Raymond Aron : Légendes et vérités

Légendes et vérités de Raymond Aron, un article de Omar Merzoug

RAYMOND ARON, MÉMOIRES, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1 088 p., 30 €

Politologue, sociologue et journaliste, Raymond Aron a joué un rôle essentiel dans la vie politique et intellectuelle française de l’après-guerre aux années 1980. Prises de position, articles et ouvrages, notamment L’Opium des intellectuels (1955), La Tragédie algérienne (1957), La Révolution introuvable (1968), De Gaulle, Israël et les Juifs (1968), ont suscité de vives polémiques. La publication de ses Mémoires, dans leur version intégrale, offre l’occasion de dresser le bilan d’un parcours controversé.

Dès sa disparition, en 1983, une campagne de presse forge les légendes d’un Raymond Aron tour à tour bête noire du totalitarisme soviétique, preux chevalier de la liberté et démocrate intransigeant. Lire la suite

La Quinzaine n°1028, du 16 au 31 décembre 2010

ROMAN

Polymorphie, un article de HUGO PRADELLE

HENNING MANKELL, L’HOMME INQUIET, La dernière enquête de Wallander, trad. du suédois par Anna Gibson, Seuil, coll. « Policiers », 560 p., 22 €

La parution du dernier opus de la série policière mettant en scène Kurt Wallander présente l’occasion de nous interroger sur l’oeuvre polymorphe et engagée d’Henning Mankell, sur ce qu’elle révèle de notre époque.

 

 

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Entretiens filmés – Zeev Sternhell sur le fascisme et le sionisme

Les travaux de l’historien israélien Zeev Sternhell sur les racines françaises du fascisme ont provoqué des controverses, voire des polémiques. Les historiens Raymond Aron, Michel Winock, Pierre Milza ont contesté tout ou partie de ses analyses. Omar Merzoug a réalisé cet entretien pour savoir si Zeev Sternhell maintient, d’une part, que le fascisme a des origines françaises et, d’autre part, que les idées fascistes avaient réalisé une profonde pénétration en France à la veille de la 2e Guerre mondiale ? Il a demandé aussi à ce fondateur du mouvement La Paix maintenant qu’elle sa position vis-à-vis du sionisme et de la question palestinienne.

Voici quelques extraits de cet entretien, filmés par le réalisateur Gilles Nadeau

Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de la Quinzaine littéraire pour consulter les archives des articles consacrés à Zeev Sternhell :

- le numéro 280 du 1er juin 1978

- le numéro 394 du 16 mai 1983

- le numéro 529 du 1er avril 1989

- le numéro 694 du 1er juin 1996

- le numéro 924 du 1er juin 2006

- le numéro 1021 du 1er septembre 2010


La Quinzaine n°1021, du 1er au 15 septembre 1021

“Lucidité enfantine”, un article de Hugo Pradelle

ALAIN MABANCKOU
DEMAIN J’AURAI VINGT ANS
Gallimard, 384 p., 21 €

Alain Mabanckou s’enfouit dans la voix d’un enfant qui témoigne de son monde intérieur et ausculte l’indépendance de son pays et les vicissi- tudes de la politique internationale des années soixante-dix. Un regard d’une grande lucidité et une voix d’une truculence délicieuse.

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“Jules et Jim en yiddish”, un article de Norbert Czarny

ROBERT BOBER
ON NE PEUT PLUS DORMIR TRANQUILLE QUAND ON A UNE FOIS OUVERT LES YEUX
P.O.L, 290 p., 17 €

« Mon vice à moi, c’est d’aimer les histoires. » Le propos est de Robert Giraud, grand explorateur de Paris, de ses recoins et bistrots. Il vaut pour Robert Bober qui le cite dans son dernier roman, au titre emprunté à Reverdy, On ne peut plus dormir tranquille quand on a une fois ouvert les yeux. Bober aime les anecdotes, les récits qui rebondissent et se font écho, les personnages, réels ou imaginaires, qui se croisent et donnent à la trame romanesque une densité plus grande.

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“Plongée en apnée dans le post-exotisme”, un article de Claire Richard

LUTZ BASSMAN, LES AIGLES PUENT, Verdier, 160 p., 16 € /
MANUELA DRAEGER, ONZE RÊVES DE SUIE, L’Olivier, 204 p., 18 € /
ANTOINE VOLODINE, ÉCRIVAINS, Seuil, 192 p., 17,50 €

Trois auteurs, trois livres. Mais trois modulations d’une même voix, trois entrées sur un monde unique. Y plonger est une expérience de lecture sans équivalent, qui conjugue l’onirique et le politique, le lyrisme de la défaite et l’humour du désastre. Et vous laisse hanté, convaincu que l’œuvre qui s’édifie de livre en livre, de nom en nom, est l’une des plus fascinantes de la littérature contemporaine.

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“Mauvaise odeur”, de Norbert Czarny

MARC WEITZMANN, QUAND J’ÉTAIS NORMAL, Grasset, 240 p., 18,50 €

Une terrible odeur hante les nuits de Paris en cet été 2003. On se rappelle sans doute la canicule qui étouffait la ville, et qui provoqua tant de morts, parmi les personnes âgées souvent seules, souvent pauvres. C’est dans ce paysage désolé, ce cadre étouffant que se termine le face-à-face entre Gilbert Bratsky et Didier Leroux, principaux protagonistes de “Quand j’étais normal”.

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“Un roman japonais”, un article de Norbert Czarny

OLIVIER ADAM LE CŒUR RÉGULIER L’Olivier, 240 p., 18 €

« Sentir battre en moi un cœur régulier » : tel est le souhait de Sarah, narratrice du roman d’Olivier Adam. Entre l’univers glacial dans lequel elle survit jusqu’au brutal décès de Nathan, son frère, et la fièvre qui animait ce dernier, l’héroïne cherche au Japon « un abri » : une forme de paix qui ne soit pas renoncement, oubli de ce qu’elle est, au fond. Et le roman raconte cette quête et reconquête de soi.

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“Écrire le travail aujourd’hui”, un article de Norbert Czarny

THIERRY BEINSTINGEL, RETOUR AUX MOTS SAUVAGES, Fayard, 300 p., 19 €

Les mots sauvages n’entrent pas dans la « procédure ». Ils échappent au canevas que l’on a donné au téléopérateur, cette figure anonyme ou absente que l’on imagine à peine derrière son casque. Éric est dans ce roman le pseudonyme de ce « nouveau ». Autre nom, absence de corps : le travail d’aujourd’hui, comme la politique, est affaire de langage. Comme la littérature aussi, qui rend leur sens aux mots.

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“Au temps des Brigades rouges”, un article de Monique Baccelli

GIORGIO VASTA, LE TEMPS MATÉRIEL, trad. de l’italien par Vincent Raynaud, Gallimard, 361 p., 21,50 €

Le ton est donné dès les premières lignes : pendant que la mère tourne le dos pour distribuer une pâtée grisâtre à des chats squelettiques et galeux, son jeune fils applique de toutes ses forces un bout de fil de fer barbelé sur le flanc du plus mal en point, l’« estropié de naissance ». Le lecteur sait d’emblée qu’il n’aborde pas un roman rose.

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“Des hommes”, un article de Norbert Czarny

THOMAS HEAMS-OGUS, CENT SEIZE CHINOIS ET QUELQUES, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 132 p., 15 €

Dans les dernières pages de son roman, Thomas Heams-Ogus donne la liste des cent seize Chinois transférés en mai 1942 du camp de Tossicia à celui d’Isola del Gran Sasso, dans les Abruzzes. L’histoire que le jeune romancier raconte est de celles qu’on n’invente pas. La façon dont il le fait témoigne de la puissance de la littérature, et de la poésie en particulier.

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« Quand on parle de soi, on ne doit pas tricher », Propos recueillis et filmés par Gilles Nadeau, visibles sur le blog en cliquant sur ce lien

BERNARD RUHAUD, SALUT À VOUS ! Maurice Nadeau, 206 p., 18 €

Bernard Ruhaud vient de publier aux éditions Maurice Nadeau, Salut à vous !, un roman autobiographique en trois séquences qui décrit, avec beaucoup de verve, la vie de famille d’un militant du Parti communiste de la « Banlieue rouge » dans les années soixante, puis la trajectoire, hors du Parti, de son auteur.

