« La vie pieds nus », ou lire à la plage – La Quinzaine des libraires n°7 – Emission du 17 juin 2011

“La Vie pieds nus”, ou lire à la plage


La Quinzaine littéraire en partenariat avec 1001libraires.com présente la 7ème édition de l’émission littéraire “La Quinzaine des libraires”.

À l’occasion de cette émission, Hugo Pradelle, Agnès Vaquin (collaboratrice et membre du comité de rédaction de La Quinzaine littéraire) et Xavier Capodano (Librairie Le Genre urbain, 75020 Paris) ont évoqué les différentes manières dont nous lisons durant ce temps particulier des vacances.

Au sommaire :

Henning Mankell, L’ Homme inquietSeuil Policiers, 2010 (voir les archives de La Quinzaine littéraire, L’ Homme inquiet, Ténèbres )

Partie 1/2

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« La Vie pieds nus », ou lire à la plage – Quinzaine des libraires – vendredi 17 juin 2011

« La Vie pieds nus », ou lire à la plage. 

« La Quinzaine des libraires », vous convie à son 7ème rendez-vous :

L’enregistrement de l’émission se déroulera le vendredi 17 juin 2011 à 19h30, au Centre Wallonie Bruxelles ( 46, Rue Quincampoix (niveau-1) – 75004 Paris).

Hugo Pradelle, accompagné notamment d’Agnès Vaquin (collaboratrice et membre du comité de rédaction de La Quinzaine littéraire), animera cette émission qui se déroulera autour de quatre livres qui permettront d’évoquer les différentes manières dont nous lisons durant ce temps particulier des vacances. Ainsi, alors que certains partirons avec un livre divertissant, d’autres choisiront de lire enfin un primé de l’année qu’ils n’ont pas voulu lire en même temps que tout le monde, ou d’attaquer un roman un peu consistant ou pour finir de se replonger dans un classique. Au delà de cette articulation, ces livres évoquent chacun à leur manière le rapport filial et interrogent le statut et la place de l’auteur.

Au sommaire donc :

Henning Mankell, L’ Homme inquiet, Seuil Policiers, 2010
Michel Houellebecq, La Carte et le territoire, Flammarion, 2010
John Maxwell Coetzee, L’ Été de la vie, Seuil, 2010
Charles Robert Mathurin, Melmoth, Phébus, coll. Libretto, 2003 Lire la suite

L’INA célèbre le centenaire de Maurice Nadeau

Pour célébrer son centenaire l’INA met gratuitement à votre disposition un portait de Maurice Nadeau composés d’archives vidéo et audio.
Critique littéraire, essayiste, éditeur intuitif et anticonformiste, découvreur de talents comme Henry Miller, Roland Barthes, Witold Gombrowicz, Michel Houellebecq, Georges Perec ou Samuel Beckett, Maurice Nadeau fête ses 100 ans ce 21 mai. Rencontre en vidéos avec le fondateur de la Quinzaine littéraire.
Le replay de Portrait – Maurice Nadeau est rediffusé en streaming gratuit pendant quelques jours.

Pierre Assouline célèbre Maurice Nadeau

Sur le site du Monde.fr, Pierre Assouline célèbre Maurice Nadeau à la Une du Monde des livre.

Voici, ci-dessous, l’intégralité de l’article :

Bon anniversaire, M. Nadeau

Vingt ans. Cela fait déjà vingt ans que les copropriétaires ont signé pour l’ascenseur, deux ans que les travaux ont commencé mais il ne désespère pas, depuis le temps. A croire que l’intime et intense fréquentation des livres prépare à toutes les longues patiences. Parfois, ses jambes le lâchent dans l’ascension de son immeuble perché derrière le Panthéon, mais l’esprit est intact, la mémoire étonnante et la précision dans le détail, implacable.

