222, bd SaintGermain, 75007 Paris. Tél. : 01.42.22.48.48.

… Du vendredi 18 au dimanche 20 mai, le Banquet de printemps, organisé par la Maison du Banquet et des générations de Lagrasse, sera cette année consacré à la thématique « Histoire(s) allemande(s) ». Ces trois jours seront l’occasion d’interroger, au travers d’une série de rencontres et en compagnie d’écrivains de langue allemande, de traducteurs et spécialistes des littératures concernées, les littératures de langue allemande d’aujourd’hui dans leur rapport à l’histoire du XXe siècle. La Maisondu Banquet et des générations,Abbaye de Lagrasse, 4, Rive gauche, 11220 Lagrasse. Tél. : 04.68.32.63.89. Lire la suite

Journal en public par Maurice Nadeau – du 1er au 15 mai 2012

LA QUINZAINE LITTÉRAIRE 

JOURNAL EN PUBLIC par MAURICE NADEAU

Pascal Pia de nouveau à la disposition de ses amis et admirateurs avec ce nouveau recueil : Chroniques littéraires (1954-1977). 

Recueil qui vient s’ajouter aux précédents : Denoël/Lettres Nouvelles en 1971 (1), Fayard en 1999 et 2000 (2). Bien que l’activité littéraire de Pascal Pia déborde ces imposants volumes (des milliers de pages) – il n’est que de se souvenir de son Baudelaire ou de son Apollinaire – du moins y avait-il encore à réunir les articles critiques de Pia publiés dans l’hebdomadaire Carrefour (principal gagne-pain de l’auteur entre 1954 et 1977).

C’est chose faite, grâce à Colette Dominique, sa fille, grâce au vaillant Jean-Jacques Lefrère qui a réuni ces articles et les a préfacés, grâce à cet autre vaillant, Jean-Paul Louis, éditeur Du Lérot, à Tusson, Charente, qui s’est en outre permis, en célinien notoire, de choisir parmi ces articles ceux que Pia a consacrés, le long des années, aux ouvrages de Louis-Ferdinand Céline. Cela s’appelle Céline en liberté, la liberté étant de part et d’autre celle d’écrire.

Pour nos jeunes amis, je me permettrai de rappeler qui fut Pascal Pia, décédé en 1979.

Né à Paris en 1903, de famille cévenole, et de son nom d’état civil Pierre Durand. Père tué à la guerre de 1418. Mère, employée. Après son certificat d’études primaires, bohème et petits boulots dont celui de groom. Premiers poèmes à 16 ans, qu’il renie. Intéressé par Dada, collaboration à diverses revues belges, Le Disque vert de Franz Hellens ou Ça ira. Amitié avec le jeune Malraux. Publications « sous le manteau » avec le libraire Robert Bonnel. Fréquentation de la Nationale et travaux de documentation pour de futurs docteurs ès lettres (Renaissance, XVIIe siècle…). Mariage en 1927 et choix d’un métier : journaliste. Avant la guerre rédacteur en chef d’Alger républicain, à Alger, où il veille sur un jeune rédacteur, Albert Camus. En 1942, Résistance et, à la Libération, directeur de Combat devenu quotidien (tirage : 300 000).  Lire la suite

Martin Merlkonian, “Arménienne”

ROMANS, RÉCITS

Dans la langue de sa mère, un article de NORBERT CZARNY

(Martin Melkonian est invité le Samedi 5 mai par la Halle Saint Pierre)

Au début, il semble que ce soit difficile, voire impossible. L’auteur narrateur, qu’on découvrira sous le prénom de Jiraïr plus tard, ne trouve pas. Ni le cahier, ni le crayon qu’il faudrait, ni le lieu. Et surtout pas l’essentiel : « Je n’ai pas la bonne langue pour parler d’elle. » Elle, c’est Victoria, sa mère, une Arménienne. 

