La Quinzaine littéraire n°1056 – du 1er au 15 mars 2012

LA QUINZAINE LITTÉRAIRE

n°1056 – du 1er au 15 mars 2012 (acheter le PDF)

Une somme sur Maus, un article de NORBERT CZARNY

ART SPIEGELMAN, METAMAUS Un nouveau regard sur Maus, un classique des temps modernes, trad. de l’anglais par Nicolas Richard Flammarion, 302 p., 30 €

En 1992, les deux tomes de Maus (1) recevaient le prix Pulitzer, la plus haute distinction que puisse recevoir un livre aux États-Unis. Ainsi était consacrée l’œuvre à laquelle Art Spiegelman a longtemps travaillé. Il y revient aujourd’hui avec Metamaus, réflexion qu’il souhaite définitive sur cette bande dessinée exceptionnelle.

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D’UNE QUINZAINE À L’AUTRE – du 1er au 15 décembre 2011

EXPOSITIONS

ANTOINE BOURDELLE, QUE DU DESSIN

Du 9 novembre 2011 au 29 janvier 2012, à l’occasion du 150e anniversaire de sa naissance, le musée Bourdelle invite à découvrir l’œuvre graphique, en grande partie inédite, du sculpteur Antoine Bourdelle (18611929). À l’appui ou en marge de son œuvre de sculpteur, l’ensemble de ses (très nombreux) dessins qui ne cesse de surprendre par sa diversité – technique, thématique ou stylistique – est le résultat d’incessantes recherches stylistiques et plastiques. Musée Bourdelle, 18, rue AntoineBourdelle, 75015 Paris. Tél. : 01.49.54.73.73.

L’ÂGE D’OR DE LA PHOTOGRAPHIE ALBANAISE – LA DYNASTIE MARUBI ET LES RHAPSODES DE LUMIÈRE 1858-1945

Jusqu’au 8 janvier 2012, la Maison de la photographie propose une exposition retraçant « un siècle d’images exceptionnelles et évocatrices d’un pays européen que le vent de l’histoire a largement soumis aux influences orientales de l’Empire ottoman ». Dignes héritiers des aèdes, ces « rhapsodes de lumière » s’attachent au travers de nombreux portraits et scènes de vie quotidienne à conter l’histoire légendaire de ce pays aujourd’hui marqué par des décennies de totalitarisme. Maison de la photographie, 5/7, rue de Fourcy, 75004 Paris. Tél. : 01.44.78.75.00. Lire la suite

Pascaline Mourier-Casile – La fente d’eau

PASCALINE MOURIER-CASILE, La fente d’eau, Éditions Maurice Nadeau

La femme, l’attente, un article de TIPHAINE SAMOYAULT (morceaux choisis)

 ”Ce récit est plutôt une magnifique mélopée, tantôt incantatoire, tantôt à l’arrêt au bord du silence, du corps habité, du corps occupé par un corps étranger. L’épreuve fait osciller de la douleur à l’angoisse. « Un crabe m’habite. Il fait son nid dans le sable de mon ventre. Un ver qui s’installe et se prélasse et s’enroule et m’emplit peu à peu. » On pourrait croire qu’il y a là l’évocation d’un cancer ou de tout autre maladie dévorante, mais on comprend vite que c’est de grossesse qu’il s’agit et le discours est suffisamment peu attendu pour être troublant. Une des forces du livre est ainsi de distinguer entre état gravide et maternité, le rejet de l’un n’impliquant pas nécessairement la récusation de l’autre. Le premier entrave le corps, le prive d’autonomie et l’empêche d’évoluer librement.” Lire la suite

Retour sur un centenaire – Vidéo

Retour sur un centenaire. Celui de Maurice Nadeau qui a 100 cent ans depuis le 21 mai 2011. 

Cet anniversaire a donné lieu au fil des mois d’avril et mai à un certain nombre d’évènements, dont certains ont été filmés.

En voici quelques extraits :

Le 23 mars 2011, Maurice Nadeau recevait des mains du Maire de Paris la médaille d’or de la ville de Paris en hommage à son activité d’éditeur. Vous retrouverez ci-dessous les discours de Bertrand Delanoë et de Maurice Nadeau

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Paris En Toutes Lettres – Entretien entre Maurice Nadeau et Tiphaine Samoyault

GRAND ENTRETIEN entre Maurice Nadeau et Tiphaine Samoyault.

Avec Maurice Nadeau, Tiphaine Samoyault et Serge Renko .