On s’apprête à le fêter de partout. En avril, il se découvrira de plus d’un fil : Arte le documentarisera, Verdier publiera ses entretiens avec Laure Adler, le Théâtre de l’Odéon lui réservera une surprise, le Centre national du livre le fêtera. “Pfff… Pfff…”Le croisant, l’écrivain Annie Le Brun lui a glissé : “Vous n’avez pas honte d’arriver à cet âge-là ?”

De quoi méditer sur toutes les couleuvres qu’il faut avaler pour dépasser la limite. Il en soupire déjà, mais ne boude pas la consécration. Le maire de Paris a donné le coup d’envoi en lui remettant la médaille de quelque chose de la Ville. Dans son discours de remerciements, le roi d’un jour n’a pu s’empêcher d’être lui-même :“Les honneurs déshonorent… comme disait Flaubert.” Non du mauvais caractère, mais du caractère. De quoi acquérir une réputation : celle d’un éditeur et d’un critique au grand flair. Les deux ont longtemps travaillé chez les autres avant de se ranger sous leur propre bannière : les éditions Maurice Nadeau et La Quinzaine littéraire, journal de critiques où nul n’est payé, étant convaincu que le seul fait d’y paraître suffit à être payé de retour. Georges Perec, Malcolm Lowry, J. M. Coetzee et tant d’autres lui doivent quelque chose. Lire la suite

Dossier Spécial : Michel Houellebecq, Prix Goncourt 2010

“La carte et le territoire”, Prix Goncourt 2010,

Michel Houellebecq a, sans grande surprise, remporté ce lundi le prix Goncourt 2010 pour son roman “La Carte et le territoire” (Flammarion), à cette occasion La Quinzaine littéraire livre son regard sur ce roman en particulier et l’oeuvre de Michel Houellebecq qu’elle a toujours suivi avec attention et indépendance. En effet, contrairement à ce que beaucoup de critiques et autres “acteurs” littéraires semblent penser, Flammarion n’est pas la maison d’origine  de l’écrivain, qui a publié son premier roman, “Extension du domaine de la lutte” en 1994 aux Éditions Maurice Nadeau, ce n’est qu’après ce roman et le refus de publier un recueil de poèmes, que Michel Houellebecq s’est dirigé vers cette maison d’édition.

A l’occasion de l’attribution de ce prix, voici quelques articles en intégralité qui retracent depuis 1994, le regard critique que Maurice Nadeau et certains collaborateurs de La Quinzaine littéraire ont posé sur l’oeuvre de cet écrivain. Lire la suite

MICHEL HOUELLEBECQ LA CARTE ET LE TERRITOIRE

“Une saison en Houellebecquie”, un article de Jean-Jacques Lefrère.

Michel Houellebecq, LA CARTE ET LE TERRITOIRE Flammarion, 450 p., 22 €

Puisqu’il est des rentrées littéraires comme il est des rentrées scolaires, il faut en accepter le principe, mais il n’est pas aisé, il est même impossible, d’identifier avec certitude ce qui sort du lot. À en croire le déluge d’articles et d’échos qui a accompagné La Carte et le Territoire de Michel Houellebecq, ce serait ce roman. L’histoire littéraire, qui ne fait aucune concession, justifiera-t-elle ce jugement ?

Une critique superbement moutonnière a en effet émis des louanges qu’elle n’avait pas toujours accordées aux livres de M. Houellebecq, notamment à son précédent roman, La Possibilité d’une île, et quelques chroniqueurs littéraires ont même eu l’intransigeance de malmener quelque peu, sur le ton d’un rappel à l’ordre, M. Ben Jelloun, lequel avait laissé transparaître, dans un article paru dans un périodique italien, La Repubblica, le mépris dans lequel il tenait ce récit à ses yeux platement sociologique.