MARTIN MELKONIAN, ARMÉNIENNE, Maurice Nadeau, 128 p., 19,50 euros 

Ecrire sur sa mère est donc, pour commencer, affaire de langue. L’auteur l’écrit et son livre sera la solution ou la réponse : « je dois supprimer des mots de mon vocabulaire d’amant de la langue française pour accéder à elle. Ou plutôt : pour qu’elle accède au livre à travers moi ». Tel sera ce récit qui raconte (ou ne raconte pas) un parcours entre Constantinople et Paris, via Nice. Ne raconte pas, parce qu’on voit bien que la démarche chronologique du biographe ne convient ni à l’auteur ni à son « personnage ». On ne peut suivre sans appauvrir le sujet un tel être. On résumera, pour éclairer le lecteur, mais l’illusion d’un récit réaliste ne tiendra pas longtemps.  Lire la suite

La Quinzaine littéraire n°1060 – Du 1er au 15 mai 2012

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EN PREMIER

Henry James : le défi de la nouvelle, un article de ALAIN JUMEAU

HENRY JAMES NOUVELLES COMPLÈTES, III, 1888-1898, Édition établie par Annick Duperray - NOUVELLES COMPLÈTES, IV, 1898-1910, Édition établie par Évelyne Labbé Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2 vol., 1 497 et 1 726 p., 70,50 euros chacun

La « Bibliothèque de la Pléiade » a entrepris de publier l’intégralité des nouvelles du romancier américain Henry James (1843-1916). Deux premiers volumes ont paru en 2003, couvrant la période 18641876, puis 1877-1888. Les deux derniers volumes, qui étaient attendus par les adeptes du Maître, viennent de paraître à la fin de 2011._

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ROMANS, RÉCITS

La chair n’est pas triste ! Hourrah !, un article de EMMANUÈLE SANDRON

NICHOLSON BAKER, LA BELLE ÉCHAPPÉE, trad. de l’anglais (ÉtatsUnis) par Éric Chédaille Christian Bourgois, 310 p., 22 euros

Conte de fées pour adultes, fantaisie érotique, roman de sciencefrissons ? La Belle Échappée est tout cela, même s’il est difficile de ne pas penser que Nicholson Baker, déjà auteur d’une dizaine de romans, a pris un malin plaisir à écrire une resucée gaillardement grivoise d’Alice au pays des merveilles. À La Belle Échappée, délicatement baptisée « House of Holes » en anglais, autrement dit : « la Maison des Trous », plus on est de fous, plus on jouit.

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La musique en héritage, AGNÈS VAQUIN

JEAN ROUAUD, UNE FAÇON DE CHANTER, Gallimard, 214 p., 17,90 euros

Avec Une façon de chanter (La Vie poétique, tome 2), Jean Rouaud écrit la suite de son précédent livre : Comment gagner sa vie honnêtement (La Vie poétique 1, publié l’an dernier). On le sait parce qu’il l’a dit : il envisage d’écrire une trilogie entre autobiographie et fiction, et susceptible de répondre à la question : « qu’estce que l’époque m’a fait ? ». Pour lui, on le voit, pas « d’ascenseur social », ni d’établissements d’excellence. Son point de vue est beaucoup plus élémentaire, c’est : comment s’en sortir ?

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Rencontre : Martin Melkonian à propos de “Arménienne”

Rencontre / Lecture avec Martin Melkonian à l’occasion de la parution (mars 2012) d’Arménienne aux éditions Maurice Nadeau – Les Lettres Nouvelles

Le samedi 28 avril à 15 h, la librairie Mille et une pages à avranches organise une rencontre-signature à l’occasion de la parution d’Arménienne de Martin Melkonian aux éditions Maurice nadeauLibrairie Mille et une pages, 3, rue Docteur-Gilbert, 50300 Avranches. Tél. : 02.33.60.91.85.

Le samedi 5 mai à 15 h, lecture-signature d’Arménienne à la Halle Saint-Pierre à Paris, au cours de laquelle Pierre-louis rey, directeur de la Revue d’Histoire littéraire de la France, présentera Martin Melkonian. Halle Saint Pierre- Auditorium, entrée libre, 2, rue Ronsard, 75018 Paris.Tél. : 01.42.58.72.89.