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“Un poète-forgeron”, un article d’Odile Hunoult

JEAN-PAUL MICHEL, JE NE VOUDRAIS RIEN QUI MENTE, DANS UN LIVRE, Flammarion, coll. « Poésie », 320 p., 19,50 €

Troisième recueil de Jean-Paul Michel dans la collection d’Yves Di Manno. Comme le premier, Le plus réel est ce hasard, et ce feu (poèmes 1976-1996), il couvre toute la période créatrice, et reprend Défends-toi, Beauté violente ! (1), du second volume. Je ne voudrais rien qui mente, dans un livre est une architecture, pas une enfilade chronologique.

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“L’arrivée à l’écriture”, un article de Tiphaine Samouyault

HÉLÈNE CIXOUS, LE RIRE DE LA MÉDUSE ET AUTRES IRONIES, préface de Frédéric Regard, Galilée, 199 p., 29 €

Le fait est connu : les voies de la réception sont impénétrables et la circulation des textes obéit à des circonstances plus qu’à des lois. Il n’em- pêche : l’incroyable fortune à l’étranger des deux textes d’Hélène Cixous publiés en 1975 et rassemblés pour la première fois en un volume, le relatif dédain dont ils ont fait l’objet en France ont de quoi surprendre ou désoler.

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“Les lendemains qui pensent”, un article de Laurence Zordan

De quoi l’avenir intellectuel sera-t-il fait ? Enquêtes 1980, 2010, Revue Le Débat, 509 p., 22,50 € / LAWRENCE W. LEVINE CULTURE D’EN HAUT, CULTURE D’EN BAS, L’émergence des hiérarchies culturelles aux États-Unis trad. de l’américain par Olivier Vanhée et Marianne Woollven La Découverte, 316 p., 26 € / MIGUEL ABENSOUR L’HOMME EST UN ANIMAL UTOPIQUE Éd. de la nuit, 263 p., 25 €

Au lieu des lendemains qui chantent, les lendemains qui pensent ? Trois chemins mènent à cette perspective inattendue. Premier itinéraire : l’avenir des hommes supplanté par l’avenir intellectuel, celui-ci portant les couleurs du numéro anniversaire de la revue Le Débat. Deuxième parcours : la révolution par les masses étouffées sous la culture pour l’élite, en une surprenante trajectoire décrite dans Culture d’en haut, culture d’en bas, contraste plus singulier encore à la lumière du titre anglais original. Celui- ci emprunte en effet à la phrénologie, soulignant l’irréductible différence entre les formes et contenances des crânes, la « culture d’en bas » devenant alors celle d’un front bas, sans noblesse. Troisième cheminement : au lieu de la peur du lendemain, la griserie d’ouvrir des brèches d’avenir, sous prétexte que « L’homme est un animal utopique ». Trois ouvrages ambitieux : avec le premier, le temps qui pense retient le temps qui passe. Avec le second, une benoîte analyse historique prend des allures de brûlot politique. Avec le troisième, penser est synonyme de peser en passant au trébuchet des textes que l’on croyait connaître.

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“La voix même de la littérature”, un article de Jean Lacoste

JEAN-CLAUDE MATHIEU, ÉCRIRE, INSCRIRE, Images d’inscriptions, mirages d’écriture, José Corti, coll. « les Essais », 632 p., 29 €

Le lecteur pressé, à qui ce beau et substantiel livre n’est pas destiné, pourra s’étonner de cette composition en mosaïque, de cette marqueterie de citations associées, accumulées, combinées, chacune bien identifiée dans les notes, mais comme intégrée au discours très écrit de Jean-Claude Mathieu. Comme si, derrière les voix très diverses des écrivains cités devait se faire entendre la voix même de la littérature, telle qu’elle voit et vit le monde (la « voix de Personne », est-il dit). L’autorité de l’auteur de chacune des citations s’efface – qu’il s’agisse de Hugo, de Mallarmé, de Dante ou de Baudelaire – pour donner plus d’éclat encore au témoignage pour ainsi dire anonyme et objectif, partagé, qu’il apporte sur les phéno- mènes apparentés et pourtant contraires de l’écriture et de l’inscription.

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“Kracauer, chiffonnier mélancolique (et cinéphile)”, un article d’Enzo Traverso

SIEGFRIED KRACAUER, THÉORIE DU FILM La rédemption de la réalité matérielle, trad. de l’anglais par Daniel Blanchard et Claude Orsoni, édité et présenté par Philippe Despoix et Nia Perivolaropoulou, préface de Jean-Louis Leutrat, Flammarion, 516 p., 32 € / OLIVIER AGARD, KRACAUER, LE CHIFFONNIER MÉLANCOLIQUE, CNRS Éditions, 391 p., 28 €

Dans une lettre à Georg Simmel de 1917, Siegfried Kracauer se définissait comme un « homme-œil » (Augenmensch). Les images ont toujours été au centre de sa réflexion, comme un moyen privilégié pour déchiffrer le réel. Pendant la République de Weimar, lorsqu’il écrivait pour les pages culturelles de la Frankfurter Zeitung, le principal quotidien allemand de l’époque, il publia plusieurs centaines de critiques de films, aujourd’hui rassemblées en trois gros tomes de son œuvre complète.

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“La France, terre nourricière du fascisme”, un entretien réalisé par Omar Merzoug

ZEEV STERNHELL, LES ANTI-LUMIÈRES, UNE TRADITION DU XVIIIe SIÈCLE À LA GUERRE FROIDE, Gallimard, coll. « Folio Histoire », 942 p., 11,78 €

Historien et penseur politique israélien, Zeev Sternhell s’est intéressé de près aux origines françaises du fascisme. Dans La Droite révolutionnaire, il a soutenu des thèses qui ont provoqué des réactions passionnées. À l’oc- casion de la publication de son dernier livre, La Quinzaine littéraire a souhaité en savoir davantage sur les récents développements de la pensée de cet historien controversé.

Omar Merzoug – Vos travaux sur les racines françaises du fascisme ont provoqué des contro- verses, voire des polémiques. Raymond Aron, Pierre Milza et Michel Winock ont contesté tout ou partie de vos analyses. Est-ce que vous main- tenez, d’une part, que le fascisme a des origines françaises et, d’autre part, que les idées fascistes avaient réalisé une profonde pénétration en France à la veille de la Seconde Guerre mondiale ?

Zeev Sternhell – Je maintiens non seulement ces deux idées-là mais plus je travaille sur ces ques- tions, plus je suis convaincu que les choses sont telles que je les dis dans mes ouvrages. J’ai commencé mon travail en m’intéressant au natio- nalisme de Maurice Barrès… Retrouvez la suite de cet entretien dans le numéro 1021 de la Quinzaine.

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“Musique du silence”, un article de Lucien Logette

RÉTROSPECTIVE ERNST LUBITSCH Cinémathèque française, 25 août-10 octobre €
ERNST LUBITSCH, L’ÉVENTAIL DE LADY WINDERMERE, DVD, éditions Montparnasse (en vente le 7 septembre), 15 €

« Doors ! Doors ! Doors ! »… C’est ce que reprochait Mary Pickford, à Ernst Lubitsch. Elle l’avait fait venir de Berlin en 1923 pour la diriger dans Rosita, prévu pour transformer la « petite fiancée de l’Amérique » en héroïne « normale » – malgré ses trente ans bien sonnés, elle continuait en effet à incarner des gamines ou des gamins, de Pollyana au petit lord Fauntleroy. Plutôt que s’intéresser à elle, vedette la mieux payée d’Hollywood, le réalisateur allemand semblait préférer filmer des portes. La « forever young » Mary avait-elle raison ? Notre lointain souvenir de Rosita ne nous autorise pas à trancher. Mais la rétrospective complète de Lubitsch que nous offre la Cinémathèque réglera la question.

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“Les confidences d’une photographie”, suite et fin de l’article consacré à une photo récemment retrouvée de Rimbaud à Aden en 1880 (QL n° 1 019), par Jean-Jacques Lefrère

Identification des autres personnages

Après Rimbaud et Lucereau, restait à mettre un nom sur les autres personnages. Avant de connaître la date du cliché, nous nous étions posé la question de l’identification d’Alfred Bardey, patron de Rimbaud à Aden, au barbu assis à l’extrême-gauche, mais ne regrettons pas aujourd’hui d’avoir formulé cette hypothèse au conditionnel. Le seul portrait connu de Bardey est une photographie qui fut communiquée en novembre 1883 par l’intéressé à la Société de géographie de Paris : elle établit que Bardey, individu à la physionomie pleine d’énergie, aux cheveux denses et coupés court, ayant 26 ans en 1880 – il était né la même année que Rimbaud – n’est pas le barbu déjà dégarni, même sur les tempes, qui apparaît sur la photographie d’Aden. De plus, en août 1880, Alfred Bardey venait de partir pour un voyage d’exploration commer- ciale en Abyssinie : son absence sur le portrait de groupe de l’Hôtel de l’Univers ne saurait donc surprendre… Retrouvez la suite de cet article dans le numéro 1021 de la Quinzaine littéraire.