Alors qu’il s’apprête à célébrer son centième anniversaire, Maurice Nadeau revient, dans une conversation avec son amie Tiphaine Samoyault, sur son parcours d’homme de lettres. Éditeur, journaliste, écrivain, fondateur et directeur de La Quinzaine littéraire, Maurice Nadeau incarne tout un pan de l’histoire littéraire contemporaine.
Conversation ponctuée de lectures par Serge Renko d’extraits de correspondances de Maurice Nadeau avec quelques grands écrivains du XXesiècle.

Maurice Nadeau, Le Chemin de la vie, entretiens avec Laure Adler, Verdier-France Culture, 2011.

SAMEDI 07 À 16H30 au foyer de la GAÎTÉ LYRIQUE Lire la suite

« Ailleurs, en ce pays » – La Quinzaine des libraires – Emission du 28 mars 2011

La Quinzaine littéraire en partenariat avec 1001libraires.com présente la 4ème édition de l’émission littéraire “La Quinzaine des libraires”.

Lors de ce 4ème rendez-vous, « Ailleurs, en ce pays », Hugo Pradelle, en compagnie de Tiphaine Samoyault (collaboratrice et membre du comité de rédaction de La Quinzaine littéraire) et de Françoise Faure (Librairie Comme un roman, 75003 Paris), a animé une discussion autour des derniers livres de Norman Manea, Akira Mizubayashi, László Krasznahorkai, et Georges-Arthur Goldschmidt.

Au sommaire :

Norman Manea, La tanière, Éditions du Seuil :

Partie 1/2

Partie 2/2

László Krasznahorkai, Au nord par une montagne. Au sud par un lac. À l’ouest par des chemins. À l’est par un cours d’eau,Éditions Cambourakis :

Akira Mizubayashi, Une langue venue d’ailleurs, Éditions Gallimard :

Georges-Arthur Goldschmidt, l’esprit de retour, Éditions du Seuil :

 

La Quinzaine des libraires – Ailleurs, en ce pays – 28 mars 2011

 

 

 

 

« La Quinzaine des libraires » vous convie à son 4ème rendez-vous :

« Ailleurs, en ce pays »

L’enregistrement de l’émission se déroulera le 28 mars 2011 à 19h30, au Centre Wallonie Bruxelles ( 46, Rue Quincampoix (niveau-1) – 75004 Paris).
Cette émission, co-produite par La Quinzaine littéraire et 1001libraires.com, sera animée par Hugo Pradelle (collaborateur et membre du comité de rédaction de La Quinzaine littéraire). Lire la suite

L’autre comme moi – La Quinzaine des libraires – Emission du 24 janvier 2011

L’AUTRE COMME MOI

La Quinzaine littéraire en partenariat avec 1001libraires.com présente la 2ème édition de l’émission littéraire La Quinzaine des libraires.

Lors de ce 2ème rendez-vous, “L’autre comme moi”, Hugo Pradelle en compagnie de Tiphaine Samoyault (collaboratrice et membre du comité de rédaction de la Quinzaine), Aurélie Paschal (Librairie Prado-Paradis 13008 Marseille) et Jean-Marie Ozanne (Librairie Folies d’encre, 93100 Montreuil), a évoqué le sujet de l’auto-fiction, autour des derniers livres de Serge Doubrowsky, Christine Angot et Mathieu Lindon. Lire la suite

DOSSIER SPECIAL : José Saramago 1/7

DOSSIER SPECIAL : José Saramago

La Quinzaine littéraire commente l’oeuvre de José Saramago, écrivain portugais d’origine brésilienne, prix Nobel 1998.

À l’occasion de la traduction et parution posthume, en France, du dernier roman de José Saramago, Caïn, le blog de La Quinzaine littéraire vous fait découvrir le regard que ces collaborateurs ont porté sur son oeuvre.

En plus de la recension par Hugo Pradelle du livre Caïn, dans La Quinzaine littéraire 1030, vous pourrez retrouver sur le blog de La Quinzaine littéraire de nombreuses archives concernant l’oeuvre de José Saramago :

José Saramago”L’Aveuglement”. Un article de Tiphaine Samoyault “La Parabole des aveugles”. Revue n°712 parue le 16-03-1997 Lire la suite

La Quinzaine n°1023, du 1er au 15 octobre 2010… en couleur !

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Voici un aperçu des livres figurant dans la Quinzaine n°1023, du 1er au 15 octobre 2010… un numéro en couleur !!