Vous trouverez ci-dessous un entretien réalisé à la Halle Saint Pierre entre Martin Melkonian et Pascal Hecker, et sur le site de la Halle Saint Pierre un entretien écrit avec l’auteur.

 


Martin Melkonian – “Arménienne” – Dernière parution Editions Maurice Nadeau / Lettres Nouvelles

Martin Melkonian – “Arménienne” – Editions Maurice Nadeau / Lettres Nouvelles

D’Istanbul à Paris, de 1910 à aujourd’hui, une femme traverse les épreuves de la Grande Catastrophe et de l’exil. Prénom : Victoria. Signe distinctif : le profil de médaille d’une héroïne bravant les fantômes d’un pays où « des lambeaux de tissus ondulent par grands plis dans un désert lointain, une prison à ciel ouvert ».

Avec l’énergie d’une écriture qui rassemble les fragments d’une vie, les aimante pour ainsi dire, Martin Melkonian libère de l’anonymat une figure attachante. Quelqu’un d’inoubliable. Il serre au plus près les rares archives qu’il a en sa possession, crève les poches de silence et comble les lacunes. Un mausolée est dressé. Celui du territoire perdu, de l’origine enfouie, de l’Arménie intérieure.

Victoria qui passe.
Victoria des traces.
Victoria qui reste.
Victoria des cœurs. Lire la suite

Georges Perec, “Le Condottière”, par Tiphaine Samoyault

ROMANS, RÉCITS 

Le premier sera le dernier, un article de TIPHAINE SAMOYAULT

Perec, mort en 1982, pensait à jamais perdu le texte de son premier véritable roman, jeté par erreur lors d’un déménagement. Retrouvé par David Bellos lors de la monumentale enquête qu’il conduisit pour faire la biographie de l’auteur, il est aujourd’hui publié sous son titre final, Le Condottière

GEORGES PEREC, LE CONDOTTIÈRE, Préface de Claude Burgelin Seuil, coll. « La librairie du XXIe siècle », 203 p., 17 euros 

Après Les Errants, écrit à vingt ans et dont le manuscrit semble définitivement perdu, et L’Attentat de Sarajevo montré à Maurice Nadeau qui l’encourage mais ne le publie pas, Le Condottière constitue donc la troisième marche de l’escalier conduisant Perec au statut d’écrivain. Accepté sous une forme intermédiaire par Georges Lambrichs pour son excellente collection « Le Chemin », il reçoit même un à-valoir pour ce manuscrit, ce qui lui donne déjà des prérogatives socioéconomiques d’auteur. Il sera finalement refusé en 1960 dans sa version abrégée et définitive, alors que Perec se trouve déjà avec sa femme Paulette à Sfax en Tunisie (future situation des Choses), aux prétextes suivants : « On a trouvé le sujet intéressant et intelligemment traité, mais il semble que trop de maladresse et de bavardages aient braqué plusieurs lecteurs. Et même quelques jeux de mots, par exemple : “Un bon Titien vaut mieux que deux Ribera”. » Toutes ces informations sont données dans la préface dont Claude Burgelin accompagne intelligemment et amicalement l’ouvrage. Proche compagnon de Perec à cette époque-là, il avait lu ce texte en 1960 et le relit cinquante ans plus tard, conscient du fait que la distance est chargée des développements de l’œuvre ultérieure, de la notoriété acquise par l’auteur de façon essentiellement posthume, mais aussi de l’amitié engagée d’autrefois.  Lire la suite

Editions Maurice Nadeau : Alexis Gloagen à Paris et en Bretagne

L’écrivain Alexis Gloaguen publié par les éditions Maurice Nadeau présentera ses livres Les Veuves de verre (2010) et La Chambre de veille (mars 2012) du 16 au 19 mars au Salon du Livre de Paris, les 24 et 25 mars au festival « Les Escales » de Binic (à côté de Saint-Brieuc), le vendredi 30 mars lors d’une journée avant-première de présentation de La Chambre de veille sur l’île d’Ouessant, et les 7 et 8 avril au festival « Livre et Mer », à Concarneau.

Détails des rencontres ci-dessous :

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