La Quinzaine n°1016, du 1er au 15 juin 2010

“Aux sources du langage politique”, un article de Laurence Zordan

THIERRY CAMOUS
LA VIOLENCE DE MASSE DANS L’HISTOIRE
Puf, 298 p., 25 €

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GRÉGOIRE CHAMAYOU
LES CHASSES À L’HOMME
La Fabrique, 222 p., 13 €

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ROBERTO ESPOSITO
COMMUNAUTÉ, IMMUNITÉ, BIOPOLITIQUE
Les Prairies ordinaires, 247 p., 15 €

Le rapprochement de trois ouvrages qui mettent chacun l’accent sur la conflictualité entre intérieur et extérieur invite à demander : faut-il soustraire la politique à la rhétorique du « vivre ensemble » ? Convient-il de s’intéresser aux brèches, aux déchirements, afin de bousculer les idées reçues ? Si celles-ci sont des clichés, c’est qu’elles tiennent souvent à des images : violence de masse associée au spectacle de génocides ; chasse à l’homme évoquant le film “La Chasse du Comte Zaroff” ; immunité et biopolitique s’inscrivant dans le contexte de démoraties surprotectrices pour se surprotéger, avec risque de dérive inhérent au bio-pouvoir : produire ses sujets en les classant, en les gérant, traversant les corps et ne leur étant ainsi jamais complètement extérieur. Si les images sont tronquées, quels mots promouvoir, tout en sachant « porter le fer de l’intelligence débusquante dans la matérialité des mots et des phrases », et faire sien « le paradoxe de tout commentaire qui est de dire pour la première fois ce qui cependant avait déjà été dit et de répéter inlassablement ce qui pourtant n’avait jamais été dit » ?

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“Un jeu de massacre”, un article d’Agnès Vaquin

EMMANUEL MOSES
LE RÊVE PASSE
Gallimard, coll. « L’infini », 216 p., 17,50€

GABRIEL LEVIN
LE TUNNEL D’ÉZÉCHIAS
ET DEUX AUTRES RÉCITS
trad. de l’anglais par Marc Cohen et Emmanuel Moses
Le Bruit du temps, 152 p., 13€

Ce livre est publié sous la rubrique « roman » et celui qui l’ouvre sombre dans la perplexité. Mille quatre-vingt-neuf textes courts : des nota-
tions ? des fragments ? des brèves ? On cherche un terme pour désigner ces énonciations qu’on imagine accumulées au fil du temps.

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“Transformation”, un article d’Hugo Pradelle

PIERRE GUYOTAT
ARRIÈRE-FOND
Gallimard, 448 p., 21 €

Pierre Guyotat poursuit le ressaisissement de ce qui l’a formé : le deuxième volume du cycle commencé en 2007, plus dense, plus idéal, se concentre sur quelques jours et nuits de l’été de ses quinze ans, en faisant exsuder les énergies qui l’animèrent alors, l’emmenant dans la direction de son œuvre, lui révélant à la fois le désir et la force de l’écrit. Voici l’exploration de « l’arrière-fond qui (le) forme», l’entreprise de son fondement, la grande transformation.

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“Une famille bien unie”, un article de Monique Baccelli

FRANCESCO PICCOLO
LES TENTATIONS DU MÂLE
trad. de l’italien par Dominique Corman
Grasset, 252 p., 17 €

Quoi de plus banal qu’un roman centré sur l’adultère et la fin d’un couple : deux sujets, l’un découlant souvent de l’autre, qui alimentent les trois quarts des fictions littéraires et cinématographiques de notre temps. Qui plus est quand ces deux phénomènes sociaux se passent dans une famille très ordinaire. Or ces trois ingrédients sont présents dans le livre qui nous occupe.

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“Tweeds et topiaires”, un article de Liliane Kerjan

FRANCIS WYNDHAM
MRS HENDERSON ET AUTRES HISTOIRES
Mrs Henderson and Other Stories
trad. de l’anglais par Delphine Martin
Christian Bourgois, 178 p., 16 €
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L’AUTRE JARDIN
The Other Garden
trad. de l’anglais par Anne Damour
Christian Bourgois, 140 p., 14 €

Si Eton, Oxford, le sud de l’Angleterre nous étaient contés avec des détours à Londres et à New York par un orfèvre de la prose, une plume experte en simplicité, un homme tendre et discret, séduit par le talent des autres… Francis Windham : un style qui a les nuances des tweeds, une forme qui dessine en perspective une société aux prises avec la Seconde Guerre mondiale.

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“Histoires saintes”, un article d’Alain Joubert

LARRY BEINHART
L’ÉVANGILE DU BILLET VERT
trad. de l’américain par Samuel Todd
Gallimard, coll. « Série Noire », 380 p., 20 €
VELIBOR COLIC
JÉSUS ET TITO
Gaïa éditions, 190 p., 17 €

Supposons un instant que vous habitiez une de ces villes moyennes du sud des États-Unis, au sein d’une société aisée, riche même, hantée cependant par le spectre paranoïde post-11 Septembre, et que vous exerciez l’activité de détective privé pour le compte d’un cabinet d’avocats, afin de constituer de solides dossiers sur des affaires « sensibles ».

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“Je n’ai jamais pris la littérature au sérieux”, un article de Dominique Rabourdin

BÉATRICE MOUSLI
PHILIPPE SOUPAULT
Flammarion, 474 p., 35 €

S’il est un homme qui peut se flatter de conduire en montagnes russes, dans l’opinion qu’ils ont de lui, ses amis et ses admirateurs, c’est Philippe Soupault, dont on ne peut considérer la très longue vie sans un certain étonnement.

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“L’obsession du temps”, un article de Philippe Di Meo

JUDE STÉFAN
QUE NE SUIS-JE CATULLE
EN CES PRESQUE 80 POÈMES
Gallimard, 101 p., 16,50

Comme le titre interrogatif, mais malicieusement dépourvu de point d’interrogation, le nouveau recueil d’un poète dont on fêtera bientôt le quatre-vingtième anniversaire ménage tout au long cet effet de surprise antirhétorique que tout un siècle, fertile en expériences de toutes sortes, a si ardemment quêté et parfois obtenu.

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“Rimbaud dessinateur”, par Geroges Raillard

JEAN-JACQUES LEFRÈRE
LES DESSINS D’ARTHUR RIMBAUD
Flammarion, 160 p., 45 €

À une époque où dans les familleson avait un joli coup de crayon, Arthur Rimbaud dessinait mal. Mais son horizon était-il celui d’une famille ? Charleville, Charlestown, Mother, une mère autoritaire, un père absent, des sœurs, un frère dont on ignore s’il savait dessiner puisqu’il n’était pas poète. Les biographes se sont moins intéressés à Frédéric qu’à Arthur. Dans tous les entre-deux-portes, c’est bien lui sur la photo. La dernière trouvaille, c’est bien lui. N’y revenons pas.
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“André Gill caricature et folie”, un article de Daniel Grojnowski

AUDE FAUVEL et BERTRAND TILLIER
ANDRÉ GILL CARICATURISTE
DERNIERS DESSINS D’UN FOU À LIER
Du Lérot, 128 p., 30€

Dans son essai “De l’essence du rire” et généralement du “Comique dans les arts plastique”, qui présente quelques caricaturistes français et étrangers, Baudelaire établit une distinction radicale entre le comique « significatif » et le comique « absolu ». Le premier cible une référence que le public reconnaît et interprète aisément, le second s’en détache pour figurer l’autre monde de la fantaisie « pure ». Provoquées par l’événement, les caricatures le commentent en dérision, au risque d’apparaître rapidement obsolètes. Toutefois, un certain nombre d’entre elles contiennent, selon Baudelaire, «un élément mystérieux, durable, éternel qui les recommande à l’attention des artistes».