Lors de la mise en librairie de son livre, M. Houellebecq s’est beaucoup montré à la télé- vision et a accordé maints entretiens à la presse. À aucun moment, il n’a laissé échapper la moindre provocation, la moindre imprudence verbale, comme si le trublion de naguère laissait désormais place à un littérateur sympathique et calme, gentiment ironique, y compris sur lui-même, manifestement désireux de ne pas donner l’image d’un de ces romanciers convaincus de donner au monde le chef-d’œuvre dont la postérité fera le plus grand cas. Ce détachement modeste et souriant, cette complaisance bienveillante à répondre à toutes les questions, avec une élocution enfin claire, en Modiano ayant pris des cours de diction – en un mot, tout à fait l’allure d’un homme au casier littéraire vierge – étaient d’autant plus frappants qu’apparaissait sur le petit écran un homme aux traits creusés, portant sa cinquantaine, avec la physionomie d’un être qui vient de traverser ou qui traverse une épreuve physique ou psychologique difficile. Pour tout dire, le contraste était grand avec le personnage neurasthénique et désabusé de naguère, qui distillait, dans un phrasé pâteux et las, quelques imprécations dont il voulait donner l’im- pression qu’il ne pressentait pas la portée. Lire la suite

Journal en public : Michel Houellebecq, Plateforme

Journal en public : Michel Houellebecq, Plateforme, par Maurice Nadeau

Denis Demonpiont, “Houellebecq non autorisé, enquête sur un phénomène”, Maren Schell
Eric Naulleau, “Au secours, Houellebecq revient !”, Chiflet et Cie
Fernando Arrabal, “Houellebecq”, Le Cherche midi

Houellebecq. J’ai d’abord pensé que nous ne devions pas parler de lui, même sous la forme que je donne ici à mon propos. Ne faire même aucune allusion à ce roman lancé sur le marché par un battage à l’américaine, cette façon qu’a décrite André Schiffrin (Cf. QL 898, l’article de Maspero) de réduire les auteurs (qui ne sont pas tous forcément des écrivains) à l’état de bêtes à produire des dollars et faire monter le cours des actions. Je sais bien que Raphaël Sorin, que Claude Durand ne sont pas pour grand’chose dans ce lancement par le capital financier du produit Houellebecq. J’ai tout de même un peu honte pour eux, qui se disent éditeurs, honte qu’ils soient complices, honte qu’ils contribuent à faire croire aux étrangers que “le plus grand romancier français d’aujourd’hui”, (c’est ce que je lis à travers le Figaro magazine ou le Nouvel Observateur) s’appelle Michel Houellebecq. Mais que dire de l’empressement des médias à se mettre, avec plus ou moins de chichis, au diapason ? Lire la suite

Michel Houellebecq, Les Particules élémentaires

“Autopsie du désir”, un articles de Bertrand Leclair

Michel Houellebecq, Interventions, Flammarion

Michel Houellebecq, Les Particules élémentaires, Flammarion

Quatre ans après Extension du domaine de la lutte, un roman au titre paradoxal qui n’a cessé depuis sa parution d’étendre son influence, Michel Houellebecq publie un deuxième roman aussi ambitieux et impressionnant que problématique. On y trouve des perspectives idéologiques irrecevables, mais aussi un constat implacable de notre fin de siècle, souvent hilarant et toujours sordide, qui vient heurter de plein fouet le sage ordonnancement des fictions ordinaires.

C’est un fait: les Particules élémentaires contraint à la distance; il interdit par sa dimension idéologique de s’en tenir à la lecture romanesque et émouvante qu’il appelle pourtant de toutes ses lignes. Plus exactement, on ne peut pas se contenter, pour en goûter la force romanesque indéniable, de renvoyer au rayon des fantasmes inoffensifs les perspectives déterministes que dessine le roman en s’appuyant tant sur le positivisme d’Auguste Comte que sur une approche très documentée des sciences physiques et de la biologie moléculaire (ce par quoi il se place dans une filiation revendiquée avec le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley et les travaux de son frère Julian, éminent biologiste qui prônait le contrôle génétique dans son essai Ce que j’ose penser, publié en 1931). Non seulement la force du roman est inséparable de ce matériau idéologique (ce que l’on va montrer), mais de plus ce matériau est inévitablement contaminé par le discours provocateur que l’auteur peut tenir par ailleurs: ainsi lorsqu’il défendait au printemps, une nouvelle forme d’eugénisme dans la postface à la réédition du Scum Manifeste de Valérie Solanas (1). Lire la suite