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“Les mots et les nuages”, un article de Laurence Zordan

POÉSIE, ARTS, PENSÉE, Carte blanche donnée à Yves Bonnefoy, textes rassemblés par Yves Bonnefoy et Patrick Née, Hermann, 229 p., 30 € // CHRISTIAN DOUMET, LA DÉRAISON POÉTIQUE, DES PHILOSOPHES, textes rassemblés par Yves Bonnefoy et Patrick Née, Stock, 307 p., 20,99 € // ANTONIO RAFELE,  LA MÉTROPOLE BENJAMIN ET SIMMEL, textes rassemblés par Yves Bonnefoy et Patrick Née CNRS éditions, 138 p., 17 €

« Le poète retrace sur la page blanche les pas d’un danseur enfui… Et pour cela, préfère l’impair, plus vague et plus soluble dans l’air… L’écrivain appartient à un langage que personne ne parle, qui ne s’adresse à personne, qui n’a pas de centre, qui ne révèle rien… Les mots étaient en réalité des nuages… Ne pas trouver son chemin dans une ville, ça ne signifie pas grand-chose, mais s’égarer dans une ville comme on s’égare dans une forêt demande toute une éducation… Je ne veux plus me retenir des erreurs de mes doigts, des erreurs de mes yeux. Je sais maintenant qu’elles ne sont pas que des pièges grossiers, mais de curieux chemins vers un but que rien ne peut me révéler, elles seules… Il démolit ce qui existe, non pour l’amour des décombres, mais pour l’amour du chemin qui les traverse… L’homme a besoin d’une véritable morale cosmique. Toute lutte réclame, en même temps, un objet et un décor… » : on pratiquerait volontiers l’art de la citation sous forme de montage  pour montrer que l’évanescence est la seule pourvoyeuse d’évidences, pas celle des idées reçues, mais celle des idées conquises.

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“Requiem pour le XXe siècle”, un entretien de Philippe Forest, réalisé Tiphaine Samoyault

PHILIPPE FOREST, LE SIÈCLE DES NUAGES, Gallimard, 557 p., 21,50€

Roman-siècle comme on dit roman-monde, le dernier livre de Philippe Forest tient deux histoires en même temps, l’histoire minuscule d’un homme qui en a occupé presque tout le temps et l’histoire majuscule d’une époque marquée autant par la rêverie technologique que par la destruction. Entre ces deux histoires, l’avion, qui fut à la fois l’utopie
par excellence, l’utopie réalisée de l’homme qui veut voler et une puissante machine de guerre, fait le lien. Le père du narrateur était en effet aviateur et a inscrit son histoire modeste dans l’épopée de l’air sans pourtant en écrire la légende. Né en 1921, il savait déjà en commençant à voler que l’aviation n’était plus seulement une belle aventure. Ce qui fut la réalisation d’un rêve, d’une des enfances les plus belles de l’homme, est aussi ce qui contribua à faire de l’avenir un horizon bouché. « Car, en l’espace de quelques années, celles qui se sont écoulées en un battement de paupières depuis Ader et Blériot, l’aviation est devenue cela : cette entreprise anonyme de dévastation qui s’étend méthodiquement sur toute la surface des continents, faisant passer sur ceux-ci des formations d’appareils par centaines qui accomplissent leur métier de mort, larguant leurs bombes à l’aplomb des villes, lâchant leurs rafales sur des objectifs à peine aperçus dans le cadre du viseur, lancés dans l’air à une allure si formidable que le spectacle du monde autour d’eux prend l’apparence d’un inintelligible chaos qu’ils traversent en trombe et sans avoir du tout le temps de réaliser ce qu’il représente. »

Le livre commence et s’achève par une chute. Celle d’un avion d’Imperial Airways à vingt kilomètres de Mâcon et que le père, adolescent, a pu voir. Celle du père, tombant dans la rue un jour de 1999 pour ne plus se relever. Les mythes survivent à l’histoire. Icare toujours, malgré les techniques du vol. Il fallait un romancier qui eût assez de souffle pour raconter cette histoire et pour la donner à la fois comme un avenir et comme un passé. Philippe Forest aura pour toujours été celui-là qui, dans un livre épique, documenté et en même temps constamment émouvant donne, depuis les nuages, un portrait du « vieux vingtième siècle » à la fois dramatique, mélancolique et beau.

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“Une saison en Houellebecquie”, un article de Jean-Jacques Lefrère

MICHEL HOUELLEBECQ, LA CARTE ET LE TERRITOIRE, Flammarion, 450 p., 22 €

Puisqu’il est des rentrées littéraires comme il est des rentrées scolaires, il faut en accepter le principe, mais il n’est pas aisé, il est même impossible, d’identifier avec certitude ce qui sort du lot. À en croire le déluge d’articles et d’échos qui a accompagné “La Carte et le Territoire” de Michel Houellebecq, ce serait ce roman. L’histoire littéraire, qui ne fait aucune concession, justifiera-t-elle ce jugement ?