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“Dans un monde qui change…”, un article de Marc Lebiez

HARTMUT ROSA
ACCÉLÉRATION,
UNE CRITIQUE SOCIALE DU TEMPS
trad. de l’allemand par Didier Renault
La Découverte, 480 p., 27,50 €

Les rayons philosophiques d’une librairie allemande ne procurent pas aux Français un dépaysement complet : des deux côtés, les livres sont traduits. On débat, on se répond, quand on ne signe pas à deux le même livre, comme firent Habermas et Derrida. Et pourtant le poids de la tradition persiste à se faire sentir dans la conception même de la philosophie. La différence de nos approches est d’autant plus sensible qu’elles ne sont pas tout à fait étrangères l’une à l’autre.

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“L’empirisme transcendantal, de Deleuze”, un article de Claire Pagès

ANNE SAUVAGNARGUES
DELEUZE, L’EMPIRISME TRANSCENDANTAL
Puf, 438 p., 29 €

Dans ses deux textes d’hommage de novembre 1995, juste après la mort de Deleuze, Lyotard insistait sur « son alliance secrète avec la pensée anglaise ». Un concept ne sert pas, se révèle inutile, il sort de la boîte à outils car « sa pensée est toujours parente d’un empirisme et d’un pragmatisme, mais schizophrènes». On a peut-être beaucoup insisté ainsi sur l’empirisme deleuzien et ses sources. Mais peut-être, par respect de son rejet de toute pensée attachée à quelque transcendance, a-t-on aussi parfois minoré son souci de ce qui excède l’expérience non parce qu’il la dépasse mais parce qu’il en définit les conditions – transcendantales donc.

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“Qu’est-ce qu’adorer ?”, un article de Jean Lacoste

JEAN-LUC NANCY
L’ADORATION
DÉCONSTRUCTION DU CHRISTIANISME, II
Galilée, 147 p., 25 €

Dans “La Révolte des anges”, le baroque et fort plaisant roman qu’il publie en 1914, Anatole France imagine qu’Arcade, un ange gardien desalentours de Saint-Sulpice, à force de fréquenter nuitamment une riche bibliothèque de philosophie et de théologie, perd confiance en son Dieu et médite d’organiser une nouvelle révolte des anges, sur le modèle de la première, celle de Lucifer, devenu Satan. Car le Dieu des juifs et des chrétiens, dont le vrai nom serait Ialdabaoth (!), serait, selon ses termes, « moins un dieu qu’un démiurge ignorant et vain » que « les flatteries de ses adorateurs ont rendu monothéiste ». Mais la nouvelle révolte échoue.

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“Dans la jungle amazonienne”, un article de Jean-Charles Chevalier

DANIEL L. EVERETT
LE MONDE IGNORÉ
DES INDIENS PIRAHÃS
Flammarion, 358 p., 24 €

Traduction d’un original anglais, publié par Pantheon Books en 2008, sous un titre plus significatif, à la limite du fantastique et de la magie : “Don’t sleep. There are Snakes. Life and Language in the Amazonian Jungle”.

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“Pour le moindre prétexte ou sans prétexte”, un article de Jean-Jacques Marie

ORLANDO FIGÈS
LES CHUCHOTEURS
VIVRE ET SURVIVRE SOUS STALINE
trad. de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat préface d’Emmanuel Carrère
Denoël, 794 p., 33 €

Ce livre donne une image saisissante de la période stalinienne et de sa longue et sanglante terreur à travers les destins parfois croisés de dizaines de familles dont quelques membres ont ici et là réussi à échapper à la mort. Il repose sur le dépouillement de correspondances et journaux privés échappés aux rafles du Guépéou-NKVD et de la collecte minutieuse de souvenirs de trop rares survivants.

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“Du courage, suite”, un article de Maïté Bouyssy

THOMAS BERNS, LAURENCE BLÉSIN et GAËLLE JEANMART
DU COURAGE
Les Belles Lettres, coll. « Encre marine», 304 p., 14 €
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CYNTHIA FLEURY
LA FIN DU COURAGE,
Fayard, coll. « Essais», 208 p., 14 €

Deux livres le même mois sur le courage. La vertu morale est donc intempestive, mais sous quel mode et à quelles fins ? Il n’est pas inutile que des philosophes nous disent de quel symptôme relève le courage pris dans une longue histoire de la philosophie morale. Nos propres besoins sociaux s’en clarifient.

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“Philosophe des Sciences”, un article de Jean-Michel Kantor

DIDIER GIL
AUTOUR DE BACHELARD
ESPRIT ET MATIÈRE, UN SIÈCLE
FRANÇAIS DE PHILOSOPHIE DES SCIENCES (1867-1962)
Les Belles Lettres, coll. « Encre marine », 313 p., 35 €

Gaston Bachelard (1884-1962), le célèbre philosophe-poète comme on a pu l’appeler, est au centre d’une série d’études de Didier Gil, qui examine le fonctionnement de la philosophie des sciences en France dans la seconde moitié du XIXe siècle, puis jusqu’à la mort de Bachelard.

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“Quelques échos du bunker”, un article de Lucien Logette

Tout semblait se liguer cette année pour faire du Festival de Cannes 2010 un millésime infortuné : un mini-tsunami qui a transformé la Croisette en marécage quelques jours avant l’ouverture, le nuage de cendres du volcan islandais qui risquait d’interdire l’accès aérien à la Côte, quelques remous politiques – la menace de manifestations contre le film de Rachid Bouchareb, “Hors-la-loi”, le mécontentement du gouvernement italien à l’annonce de la projection du film de Sabina Guzzanti Draquila, trop peu amène à l’égard du bienfaiteur de la Nation –, l’accusation, qui revient comme une antienne, d’une sélection sans goût ni saveur réservée à quelques cinéastes abonnés. Sans oublier la campagne publicitaire des auteurs et interprètes de Ça commence par la fin, reprochant au Festival d’avoir eu peur des audaces sexuelles de leur œuvre…

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“Dimitris Dimitriadis à l’Odéon”, un article de Monique Le Roux

DIMITRIS DIMITRIADIS
LA RONDE DU CARRÉ
Mise en scène de Giorgio Barberio Corsetti
Odéon-Théâtre de l’Europe Jusqu’au 12 juin 2010

L’Odéon-Théâtre de l’Europe avait placé comme « auteur européen au cœur de la saison 2009-2010 » Dimitris Dimitriadis. Mais la troisième pièce programmée, mise en scène par Giorgio Barberio Corsetti, “La Ronde du carré”, ne répond pas totalement à l’attente suscitée par la très haute ambition poétique de l’écrivain grec.

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“Le XVIIIe siècle en musique”, un article de Thierry Laisney

CHARLES BURNEY
VOYAGE MUSICAL DANS L’EUROPE DES LUMIÈRES
traduit, présenté et annoté par Michel Noiray
Flammarion, 523 p., 30 €

Si les réalisations proprement musicales de l’organiste et compositeur anglais Charles Burney (1726-1814) ne l’ont pas fait passer à la postérité (pour mémoire, il a adapté pour la scène londonienne “Le Devin du village” de Jean-Jacques Rousseau), en revanche les journaux des deux voyages qu’il entreprit afin de rassembler les matériaux utiles à l’œuvre de sa vie, la “General History of Music” (1776-1789, 4 vol.), sont devenus « un observatoire privilégié d’où l’on scrute inlassablement le XVIIIe siècle musical» (Michel Noiray).

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“Sartre dans son siècle”, un article d’Omar Merzoug

JEAN-PAUL SARTRE
LES MOTS ET AUTRES ÉCRITS AUTOBIOGRAPHIQUES
édition publiée sous la direction de Jean-François Louette, avec la collaboration de Gilles Philippe et de Juliette Simont / Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade »
1650 p., 59 € (jusqu’au 30 juin) et 67,50 (au-delà)

La période présente n’est pas favorable à Sartre à qui l’on impute nombre d’errements politiques, et notamment son compagnonnage avec le Parti communiste. Récemment encore, on s’est fait un malin plaisir d’opposer à la lucidité camusienne les cécités sartriennes. En vérité, Sartre a été discuté, souvent contesté, parfois insulté. À la Libération, les communistes l’abreuvèrent d’injures, Céline et Claudel ne furent pas en reste. On parla d’« excrémentialisme », des termes orduriers furent lancés.

La Quinzaine n°1013, du 16 au 30 avril 2010

“Paradoxes d’une nation”, un article d’Hugo Pradelle

STEPHEN WRIGHT
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“LA POLKA DES BÂTARDS”(The Amalgamation Polka) trad. de l’anglais (États-Unis) par Serge Chauvin, Gallimard, coll. « Du monde entier », 416 p., 23 €
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MÉDITATIONS EN VERT
(Meditations in Green) trad. de l’anglais (États-Unis) par François Happe Gallmeister, 400 p., 24 €

Avec ces deux romans, nous découvrons un auteur magistral s’interrogeant sur les rapports compliqués qui s’ordonnent entre violence et progrès, sur les contradictions terribles qui font de l’Amérique ce qu’elle est. Démesurée, l’œuvre de Wright entreprend, avec une extraordinaire cohérence, la nature paradoxale d’un peuple de « dévorateurs » et nous entraîne dans l’aventure fascinante d’une nation qui s’exorcise.