Michel Houellebecq, Plateforme

“Peu avant l’apocalypse”, un article Norbert Czarny

Michel Houellebecq, Plateforme, Flammarion

“On m’oubliera. On m’oubliera vite.” Deux phrases, page 370 et dernière, deux fois le même verbe ; la même désespérance lucide : cela pourrait résumer Plateforme, le nouveau roman de Michel Houellebecq. Avant que la rumeur ne s’empare du livre, avant que le “personnage” ironique et provocateur n’apparaisse dans les médias qui se délectent d’avance, lisons-le.

Michel Renault, narrateur et héros, suit pour le Ministère de la Culture. des dossiers d’Art contemporain, aide des artistes à monter et exposer leurs projets. Il se définit comme un ” être humain inoffensif et relativement distrayant “. Au début dePlateforme, son père meurt à Cherbourg, lui laissant un héritage assez conséquent pour qu’il se sente tranquille. Il part en voyage organisé en Thaïlande et rencontre Valérie, avec qui il se lie à son retour. La jeune femme travaille pour Nouvelles Frontières comme assistante d’un certain Jean-Yves, un ” gagneur “. Tous deux quittent leur entreprise pour le groupe Aurore, où ils doivent relever un ” challenge ” délicat : rendre son dynamisme à la filiale Eldorador, qui perd de l’argent. Ils choisiront, pour le meilleur et aussi pour le pire, de créer des clubs s’appuyant sur le tourisme sexuel, à Cuba et en Thaïlande, notamment. L’un et l’autre y perdront beaucoup. Quant à Michel Renault, qui écrit Plateforme, le récit que nous lisons, il choisira la solitude et un exil à Pattaya, en Thaïlande. Lire la suite

Michel Houellebecq, Extension du Domaine de la lutte

Michel Houellebecq, Extension du Domaine de la lutte, Éd. Maurice Nadeau, un article de Dominique Noguez.

Michel Houellebecq est cet hurluberlu qui annonçait dans son deuxième livre une “méthode” à l’usage des jeunes poètes – : “N’ayez pas peur du bonheur ; il n’existe pas.” Qu’on se garde bien, suggérait-il cependant, de tirer de ce constat des conséquences funestes : “Un poète mort n’écrit plus. D’où l’importance de rester vivant”. Suivaient quelques conseils (“Je vous invite à garder courage. Non que vous ayez quoi que ce soit à espérer. (…) Vous êtes des suicidés vivants”).

Son livre suivant, La Poursuite du bonheur (1) rutilait de vues tout aussi guillerettes, mais en alexandrins et dans un cadre urbain (et banlieusard) : “Demain il y aura des salades auvergnates/Dans les cafés bondés où les cadres mastiquent“, ou bien : “J’aime les hôpitaux, asiles de souffrance/Où les vieux oubliés se transforment en organes/Sous les regards moqueurs et pleins d’indifférence/Des internes qui se grattent en mangeant des bananes“. Extension du domaine de la lutte, son premier roman, poursuit par d’autres moyens cette oeuvre de moraliste (noir) et de Baudelaire des supermarchés. Il y ajoute de la précision dans les portraits, de l’acuité dans l’analyse – qui s’élève jusqu’à une véritable théorie du fonctionnement social -, et un mélange curieux de férocité et de placidité dans le ton. Quel ton ? Justement, tout est là. Le beau mot d’”humour”, même rehaussé de l’adjectif “noir”, ne suffit pas à le décrire. Lire la suite

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