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“Vers l’égalité”, un article de Tiphaine Samoyault

J. M. COETZEE, L’ÉTÉ DE LA VIE, Summertime, trad. de l’anglais par Catherine Lauga Du Plessis, Seuil, 320 p., 22

Formule inédite de la confession, entre l’”Autobiographie d’Alice B. Toklas” de Gertrude Stein et les “Mémoires d’outre-tombe”, “L’Été de la vie” de J. M. Coetzee, présenté comme le troisième volet de son œuvre autobiographique après “Scènes de la vie d’un jeune garçon” et “Vers l’âge d’homme”, emploie une forme tout à fait singulière.

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“Cher XVIIIe siècle !”, un article d’Agnès Vaquin

CHANTAL THOMAS, LE TESTAMENT D’OLYMPE, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 310 p., 18 €

On aime ces livres où Chantal Thomas nous raconte son cher XVIIIe siècle. Elle le connaît par cœur. La phrase mise en épigraphe évoque
le destin de deux sœurs séparées par leurs vies. Elle est signée : «Apolline de T., Londres, juillet 1771 ». Cette personne se propose de raconter ses souvenirs et nous informe qu’ils seront suivis de la terrible histoire de sa sœur dont cette dernière lui a confié une relation sur son lit de mort et c’est là son « testament ».

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“Deux poètes”, un article de Norbert Czarny

RENÉ CHAR, NICOLAS DE STAËL CORRESPONDANCE 1951-1954, Éditions des Busclats, 144 p., 15 €

René Char n’était pas homme de demi-mesure. Il s’engageait en amitié comme il l’a fait en Résistance, avec passion. Et il restait fidèle quand il ne rompait pas violemment. Ainsi, il est resté proche d’Eluard malgré les choix partisans de ce dernier, et la mort de Camus est restée une blessure ouverte. Sans doute en est-il allé de même avec Nicolas de Staël, quand le peintre s’est suicidé, en 1955, à Antibes.

“Aimer ou ne pas aimer”, un article de Christian Mouze

BENGT JANGFELDT, LA VIE EN JEU, Une biographie de Vladimir Maïakovski, trad. du suédois par Rémi Cassaigne, Albin Michel, 589 p., 25 €

«Aimer ou ne pas aimer, voilà la question – la question à laquelle un révolutionnaire devrait pouvoir répondre sans ambages. » C’est André
Breton qui écrit cela en juillet 1930 à propos de la mort de Maïakovski. Nul n’a mieux vu ainsi le lien de l’amour et de l’esprit révolutionnaire. Et nul mieux que Maïakovski n’a voulu lier et incarner l’amour et la révolution.

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“Quand le barde refait surface”, un article de Maurice Mourier

ELIAS LÖNNROT, LE KALEVALA, ÉPOPÉE DES FINNOIS suivi d’un choix de poèmes ouraliens traductions, introduction et annotations par Gabriel Rebourcet, Gallimard, coll. « Quarto », 1092 p., 24 doc., 24,90

Bien qu’il s’agisse d’une réédition à l’identique du texte paru en deux tomes chez le même éditeur en 1991 dans la collection « L’aube des peuples », l’intérêt exceptionnel de cet ensemble justifie qu’on salue sa reprise en un volume unique et une collection plus accessible.

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“L’homme qui avance devant lui”, un article de Marie Etienne

JACQUES DARRAS, LA RECONQUÊTE DU TOMBEAU D’ÉMILE VERHAEREN poésie, Le Cri, Bruxelles / LA CONJUGAISON DE PLACES AMOUREUSES proses Éd. de Corlevour / JACQUES DARRAS, POÈTE DE LA FLUIDITÉ, Actes du Colloque de l’Université de Nice, Le Cri, Bruxelles / À CIEL OUVERT Entretiens avec Yvon Le Men, Éd. La Passe du vent

Avec ses 15 publications de poésie, ses 4 pièces de théâtre, ses 16 essais, ses 22 traductions, les 66 numéros de sa revue de poésie In’hui, ses articles en revues et dans les journaux, Jacques Darras fait figure d’infatigable marcheur.