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“Tours, détours et Imprévus”, un article de Norbert Czarny

CHRISTIAN OSTER
DANS LA CATHÉDRALE
Minuit, 144 p., 13,50 €

Il suffit de peu au narrateur des romans de Christian Oster pour être perturbé : une mouche qui prend ses aises dans une chambre, un rhume persistant, du sable envahissant le seuil d’une maison, ou au pis, une sacoche égarée ou une femme aimée qui est partie. Il est question de choses voisines, dans le nouveau roman d’Oster, Dans la cathédrale. Il est aussi question de mariage.

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“Le châtiment de la beauté”, un article de Hugo Pradelle

JACQUES TOURNIER
FRANCESCA DE RIMINI
Seuil, 120 p., 140 €

Un roman à la fois doux et brutal, comme écrit en sourdine, en deçà d’un récit repris, comme un fil que l’on tire d’une précieuse passementerie qui se défait. Un beau portrait de femme en même temps qu’un conte sur le désir empêché, l’amour et l’infidélité, l’ennui et la soumission, la politique et la volupté, la liberté et son châtiment.

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“Un texte plein de crevasses”, un article de Laurent Margantin

WERNER KOFLER

DERRIÈRE MON BUREAU,
TRIPTYQUE ALPESTRE I
trad. de l’allemand (Autriche) et présenté par Bernard Banoun
Éditions Absalon, 188 p., 18,50 €

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CAF’CONC’TREBLINKA,
REPRÉSENTATION PRIVÉE
trad. de l’allemand (Autriche) et postface par Bernard Banoun
Éditions Absalon, 61 p., 9,50 €

Les éditions Absalon continuent à nous faire découvrir un auteur autrichien important, Werner Kofler, de la même génération qu’Elfriede Jelinek.

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“L’énigme”, un article de Hugo

ANTONI CASAS ROS
ENIGMA
Gallimard, 252 p., 16,90 €

À la fin de son premier roman, Antoni Casas Ros écrivait : « j’ai rêvé de mon prochain roman. Je ne compte pas m’ar rêter là ! Un sujet à la hauteur de mes ambitions. Celui-ci n’est qu’un prélude. […] Au travail, essaie de t’étonner toi-même ! ». C’est chose faite ! Avec Enigma, il nous enchante par la virtuosité d’un style cristallin, la profondeur d’une construction en abîme saturée d’ironie et de jeux formels, qui portent une histoire troublante, sensuelle et douloureuse. Nous croyons désormais un peu plus au pouvoir de la poésie, enivrés de son parfum sulfureux, proférant avec l’auteur « que la souffrance soit la porte de la littérature ».

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“Aspects de la littérature russe”, un article de Christian Mouze

ARKADI BABTCHENKO
LA COULEUR DE LA GUERRE
trad. du russe par Véronique Patte
Gallimard, 425 p., 26 €
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VLADIMIR SOROKINE
ROMAN
trad. du russe par Anne Coldefy-Faucard
Verdier, 592 p., 29,50 €
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ANDREÏ DMITRIEV
L’AVIATEUR ET SA FEMME
trad. du russe par Lucile Nivat
Fayard, 128 p., 14 €
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LUDMILA PETROUCHEVSKAÏA
LA PETITE FILLE DE L’HÔTEL MÉTROPOLE
trad. du russe par Macha Zonina et Jean-Pierre Thibaudat
Christian Bourgois, 178 p., 18 €

La littérature est une éternité humide d’humanité. Grâce au verbe, les plaies, les cicatrices morales d’un individu ou d’un peuple sont sans  retour et ne sont pas destinées à s’effacer. En Russie peut-être plus qu’ailleurs, et en tout cas plus lisiblement qu’ailleurs (à cause de multiples facteurs, géographiques, psychologiques ou proprement historiques liés aux expansions, aux arrêts et au développement violent du pays, en un mot à sa construction identitaire chaotique), elle est le lien même des hommes et de leur Histoire.

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“Colette, butte-témoin”, un article de Maurice Mourier

COLETTE JOURNALISTE
Chroniques et reportages (1893-1945)
texte établi, présenté et annoté par Gérard Bonal et Frédéric Maget
Seuil, 384 p., 21 €

En 1893, Sidonie Gabrielle Colette a vingt ans. Elle épouse Henry Gauthier-Villars, dit Willy, qui en a quinze de plus et une réputation justifiée de journaliste noceur à la mode. « Nègre » de son mari pour les premiers Claudine, qu’il signe de son nom, elle va aussi l’aider pour quelques-unes des nombreuses chroniques – musicales notamment, opéras et concerts – qu’il place un peu partout. Tels sont les premiers « apprentissages » littéraires dont elle parlera plus tard, et qui ont constitué au f il de treize années, celles de leur union, le socle d’une exceptionnelle carrière, achevée avec la mort de Colette en 1954.

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“Je l’écoute, je l’admire, je me tais”, un article de Nicole Casanova

DOMINIQUE BONA
CLARA MALRAUX, biographie
Grasset, 470 p., 20,90 €

Ainsi Clara Malraux définit-elle sa relation avec l’auteur de “La Condition humaine”, et la cause de leur rupture.

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“Faire cortège à ses sources”, un article de Marie Etienne

CLAIRE MALROUX
TRACES, SILLONS
José Corti, coll. « En lisant en écrivant », 220 p., 19 €

Pierre Silvain, romancier et poète, que La Quinzaine littéraire connaissait bien, n’est plus des nôtres depuis peu. Sa compagne, Claire Malroux, écrivait son livre, “Traces, sillons”, à un moment où il était en train de s’affaiblir. Aussi le lui a-t-elle dédié.

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“Une fantaisie abyssale”, un article de Jean-Pierre Tiesset

CHRISTOPH RANSMAYR
DAMES ET MESSIEURS SOUS LES MERS
Damen & Herren unter Wasser
Une histoire en images d’après sept planches photographiques en couleurs de Manfred Wakolbinger
trad. de l’allemand par Nicole Taubes
José Corti, coll. « Merveilleux », n° 44, 80 p., 19 €

On s’aperçoit à la lecture de ce petit livre, un de ceux que Christoph Ransmayr aime intercaler entre des ouvrages où le souffle créateur du romancier se fait plus ample, que la continuité est totale depuis les premiers titres qui ont fait sa notoriété dans le monde des Lettres : cette continuité se manifeste en filigrane dans un même travail aux confins de l’imaginaire et du réel, qui prend ici pour objet la métamorphose, l’instabilité des hommes et des choses qui constitue l’essence même de la vie. L’évolution mise en évidence par Darwin (et dangereusement contestée aujourd’hui par un retour en force du « créationnisme » et de l’obscurantisme) est-elle autre chose qu’une métamorphose de l’espèce étirée dans le temps ?

“Les cous tranchés”, un article de Gilbert Lascault

EXPOSITION CRIME ET CHÂTIMENT
Musée d’Orsay
1, rue de la Légion-d’Honneur, Paris 7e
16 mars – 27 juin 2010
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PUBLICATIONS
JEAN CLAIR et coll.
CRIME ET CHÂTIMENT
Gallimard/musée d’Orsay, 416 p., 476 ill., 49 €

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BERNARD OUDIN
LE CRIME (ENTRE HORREUR ET FASCINATION)
Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard », 128 p.,
150 documents, 14 €

L’exposition féconde, complexe, farouche, fascinante, réunit 476 pièces à conviction, les corps du délit, les objets-fétiches, les choses de maléfice et de séduction. L’exposition rassemble des témoignages (à charge et à décharge) du procès permanent des humains.

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“Une promenade au Louvre”, un article de Gilbert Lascault

JEAN GALARD
PROMENADES AU LOUVRE
EN COMPAGNIE D’ÉCRIVAINS, D’ARTISTES
ET DE CRITIQUES D’ART
Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1 232 p., 31 €

Chaque jour, le Louvre s’ouvre. Les foules s’approchent de la pyramide translucide. Elles s’engouffrent dans les escaliers, dans les salles. À certains moments, les visiteurs, épuisés, s’ennuient, traînent, souffrent. Plus souvent, ils apprennent à regarder les œuvres de près et de loin, en un lieu de jouissances et de sérénité.

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“Pourquoi Spinoza ?”, un article de Marc Lebiez

MAXIME ROVERE
EXISTER
MÉTHODES DE SPINOZA
CNRS Éditions, 384 p., 25 €

Spinoza occupe une position particulière parmi les métaphysiciens classiques. À la différence de Descartes, Leibniz ou Malebranche, auxquels ne s’intéressent vraiment que des professionnels de la philosophie, il attire aussi des lecteurs qu’on pourrait croire rebutés par la diff iculté de son écriture. Qu’y trouvent-ils et, d’abord, qu’y cherchent-ils ?

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“Repenser la démocratie”, un article de Christian Descamps

CORNÉLIUS CASTORIADIS
DÉMOCRATIE ET RELATIVISME
édition établie par Enrique Escobar, Myrto Gordicas
et Pascal Vernay, introduction par Jean-Louis Prat
Mille et Une Nuits, 142 p., 12 €

Avec une régularité digne d’éloge, l’édition française nous offre, chaque année, un nouvel ouvrage de Castoriadis, ce philosophe capitaldisparu en 197. L’an 2010 propose aux éditions Mille et Une Nuits,
Démocratie et relativisme, un débat de 1994 avec la revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales), publié partiellement il y a quinze ans. Ici, l’animateur de Socialisme ou barbarie (1949- 1967) discute, pied à pied, avec Alain Caillé, Jacques Dewitte, Serge Latouche et Chantal Mouffe. Il s’agit de savoir comment les valeurs d’autonomie, de démocratie, ces créations historiques nées dans l’univers gréco-occidental, peuvent prendre et garder sens et force dans d’autres.

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“Comment je suis devenu linguiste”, un entretien avec Jean-Claude Chevalier, réalisé par Omar Merzoug

JEAN-CLAUDE CHEVALIER, avec PIERRE ENCREVÉ
COMBATS POUR LA LINGUISTIQUE
DE MARTINET À KRISTEVA
ENS éditions, 419 p., 44 €

Philologue, linguiste et grammairien, Jean-Claude Chevalier est l’auteur d’une thèse de doctorat sur la “Naissance de la notion de complément dans la grammaire française” (Droz, 1970). Il appartient à cette génération de philologues qui, à l’orée des années 1960, ont découvert la linguistique comme Moïse la Terre promise. Dans un entretien qu’il a bien voulu accorder à La Quinzaine littéraire, Jean-Claude Chevalier revient sur les étapes de son parcours et répond aux questions que pose l’irruption d’une science du langage qui a eu l’ambition de servir de modèle épistémologique aux sciences humaines.

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“Déferlante freudienne”, un article de Michel Plon

de SIGMUND FREUD
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L’INTERPRÉTATION DU RÊVE
trad. inédite et présentation par Jean-Pierre Lefebvre,
Seuil, 701 p., 25 €
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TOTEM ET TABOU
trad. inédite par Dominique Tassel présentation par Clotilde Leguil
Seuil, 309 p., 7 €
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LE MALAISE DANS LA CIVILISATION
trad. inédite par Bernard Lortholary présentation par Clotilde Leguil
Seuil, 185 p., 6,30 €
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LE MALAISE DANS LA CULTURE
trad. inédite par Dorian Astor, présentation par Pierre Pellegrin,
GF Flammarion, 218 p., 4,80 €
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ALAIN DE MIJOLLA
FREUD ET LA FRANCE (1885-1945),
PUF, 947 p., 49 €

Une nouvelle traduction française de “Die Traumdeutung”, ce livre qui fut longtemps un atelier plutôt qu’un livre, sorte de work in progress (cf. La Quinzaine littéraire n° 1009), voilà qui constitue, qui devrait constituer un événement, n’était le risque de son recouvrement par la sorte de déferlante éditoriale qui a commencé d’envahir le marché depuis l’aube de cette année 2010, date de l’entrée de l’oeuvre freudienne tout entière dans le domaine public.

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“François d’Assise dans son époque”, un article de Jean-Maurice Le Gal

ANDRÉ VAUCHEZ
FRANÇOIS D’ASSISE
ENTRE HISTOIRE ET MÉMOIRE
Fayard, 548 p., 16 p. d’ill. hors-texte, 28 €

Toutes les ressources du travail de l’historien sont ici mises en oeuvre, servies par une aisance d’écriture où l’érudition consommée de l’auteur se résout en connaissance familière d’un champ d’études à la fréquentation duquel il nous convie. L’histoire est en effet descriptive en tant qu’elle restitue les conditions d’un temps et les lieux d’une vie dans son cadre social, mais aussi, et conjointement, elle est narrative, s’attachant à suivre le fil d’une vie dans toute sa singularité pour en éclairer chacune des étapes significatives et également la portée, au sein de l’époque, puis dans les échos d’une longue postérité, des événements qui en ont marqué le cours.

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“Une Histoire de la musique sacrée”, un article de Bruno Moisan

DON LUIGI GARBINI
NOUVELLE HISTOIRE DE LA MUSIQUE
SACRÉE, DU CHANT SYNAGOGAL
À STOCKHAUSEN
trad. de l’italien par Pierre-Emmanuel Dauzat
Bayard, 592 p., 35 €

La lecture du livre de Don Luigi Garbini, sans atteindre le degré d’agitation d’une tempête sur le lac de Tibériade, n’en demeure pas moins un voyage quelque peu déroutant. Tout commence lorsqu’on ouvre le livre. Première de couverture
très esthétique. Un antiphonaire, artistiquement partagé en deux moitiés asymétriques, celle de gauche lumineuse, celle de droite progressivement assombrie en un élégant dégradé, est percé, en haut à droite, d’un cercle laissant apparaître
un ciel bleu moutonné de nuages. Là encore, il s’agit de montrer l’impureté, l’altération qui est finalement l’une des thèses du livre.

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“Univers parallèles, science ? fiction ?”, Jean-Michel Kantor

THOMAS LEPELTIER
UNIVERS PARALLÈLES
Seuil, coll. « Science ouverte », 288 p., 20 €

Croyez-vous à l’existence d’univers parallèles, d’autres univers que le nôtre, dont nous serions à jamais séparés ? De la science-fiction ? Pas seulement ! Thomas Lepeltier, historien et philosophe des sciences, nous montre que cette idée étrange a peu à peu acquis le statut d’une véritable hypothèse scientifique.

Marc Ferro dans la Quinzaine littéraire

A l’occasion du 50e anniversaire des indépendances des états africains francophones, Omar Merzoug, collaborateur de la Quinzaine littéraire, a interviewé Marc Ferro.

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L’historien, auteur notamment d’ouvrages portant sur la colonisation, fait le point sur son expérience de professeur en Algérie dans les années cinquante. Il aborde les thèmes de l’échec de la décolonisation, du choc de l’Islam et donne sa vision sur les bouleversements historiques du XXe siècle.

En écho rétrospectif cet entretien, la Quinzaine vous offre deux de ses numéros spéciaux à lire en integralité sur le blog, “Politique et religion” et “Que sont “nos” ex- colonies devenues ?“, du 1er août 1989 et 1990.

Ancien collaborateur de la revue

Si Marc Ferro a accepté de donner cette interview , c’est aussi parce qu’il connaît bien la revue. De 1966 à 1976, l’historien faisait partie du comité de rédaction et écrivait régulièrement dans la Quinzaine. Si vous pouvez retrouver toutes ses chroniques sur le site internet du bimensuel, nous vous avons sélectionné un article assez exceptionnel signé Ferro. En 1966, l’historien a réussi a interviewer Alexandre Kerensky. Un véritable scoop, lorsque l’on sait que cet homme politique russe renversé par les Bolchéviks ne donne jamais d’entretien…

En cliquant sur ce lien, vous accéderez à l’integralité de l’entretien de Kerensky par Ferro

La Russie, spécialité de Marc Ferro, est à nouveau à l’honneur dans la Quinzaine en 1994, lorsque Maurice T. Maschino interviewe Marc Ferro sur son ouvrage intitulé « L’état de toutes les Russies ». Dans cet entretien, l’historien donne son sentiment sur la situation de la Russie dans les années 90, et son devenir.