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“Peindre l’harmonie”, un article de Gilbert Lascault

LAURENT FABIUS, LE CABINET DES DOUZE, Regards sur des tableaux qui font la France, Gallimard, coll. « Témoins de l’art », 224 p., 85 ill., 22,50 €

Socialiste méditatif, amoureux de la peinture, Laurent Fabius regarde les tableaux qui l’émeuvent. Dans les musées, il les voit et les revoit. Il les aime. Avec ferveur, avec précision, il les observe de très près.

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“Journal du désastre”, un article de Maurice Mourier

ROLAND DE MARGERIE, JOURNAL (1939-1940) préface d’Éric Roussel, Grasset, 409 p., 18,50 €

Diplomate de carrière, issu d’une noble famille de grands serviteurs de l’État depuis des générations par son père, de celle d’Edmond Rostand par sa mère, Roland de Margerie, alors en poste à Londres, renonce en août 39 à ses vacances d’été, vient à Paris aux nouvelles (la signature par Ribbentrop et Molotov du premier Pacte germano-soviétique date du 23 août), y rencontre Alexis Léger, futur Saint-John Perse, alors tout-puissant secrétaire général des Affaires étrangères. Frappé par la sérénité quelque peu désinvolte de celui-ci, sa façon de minimiser les dangers de la guerre qui, à l’évidence, menace, il touche du doigt pour la première fois l’incroyable insouciance avec laquelle la France aborde un moment crucial de son Histoire.

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“Staline n’aimait pas la musique”, un article de Jean-Jacques Marie

ALEXANDER WERTH, SCANDALE MUSICAL À MOSCOU, trad. et présenté par Nicolas Werth, Tallandier, 180 p., 15,90 €

La Pravda du 10 février 1948 publie au nom du Comité central (qui n’a pas été réuni pour l’occasion et que d’ailleurs Staline ne réunissait quasiment plus) un décret prononçant une condamnation brutale des musiciens soviétiques Chostakovitch, Prokofiev, Khatchatourian et Miaskovski accusés de « formalisme ». Ces musiciens, affirme le décret dans une langue de bois policière, «font fi des goûts artistiques et des demandes des peuples de l’URSS (…) rejetant la fonction sociale de la musique, se contente[nt] de pourvoir aux goûts dégénérés d’une poignée d’individualistes esthétisants».

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“La chair invisible du travail”, un article de Patrick Faugeras

YVES CLOT, LE TRAVAIL À CŒUR, Pour en finir avec les risques psychosociaux, La Découverte, 190 p., 14,50 €

Le travail est malade, pourtant ce sont ses opérateurs qui s’effondrent, développent diverses pathologies, multiplient les troubles musculo-squelettiques, se suicident. Le travail est malade, pourtant plutôt que de s’occuper à le soigner, en s’intéressant, voire en contestant les réorganisations dont il est l’objet, pouvoirs publics, décideurs, et quelquefois les syndicats, entendent gérer et manager, à grand renfort de réformes, procédures et autres cellules de veille, la prévention de ce qu’on appelle aujourd’hui les risques psychosociaux et le soin des personnes fragilisées, dites porteuses de risque.

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“Conditions clandestines”, un article de Patrick Cingolani

LAURENCE ROULLEAU-BERGER, MIGRER AU FÉMININ, Puf, coll. « la Nature humaine », 192 p., 15 € / SÉBASTIEN CHAUVIN, LES AGENCES DE LA PRÉCARITÉ Journaliers à Chicago Seuil, coll. « Liber », 339 p., 22 €

Si la dynamique politique des sans-papiers et la sociologie de leur mobilisation a fait diversement l’objet d’analyses depuis notamment le livre de Johanna Siméant sur les luttes de la fin des années 90, l’expérience de ces mêmes sans-papiers méritait d’être revisitée à partir de leur parcours migratoire et de leur vécu du travail. Deux livres, chacun à leur manière bien différente, viennent apporter un vif éclairage sur les nouvelles conditions de la migration et les nouvelles conditions d’exploitation des immigrés.

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“La vie comme entreprise”, un article de Jean-Paul Deléage

ROBERT BARBAULT et JACQUES WEBER, LA VIE, QUELLE ENTREPRISE ! Pour une révolution écologique de l’économie, Seuil, coll. « Science ouverte », 208 p., 19€

La question qui se pose au monde et que pose ce livre est celle d’une biosphère durable. Les auteurs allient les regards de l’écologie et de l’économie, les compétences du naturaliste et celles de l’anthropologue pour construire une vision partagée de la puissance du monde vivant dont la toile fragile est déchirée par les activités humaines, dominées par les dogmes à hauts risques et irresponsables des managers néolibéraux.

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