En cliquant sur ce lien, vous accéderez à l’integralité de l’entretien de Ferro par Maschino

En 1994, toujours, le thème des colonies vues par Marc Ferro était déjà abordé. A l’époque, Robert Bonnaud chroniquait “Histoire des colonisations”, ouvrage de l’historien. Dans cet article, nous apprenons notamment que “Ferro a vécu dans l’Algérie coloniale. Professeur d’histoire à Oran, au Lycée Lamoricière, en 1948, il annonce à ses élèves de cinquième qu’il traitera de la “civilisation arabe”. Il est interrompu par un immense éclat de rire…”

En cliquant sur ce lien, vous accéderez à l’integralité de la chronique sur “Histoire des colonisations”, ouvrage de Ferro

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Pour retrouver l’ensemble des articles parus dans la Quinzaine, consacrés à Marc Ferro ou signés de sa mains, rendez-vous sur le site internet de la revue. Voici, en avant-goût, la liste de tous les articles recensés.


Entretiens filmés – Marc Ferro sur la colonisation

A l’occasion du 50e anniversaire de la décolonisation africaine, la Quinzaine littéraire a voulu interviewer Marc Ferro. L’historien, auteur de l’Histoire des colonisations, des conquêtes aux indépendances (Seuil), a vécu en Algérie pendant l’agonie du colonialisme français. L’entretien qu’il a accordé à Omar Merzoug a été filmé par le réalisateur Gilles Nadeau. En voici les meilleurs extraits.

Retrouvez également le  numéro d’août 1990 de la Quinzaine littéraire intitulé « Que sont « nos » ex-colonies devenues ? ». Pour découvrir cette édition spéciale en intégralité cliquez sur ce lien.

retrouvez les autres vidéos de Marc Ferro en cliquant sur les liens ci-dessous :

- son bilan du XXe siècle

- sur « le choc de l’Islam »

Marc Ferro sur la colonisation

“La colonisation au crible de l’Histoire”, un entretien de l’historien réalisé par Omar Merzoug

Entretien paru dans les n°1010 et n°1011 de la Quinzaine et retranscrit ci-dessous en intégralité. Linterview a été filmée par Gilles Nadeau. Cliquez ici pour découvrir les meilleurs extraits de cet entretien filmé.

Les livres de Marc Ferro
“Histoire de France”, Odile Jacob, 1086 p., 15 € et “Histoire des colonisations, des conquêtes aux indépendances, XIIIe-XXe siècle”, Seuil, 595 p., 9,50 €

Directeur de recherche à l’École des hautes études en sciences sociales, Marc Ferro s’est spécialisé dans l’étude de la révolution russe et de l’URSS, mais on sait peu qu’il a vécu en Algérie l’agonie du colonialisme français et qu’il s’est intéressé à la résurgence politique de l’islam. Dans la première partie d’un long entretien exclusif à La Quinzaine littéraire, il tire les leçons de son parcours dans l’Algérie des années 1948-58.

Omar Merzoug– Marc Ferro, vous avez publié récemment une “Histoire de France” (Odile Jacob), écrire une histoire de France aujourd’hui revêt quel sens pour vous ? Que vouliez-vous montrer ou prouver ?
Marc Ferro – Je ne voulais rien prouver ni montrer, autrement je serais tombé dans les travers que j’ai condamnés autrefois quand j’ai commencé ma carrière d’historien. Mais ce que j’ai voulu essayer d’approcher, c’est une histoire qui confronte constamment les mythes, ce que la plupart des gens savent, c’est-à-dire en contrôlant la véracité de ce que cela implique, et une autre vérité qui repose sur une analyse plus scientifique d’un certain nombre de problèmes. Par conséquent, j’avais pour objectif de vérifier l’écart possible existant entre l’idée qu’on se fait du passé du pays et la réalité de cette histoire. C’est ce qui explique la division du livre en deux parties : une première traditionnelle, classique, correspondant au savoir moyen de la plupart de nos concitoyens, que j’ai appelée « le roman de la nation » et qui, à chaque fois, évoque le roman et le corrige, et la seconde qu’aborde des problèmes de fond, que l’histoire du roman de la nation n’évoque pas en tant que tels, qu’il s’agisse des conflits de longue durée de la vie politique, du racisme, de l’immigration, du rôle des femmes, etc.

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La Quinzaine n°1009, du 16 au 28 février 2009

“Paysages”, un article de Hugo Pradelle

CHRISTOPHE PRADEAU
LA GRANDE SAUVAGERIE
Verdier, 160 p., 13 €

Christophe Pradeau s’interroge sur le paysage comme « miracle d’un espace qui s’ordonne autour de soi, intelligible et chargé d’émotions », faisant s’enrouler ensemble deux histoires qui n’en forment qu’une, troublante, puissamment ancrée dans des espaces qui portent haut l’imaginaire. Un livre remarquablement bien écrit, maîtrisé et complexe, qui, lorsqu’on y songe, fait croire aux effets de la mémoire et à l’enchantement des lieux.

“Entre le souvenir et le désir”, un article de Hugo Pradelle

DOMINIQUE FABRE
J’AIMERAIS REVOIR CALLAGHAN
Fayard, 224 p., 17,90 €

Un récit surprenant et très habilement construit autour de discours à partir d’une temporalité défaite. Émouvant comme seuls les souvenirs de jeunesse peuvent l’être.

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“Un lieu transfiguré”, un article de Jacques Fressard

JULIÁN RÍOS
PONT DE L’ALMA
trad. de l’espagnol par Albert Bensoussan et Geneviève Duchêne
Tristram, 307 p., 21 €

MONSTRUAIRE
trad. de l’espagnol par Geneviève Duchêne
Tristram, 185 p., 18 €

Traversez en hiver à Paris le pont de l’Alma vers la rive droite, vous apercevrez au-dessus du quai à votre gauche un monument qui n’attire le regard d’aucun passant, en revanche l’été y concentre quotidiennement des cercles compacts de visiteurs qui viennent y faire leurs dévotions, le détournant de sa destination première.

“Entre bandits et Piémontais”, un article de Monique Baccelli

LUIGI GUARNIERI
LES SENTIERS DU CIEL
trad. de l’italien par Marguerite Pozzoli
Actes Sud, 375 p., 23 €

« Spada vit Boccadoro prendre son poignard, le planter dans l’orbite gauche du supplicié et faire tourner la lame à fond.Après quoi il manoeuvra le manche en corne avec l’habileté d’un boucher, et lorsqu’il leva le poignard, le bulbe oculaire était enfilé sur la pointe de la lame (…) il lui força la mâchoire avec les mains, empoigna la langue et la coupa net à la base. » Et ce ne sont que les premières phases des tortures que le chef des bandits inflige au jeune baron Antonio Pietramala, dont il a tué les parents, enlevé la soeur et saccagé le château.

“Les miroirs de l’homme”, un article de Norbert Czarny

ROGER GRENIER
DANS LE SECRET D’UNE PHOTO
Gallimard, coll. « L’un et l’autre », 138 p., 17,50 €

« La surface la plus passionnante de la terre, c’est pour nous le visage humain. » Le propos serait de Lichtenberg, cité par René de Obaldia et repris par Roger Grenier à la fin de son petit essai sur la photographie. Se passionner pour l’humain, c’est pour qui le lit, toute la vie de Grenier, et son projet. L’humain jusque chez l’animal dans ce que nous tenons pour son meilleur livre, Les Larmes d’Ulysse. Il sera ici question de photo, mais comme le dit un ami à l’auteur : « parle de la photo si tu veux, mais évite les clichés ».

“Jean-Pierre Richard, pêle-mêle”, un article de Daniel Bergez

JEAN-PIERRE RICHARD
PÊLE-MÊLE
Verdier, 128 p., 14 €

Un livre de Jean-Pierre Richard apporte toujours une fraîcheur salutaire. Comme une invitation renouvelée à lire avec autant d’alacrité que de profondeur, dans un rapport de sympathie active. Tel est ce “Pêle-mêle” qu’il vient de faire paraître, sous un titre qui annonce un désordre assumé.

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“Explorateur de la nature ou chantre de la tradition ?”, un article de Stéphane Michaud

ROBERT MARTEAU
LE TEMPS ORDINAIRE
Champ Vallon, 296 p., 20 €

C’est sous la belle appellation d’explorateur de la nature que Robert Marteau avait fait son entrée en poésie. Un bref chant visionnaire, “Royaumes” (1962), explorait la terre natale et ses marches, « Lozère », « Charente », sous la conduite d’« Apollon berger », pâtre des éléments, des temps et des continents. L’établissement au Québec, en 1972, avait approfondi cette veine avec “Atlante” (Montréal, 1976), dont un fragment avait paru dans “Les Lettres Nouvelles”, puis avec “Fleuve sans fin”, sous-titré “Journal du Saint-Laurent” (Gallimard, 1986).

“La voix de la mère”, un article de Virginie Rodde

RAHEL HUTMACHER
FILLE
trad. de l’allemand (Suisse) par Fernand Cambon
José Corti, 142 p., 18 €

Dans “Fille”, une voix s’élève pour meubler l’impatience du retour et la douleur du manque, en une incantation à la croisée du conte et du poème en prose. Derrière le désir de posséder son enfant, n’est-ce pas la peur de s’appartenir à soi-même qui se cache ?

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“« L’outre-indigo de la voix » de Jacques Dupin”, un article de Georges Raillard

JACQUES DUPIN
PAR QUELQUE BIAIS VERS QUELQUE BORD
P.O.L, 368 p., ill. en noir et blanc, 29 €
BALLAST
Gallimard, coll. « Poésie », 344 p.

Voici, réunis les textes que Jacques Dupin a écrits depuis des années : 1953 (Max Ernst), 1954 (Henri Laurens), 1956 (Braque et Hajdu)… L’occasion les a soumis à son regard. Il les a métamorphosés par la plume, leur a insufflé une autre vie. Ses écrits les plus connus – sur Miró, Tàpies et Giacometti – des chemins partagés – n’ont pas été repris ici. Ils ont donné lieu à des livres séparés. Pour Miró, des proses empathiques et  l’indispensable monographie de l’œuvre. On se plaira à suivre le poète dans ces « espaces autrement dits » (titre de 1982), à participer à des « corps à corps » – ce n’est pas une métaphore, mais une figure verbale appliquée au plus près d’Arnulf Rainer ou de Bacon.

“La luisance de Klapheck”, un article de Gorges Raillard

EXPOSITION
KONRAD KLAPHECK, SWING, BROTHER, SWING
Galerie Lelong
4 février – 27 mars 2010
Catalogue : Repères n° 145
Reproductions des œuvres exposées Textes de Francis Marmande et Konrad Klapheck

JACQUES DUPIN
À L’ÂGE DE LA VIOLENCE.
KONRAD KLAPHECK
Article de 1997, repris dans “Par quelque biais vers quelque bord”

Depuis quarante ans Konrad Klapheck peignait des machines. Aujourd’hui un tournant dans son œuvre ? Il met en scène des jazzmen célèbres, aimés de lui, et leurs instruments. Konrad Klapheck est né à Düsseldorf en 1935. En 1946, à Düsseldorf, une exposition lui fait découvrir les maîtres de la peinture française, s’ajoutant à son penchant pour Dürer. Il lit, beaucoup. Gogol, Kafka, Joyce, Proust, plus tard Roussel. En 1950 un concert de Duke Ellington lui fit découvrir le jazz : Count Basie, Coleman Hawkins, Charlie Parker, Thelonius Monk vont constituer sa famille.

“De la violence dans la cité”, un entretien d’Etienne Balibar réalisé par Omar Merzoug

ÉTIENNE BALIBAR
VIOLENCE ET CIVILITÉ
Galilée, 416 p., 35 €

S’interroger sur les rapports de la violence et de la civilité, c’est, d’une part, se demander ce qu’il en est de la politique et de son autre scène, et de l’autre, ordonner les formes de cruauté en des lieux pensables et, enfin, esquisser des procédures de civilité qui laissent ouvert l’horizon d’une possible anti-violence. C’est parce que ce cheminement nous a paru intéressant que nous avons voulu qu’Étienne Balibar revienne, de vive voix, pour les lecteurs de La Quinzaine littéraire sur les vues qu’il développe dans ses derniers travaux.

“Entre « hommes libres »”, un article de Marc Lebiez

JÜNGER ET HEIDEGGER
CORRESPONDANCE
trad. de l’allemand par Julien Hervier
Christian Bourgois, 176 p., 16 €

Lorsqu’il découvre la correspondance échangée par deux personnages illustres qu’on ne sache pas avoir été des amis personnels, le lecteur s’interroge sur la nature du lien qui les unit. En l’occurrence, il est d’abord politique.

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“Histoire d’un livre”, un article de Michel Plon

LYDIA MARINELLI et ANDREAS MAYER
RÊVER AVEC FREUD
L’histoire collective de L’Interprétation du rêve
trad. de l’allemand et présenté par Christian Bonnet
Aubier, 333 p., 22 €

« Celui qui a aujourd’hui en main une des éditions courantes de “L’Interprétation du rêve” ne saura rien de sa vie mouvementée. Il n’existe toujours pas d’édition critique. » En existera-t-il une un jour ? À en juger par les modif ications, ajouts, suppressions, corrections, réorganisation de paragraphes que le livre a subis au cours de ses huit éditions entre 1900 et 1930 et par l’immensité du travail de traduction et d’édition que cela impliquerait, c’est peu probable.

“Voyages et amours au temps des Lumières”, un article de Jean M. Goulemot

MALESHERBES
VOYAGE EN ANGLETERRE, inédit
édition présentée, établie et annotée par Michèle Crogiez-Labarthe
Desjonquères, coll. « XVIIIe siècle », 222 p., 19,50 €

LA COMTESSE DE SABRAN et LE CHEVALIER DE BOUFFLERS
LE LIT BLEU, CORRESPONDANCE (1777-1785)
édition établie et présentée par Sue Carrell
Tallandier, coll. « La Bibliothèque d’Évelyne Lever », 336 p., 22 €

MARQUIS et MARQUISE DE BOMBELLES
« QUE JE SUIS HEUREUSE D’ÊTRE TA FEMME », LETTRES INTIMES (1778-1782)
Tallandier, coll. « La Bibliothèque d’Évelyne Lever », 570 p., 29 €

On disait que les voyages forment la jeunesse. J’ajoute qu’ils confortent et surprennent parfois la vieillesse. Au hasard d’un colloque à Alicante et d’une conférence à l’Institut français de Valencia, occasion de retrouvailles avec un de mes anciens étudiants, de ceux qu’on n’oublie pas, j’ai découvert dans cette dernière ville, que je croyais pourtant connaître, un musée inattendu, unique sans doute en son genre, d’une belle architecture moderne, spacieuse et fonctionnelle, dû à l’architecte Guillermo Vazquez Consuegra.

“Non, l’homme ne descend pas du singe…”, un article de Jean-Michel Kantor

PASCAL PICQ
LES ORIGINES DE L’HOMME EXPLIQUÉES À NOS PETITS-ENFANTS
Seuil, 176 p., 8 €

… Mais certains singes sont nos cousins ! C’est une très longue histoire que celle de nos origines, elle s’étend sur plusieurs millions d’années, et elle est encore pleine de mystères. On en connaît la fin : la naissance d’Homo sapiens, il y a environ 200 000 ans, en Afrique, et aujourd’hui, la domination de l’espèce humaine sur la Terre.
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“Le bel hiver de Michel Vinaver”, un article de Monique Le Roux

MICHEL VINAVER
PORTRAIT D’UNE FEMME
Mise en scène d’Anne-Marie Lazarini
Théâtre de l’Ouest parisien du 23 mars au 1er avril
Tournée en France et en Suisse jusqu’au 30 avril

ORIZA HIRATA/ MICHEL VINAVER
TORI NO TOBU TAKASA/PAR-DESSUS BORD
Mise en scène d’Arnaud Meunier
Théâtre de la Ville aux Abbesses du 15 au 20 février
Tournée nationale depuis le 13 janvier

L’œuvre de Michel Vinaver, qui a parfois attendu une reconnaissance théâtrale digne d’elle, semble dans une période particulièrement favorable. Il y a un an “L’Ordinaire” a été reçu au répertoire de la Comédie-Française et mis en scène par son auteur. Cette saison deux spectacles importants sont présentés en tournée : Portrait d’une femme par Anne-Marie Lazarini ; “Tori no tobu takasa” par Arnaud Meunier, à l’initiative de cette adaptation japonaise de “Par-dessus bord” par Oriza Hirata.

“Idéaliste et solitaire”, un article de Thierry Laisney

JEAN-PIERRE ARMENGAUD
ERIK SATIE
Fayard, 782 p., 32 €

Jean-Pierre Armengaud, à la fois pianiste et musicologue, connaît Satie en profondeur (il a enregistré l’intégrale de son œuvre pour piano). Il lui consacre aujourd’hui une monographie de haut vol, qui enchâsse l’étude des œuvres dans celle de la vie.

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